|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | ||
|
extrait du film "la Passion" de Mel Gibson vendredi
5 avril 30 RÉSUMÉ - Via le Cédron sous les moqueries et les sévices 209 - Dans le faubourg d'Ophel deux femmes maltraitées 210 - Pierre et Jean à la porte de la ville 210 - Commentaires des soldats romains 211 - Arrivée à la maison d'Anna 211 - Dialogue de Jésus avec Anna : Jésus énumère ses œuvres 212 - Je remets les péchés par mon sang qui sera versé 213 - C'est la haine qui vous fait agir 213 - Je suis venu rappeler le Décalogue 214 - Jésus reçoit un coup de poing et une gifle 214 - Jean était présent et disparaît 215 - Jésus est malmené par les argousins 215 - Vers le Grand Prêtre Caïphe et le Sanhédrin 215 - Jésus demeure muet devant les accusations 216 - Gamaliel déclare la séance illégale et sort 216 - Nicodème et Joseph d'Arimathie sortent à leur tour 217 - Jésus affirme sa messianité 217 - Il est maltraité par la racaille 218 - Il est emmené dans un débarras 219 - Pierre renie pour la troisième fois 219 - Par les rues la foule malmène Jésus 219 - Elle maîtrise le berger Élie 220 - Intervention féroce et inutile de Manaën 221 - Jésus bénit Jeanne 221 - Les soldats romains interviennent avec Longin 222 - Pilate fait son entrée dans le Prétoire 223 - Quelles accusations portez-vous contre lui ? 224 - Je ne trouve en lui aucune faute 225 - Qu'on le conduise à Hérode 225 - Jésus rencontre Judas et Chouza 226 - Devant Hérode Jésus se tait 226 - Refuse de guérir un chien et un hébété 227 - Impassible devant des danseuses lascives 227 - Jugé comme fou, Jésus est renvoyé à Pilate 227 - Rencontre des bergers et de Jean 228 - La foule refuse à Pilate de libérer Jésus 228 - Pilate le condamne à la flagellation 228 - La flagellation de Jésus 229 - Une cuvette d'eau le ranime 230 - Un coup de hallebarde entre la pommette et le nez 230 - Jésus se rhabille difficilement 230 - Le couronnement d'épines 231 - Voilà l'homme (Ecce Homo) 232 - Pilate ne sait que faire 233 - Claudia intervient par une servante 233 - Pilate a peur et se lave les mains 233 - L'écriteau et la condamnation à mort 234 -
[Commentaire de MV : Une douleur qui est une douceur ]
234 |
9.22. |
|
209> Commence la douloureuse marche par le petit chemin pierreux qui mène de la petite place où Jésus a été capturé au Cédron et de là, par un autre chemin, vers la ville. Et tout de suite commencent les moqueries et les sévices. Jésus, lié comme il l'est aux poignets et jusqu'à la ceinture comme s'il était un fou dangereux, avec les bouts des cordes confiés à des énergumènes ivres de haine, est tiré d'un côté et de l'autre comme un chiffon abandonné à la colère d'une meute de chiens. Mais si c'étaient des chiens ceux qui agissent ainsi ils seraient encore excusables. Mais ce sont des hommes, bien qu'ils n'aient d'humain que l'aspect. Et c'est pour causer plus de douleur qu'ils ont pensé à ce liage de deux cordes opposées, dont l'une sert seulement à emprisonner les poignets et les griffe et les scie par son frottement rugueux, et l'autre, celle de la ceinture, comprime les coudes contre le thorax, et scie et comprime le haut de l'abdomen, en torturant le foie et les reins où on a fait un énorme noeud, et où de temps à autre celui qui tient les bouts des cordes donne des coups en s'en servant comme de fouets et en disant : "Hue ! Aller ! Trotte, baudet !" et il y ajoute aussi des coups de pieds, appliqués derrière les genoux du Torturé qui chancelle et ne tombe pas seulement parce que les cordes le tiennent debout. Mais cela n'évite pas pourtant que, tiré à droite par celui qui s'occupe des mains et à gauche par celui qui tient la corde de la ceinture, Jésus aille heurter les murets et les troncs, et tombe brutalement contre la rampe du petit pont à cause d'un coup plus cruel reçu au moment où il va franchir le petit pont sur le Cédron. La bouche contusionnée saigne. Jésus lève les mains liées pour essuyer le sang qui souille la barbe, et il ne parle pas. C'est vraiment l'agneau qui ne mord pas celui qui le torture. Des gens pendant ce temps sont descendus prendre des pierres et des cailloux sur la grève, et d'en bas commence une grêle de pierres 210> sur une cible accessible. En effet la marche s'est ralentie sur le petit pont étroit et peu sûr sur lequel les gens s'entassent en se gênant les uns les autres, et les pierres frappent Jésus à la tête, aux épaules, et pas Jésus seul, mais aussi ceux qui l'escortent qui réagissent en lançant des bâtons et en jetant les pierres elles-mêmes. Et tout sert pour frapper de nouveau Jésus à la tête et au cou. Mais le pont se dégage, et maintenant la ruelle étroite jette son ombre sur la mêlée car la lune qui commence de descendre n'atteint pas ce sentier contourné et au cours de la cohue beaucoup de torches se sont éteintes. Mais la haine tient lieu de lumière pour voir le pauvre Martyr dont la haute taille facilite aussi la torture. Il est le plus grand de tous, il est donc facile de le frapper, de le prendre par les cheveux pour l'obliger à renverser violemment en arrière la tête, sur laquelle on lance une poignée d'immondices qui doit forcément entrer dans la bouche et dans les yeux en Lui donnant nausée et souffrance. On commence la traversée du faubourg d'Ophel, du faubourg où il a répandu tant de bienfaits et de caresses. La foule pousse des cris pour appeler les dormeurs sur les seuils. Si les femmes poussent des cris de douleur et fuient terrorisées en voyant ce qui arrive, les hommes, les hommes qui pourtant ont eu de Lui guérisons, secours, paroles amicales, ou bien baissent la tête par indifférence, affectant du moins insouciance, ou bien passent de la curiosité à la rancœur, au ricanement, au geste de menace et même suivent le cortège pour torturer. Satan est déjà au travail... Un homme, un mari qui veut le suivre pour l'offenser, est saisi par le bras par sa femme qui lui crie : "Lâche ! Si tu es vivant, c'est grâce à Lui, homme dégoûtant plein de pourriture. Souviens-t'en !" Mais la femme est vaincue par l'homme qui la frappe bestialement en la jetant par terre, et qui court ensuite rejoindre le Martyr sur la tête duquel il jette une pierre.[1] Une autre femme, âgée, cherche à barrer le chemin à son fils qui accourt avec un visage de hyène et avec un bâton pour frapper lui aussi et elle lui crie : "Assassin de ton Sauveur, tu ne le seras pas tant que je vivrai !" Mais la malheureuse, frappée par son fils d'un coup de pied brutal à l'aine, s'abat en criant : "Déicide et matricide ! Pour le sein que tu déchires une seconde fois et pour le Messie que tu frappes, que tu sois maudit !" [2] La violence s'accroît de plus en plus à mesure qu'on approche de la ville. 211> Avant d'arriver aux murs — et déjà les portes sont ouvertes et les soldats romains, l'arme au pied, observent d'où vient le tumulte et comment il se développe, prêts à intervenir si le prestige de Rome en est atteint — Jean s'y trouve avec Pierre. Je crois qu'ils sont arrivés là par un raccourci qu'ils ont pris en franchissant le Cédron en amont du pont, et en précédant rapidement la foule qui va lentement gênant elle-même sa marche. Ils sont dans la pénombre d'une entrée, près d'une petite place qui précède les murs. Ils ont sur la tête leurs manteaux pour cacher leurs visages. Mais quand Jésus arrive, Jean laisse tomber son manteau et découvre son visage pâle et bouleversé au clair de lune qui éclaire encore avant de disparaître derrière la colline qui se trouve au-delà des murs, et que j'entends appeler Tofet par les sbires qui ont capturé Jésus. Pierre n'ose pas se découvrir, mais cependant il s'avance pour être vu... Jésus les regarde... et a un sourire d'une infinie bonté. Pierre tourne sur lui-même et revient dans son coin obscur, les mains sur les yeux, courbé, vieilli, déjà une loque humaine. Jean reste courageusement où il est et ne rejoint Pierre que quand la foule hurlante est passée. Il le prend par le coude, le conduit comme si c'était un garçon qui guide son père aveugle, et ils entrent tous deux dans la ville, derrière la foule bruyante. J'entends les exclamations étonnées, moqueuses, affligées des soldats romains. L'un d'eux maudit ceux qui l'ont fait lever à cause de ce "mouton imbécile"; un autre se moque des juifs capables de "prendre une femmelette"; un autre a pitié de la Victime "qu'il a toujours vue pleine de bonté"; un autre dit : "J'aurais préféré qu'ils me tuent que de le voir entre leurs mains. C'est un grand. Ma dévotion va dans le monde à ces deux : Lui et Rome." "Par Jupiter !" s'écrie le plus élevé en grade. "Je ne veux pas d'ennuis. Je vais aller trouver le porte-enseigne. Qu'il y pense lui à le dire à qui de droit. Je ne veux pas que l'on m'envoie combattre les Germains. Ces hébreux sentent mauvais et ce sont des serpents et des ennuis. Mais ici la vie est en sûreté et je vais finir mon temps, et près de Pompéi j'ai une fillette !..."
Ses partisans ! Où sont-ils ?... Ils parcourent l'atrium de l'entrée et puis traversent une vaste cour, un couloir, un autre portique et une nouvelle cour, et ils traînent Jésus en Lui faisant gravir trois marches, et en Lui faisant parcourir presque en courant les arcades qui s'élèvent au-dessus de la cour pour arriver plus vite à une riche salle où se trouve un homme âgé habillé en prêtre. "Que Dieu te console, Anna" dit celui qui semble être l'officier, si on peut appeler ainsi le gredin qui commande ces brigands. "Voici le coupable. Je le confie à ta sainteté pour qu'Israël soit purifié de la faute." "Que Dieu te bénisse pour ta sagacité et ta foi." Belle sagacité ! Il avait suffi de la voix de Jésus pour les faire tomber par terre au Gethsémani. "Qui es-tu ?" "Jésus de Nazareth, le Rabbi, le Christ. Et tu me connais. Je n'ai pas agi dans les ténèbres." "Dans les ténèbres, non. Mais tu as dévoyé les foules par des doctrines ténébreuses. Et le Temple a le droit et le devoir de protéger l'âme des fils d'Abraham." "L'âme ! Prêtre d'Israël, peux-tu dire que tu as souffert pour l'âme du plus petit ou du plus grand de ce peuple ?" "Et Toi alors ? Qu'as-tu fait qui puisse s'appeler souffrance ?" "Qu'ai-je fait ? Pourquoi me le demandes-tu ? Israël tout entier en parle. De la cité sainte au plus misérable bourg les pierres elles-mêmes parlent pour dire ce que j'ai fait. J'ai donné la vue aux aveugles : la vue des yeux et celle du cœur . J'ai ouvert l'ouïe à ceux qui étaient sourds : aux voix de la Terre et aux voix du Ciel. J'ai fait marcher les estropiés et les paralytiques pour qu'ils commencent leur marche vers Dieu par la chair et puis avancent avec l'esprit. J'ai purifié les lépreux : des lèpres que la Loi mosaïque 213> signale et de celles qui rendent infects près de Dieu : les péchés. J'ai ressuscité les morts, et je ne dis pas que ce soit une grande chose de rappeler à la vie une chair, mais c'est une grande chose de racheter un pécheur, et je l'ai fait. J'ai secouru les pauvres en enseignant aux hébreux avides et riches le précepte saint de l'amour du prochain et, en restant pauvre malgré le ruisseau d'or qui m'est passé par les mains, j'ai essuyé plus de larmes Moi seul que vous tous, possesseurs de richesses. J'ai donné enfin une richesse qui n'a pas de nom : la connaissance de la Loi, la connaissance de Dieu, la certitude que nous sommes tous égaux et que, aux yeux saints du Père, égaux sont les pleurs ou les crimes, qu'ils soient versés ou accomplis par le Tétrarque et le Pontife, ou par le mendiant et le lépreux qui meurt au bord du chemin. C'est cela que j'ai fait. Rien de plus." "Sais-tu que tu t'accuses Toi-même ? Tu dis les lèpres qui rendent infects aux yeux de Dieu et ne sont pas signalées par Moïse. Tu insultes Moïse et tu insinues qu'il y a des lacunes dans sa Loi..." "Pas la sienne : celle de Dieu. C'est ainsi. Plus que la lèpre, malheur de la chair et qui a une fin, je déclare grave, et telle elle est, la faute qui est un malheur et un malheur éternel de l'esprit." "Tu oses dire que tu peux remettre les péchés. Comment le fais-tu ?" "Si avec un peu d'eau lustrale et le sacrifice d'un bélier il est permis et croyable qu'on annule une faute, qu'on l'expie et qu'on en est purifié, comment ne le pourront pas mes pleurs, mon Sang et ma volonté ?" "Mais tu n'es pas mort. Où est alors le Sang ?" "Je ne suis pas encore mort. Mais je le serai car c'est écrit. Au Ciel, quand n'existait pas Sion, quand n'existait pas Moïse, quand n'existait pas Jacob, quand n'existait pas Abraham, quand le roi du Mal mordait l'homme au cœur et l'empoisonnait lui et ses fils. C'est écrit sur la Terre dans le Livre où sont les paroles des prophètes. C'est écrit dans les cœurs. Dans le tien, dans celui de Caïphe et des synhédristes qui ne me pardonnent pas, non, ces cœurs ne me pardonnent pas d'être bon. J'ai absous, en anticipant sur mon Sang. Maintenant j'accomplis l'absolution avec le bain dans ce Sang." "Tu nous dis avides et ignorants du précepte d'amour..." "Et n'est-ce pas vrai ? Pourquoi me tuez-vous ? Pourquoi avez-vous peur que je vous détrône. Oh ! ne craignez pas. Mon Royaume n'est pas de ce monde. Je vous laisse maître de tout pouvoir. L'Éternel sait quand Il faut dire le "Suffit" qui vous fera tomber foudroyés..." 214> "Comme Doras, hein ?" "Il est mort de colère, non par la foudre du Ciel. Dieu l'attendait de l'autre côté pour le foudroyer." "Et tu le répètes à moi, son parent ? Tu oses ?" "Je suis la Vérité. Et la Vérité n'est jamais lâche." "Orgueilleux et fou !" "Non : sincère. Tu m'accuses de vous offenser, mais est-ce que par hasard vous ne haïssez pas vous tous ? Vous vous haïssez l'un l'autre. Maintenant c'est la haine pour Moi qui vous unit. Mais demain, quand vous m'aurez tué, la haine reviendra parmi vous et plus féroce, et vous vivrez avec cette hyène dans le dos et ce serpent dans le cœur. J'ai enseigné l'amour, par pitié pour le monde. J'ai enseigné à ne pas être avide, à avoir pitié. De quoi m'accuses-tu ?" "D'avoir apporté une doctrine nouvelle." "O prêtre ! Israël pullule de doctrines nouvelles : les esséniens ont la leur, les sadochites[3] la leur, les pharisiens la leur, chacun a sa doctrine secrète qui, pour l'un s'appelle plaisir, pour l'autre or, pour un autre puissance. Chacun a son idole. Pas Moi. J'ai repris la Loi piétinée de mon Père, du Dieu Éternel, et je suis revenu dire simplement les dix propositions du Décalogue. Je me suis desséché les poumons pour les faire entrer dans des cœurs qui ne les connaissaient plus." "Horreur ! Blasphème ! C'est à moi, prêtre, que tu dis cela ? Il n'a pas de Temple, Israël ? Nous sommes comme les exilés de Babylone ? Réponds." "C'est ce que vous êtes et plus encore. Il y a un Temple. Oui. Un édifice. Dieu n'y est pas. Il a fui devant l'abomination qui est dans sa maison. Mais pourquoi tant m'interroger puisque ma mort est décidée ?" "Nous ne sommes pas des assassins. Nous tuons si nous en avons le droit pour une faute prouvée. Mais moi, je veux te sauver. Dis-moi, et je te sauverai. Où sont tes disciples ? Si tu me les livres je te laisse libre. Le nom de tous, et davantage ceux qui sont secrets que ceux qui sont connus. Dis : Nicodème est à Toi ? Et aussi Joseph ? Et Éléazar ? Et Gamaliel ? Et... Mais pour celui-ci je le sais... Inutile. Parle, parle. Tu le sais : je puis te tuer et te sauver. Je suis puissant." "Tu es fange. Je laisse à la fange le métier d'espion. Je suis Lumière." 215> Un sbire Lui lâche un coup de poing.
Un autre sbire Lui donne une gifle en criant : "C'est ainsi que tu réponds au Grand Prêtre ?" "C'est à Anna que je parle. Le Pontife c'est Caïphe. Et je parle avec le respect dû au vieillard. Mais s'il te semble que j'ai mal parlé, montre-le-moi. Autrement pourquoi me frappes-tu ?" "Laissez-le faire. Je vais trouver Caïphe. Vous, gardez-le ici jusqu'à ce que j'en décide autrement. Et faites qu'il ne parle à personne." Anna sort. Jésus ne parle pas, non, il ne parle pas. Pas même à Jean qui ose rester sur la porte en défiant toute la gent policière. Mais Jésus doit, sans parole, lui donner un commandement, car Jean, après un regard affligé, sort de là et je le perds de vue. Jésus reste au milieu des argousins. Coups de corde, crachats, injures, coups de pied, les cheveux arrachés, c'est ce qui Lui reste, jusqu'au moment où un serviteur vient dire d'amener le Prisonnier dans la maison de Caïphe.
Un long chemin à travers les portiques et les atriums et les cours et les couloirs. Mais quelles maisons avaient ces gens du Temple ? Dans l'enceinte pontificale, la foule n'entre pas. Elle est repoussée dans l'atrium d'Anna. Jésus va seul au milieu des sbires et des prêtres. Il entre dans une vaste salle qui semble perdre sa forme rectangulaire à cause des nombreux sièges disposés en fer à cheval sur trois côtés, en laissant au milieu un espace vide au-delà duquel se trouvent deux ou trois fauteuils montés sur des estrades. Au moment où Jésus va entrer, le rabbi Gamaliel le rejoint, et les gardes donnent un coup au Prisonnier pour qu'il cède l'entrée au rabbi d'Israël. Mais celui-ci, raide comme une statue, hiératique, ralentit, et en remuant à peine les lèvres, sans regarder personne, demande :216> "Qui es-tu ? Dis-le-moi." Et Jésus, doucement : "Lis les prophètes et tu auras la réponse. Le premier signe est chez eux. L'autre va venir." Gamaliel resserre son manteau et entre, et derrière lui entre Jésus. Pendant que Gamaliel va sur un siège, on traîne Jésus au milieu de la salle, en face du Pontife : une vraie figure de criminel et on attend qu'entrent tous les membres du Sanhédrin. Puis la séance commence. Mais Caïphe voit deux ou trois sièges vides et demande : "Où est Éléazar ? Et où est Jean ?" Un jeune scribe, je crois, se lève, s'incline et dit : "Ils ont refusé de venir. Voici l'écrit." "Qu'on le conserve et qu'on écrive, Ils en répondront. Qu'ont les saints membres de ce Conseil à dire à son sujet ?" "Je parle. Dans ma maison, Lui a violé le sabbat. Dieu m'est témoin que je ne mens pas. Ismaël ben Fabi ne ment jamais."[4] "Est-ce vrai, accusé ?" Jésus se tait. "Je l'ai vu vivre avec des courtisanes connues. En faisant le prophète, il avait fait de son repaire un lupanar, et pour comble avec des femmes païennes. Avec moi il y avait Sadoc, Collascebona et Nahoum, fiduciaire[5] d'Anna. Dis-je le vrai, Sadoc et Collascebona ? Démentez-moi, si je le mérite."[6] "C'est vrai. C'est vrai." "Que dis-tu ?" Jésus se tait. "Il ne manquait pas une occasion de nous ridiculiser et de nous faire ridiculiser. La plèbe ne nous aime plus à cause de Lui." "Tu les entends ? Tu as profané les membres saints." Jésus se tait. "Cet homme est possédé du démon. Revenu d'Égypte, il exerce la magie noire." "Comment le prouves-tu ?" "Sur ma foi et sur les tables de la Loi !" "Grave accusation. Disculpe-toi." Jésus se tait. "Ton ministère est illégal, tu le sais. Il est passible de mort. Parle." "Illégale est cette séance que nous tenons. Lève-toi, Siméon, et partons" dit Gamaliel. "Mais rabbi, tu deviens fou ?" "Je respecte les règles. Il n'est pas permis de procéder comme 217> nous procédons, et j'en ferai une accusation publique." Et le rabbi Gamaliel sort raide comme une statue, suivi d'un homme d'environ trente-cinq ans qui lui ressemble. Il y a un peu de tumulte dont profitent Nicodème et Joseph pour parler en faveur du Martyr. "Gamaliel a raison. Illicite est l'heure et l'endroit, et les accusations manquent de consistance. Quelqu'un peut-il l'accuser d'avoir méprisé notoirement la Loi ? Je suis son ami et je jure que je l'ai toujours trouvé respectueux envers la Loi" dit Nicodème. "Et moi également. Et pour ne pas souscrire à un crime je me couvre la tête, non à cause de Lui, mais à cause de nous, et je sors." Et Joseph va descendre de sa place et sortir.
Entrent deux figures de galériens. Regards fuyants, sourires cruels, mouvements sournois. "Parlez." "Il n'est pas licite de les entendre ensemble" crie Joseph. "Je suis le Grand Prêtre. Je commande. Et silence !" Joseph donne un coup de poing sur la table et il dit : "Que s'ouvrent sur toi les flammes du Ciel ! A partir de ce moment, sache que Joseph l'Ancien est ennemi du Sanhédrin et ami du Christ. Et de ce pas je vais dire au Préteur qu'ici on tue sans respect pour Rome" et il sort en repoussant violemment un jeune scribe maigre qui voudrait le retenir. Nicodème, plus paisible, sort sans dire un mot, et en sortant il passe devant Jésus et le regarde... Nouveau tumulte. On craint Rome. Et la victime expiatoire est encore et toujours Jésus. "C'est à cause de Toi, tu vois, tout cela ! Tu es le corrupteur des meilleurs juifs. Tu les as prostitués." Jésus se tait. "Que parlent les témoins !" crie Caïphe. "Oui, celui-ci usait le... le... Nous le savions... Comment s'appelle cette chose ?" "Le tétragramme, peut-être ?" "Voilà ! Tu l'as dit ! Il évoquait les morts. Il enseignait la rébellion pour le sabbat et la profanation pour l'autel. Nous le jurons. Il disait qu'il voulait détruire le Temple pour le reconstruire en trois jours avec l'aide des démons." "Non. Il disait : il ne sera pas fait par l'homme." 218> Caïphe descend de son siège et vient près de Jésus. Petit, obèse, laid, il semble un énorme crapaud près d'une fleur. Car Jésus, malgré ses blessures, ses contusions, souillé et dépeigné, est encore tellement beau et majestueux. "Tu ne parles pas ? Quelles accusations ils font contre Toi ! Horribles ! Parle pour enlever de Toi cette honte." Mais Jésus se tait. Il le regarde et se tait.
"Tu l'as dit. Je le suis. Et vous verrez le Fils de l'homme, assis à la droite de la puissance du Père, venir sur les nuées du ciel. Du reste, pourquoi m'interroges-tu ? J'ai parlé en public pendant trois ans. Je n'ai rien dit de caché. Interroge ceux qui m'ont entendu. Ils te diront ce que j'ai dit et ce que j'ai fait." Un des soldats qui le tiennent le frappe sur la bouche en le faisant saigner de nouveau, et crie : "C'est ainsi que tu réponds, ô satan, au Grand Prêtre ?" Et Jésus, avec douceur, lui répond comme à celui d'auparavant : "Si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? Si j'ai mal parlé, pourquoi ne me dis-tu pas où je me trompe ? Je répète : je suis le Christ, Fils de Dieu. Je ne puis mentir. Le Grand Prêtre, le Prêtre Éternel, c'est Moi. Et Moi seul je porte le vrai Rational sur lequel il est écrit : Doctrine et Vérité. Et à elles je suis fidèle, jusqu'à la mort, ignominieuse aux yeux des hommes, sainte aux yeux de Dieu, et jusqu'à la bienheureuse Résurrection. Je suis l'Oint. Pontife et Roi je suis. Et je vais prendre mon sceptre et avec lui, comme avec un van, purifier l'aire. Ce Temple sera détruit et ressuscitera, nouveau, saint, car celui-ci est corrompu et Dieu l'a abandonné à son destin." "Blasphémateur !" crient-ils tous en chœur. "En trois jours tu le feras, fou et possédé ?" "Non pas celui-ci, mais le mien se dressera, le Temple du Dieu vrai, vivant, saint, trois fois saint." "Anathème !" crient-ils de nouveau en chœur. Caïphe élève sa voix éraillée et déchire ses vêtements de lin avec des gestes d'horreur étudiés, et il dit : "Quoi d'autre avons-nous besoin d'entendre des témoins ? Le blasphème est dit. Que faisons-nous donc ?" Et tous en chœur : "Il est passible de la mort."
Les heures passent ainsi, et les bourreaux fatigués songent à prendre un peu de repos. Ils mènent Jésus dans un débarras en Lui faisant traverser de nombreuses cours an milieu des moqueries de la plèbe déjà nombreuse dans l'enceinte des maisons pontificales. Jésus arrive dans la cour où se trouve Pierre près de son feu et il le regarde. Mais Pierre fuit son regard. Jean n'est plus là, je ne le vois pas. Je pense qu'il est parti avec Nicodème...
Pierre sursaute. Il tourne sur lui-même pour fuir et se trouve en face de Jésus qui le regarde avec une infinie pitié, avec une douleur si profonde et si intense qu'elle me brise le cœur comme si après cela, je devais voir se dissoudre, et pour toujours, mon Jésus. Pierre fait entendre un sanglot et il sort en titubant comme s'il était ivre. Il s'enfuit derrière deux serviteurs qui sortent dans la rue et se perd dans la route encore à moitié obscure. Jésus est ramené dans la salle, et ils Lui répètent en chœur la question captieuse : "Au nom du Dieu vrai, dis-nous : es-tu le Christ ?" Et ayant eu la réponse d'avant, ils le condamnent à mort et donnent l'ordre de le conduire à Pilate. Jésus, escorté par tous ses ennemis, sauf Anna et Caïphe, sort, en repassant par ces cours du Temple où tant de fois il avait parlé et répandu des bienfaits et guéri, il franchit l'enceinte crénelée, entre 220> dans les rues de la ville et, plutôt traîné que conduit, descend vers la ville qui rosit dans une première annonce de l'aurore. Je crois qu'avec l'unique but de le tourmenter plus longuement ils Lui font faire un long tour vicieux dans Jérusalem, en passant exprès par les marchés, devant les écuries et les auberges remplies de gens à cause de la Pâque. Et aussi bien les déchets des légumes des marchés que les excréments des animaux des écuries deviennent des projectiles pour l'Innocent, dont le visage apparaît avec de plus en plus de bleus et de petites lacérations sanglantes et voilé par les ordures variées qui se sont répandues sur lui, Les cheveux, déjà alourdis et légèrement plaqués par la sueur sanguinolente et devenus plus opaques, pendent maintenant dépeignés, mêlés de pailles et d'immondices, tombent sur les yeux parce qu'ils les ébouriffent pour Lui voiler le visage. Les gens des marchés, acheteurs et vendeurs, laissent tout en plan pour suivre, et non par amour, le Malheureux. Les garçons d'écuries et les serviteurs des auberges sortent en masse, sourds aux appels et aux ordres de leurs maîtresses. Celles-ci, pour dire la vérité, comme presque toutes les autres femmes sont, sinon toutes opposées aux offenses, du moins indifférentes au tumulte, et se retirent en grommelant parce qu'on les laisse seules avec tant de clients à servir. La troupe hurlante grossit de minute en minute. Il semble que, par une épidémie inattendue, les âmes et les physionomies changent de nature : les premières deviennent des âmes de criminels et les secondes des masques féroces dans des visages bleus de rage ou rouges de colère, les mains deviennent des griffes et les bouches prennent la forme et le ululement des loups, les yeux deviennent torves, comme ceux des fous. Seul Jésus est toujours Lui-même, bien que maintenant voilé par les immondices répandues sur son corps et altéré par les bleus et les oedèmes. A un archivolte qui resserre le chemin comme un anneau, alors que tout s'engorge et ralentit, un cri fend l'air : "Jésus !" C'est Élie, le berger, qui cherche à se faire un passage en faisant tournoyer une lourde matraque. Vieux, puissant, menaçant et fort, il réussit à rejoindre presque le Maître. Mais la foule, déroutée par l'assaut imprévu, serre ses rangs et sépare, repousse, maîtrise cet homme qui est seul contre tout un peuple. "Maître !" crie-t-il pendant que le tourbillon de la foule l'absorbe et le repousse. "Va !... La Mère... Je te bénis..." 221> Le cortège dépasse le point étroit. Comme une eau qui retrouve le large après une écluse, il se déverse en tumulte dans une vaste avenue élevée au-dessus d'une dépression entre deux collines, au bout desquelles sont de splendides palais de gens riches. Je recommence à voir le Temple en haut de sa colline, et je comprends que le tour inutile qu'on a fait faire au Condamné pour en faire un objet de moquerie pour toute la ville et permettre à tout le monde de l'insulter, en augmentant à chaque pas ceux qui l'insultent, va se fermer en revenant au point de départ. D'un palais sort au galop un cavalier. Le caparaçon pourpre sur la blancheur du cheval arabe et la majesté de son aspect, l'épée brandie nue et manœuvrée d'estoc et de taille sur les échines et sur les têtes qui saignent, le font paraître un archange. Quand en caracolant il fait légèrement cabrer son cheval, en faisant des sabots une arme de défense pour la monture et son maître, c'est le plus valable pour s'ouvrir un passage à travers la foule. Ce mouvement fait tomber de la tête le voile pourpre et or qui la couvrait, tenu serré par une bande d'or, et je reconnais Manaën. "Arrière !" crie-t-il. "Comment vous permettez-vous de troubler le repos du Tétrarque ?" Mais ce n'est qu'une feinte pour justifier son intervention et sa tentative d'arriver à Jésus. "Cet homme... Laissez-moi le voir... Écartez-vous, ou j'appelle les gardes..." Les gens, à cause de la grêle de coups de plat et des ruades du cheval et des menaces du cavalier, s'ouvre, et Manaën rejoint le groupe de Jésus et des gardes du Temple qui le tiennent. "Laissez le passage ! Le Tétrarque est plus que vous, serviteurs dégoûtants. Arrière ! Je veux Lui parler" et il y arrive en chargeant avec son épée le plus acharné des geôliers. "Maître !..." "Merci, mais va-t'en ! Et que Dieu te réconforte !" Et, comme il peut avec ses mains liées, Jésus fait un geste de bénédiction. La foule siffle de loin, et dès qu'elle voit que Manaën s'est retiré, elle se venge d'avoir été repoussée, par une grêle de pierres et d'immondices sur le Condamné. Par l'avenue, qui monte et que le soleil a déjà attiédie, on se dirige vers la Tour Antonia dont la masse apparaît déjà au loin. Un cri aigu de femme : "Oh ! mon Sauveur ! Ma vie pour la sienne, ô Éternel !" fend l'air. Jésus tourne la tête, et il voit en haut de la loge fleurie qui couronne une maison très belle, Jeanne de Chouza au milieu de ses servantes et serviteurs, avec les petits Marie et Matthias autour d'elle, 222> qui lève les bras au ciel. Mais le Ciel n'entend pas les prières, aujourd'hui ! Jésus lève ses mains et trace un geste de bénédiction et d'adieu. "A mort ! A mort le blasphémateur et le corrupteur, le satan ! A mort ses amis !" et coups sifflets et pierres volent vers la haute terrasse. Je ne sais si quelqu'un est blessé. J'entends un cri très aigu et je vois le groupe se séparer et disparaître. Et en avant, en avant, par la montée... Jérusalem montre ses maisons au soleil, vides, vidées par la haine qui pousse toute une ville avec ses habitants effectifs et ceux occasionnels venus pour la Pâque, contre Jésus désarmé.
"Cet homme ? Cette sédition ? Vous en répondrez à Rome" dit avec hauteur un centurion. "Il est passible de mort selon notre loi." "Et depuis quand vous a-t-on rendu le jus gladii et sanguinis ?" demande toujours le plus ancien des centurions, un visage sévère, un vrai romain, qui a une joue creusée par une cicatrice profonde. Et il parle avec le mépris et le dégoût avec lequel il aurait parlé à des galériens pouilleux. "Nous savons que nous n'avons pas ce droit. Nous sommes les fidèles sujets de Rome..." "Ah ! Ah ! Ah ! Entends-les, Longin ! Fidèles ! Sujets ! Charognes ! Je vous donnerais pour vous récompenser les flèches de mes archers." "Trop noble une telle mort ! Pour les échines des mulets seulement le fouet..." répond Longin avec un flegme ironique. Les chefs des prêtres, les scribes et les anciens, écument leur venin. Mais ils veulent arriver à leur but et se taisent, ils avalent l'offense sans montrer qu'ils la comprennent et, s'inclinant devant les deux chefs, ils demandent que Jésus soit conduit à Ponce Pilate pour qu'il le juge et le condamne avec la justice bien connue et honnête de Rome. "Ah ! Ah ! Ah ! Tu les entends ? Nous sommes devenus plus sages que Minerve... Ici ! Donnez ! Et marchez en avant ! On ne sait jamais. Vous êtes des chacals et des immondes. Vous avoir par derrière est un danger. En avant !" "Nous ne pouvons pas." "Et pourquoi ? Quand quelqu'un accuse, il doit être devant le 223> juge avec l'accusé. C'est le règlement de Rome." "La maison d'un païen est immonde à nos yeux, et nous nous sommes déjà purifiés pour la Pâque." "Oh ! les pauvres ! Ils se contaminent à entrer !.,. Et le meurtre de l'unique hébreu qui soit un homme et non un chacal, un reptile votre pareil, ne vous souille pas ? C'est bien. Restez où vous êtes, alors. Pas un pas en avant ou on vous enfilera sur les lances. Une décurie autour de l'Accusé. Les autres contre cette racaille qui sent du bec mal lavé." Jésus entre au Prétoire au milieu des dix lanciers qui forment un carré de hallebardes autour de sa personne. Les deux centurions vont en avant. Jésus s'arrête dans un large atrium, au-delà duquel se trouve une cour que l'on entrevoit derrière un rideau que le vent déplace; eux disparaissent derrière une porte. Ils rentrent avec le Gouverneur vêtu d'une toge très blanche sur laquelle il y a pourtant un manteau écarlate. C'est peut-être ainsi qu'ils étaient quand ils représentaient officiellement Rome. Il entre indolemment, avec un sourire sceptique sur son visage rasé, il frotte entre ses mains des feuilles de cédrat et les flaire avec volupté. Il va vers un cadran solaire et se retourne après l'avoir regardé. Il jette des grains d'encens dans un brasier placé aux pieds d'une divinité. Il se fait apporter de l'eau de cédrat et se gargarise. Il regarde sa coiffure toute bouclée dans un miroir de métal très propre. Il semble avoir oublié le condamné qui attend son approbation pour qu'on le tue. Il ferait venir la colère même à des pierres. Comme l'atrium est complètement ouvert par devant et surélevé de trois hautes marches sur le niveau du vestibule, qui s'ouvre sur la rue déjà, surélevé de trois autres marches par rapport à celle-ci, les hébreux voient tout parfaitement et frémissent, mais ils n'osent pas se rebeller par peur des lances et des javelots. Finalement, après avoir marché en long et en large dans la vaste pièce, Pilate va directement en face de Jésus, le regarde et demande aux deux centurions : "Celui-ci ?" "Celui-ci." "Que viennent ses accusateurs" et il va s'asseoir sur un siège placé sur une estrade. Sur sa tête les insignes de Rome s'entrecroisent avec leurs aigles dorées et leur sigle puissant. "Ils ne peuvent pas venir. Ils se contaminent." "Heu !!! Cela vaut mieux. Nous épargnerons des fleuves d'essences pour enlever l'odeur de bouc à l'endroit. Faites-les approcher 224> au moins. Ici dessous, et faites attention qu'ils n'entrent pas puisqu'ils ne veulent pas le faire. Cet homme peut être un prétexte pour une sédition." Un soldat s'en va porter l'ordre du Procurateur romain. Les autres s'alignent sur le devant de l'atrium à des distances régulières, beaux comme neuf statues de héros. S'avancent les princes des prêtres, les scribes et les anciens et ils saluent avec des courbettes serviles et ils s'arrêtent sur la petite place qui est devant le Prétoire, au-delà des trois gradins du vestibule. "Parlez et soyez brefs. Déjà vous êtes en faute pour avoir troublé la nuit et obtenu par la force l'ouverture des portes. Mais je contrôlerai. Et mandants et mandataires répondront de la désobéissance au décret." Pilate est allé vers eux, tout en restant dans le vestibule. |