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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mardi 2
avril 30
- Le figuier d'hier s'est desséché 87 - Comme une religion sans spiritualité 88 - Puissance de la foi et de la prière 89 - Est-il permis de payer le tribut à César ? 89 - Guérisons nombreuses 90 - Des sadducéens proposent un cas à résoudre 90 -
Discours (La vie dans l'au-delà) 91 - Ma chair ne connaîtra pas la décomposition 92 - [Commentaire de Jésus : La puissance de l'Église 92 - Omissions volontaires des
évangélistes] 92 |
9.13. |
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87> Ils vont rentrer dans la ville, toujours par le même sentier écarté
qu'ils ont pris le matin d'avant, comme si Jésus ne voulait pas être entouré
par les gens qui l'attendent avant d'être dans le Temple, auquel on accède
vite en entrant dans la ville par la Porte du Troupeau, qui est près de la
Probatique. Mais aujourd'hui plusieurs des soixante-douze
l'attendent déjà au-delà du Cédron, avant le
pont, et dès qu'ils le voient apparaître au milieu des oliviers verts gris,
dans son vêtement pourpre, ils vont à sa rencontre. 88> Ils se réunissent pour aller vers la ville. Pierre, qui regarde en avant, en bas de la
pente, soupçonnant toujours de voir apparaître quelque mal intentionné, voit
parmi le vert frais des dernières pentes un amas de feuilles fanées et qui
pendent, qui se penchent au-dessus de l'eau du Cédron. Les feuilles
recroquevillées et mourantes, ayant ça et là des taches qui ressemblent à de
la rouille, ressemblent à celles d'une plante que les flammes ont desséchées.
De temps à autre la brise en détache une et l'enfouit dans les eaux du
torrent.
Tous accourent, sauf
Jésus qui avance de son pas habituel. Les apôtres racontent
aux disciples l'antécédent de ce qu'ils voient et tous ensemble commentent en
regardant stupéfaits Jésus. Ils ont vu des milliers de miracles sur les
hommes et les éléments, mais celui-ci les frappe comme les autres ne l'ont
pas fait. Jésus, qui est
survenu, sourit en voyant ces visages stupéfaits et craintifs, et il dit :
"Et quoi ? Vous êtes tellement émerveillés qu'à ma parole un figuier se
soit desséché ? Ne m'avez-vous pas vu peut-être ressusciter les morts, guérir
les lépreux, donner la vue aux aveugles, multiplier les pains, calmer les
tempêtes, éteindre le feu ? Et vous êtes stupéfaits qu'un figuier se dessèche
?" "Ce n'est pas
pour le figuier. C'est que hier il était robuste quand tu l'as maudit, et
maintenant il est sec. Regarde, il est friable comme de l'argile sèche. Ses
branches n'ont plus de moelle. Regarde, elles s'en vont en poussière" et
Barthélemy réduit en poussière
entre ses doigts des branches qu'il a facilement cassées. "Elles n'ont
plus de moelle. Tu l'as dit. Et c'est la mort quand il n'y a plus de moelle,
aussi bien dans un arbre que dans une nation, que dans une religion, mais
qu'il y a seulement la dure écorce et le feuillage inutile : férocité et
extérieur hypocrite. La moelle, blanche, entière, pleine de sève, correspond
à la sainteté, à la spiritualité. L'écorce dure et le feuillage inutile à
l'humanité dépourvue de vie spirituelle et juste. Malheur aux religions qui
deviennent humaines parce que leurs prêtres et leurs fidèles n'ont plus
l'esprit vital. Malheur aux nations dont les chefs ne sont que férocité et
verbosité tapageuse dépourvue d'idées fertiles ! Malheur aux hommes auxquels
manque la vie de l'esprit !" "Pourtant si tu
devais dire cela aux grands d'Israël, encore que ta parole soit juste, tu ne
serais pas sage. Ne te flatte pas que jusqu'à présent ils t'ont laissé
parler. 89> Toi-même le dis que ce n'est pas par
conversion de cœur, mais par calcul. Sache alors, Toi aussi, calculer la
portée et les conséquences de tes paroles. Parce qu'il y a aussi la sagesse
du monde en dehors de la sagesse de l'esprit. Et il faut savoir en user à
notre avantage. Car enfin, pour l'instant, on est dans le monde, et pas dans
le Royaume de Dieu" dit l'Iscariote sans amertume, mais
d'un ton doctoral. "Le
vrai sage c'est celui qui sait voir les choses sans que
les ombres de la propre sensualité et les réflexions du calcul les altèrent.
Je dirai toujours la vérité de ce que je vois." "Mais, en somme,
ce figuier est mort parce que tu as été Toi à le maudire, ou bien... c'est un
pur hasard... un signe... je ne sais pas ?" demande Philippe. "C'est tout ce
que tu dis. Mais ce que j'ai fait vous aussi vous pourrez le faire si vous
arrivez à avoir la foi parfaite. Ayez-la dans le Seigneur Très-Haut. Et quand
vous l'aurez, en vérité je vous dis que vous pourrez cela et encore
davantage. En vérité je vous dis que si quelqu'un arrive à avoir la confiance
parfaite dans la force de la prière et dans la bonté du Seigneur, il pourra
dire à cette montagne : "Déplace-toi de là et jette-toi dans la
mer" et si en le disant il n'hésite pas en son cœur, mais croit que ce
qu'il ordonne peut se réaliser, ce qu'il a dit se réalisera." [1] "Et nous
semblerons des magiciens et nous serons lapidés, comme il est dit pour qui
exerce la magie. Ce serait un miracle bien sot et à notre détriment !"
dit l'Iscariote en hochant la tête. "Tu es sot, toi
qui ne comprends pas la parabole !" lui réplique Jude. Jésus ne parle pas à
Judas, il parle à tous : "Je vous dis, et c'est une ancienne leçon que
je répète à cette heure : quelque chose que vous demandiez par la prière, ayez
la foi de l'obtenir et vous l'aurez. Mais si avant de prier vous avez quelque
chose contre quelqu'un, pardonnez d'abord et faites la paix afin d'avoir pour
ami votre Père qui est dans les Cieux, qui vous pardonne tant et vous comble
tant, du matin au soir et du couchant à l'aurore." Ils entrent au
Temple. Les soldats de l'Antonia les regardent passer. Ils vont adorer le
Seigneur, puis reviennent dans la cour où les rabbis enseignent. Tout de suite vers
Jésus, avant encore que les gens n'arrivent et ne se groupent autour de Lui,
s'approchent des saphorim, des docteurs
d'Israël et des hérodiens et, avec un respect
menteur, après l'avoir salué, ils Lui disent : 90> Jésus les regarde de
l'un de ces regards d'une pénétrante et solennelle perspicacité, et il répond
: "Pourquoi me tentez-vous hypocritement ? Et pourtant quelqu'un de vous
sait que l'on ne me trompe pas avec des honneurs hypocrites ! Mais
montrez-moi une pièce de monnaie de celles qui servent pour le tribut." Ils Lui présentent
une pièce de monnaie. Il l'observe au recto
et au verso et, en la tenant appuyée sur la paume de sa main gauche, il la
frappe de l'index de sa main droite en disant : "De qui est cette image
et que dit cette inscription ?" "C'est la figure
de César et l'inscription porte son nom. Le nom de Caius Tibère César qui est
maintenant empereur de Rome." "Et alors rendez
à César ce qui appartient à César et donnez à Dieu ce qui est à Dieu" et
il leur tourne le dos après avoir rendu la pièce à celui qui la Lui avait
donnée. Il écoute tel ou tel
des nombreux pèlerins qui l'interrogent, réconforte, absout, guérit. Les heures passent. Il sort du Temple
pour aller peut-être hors de la porte, pour prendre la nourriture que Lui
apportent les serviteurs de Lazare qui en ont été chargés.
Quand il rentre au
Temple, c'est l'après-midi. Il est inlassable. Grâce et sagesse coulent de
ses mains posées sur les malades, de ses lèvres pour des conseils personnels
donnés à ceux nombreux qui l'approchent. Il semble qu'il veuille tous les consoler,
les guérir tous, avant de ne plus pouvoir le faire. C'est déjà le
couchant et les apôtres, fatigués, sont assis par terre sous le portique,
abasourdis par ce mouvement continuel de la foule dans les cours du Temple à
l'approche de Pâque. A ce moment s'approchent de l'Inlassable des riches,
certainement des riches à en juger par leurs vêtements somptueux. Matthieu,
qui ne sommeille que d'un œil, se lève pour secouer les autres. Il dit :
"Des sadducéens vont trouver le Maître. Ne le laissons pas seul pour
qu'ils ne l'offensent pas ou ne cherchent pas à Lui faire tort et à le
mépriser encore." Ils se lèvent tous
pour rejoindre le Maître qu'ils entourent immédiatement. 91> Je crois deviner qu'il y a eu des représailles quand ils sont
allés au Temple ou qu'ils y sont revenus à sexte.
"Vous vous
trompez. Vous ne savez comprendre ni les Écritures ni la puissance de Dieu.
Très différente de celle-ci sera l'autre vie, et dans le Royaume éternel
n'existeront pas comme dans celui-ci les nécessités de la chair. Car, en
vérité, après le jugement final la chair ressuscitera et se réunira à l'âme
immortelle pour reformer un tout, vivant comme et mieux que n'est vivante
maintenant ma personne et la vôtre, mais elle ne sera plus sujette aux lois et
surtout aux impulsions et aux abus qui existent maintenant. À la résurrection
les hommes et les femmes ne se marieront pas, mais ils seront semblables aux
anges de Dieu dans le Ciel qui ne se marient pas, tout en vivant dans l'amour
parfait qui est divin et spirituel. Quant à la résurrection des morts,
n'avez-vous pas lu comment du buisson Dieu a parlé à Moïse ? Que dit alors le
Très-Haut ? "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de
Jacob" [3]. Il n'a pas dit : "J'ai été", pour faire comprendre
qu'Abraham, Isaac et Jacob avaient existé, mais n'existaient plus. Il
a dit : "Je suis". Parce qu'Abraham,
Isaac et Jacob existent. Immortels. Comme tous les hommes dans leur
partie immortelle, tant que les siècles dureront, et ensuite avec la chair
ressuscitée pour l'éternité. Ils existent comme existe Moïse, les prophètes,
les justes, comme, malheureusement, existe Caïn, et ils existent ceux du
déluge, et les sodomites, et tous ceux qui sont morts en faute mortelle. Dieu
n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants." 92> "Est-ce que Toi aussi tu mourras et ensuite seras vivant
?" disent-ils pour le tenter. Ils sont déjà las de leur douceur. Leur
rancœur est telle qu'ils ne savent pas se contenir. "Je suis le
Vivant et ma Chair ne connaîtra pas la Décomposition. L'arche nous a été
enlevée et l'actuelle sera enlevée même comme symbole. Le Tabernacle nous a
été enlevé et sera détruit. Mais le vrai Temple de Dieu ne pourra être enlevé
ni détruit. Quand ses adversaires croiront l'avoir fait, alors ce sera le
moment qu'il s'établira dans la véritable Jérusalem, dans toute sa gloire.
Adieu." Et il se hâte vers la
Cour des Israélites car les trompettes d'argent appellent au sacrifice du
soir. Jésus me dit : "Comme je t'ai
fait remarquer l'expression "à mon calice" dans la vision où la mère de Jean et de Jacques demande une place
pour ses fils, je te dis de même de remarquer dans la vision d'hier le
passage : "celui qui tombera contre
cette pierre se fracassera". Dans les traductions on se sert toujours de
"sur". J'ai dit contre, et
non pas sur. Cependant aussi, et
qu'ils y pensent aussi ceux qui, parce qu'ils appartiennent à l'Église, se
croient à l'abri des châtiments divins,
celui sur qui tombera le poids de la condamnation du Chef et Époux, de cette Épouse qui
est la mienne, de ce Corps
Mystique qui est le mien, celui-là
sera écrasé. Et pour prévenir une
objection des scribes et sadducéens toujours vivants et malveillants pour mes
serviteurs, je dis : Si dans ces dernières visions se trouvent des phrases
qui ne sont pas dans les Évangiles, telles que celles de la fin de la vision
d'aujourd'hui, et des passages où je parle du figuier desséché et d'autres
encore, qu'eux se rappellent que les évangélistes étaient toujours de ce peuple, et qu'ils
vivaient dans les temps où tout heurt un peu trop vif pouvait avoir des
répercussions violentes et nuisibles aux néophytes.
Connaître les
persécutions du Christ, oui. Mais les maladies spirituelles du peuple
d'Israël désormais corrompu, surtout dans les classes les plus élevées, non.
Ce n'était pas bien. Et ils les voilèrent le plus qu'ils purent. Qu'ils
observent comment les Évangiles deviennent de plus en plus explicites,
jusqu'au limpide Évangile de mon Jean, à mesure qu'ils étaient écrits à une
époque plus éloignée de mon Ascension vers mon Père. 93> Jean est le seul à rapporter entièrement même les taches les
plus douloureuses du noyau apostolique en nommant ouvertement Judas
"voleur", et il rappelle intégralement les bassesses des juifs
(chapitre 6 — la volonté feinte de me faire roi, les disputes au Temple,
l'abandon d'un grand nombre après le discours sur le Pain du Ciel,
l'incrédulité de Thomas). Dernier survivant, ayant vécu assez pour voir
l'Église déjà forte, il lève les voiles que les autres n'avaient pas osé
lever. Mais maintenant
l'Esprit de Dieu veut que l'on connaisse même ces paroles, et qu'ils en
bénissent le Seigneur car ce sont autant de lumières et autant d'indications
pour les justes de cœurs." |
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