"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 8.527 - Ignoranze e tentazioni nella natura umana del Cristo.

 4.525 -  Going Back to Nob. Jesus’ Omniscience.


Mercredi 7 novembre 29 (12 Kisleu)
Jérusalem, jardin des oliviers


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 La clé de la manière d'agir de Jésus se trouve dans la parabole de la brebis égarée

 J'ai le don de l'introspection des cœurs

 Le type de tentation auquel Jésus est confronté


- Le problème que pose Lazare aux apôtres 464

- Le zèle de Jésus pour les pécheurs 464

- Jésus, que sait-il de Judas ? 465

- Jésus, sa science divine et humaine 466

- Les sentiments et les tentations de Jésus 467

- Prière de Jésus pour tenir caché le Crime 468

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.224.
Sur le chemin du retour à Nobé


464> Ils sont déjà sur les pentes de l'Oliveraie et les trois couples d'apôtres, laissés à Jéricho, à Tecua, et à Béthanie sont de nouveau réunis au Maître [1].

Mais Judas de Kériot est toujours absent et les apôtres en parlent à voix basse...

Jésus est d'une tristesse infinie.

Les apôtres, qui le remarquent, disent entre eux : "C'est certainement à cause de Lazare. C'est vraiment un homme fini... Et les sœurs font peine à voir... Le Maître ne peut même pas s'arrêter dans cette maison, avec tant de rancœur qui le poursuit. Cela aurait été un réconfort pour le malade et les sœurs, et aussi pour le Maître."

"Moi, je ne puis comprendre pourquoi il ne le guérit pas !" s'exclame Thomas.

"Ce serait juste même. Un ami... qui l'aide tant... Un juste..." murmure Barthélemy.

"Ah ! pour être juste, c'est vraiment un juste. Je crois qu'en ces jours, tu t'en es persuadé..." dit le Zélote à Barthélemy.

"Oui, c'est vrai. Et c'est vrai aussi ce que tu sous-entends. Je n'étais pas bien convaincu de sa justice... Avec ces relations qu'ils avaient avec les gentils, avec l'éducation reçue du père qui était très, très... je dirais condescendant à de nouvelles formes de vie différentes des nôtres..."

"La mère était un ange" dit Simon le Zélote d'un air décidé.

"C'est peut-être pour cela qu'ils sont des justes... Survolons le passé de Marie. Maintenant elle s'est rachetée..." dit Philippe.

"Oui. Mais tout cela me rendait méfiant. Maintenant je suis vraiment convaincu et je m'étonne que le Maître..."

 "Mon Frère, dit Jacques d'Alphée, sait évaluer la valeur des créatures. Nous en avons souffert nous aussi pendant très longtemps, par suite d'une jalousie naturelle, humaine, en voyant les étrangers exaucés plus que nous qui étions de sa famille. 465> Mais maintenant nous avons compris que l'erreur était dans notre pensée et la justice dans la sienne. Nous regardions sa manière de faire comme de l'indifférence et même comme une dépréciation, une incompréhension de notre valeur. Maintenant, on a compris. Lui préfère attirer à Lui ceux qui sont difformes et informes. Lui... séduit par ses moyens infinis les âmes plus mesquines, plus éloignées, plus en danger. Vous rappelez-vous la parabole de la brebis égarée [2] ? La vérité, la clef de sa manière d'agir se trouve dans cette parabole. Quand il voit que ses brebis fidèles le suivent ou restent où et comme Lui les veut, son esprit se repose, mais il se sert de ce repos pour courir après celles qui sont égarées. Il sait que nous l'aimons, que Lazare et ses sœurs l'aiment, que les femmes disciples l'aiment et de même les bergers, aussi il ne perd pas son temps avec nous en des preuves spéciales d'amour. Il ne cesse pas de nous aimer. Il nous a toujours dans son cœur. Nous mêmes y entrons et ne voulons pas en sortir. Mais les autres... les pécheurs, les égarés !... Il doit leur courir après, les attirer par son amour et ses miracles, par sa puissance. Et il le fait. Lazare, Marie et Marthe continueront de l'aimer, même sans miracle..."

"C'est vrai, dit André. Pourtant... qu'aura-t-il voulu dire par son dernier salut ? Vous l'avez entendu : "L'amour du Seigneur pour vous se manifestera en proportion de votre amour. Et souvenez-vous que l'amour a deux ailes pour être parfait, deux ailes d'autant plus démesurées qu'il est plus parfait : la foi et l'espérance"."

"Oui ! Qu'aura-t-il voulu dire ?" se demandent plusieurs.

Un silence. Puis Thomas, avec un grand soupir conclut son discours intérieur : "...Pourtant ce n'est pas toujours que sa bonne patience obtient la rédemption. Moi aussi, j'ai souffert parfois pour la préférence qu'il montre à Judas de Kériot..."

"Préférence ? Il ne me semble pas. Il le reprend comme tout autre d'entre nous..." dit André.

"Par justice, oui. Mais considère combien plus de rigueur mériterait cet homme..."

"C'est vrai."

"Eh bien, j'en ai souffert parfois. Mais maintenant je comprends qu'il le fait certainement parce que... c'est le plus informe de nous."

"Le plus malheureux, dois-tu dire, Thomas ! dit le Thaddée. Le plus malheureux. Vous croyez que cette tristesse (et il montre Jésus qui marche en avant, seul, absorbé en sa peine) Lui vient de la maladie de Lazare et des larmes de ses sœurs. 466> Moi, je vous dis qu'elle vient de l'absence de Judas. Il espérait qu'il le rejoindrait en allant à Bethabara. Il espérait au moins le retrouver à Jéricho, Tecua ou à Béthanie au retour. À présent il n'espère plus. Il a la certitude que Judas agit mal. Je n'ai pas cessé de l'observer... et j'ai vu que son visage a pris cet aspect de déréliction absolue quand toi, Barthélemy, tu as dit : 'Judas n'est pas venu"

"Mais il connaît les choses avant qu'elles soient, j'en suis certain !" s'exclame Jean.

"Beaucoup, pas toutes. Je pense que son Père Lui en tient quelques-unes cachées par pitié" dit le Zélote.

Les onze se divisent en deux groupes : ceux qui acceptent une version et ceux qui sont pour l'autre, et chacun apporte ses raisons pour soutenir la sienne.

Jean s'écrie : "Oh ! moi, je ne veux écouter ni l'un ni l'autre, ni non plus moi-même ! Nous sommes tous de pauvres hommes, et nous ne pouvons voir juste. Je vais trouver Jésus et Lui demander."

"Non. Il pourrait penser à autre chose et avec cette question penser à Judas et souffrir davantage" dit André.

"Mais non. Certes je ne Lui dirai pas que nous parlions de Judas. Je lui parlerai ainsi... sans allusion."

"Va, va ! dit Pierre en poussant Jean. Cela servira à le distraire. Vous ne voyez pas comme il est affligé ?"

"J'y vais. Qui vient avec moi ?"

"Va, va seul. Avec toi, il parle sans retenue. Et ensuite tu nous diras..."

Jean y va.

"Maître !"

"Jean ! Que veux-tu ?" et Jésus, avec un sourire lumineux sur le visage, entoure de son bras son préféré, en le tenant près de Lui tout en marchant.

"Nous parlions entre nous et nous avions des doutes sur une chose. Celle-ci : connais-tu tout l'avenir, ou bien t'est-il caché en partie ? Les uns disaient une chose, les autres une autre."

"Et toi, que disais-tu ?"

"Je disais qu'il valait bien mieux te le demander."

"Et ainsi tu es venu. Tu as bien fait. Cela au moins nous sert, à toi et à Moi, à jouir d'un moment d'amour... C'est si rare, désormais, de pouvoir avoir un peu de paix !..."

"C'est vrai ! Comme ils étaient beaux les premiers temps !..."

 467> "Oui. Pour l'homme que nous sommes, oui, ils étaient plus beaux. Mais pour l'esprit qui est en nous, ceux-ci sont meilleurs, parce que maintenant la Parole de Dieu est plus connue et parce que nous souffrons davantage. Plus on souffre, et plus on rachète, Jean... Aussi, tout en se souvenant des temps sereins, nous devons aimer davantage ceux qui nous donnent de la douleur, et qui avec la douleur nous donnent des âmes. Mais je réponds à ta question. Écoute. Je n'ignore pas, comme Dieu, et je n'ignore pas, comme homme. Je connais les événements à venir car je suis avec le Père depuis avant le temps et je vois au-delà du temps. Comme homme, exempt des imperfections et des limites inhérentes à la Faute et aux fautes, j'ai le don de l'introspection des cœurs. Ce don n'est pas limité au Christ. Mais il appartient à des degrés divers à tous ceux qui, ayant atteint la sainteté, sont tellement unis à Dieu, qu'ils peuvent se dire qu'ils n'opèrent pas par eux-mêmes, mais avec la Perfection qui est en eux. Je puis donc te répondre que je n'ignore pas comme Dieu les siècles à venir, et que comme homme juste je n'ignore pas l'état des cœurs."

Jean réfléchit et se tait.

Jésus le laisse un moment, puis il dit : "Par exemple, je vois en toi cette pensée : "Mais alors mon Maître connaît exactement l'état de Judas de Kériot !"

"Oh ! Maître !"

"Oui, je le connais. Je le connais et je continue d'être son Maître, et je voudrais que vous continuiez d'être ses frères."

"Maître saint !... Mais vraiment tu connais toujours tout ? Nous disons parfois que cela n'est pas, car tu vas dans des endroits où tu trouves des ennemis. Avant d'y aller, tu sais que tu vas les y trouver, et tu y vas pour les combattre par ton amour, pour les soumettre à l'amour, ou bien... tu ne le sais pas et tu ne vois les ennemis que quand tu les as en face et tu lis leurs cœurs ? Une fois tu m'as dit — tu étais si triste aussi alors, et toujours pour la même raison — que tu étais comme quelqu'un qui ne voit pas..."

 "J'ai éprouvé aussi ce martyre de l'homme : de devoir avancer sans voir, en me confiant totalement à la Providence. Je dois connaître tout de l'homme, sauf la faute consommée. Et cela non par l'effet d'une barrière mise par mon Père à la chair, au monde et au démon, mais par ma volonté d'homme. Je suis comme vous. Mais je sais vouloir plus que vous. Aussi je subis les tentations, mais je ne cède pas aux tentations et c'est en cela que réside, comme pour vous, mon mérite."

"Des tentations, Toi !... Cela me paraît presque impossible..."

468> "Parce que tu en souffres peu. Tu es pur, et tu penses que Moi l’étant plus que toi, je ne dois pas connaître la tentation. De fait la tentation charnelle est si faible pour ma chasteté, qu'elle n'est jamais sensible au moi. C'est comme si un pétale frappait un bloc de granit sans fissures. Il s'en va plus loin... Le démon lui-même s'est lassé d'envoyer contre Moi ce dard. Mais, ô Jean, tu ne sais pas combien d'autres tentations m'entourent ?"

"Toi ? Tu n'es pas avide de richesses ni d'honneurs... Quoi donc ?..."

 "Et tu ne penses pas que j'ai une vie, des affections, et des devoirs aussi, envers ma Mère, et que ces choses m'incitent à fuir le danger ? Lui. le Serpent, appelle cela "danger", mais son vrai nom c'est "Sacrifice". Et tu ne penses pas que Moi aussi j'ai des sentiments ? Le moi moral n'est pas absent en Moi, et il souffre des offenses, des mépris, des duplicités. Oh ! mon Jean ! Tu ne te demandes pas quel dégoût j'éprouve pour le mensonge et le menteur ? Sais-tu combien de fois le démon me porte à réagir à ces choses qui me donnent de la douleur, pour me faire sortir de la mansuétude, pour me rendre dur, intransigeant ? Et enfin, tu ne penses pas combien de fois souffle son souffle brûlant d'orgueil qui dit : "Glorifie-toi de ceci ou de cela. Tu es grand. Le monde t'admire. Les éléments te sont soumis !" La tentation de se complaire d'être saint ! La plus subtile ! Combien perdent la sainteté déjà acquise a cause de cet orgueil ! Comment Satan a-t-il corrompu Adam ? En tentant les sens, la pensée, l'esprit. Et ne suis-je pas l'Homme qui doit recréer l'homme ? C'est de Moi que viendra la nouvelle Humanité, Et voilà que Satan cherche les mêmes chemins pour détruire, et pour toujours, la race des fils de Dieu. Maintenant va trouver tes compagnons et répète-leur mes paroles. Et ne te demande pas si je sais ou si je ne sais pas ce que fait Judas. Pense que je t'aime. Cette pensée ne suffit-elle pas pour occuper un cœur ?" Il lui donne un baiser et le congédie.

Et resté seul de nouveau, il lève les yeux vers le ciel que l'on voit à travers le feuillage des oliviers et il gémit : "Mon Père ! Fais qu'au moins jusqu'à la dernière heure je puisse tenir caché le Crime, pour empêcher que mes bien-aimés se souillent de sang. Aie pitié d'eux, mon Père ! Ils sont trop faibles pour ne pas réagir à l'offense ! Qu'ils n'aient pas la haine au cœur à l'heure de la Charité parfaite !" et il essuie les larmes que Dieu seul voit...

 



[1] Simon le zélote et Barthélemy restés à Béthanie pour attendre Judas (7.216). Matthieu et Philippe à Técua (7.218). André et Jean à Jéricho (7.222) – Cela fait plus de dix jours que Judas s'est absenté.

[2] Cf. Parabole adaptée à la conversion de Marie de Magdala. Cf. 4.94