"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 8.528 - A Nobe, il conforto materno di Elisa e il ritorno inquietante di Giuda Iscariota.

 4.526 - At Nob. Judas of Kerioth's Return.


Jeudi 8 novembre 29 (13 Kisleu)
Nobé


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 Jésus cherche la consolation d'une mère


- Élise a bien agi à l'égard de Judas 469

- Jésus demande à Élise de le traiter comme une mère 469

- Judas se montre effronté et ironique 470

- Il s'étonne que Jésus le lui pardonne 471

- Judas se vante d'avoir accompli des miracles 472

- Les apôtres sont stupéfaits 473

- Jésus se nourrit du miel d'Élise 473

- L'effort de se dominer pour supporter Judas 473

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.225.
À Nobé.
Judas de Kériot n'est plus soumis


469> "Oui, Maître ! Judas de Kériot est ici depuis plusieurs jours. Il est venu un soir de sabbat. Il paraissait fatigué et hors d'haleine. Il disait qu'il t'avait perdu dans les rues de Jérusalem et qu'il avait couru te chercher dans toutes les maisons où tu vas d'ordinaire. Il venait ici chaque soir. Il va bientôt être ici. Le matin il s'en va, et il dit qu'il va dans les environs pour te prêcher."

"C'est bien, Élise... Et tu l'as cru ?"

"Maître, tu sais que je n'aime pas cet homme. Si mes fils devaient être ainsi, j'aurais prié le Seigneur de me les prendre. Non, je n'ai pas cru à ses paroles, mais par amour pour Toi, j'ai gardé mon jugement pour moi... Et j'ai été maternelle avec lui. De cette façon, au moins, j'ai obtenu qu'il revienne ici chaque soir."

"Tu as bien fait." Jésus la regarde très fixement et lui demande à l'improviste : "Où est Anastasica ?"

Le visage d'Élise prend une couleur violacée, de personne âgée, mais elle répond franchement; "À Béthsur."

"Tu as bien fait aussi pour cette chose. Et, je t'en prie, aie pitié de l'homme." [1]

"C'est parce que j'ai pitié de lui que j'ai voulu étouffer l'incendie avant qu'il n'éclatât scandaleusement ou, du moins, qu'il n'effraie la fille."

"Que Dieu te bénisse, femme juste..."

"Tu souffres beaucoup, Maître ?"

"Je souffre, c'est vrai. À une mère je peux le dire."

"À une mère, tu peux le dire... Si tu n'étais pas Jésus, le Seigneur, je voudrais recevoir ta tête lasse sur mon épaule et serrer sur mon cœur ton cœur affligé. Mais tu es tellement saint qu'une femme, autre que ta Mère, ne peut te toucher..."

"Élise, bonne amie de ma Mère, [2] et bonne mère, ton Seigneur bientôt sera touché par des mains beaucoup moins saintes que les tiennes, et baisé... oh !... Et ensuite, d'autres mains... Élise, s'il t'était permis de toucher le Saint des Saints, avec quel esprit le ferais-tu ? T'en abstiendrais-tu peut-être si la voix de Dieu, à travers la fumée de l'encens, te demandait de l'amour pour avoir enfin une caresse d'amour après que tant s'approchent de Lui sans amour ?"

"Mon Seigneur ! Mais si Dieu me le demandait, j'irais à genoux couvrir de baisers le lieu saint, et que Dieu puisse être satisfait, consolé par mon amour !" .

470>  "Et alors, Élise, bonne amie de ma Mère, fidèle et bonne disciple de ton Sauveur affligé, permets-moi de poser ma tête sur ton cœur car mon cœur est affligé au point d'éprouver des peines mortelles."

Et Jésus, restant assis où il est, près d'Élise qui est tout près, debout, pose réellement son front contre la poitrine de la vieille disciple, et des larmes silencieuses coulent le long du vêtement sombre de la femme qui ne peut se retenir de poser la main sur la tête inclinée sur son cœur, et quand elle sent tomber des larmes sur ses pieds, nus dans ses sandales, elle se penche pour effleurer d'un baiser les cheveux de Jésus. Elle pleure silencieusement à son tour, en levant les yeux vers le ciel, dans une muette prière. Elle semble une très ancienne Mère Douloureuse. Elle n'essaie pas d'autres paroles ni d'autres gestes, mais elle est tellement "mère" dans son attitude qu'elle ne pourrait l'être davantage.

Jésus lève son visage et la regarde. Il a un pâle sourire et il dit : "Que Dieu te bénisse pour ta pitié. Oh ! une mère est bien nécessaire quand la douleur accable les forces de l'homme !"

Il se lève, regarde encore la disciple et dit : "Que cette heure reste entre toi et Moi en tous ses détails. C'est pour cela que je suis venu seul en avant."

"Oui, Maître. Mais tu ne peux plus rester seul. Fais venir ta Mère."

"D'ici deux lunes elle sera avec Moi..." et il va ajouter quelque chose quand en bas, dans la cuisine, résonne la forte voix, toujours un peu effrontée et ironique de Judas de Kériot : "Encore à ta gravure, vieux ? Il fait froid ! Et ici, il n'y a pas de feu. J'ai faim, et rien n'est préparé. Élise dort, peut-être ? Elle a voulu faire toute seule. Mais les vieux sont lents, et leur mémoire est débile. Hé ! Tu ne parles pas ? Tu es tout à fait sourd ce soir ?"

"Non. Mais je te laisse parler, toi qui es apôtre, et il ne me convient pas de te faire des reproches" répond le vieillard.

"Des reproches ? Pourquoi ?"

"Cherche en toi-même, et tu trouveras."

"Ma conscience ne parle pas..."

"C'est signe qu'elle est déformée ou que tu l'as estropiée."

"Ha ! Ha ! Ha !" et Judas doit sortir de la cuisine, car on entend claquer une porte et puis des bruits de pas dans l'escalier.

"Je descends pour préparer, Maître."

"Va, Élise."

471> Élise descend de la chambre du haut et trouve aussitôt Judas qui va mettre le pied sur la terrasse.

"J'ai faim et froid, moi."

"C'est tout ? Alors tu as bien peu encore, homme."

"Et que devrais-je avoir de plus ?"

"Oh ! Tant de choses !..." La voix d'Élise s'éloigne.

"Ce sont tous de vieux sots. Ouf !..." Il pousse la porte et se trouve en face Jésus. La stupeur le fait reculer d'un pas. Il se reprend pour dire : "Maître !! Paix à Toi !"

"Paix à toi, Judas." Jésus reçoit le baiser de l'apôtre, mais ne le lui rend pas.

"Maître. Tu as... Tu ne me donnes pas un baiser ?"

Jésus le regarde et se tait.

"C'est vrai. J'ai fait erreur, et ne pas m'embrasser c'est le moins que tu puisses me faire. Pourtant ne me juge pas trop sévèrement. Ce jour-là m'ont entrepris certains qui... ne t'aimaient pas et j'ai discuté avec eux au point d'en perdre la voix. Puis... J'ai dit : "Qui sait où il est allé ?!" et je suis revenu ici pour t'attendre. N'est-ce pas ta maison, désormais ?"

"Tant qu'on me le permet."

"Tu ne voudras me garder rancune pour cela ?"

"Non. Je te fais seulement considérer l'exemple que tu as donné aux autres."

"Oh ! J'entends déjà leurs paroles. Mais j'ai de quoi me justifier auprès d'eux. Avec Toi je ne le fais même pas car je sais que tu m'as déjà pardonné."

"Je t'ai déjà pardonné, c'est vrai."

De la part de Judas on s'attendrait à un acte d'humilité, d'amour pour tant de bonté. Au contraire, il en a un tout opposé, un acte de dépit et il s'écrie : "Mais il n'y a donc pas moyen de te voir en colère ?! Quel homme es-tu ?"

Jésus se tait et Judas le regarde, lui debout, Jésus assis, la tête penchée et il hoche la tête avec un sourire mauvais sur les lèvres. Et, pour lui, l'incident est surmonté. Il se met à parler de choses et d'autres comme s'il était le plus en règle de tous.

Il fait nuit. Les bruits de la rue cessent.

"Descendons" commande Jésus.

Ils descendent dans la cuisine où luit le feu et où brûle une lampe à trois becs.

Jésus, fatigué, s'assoit près du foyer et paraît sommeiller dans la tiédeur de la pièce...

472> On frappe. Le vieillard ouvre. Ce sont les apôtres. Pierre, entré le premier, voit Judas et l'entreprend : "On peut savoir où tu as été ?"

"Ici, tout simplement ici. J'aurais été stupide de courir ça et là après des êtres disparus. Je suis venu ici Où j'étais certain que vous seriez revenus."

"C'est une belle façon d'agir !"

"Le Maître ne m'a pas fait de reproches. Et du reste, sache que je n'ai pas perdu mon temps. J'ai évangélisé tous les jours et j'ai même fait des miracles et cela est bon."

"Et qui t'avait autorisé ?" dit sévèrement Barthélemy.

"Personne. Ni toi, ni personne. Mais il suffit d'être des... de la... Bref : les gens s'étonnent et murmurent et rient de nous, apôtres qui ne faisons rien. Et moi, qui le sais, j'ai agi pour tous. Et j'ai encore fait davantage. Je suis allé voir Elchias et je lui ai prouvé que l'on n'agit pas mal quand on est saint. Ils étaient nombreux. Je les ai convaincus. Vous verrez qu'ils ne nous troubleront plus. Et maintenant je suis content."

Les apôtres se regardent. Ils regardent Jésus. Son visage est impénétrable. Il semble voilé par une grande lassitude physique. Cela seulement se voit.

"Tu pouvais pourtant faire cela avec la permission du Maître, observe Jacques d'Alphée. Nous n'avons pas cessé d'être inquiets à cause de toi."

"Oh ! bien ! Maintenant vous êtes délivrés de toute inquiétude. Lui ne m'aurait jamais donné la permission. Il nous... protège trop. C'est au point que les gens murmurent qu'il est jaloux de nous, qu'il craint que nous en fassions plus que Lui, et même qu'il nous punit. Les gens ont une langue mordante. La vérité, au contraire, c'est que nous Lui sommes plus chers que la pupille de ses yeux. N'est-ce pas, Maître ? Et il craint que nous courions des dangers ou que nous fassions... piètre figure. Et nous aussi, en notre intérieur, nous pensions être en quelque sorte punis et que Lui était jaloux..."

"Pour cela, non ! Moi, je ne l'ai jamais pensé !" interrompt Thomas. Et les autres lui font écho. Sauf le Thaddée qui plante ses yeux francs et très beaux dans les yeux très beaux aussi mais fuyants de Judas et dit : "Et comment as-tu pu faire des miracles, toi ? Au nom de qui ?"

"Comment ? Au nom de qui ? Mais tu ne te rappelles pas que c'est Lui qui nous a donné ce pouvoir ? Nous l'a-t-il peut-être enlevé ? Non, que je sache. Et pour cela..."

473> "Et pour cela, moi je ne me permettrais jamais de faire quelque chose sans son consentement et son ordre."

"Eh bien, moi, j'ai voulu le faire. Je craignais de ne plus savoir faire. Je l'ai fait. Je suis heureux !" et il coupe court en sortant dans le jardin obscur.

Les apôtres se retournent pour regarder. Ils sont stupéfaits de tant d'audace. Mais personne n'a le cœur de dire quelque chose qui puisse faire souffrir davantage leur Maître dont le visage trahit la souffrance.

Ils se débarrassent des sacs que Jean, André et Thomas portent en haut. Et Barthélemy, en se penchant pour ramasser une branche sèche tombée d'un fagot, murmure à Pierre : "Dieu veuille que ce ne soit pas le démon qui l'ait aidé !"

Pierre fait un geste des mains comme pour dire : "Miséricorde !" mais ne réplique pas un mot. Il va trouver Jésus, Lui pose une main sur l'épaule en Lui demandant : "Tu es tellement fatigué ?"

"Tellement, Simon."

"C'est prêt, Maître. Viens à table. Ou bien... Non, reste ici, près du feu. Je vais t'apporter le lait et le pain" dit Élise. Et en effet, après avoir mis sur un plateau une grande écuelle de lait fumant et du pain couvert de miel, elle le porte à Jésus et elle attend qu'il prie debout pour offrir la nourriture. Puis elle s'accroupit par terre, la bonne vieille, toute maternelle, prise toute entière par le désir de le consoler et elle Lui sourit en l'encourageant à manger, et répondant à Jésus qui lui reproche doucement d'avoir étendu du miel sur le pain : "Je te donnerais mon sang pour te fortifier, mon Maître ! C'est le pauvre miel de mon jardin de Béthsur et il ne peut fortifier que ton corps. Mais mon cœur..."

Les autres mangent autour de la table, avec l'appétit robuste des gens qui ont beaucoup marché. Et Judas, tranquille, presque effronté, mange avec eux, et il n'y a que lui pour parler...

Il parle encore lorsque Jésus commande : "Allez, chacun dans la maison qui le loge. La paix soit avec vous."

Restent avec Lui Judas, Barthélemy, Pierre et André. Et Jésus commande tout de suite le repos. Il éprouve une lassitude mortelle, au point de ne plus pouvoir supporter la fatigue de parler et d'entendre parler et moi, je pense, de supporter l'effort de se dominer en ce qui concerne Judas de Kériot.

 



[1] Anastasica est une jeune femme répudiée par son marie et confiée à Élise. Elle constituait une proie facile pour la luxure - ici confirmée - de Judas.

[2] C'est une compagne, plus âgée, du Temple.