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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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lundi 1er
avril 30
- Discours (Vous n'avez pas voulu
me comprendre 82 - La résurrection de l'Église sur
terre 83 - La Parole de Dieu et les
prophètes 84 - Le vrai sacrifice demandé à
l'homme 84 - Mon Église remplacera Israël) 85
- On veut que Jésus se réfugie chez Lazare 85 - Lazare sera épargné 86 - Jésus veut rester seul pour prier 86 - Judas rassure Pierre hypocritement 87 |
9.12. |
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82> Jésus est encore, le soir,
dans l'oliveraie et il y est avec ses apôtres. Et de nouveau il parle. "Et encore un autre
jour est passé. Maintenant la nuit et puis demain, et puis un autre demain,
et puis la cène pascale." "Où la
ferons-nous, mon Seigneur ? Cette année il y a aussi les femmes" demande
Philippe. "Et nous n'avons
encore pourvu à rien, et la ville est pleine, bondée. Il semble que cette
année Israël tout entier, jusqu'aux plus lointains prosélytes, soit accouru
au rite" dit Barthélemy. Jésus le regarde et
comme s'il récitait un psaume, il dit : "Rassemblez-vous, hâtez-vous,
accourez de tous côtés vers ma victime que j'immole pour vous, vers la grande
Victime immolée sur les monts d'Israël, pour manger sa Chair et boire son
Sang." [1] "Mais quelle
victime ? Quelle victime ? Tu sembles quelqu'un qui est possédé par une folie
fixe. Tu ne parles que de mort... et tu nous affliges" dit avec
véhémence Barthélemy. Jésus le regarde encore
en quittant des yeux Simon qui se penche sur Jacques d'Alphée et sur Pierre et parle avec eux, et il dit :
"Comment ? Tu me le demandes ? Tu n'es pas un de ces petits qui pour
être instruits doivent recevoir la lumière septiforme. Tu étais déjà instruit
en l'Écriture avant que je t'appelle, par l'intermédiaire de Philippe, dans
cette douce matinée de printemps. De mon printemps. Et tu me demandes encore
quelle est la victime immolée sur les monts, celle vers laquelle viendront
tous les gens pour s'en nourrir ? Et tu m'appelles fou d'une folie fixe parce
que je parle de mort ? Oh ! Bartholmaï ! Comme le
cri des sentinelles, dans votre ténèbre, qui jamais
s'est ouverte à la lumière, j'ai lancé une fois, deux fois, trois fois le cri
annonciateur. Mais vous n'avez jamais voulu le comprendre. Vous en avez
souffert sur le moment, et puis... 83> Comme des enfants,
vous avez vite oublié les paroles de mort et vous êtes retournés joyeux à
votre travail, sûrs de vous et pleins de l'espérance que mes paroles et les
vôtres persuaderaient de plus en plus le monde de suivre et d'aimer son
Rédempteur. Non. C'est seulement
après que cette Terre aura péché contre Moi, et rappelez-vous que ce sont des
paroles du Seigneur à son prophète, après seulement que le peuple et
non seulement celui-ci en particulier, mais le grand peuple d'Adam commencera
à gémir : Oh ! qui parmi vous
saura rappeler les paroles de cette prophétie qui résonne déjà dans les paroles
de Daniel, [3] avec un son voilé,
et qui maintenant retentit par la voix du Sage devant le monde étonné et
devant vous, plus étonnés que le monde ? ! "La venue du Roi
— continuera le monde gémissant dans ses blessures et enfermé dans son
tombeau, après avoir mal vécu et être mal mort, enfermé par son septuple vice
et par ses hérésies sans fin, l'esprit agonisant du monde enfermé, avec ses
derniers essais, à l'intérieur de son organisme, mort lépreux à cause de
toutes ses erreurs — 84> la venue du Roi est
préparée comme celle de l'aurore et elle viendra à nous comme la pluie du
printemps et de l'automne". L'aurore est précédée
et préparée par la nuit. C'est la nuit. Celle de maintenant. Et que
dois-je te faire, Ephraïm ? Et que dois-je te faire, Ô Juda ?... Simon, Bartholmaï, Judas, et mes cousins, vous plus instruits
dans le Livre, reconnaissez-vous ces paroles ? Ce n'est pas d'un esprit fou,
mais de quelqu'un qui possède la Sagesse et la Science qu'elles viennent.
C'est comme un roi qui ouvre avec assurance ses coffres forts, parce qu'il
sait où est la gemme donnée qu'il cherche, après l'avoir mise de sa main à
l'intérieur, que je cite les prophètes. Je suis la Parole. Pendant des
siècles, j'ai parlé par des lèvres humaines, et pendant des siècles je
parlerai par des lèvres humaines. Mais tout ce qui est dit de surnaturel est
ma parole. L'homme ne pourrait pas, même le plus docte et le plus saint,
monter avec une âme d'aigle au-delà des limites du monde aveugle, pour saisir
et dire les mystères éternels,
Et que dois-je encore
vous faire, ô Ephraïm, ô Juda, ô monde, que je n'ai pas fait ? Je suis venu
pour t'aimer, ma Terre, et ma parole a été pour toi une épée qui tue parce
que tu l'as exécrée. Oh ! Monde qui tues ton Sauveur en croyant faire une
chose juste, tellement tu es insatanisé au point de
ne même plus comprendre quel est le sacrifice que Dieu exige, sacrifice du
péché personnel et non pas d'une bête immolée et consommée avec l'âme
souillée ! 85> Mais que t'ai-je
donc dit pendant ces trois années ? Qu'ai-je prêché ? J'ai dit :
"Connaissez Dieu dans ses lois et dans sa nature". Et je me suis
desséché comme un vase d'argile poreuse exposé au soleil en vous répandant la
connaissance vitale de la Loi et de Dieu. Et tu as continué de faire des
holocaustes sans jamais accomplir l'unique chose nécessaire : l'immolation au
Dieu vrai de ta volonté mauvaise ! Maintenant le Dieu
éternel te dit, cité pécheresse, peuple parjure — et à l'heure du Jugement,
on se servira pour toi d'un fouet dont on ne se servira pas pour Rome et
Athènes, qui sont hébétées et ne connaissent pas la parole et le savoir, mais
qui, d'éternels enfants mal soignés par leur nourrice et restés comme des
animaux dans leurs capacités, passeront dans les bras saints de mon Église,
mon unique sublime Épouse qui m'enfantera d'innombrables enfants dignes du
Christ, deviendront adultes et capables et me donneront des palais et des
troupes, des temples et des saints de quoi peupler le Ciel comme avec des
étoiles — maintenant le Dieu éternel te dit : "Vous ne me plaisez plus
et je n'accepterai plus de don de votre main. Il est pour Moi pareil à des
excréments et je vous le rejetterai à la face et il y restera attaché. Vos
solennités, toutes extérieures, me dégoûtent. Je supprime le pacte avec la
race d'Aaron et je le passe aux fils de Lévi parce que, voilà, celui-ci est mon Lévi, et avec Lui pour toujours j'ai fait un pacte de vie et de paix
et Lui m'a été fidèle dans les siècles des siècles, jusqu'au sacrifice. Il
a eu la sainte crainte du Père et il a tremblé à cause de son courroux
d'offensé, au seul son de mon Nom offensé. La loi de la vérité a été sur sa
bouche, et sur ses lèvres il n'y a pas eu d'iniquité, il a marché avec Moi
dans la paix et l'équité, et il en a retiré beaucoup du péché. Le temps est
venu où en tout lieu, et non plus sur l'unique autel de Sion, car vous ne
méritez pas de l'y offrir, sera sacrifiée et offerte à mon Nom l'Hostie pure,
immaculée, agréable au Seigneur' '. Les reconnaissez-vous
les éternelles paroles ?" "Nous les
reconnaissons, notre Seigneur. Et crois-le, nous sommes abattus comme si on
nous avait frappés. N'est-il pas possible de dévier le destin ?" "Tu l'appelles
destin, Bartholmaï ?" "Je ne saurais
quel autre nom..." "Réparation.
Voilà le nom. On n'offense pas le Seigneur sans que l'offense doive être
réparée. Et Dieu Créateur a été offensé par le Premier qui a été créé. Depuis
lors, l'offense n'a pas cessé de croître. 86> Et elle n'a pas
servi l'inondation du Déluge, ni la pluie de feu sur Sodome et Gomorrhe à
rendre l'homme saint. Pas l'eau et pas le feu. La Terre est une Sodome sans limite
où passe, libre et roi, Lucifer. Alors que vienne
une trinité pour la laver : le feu de l'amour, l'eau de la douleur, le Sang
de la Victime. Voici, ô Terre, mon don. Je suis venu pour te le donner. Et
maintenant je me déroberais à son accomplissement ? C'est Pâque, on ne peut
fuir." "Pourquoi ne
vas-tu pas chez Lazare ? Ce ne serait pas
fuir, mais chez lui, on ne te toucherait pas." "Simon parle
bien. Je t'en supplie, Seigneur, fais-le !" crie Judas Iscariote en se
jetant aux pieds de Jésus. A son geste répond un
déluge de larmes de Jean, et bien que plus
maîtres de leur douleur, les cousins pleurent ainsi que Jacques et André. "Tu me crois le
"Seigneur" ? Regarde-moi !" et Jésus transperce de son regard
le visage angoissé de l'Iscariote, car il est réellement angoissé, ce n'est pas
une feinte. C'est peut-être la dernière lutte de son âme avec Satan, et il ne
sait pas triompher. Jésus l'étudie et suit la lutte comme un homme de science
pourrait étudier une crise d'un malade. Puis il se lève brusquement et si
violemment que Judas, appuyé sur ses genoux, se trouve repoussé et retombe
assis par terre. Jésus recule aussi, le visage bouleversé, et il dit :
"Pour faire arrêter aussi Lazare ? Double proie et double joie par
conséquent. Non, Lazare se garde pour le Christ à venir, pour le Christ
triomphant. Un seul sera jeté au-delà de la vie, et il ne reviendra pas.
Moi, je reviendrai. Mais lui ne reviendra pas. Mais Lazare reste. Toi, toi qui
sais tant de choses, tu sais aussi celle-là. Mais ceux qui espèrent avoir
double profit en capturant l'aigle avec l'aiglon, dans leur nid et sans
difficulté, peuvent être sûrs que l'aigle a les yeux sur tous, et que par
amour pour son petit il ira loin du nid pour être pris Lui seul, en le
sauvant. Je suis tué par la haine et pourtant je continue à aimer. Allez.
Moi, je reste à prier. Jamais comme à l'heure où je vis, je n'ai eu besoin
d'élever mon âme au Ciel." "Laisse-moi
rester avec Toi" supplie Jean. : "Non. Vous avez
tous besoin de repos. Va-t'en." "Tu restes seul
? Et s'ils te font du mal ? Tu semblés souffrant aussi... Moi, je reste"
dit Pierre. "Toi aussi, va
avec les autres. Laissez-moi oublier les hommes pour une heure ! Laissez-moi
en contact avec les anges de mon Père ! Ils remplaceront ma Mère, qui
s'épuise en larmes et en prière, que je ne puis charger de ma douleur
désolée. Allez." 87> "Tu ne nous donnes pas la paix ?" demande son cousin
Jude. "Tu as raison.
Que la paix du Seigneur se pose sur ceux qui ne sont pas opprobre à ses yeux.
Adieu" et Jésus pénètre en montant un talus au milieu des oliviers. "Et pourtant...
ce qu'il dit c'est vraiment dans l'Écriture ! Et quand on l'entend de Lui on
comprend pourquoi et pour qui c'est dit" murmure Barthélemy. "Moi, je l'ai
dit à Pierre dans l'automne de la première année..." dit Simon. "C'est vrai...
Mais... Non ! Moi vivant, je ne le laisserai pas prendre. Demain..." dit
Pierre. "Que feras-tu
demain ?" demande l'Iscariote. "Ce que je ferai
? Je parle avec moi-même. C'est un temps de conjuration. A l'air même je ne
confierai pas ma pensée. Et toi, qui es puissant, tu l'as dit tant de fois,
pourquoi ne cherches-tu pas protection pour Jésus ?" "Je le ferai,
Pierre. Je le ferai. Ne vous étonnez pas si je suis parfois absent. Je
travaille pour Lui. Ne le Lui dites pas, pourtant". "Sois
tranquille, et que tu sois béni. Parfois je me suis défié de toi, mais je
m'en excuse. Je vois que tu es meilleur que nous au bon moment. Tu agis...
moi, je ne sais que parler à vide" dit Pierre, humble et sincère. Et Judas rit comme si
la louange lui plaisait. Ils s'éloignent du Gethsémani vers la route qui va à
Jérusalem. |
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