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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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- [Commentaire de Jésus : L'Homme-Dieu 14 - L'union des deux cœurs 15 - La longue agonie de Marie 15 - J'étais désormais l'Expiateur 16 - J'ai connu l'abandon de Dieu 16 - L'agonie du jeudi soir 17 - L'heure du sabbat satanique 18 - Les tentations de la chair et de l'esprit 18 - J'ai surmonté le désespoir 18 - Le réconfort de la pensée des élus] 19 |
9.4. |
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14> Jésus dit : "La souffrance de mon agonie spirituelle, tu l'as contemplée dans la soirée du Jeudi. Tu as vu ton Jésus s'affaisser comme un homme frappé mortellement qui sent fuir sa vie à travers les blessures qui lui font perdre son sang, ou comme une créature dominée par un traumatisme psychique au-dessus de ses forces. Tu as vu la croissance de ce trauma qui a atteint son point extrême dans l'effusion du sang, provoquée par le déséquilibre circulatoire que produisait l'effort de me vaincre et de résister au poids qui s'était abattu sur Moi.
De ma Divinité fait foi ma parole qui a des accents que seul un Dieu peut avoir. De mon Humanité les besoins, les passions, les souffrances que je vous présente et que je souffris dans ma chair d'Homme véritable, et que je vous propose comme modèle de votre humanité, de même que je vous instruis l'esprit par ma doctrine de vrai Dieu. Au cours des siècles, aussi bien ma très sainte Divinité que ma très parfaite Humanité, par l'action de désagrégation de "votre" humanité imparfaite, ont été diminuées, déformées dans leur présentation. Vous avez rendue irréelle mon Humanité, vous l'avez rendue inhumaine comme vous avez rendue petite ma figure divine, en la niant sur tant de points que vous ne vouliez pas reconnaître 15> ou que vous ne pouviez plus reconnaître avec vos esprits diminués par les corruptions du vice et de l'athéisme, de l'humanisme, du rationalisme.
Ces jours-ci, je t'ai fait connaître mes souffrances physiques. Elles ont torturé mon Humanité. Je t'ai fait connaître mes souffrances morales liées, entrelacées, fondues avec celles de ma Mère comme le sont les lianes inextricables des forêts équatoriales, que l'on ne peut séparer pour en couper une seule mais que l'on doit briser d'un seul coup de hache pour s'ouvrir un passage, en les coupant toutes ensemble; ou encore comme sont les veines du corps dont on ne peut priver une seule de sang parce qu'un seul liquide les emplit; comme, c'est encore mieux, comme on ne peut empêcher que pour l'enfant qui se forme dans le sein de la mère qu'entre la mort si la mère meurt, car c'est la vie, la chaleur, la nourriture, le sang de la mère qui, par un rythme accordé avec le mouvement du cœur maternel, pénètre, à travers les membranes internes, jusqu'à l'enfant qui doit naître pour faire de lui un être vivant.
Vous
souffrez de voir la mère d'un enfant destiné à mourir par suite d'une
maladie incurable, la mère de quelqu'un condamné au dernier supplice par
la rigueur de la justice humaine. Mais pensez à ma Mère qui, dès le
moment où elle m'a conçu, a tremblé en pensant que j'étais le Condamné,
à cette Mère qui, quand elle m'a donné le premier baiser sur ma peau
douce et rose de nouveau-né, a senti les plaies futures de son Enfant, à
cette Mère qui aurait donné dix, cent, mille fois sa vie pour m'empêcher
de devenir Homme et d'arriver au moment de l'Immolation,
Eh bien, je sentais, comme l'eau qui monte et fait pression contre une digue, croître, heure par heure, la rigueur de mon Père envers Moi. En témoignage contre les hommes-brutes, qui ne voulaient pas comprendre qui j'étais, Il avait, durant le temps de ma vie publique, ouvert par trois fois le Ciel : au Jourdain, au Thabor et à Jérusalem la veille de la Passion. Mais Il l'avait fait pour les hommes, non pour me donner un soulagement à Moi. J'étais, désormais, l'Expiateur. Souvent, Marie, Dieu fait connaître aux hommes un de ses serviteurs pour les secouer et les entraîner, par son intermédiaire, vers Lui, maïs cela arrive aussi à travers la douleur de ce serviteur. C'est lui-même qui paie personnellement, en mangeant le pain amer de la rigueur de Dieu, les réconforts et le salut de ses frères. N'est-ce pas ? Les victimes d'expiation connaissent la rigueur de Dieu. Ensuite vient la gloire, mais après que la Justice est apaisée. Ce n'est pas comme pour mon amour qui, à ses victimes, donne ses baisers. Je suis Jésus, je suis le Rédempteur, Celui qui a souffert et sait, par expérience personnelle, ce que c'est que la douleur d'être regardé avec sévérité par Dieu et d'être abandonné par Lui, et je ne suis jamais sévère, et je n'abandonne jamais. Je consume pareillement, mais dans un incendie d'amour.
La séparation d'avec Dieu amène avec elle la peur, elle amène avec elle l'attachement à la vie, elle amène avec elle la langueur, la lassitude, l'ennui. 17> Plus elle est profonde et plus fortes sont ses conséquences. Quand elle est totale, elle amène au désespoir. Et plus celui qui, par suite d'un décret de Dieu, l'éprouve sans l'avoir méritée, plus il en souffre parce que l'esprit vivant sent la séparation d'avec Dieu comme une chair vivante sent l'amputation d'un membre. C'est un étonnement douloureux, accablant, que ne comprend pas celui qui ne l'a pas éprouvé. Je l'ai éprouvé. J'ai dû tout connaître pour pouvoir plaider sur tout sujet auprès du Père en votre faveur. Même vos désespoirs. Oh ! Je l'ai éprouvé ce que veut dire : "Je suis seul. Tous m'ont trahi, abandonné. Même le Père, même Dieu ne m'aide plus". Et c'est pour cela que j'opère des prodiges mystérieux de grâce chez les pauvres cœurs que le désespoir accable et que je demande à mes privilégiés de boire mon calice si amer à l'expérience, pour que ceux, qui font naufrage dans la mer du désespoir, ne refusent pas la croix que je leur offre comme ancre de salut, mais qu'ils s'y accrochent et que je puisse les amener à la rive bienheureuse où ne vit que la paix. Dans la soirée du Jeudi, Moi seul sais si j'aurais eu besoin du Père ! J'étais un esprit déjà à l'agonie à cause de l'effort d'avoir dû surmonter les deux plus grandes douleurs d'un homme : l'adieu à une Mère très aimée, le voisinage de l'ami infidèle. C'étaient deux plaies qui me brûlaient le cœur : l'une par ses larmes, l'autre par sa haine. J'avais dû rompre mon pain avec mon Caïn. J'avais dû lui parler en ami pour ne pas le dénoncer aux autres dont je pouvais redouter la violence, et pour empêcher un crime, inutile d'ailleurs, puisque tout était déjà marqué dans le grand livre de la vie : et ma Mort sainte et le suicide de Judas. Inutiles d'autres morts réprouvées par Dieu. Aucun autre sang que le mien ne devait être répandu, et ne fut pas répandu. La corde étrangla cette vie en renfermant dans le sac immonde du corps du traître son sang impur vendu à Satan, ce sang qui ne devait pas se mélanger, en tombant sur la Terre, au sang très pur de l'Innocent. Elles auraient bien suffi ces deux plaies pour faire de Moi un agonisant dans mon Moi. Mais j'étais l'Expiateur, la Victime, l'Agneau. L'Agneau, avant d'être immolé, connaît la marque au fer rouge, il connaît les coups, il connaît le dépouillement, il connaît la vente au boucher. Ce n'est qu'à la fin qu'il connaît le froid du couteau qui pénètre dans la gorge et saigne et tue. Auparavant il doit tout quitter : 18> le pâturage où il a grandi, la mère au sein de laquelle il s'est nourri et réchauffé, les compagnons avec lesquels il a vécu. Tout. Moi j'ai tout connu : Moi, Agneau de Dieu.
Des foules et des foules de démons étaient cette nuit-là sur la Terre pour mener à terme la séduction dans les cœurs et les disposer à vouloir le lendemain le meurtre du Christ. Chaque synhédriste avait le sien, Hérode le sien, Pilate le sien, et le sien chacun des juifs qui aurait appelé mon Sang sur lui. Les apôtres aussi avaient près d'eux leur tentateur qui les assoupissait pendant que je languissais, qui les préparait à la lâcheté. Remarque le pouvoir de la pureté. Jean, le pur, fut le premier de tous à se libérer de la griffe démoniaque et revint tout de suite vers son Jésus et comprit son désir inexprimé et m'amena Marie. Mais Judas avait Lucifer et Moi j'avais Lucifer. Lui dans le cœur, Moi à mon côté. Nous étions les deux principaux personnages de la tragédie, et Satan s'occupait personnellement de nous. Après avoir amené Judas au point de ne plus pouvoir revenir en arrière, il se tourna vers Moi. Avec sa ruse parfaite, il me présenta les tortures de ma chair avec un réalisme insurpassable. Au désert aussi, il avait commencé par la chair. Je le vainquis en priant, Mon esprit domina la peur de la chair. Il me présenta alors l'inutilité de ma mort, l'utilité de vivre pour Moi-même sans m'occuper des hommes ingrats. Vivre riche, heureux, aimé. Vivre pour ma Mère, pour ne pas la faire souffrir. Vivre pour amener à Dieu, par un long apostolat tant d'hommes qui, une fois que je serais mort, m'auraient oublié; alors que si j'avais été Maître non pas pendant trois ans, mais pendant des lustres et des lustres, j'aurais fini par les pénétrer de ma doctrine. Ses anges m'auraient aidé à séduire les hommes. Est-ce que je ne voyais pas que les anges de Dieu n'intervenaient pas pour m'aider ? Ensuite, Dieu m'aurait pardonné en voyant la moisson de croyants que je Lui aurais amenés. Dans le désert aussi il m'avait poussé à tenter Dieu par l'imprudence. Je le vainquis par la prière. Mon esprit domina la tentation morale. Il me présenta l'abandon de Dieu, Lui, le Père, ne m'aimait plus. J'étais chargé des péchés du monde. Je Lui faisais horreur. Il était absent, Il me laissait seul. Il m'abandonnait aux moqueries d'une foule féroce, et Il ne m'accordait même pas son divin réconfort. 19> Seul, seul, seul. A cette heure, il n'y avait que Satan près du Christ. Dieu et les hommes étaient absents parce qu'ils ne m'aimaient pas, Ils me haïssaient ou étaient indifférents. Je priais pour couvrir par mon oraison les paroles sataniques. Mais ma prière ne montait plus vers Dieu. Elle retombait sur Moi comme les pierres de la lapidation et m'écrasait sous sa masse. La prière qui pour Moi était toujours une caresse donnée au Père, une voix qui montait et à laquelle répondait la caresse et la parole paternelle, maintenant elle était morte, pesante, lancée en vain contre les Cieux fermés.
Quand Dieu aide, il est facile de soulever le monde lui-même et de le soutenir comme un jouet d'enfant. Mais quand Dieu n'aide plus, même le poids d'une fleur est une fatigue. J'ai vaincu le désespoir et Satan son créateur pour servir Dieu et vous, en vous donnant la Vie. Mais j'ai connu la Mort. Non pas la mort physique du crucifié — elle fut moins atroce — mais la Mort totale, consciente, du lutteur qui tombe après avoir triomphé, le cœur brisé et le sang se répandant dans le trauma d'un effort au-dessus du possible. Et j'ai sué sang. J'ai sué sang pour être fidèle à la volonté de Dieu. Voilà pourquoi l'ange de ma douleur m'a présenté l'espérance de tous ceux qui sont sauvés par mon sacrifice comme un remède à ma mort. Vos noms ! Chacun a été pour Moi une goutte de remède infusé dans mes veines pour leur redonner tonus et fonctionnement, chacun a été pour Moi la vie qui revient, la lumière qui revient, la force qui revient. Dans les tortures inhumâmes, pour ne pas crier ma douleur d'Homme, et pour ne pas désespérer de Dieu et dire qu'il était trop sévère et injuste envers sa Victime, je me suis répété vos noms, je vous ai vus. Je vous ai bénis depuis lors. Depuis lors, je vous ai porté dans mon cœur. Et quand pour vous est venue votre heure d'être sur la Terre, je me suis penché du Ciel pour accompagner votre venue, jubilant à la pensée qu'une nouvelle fleur d'amour était née dans le monde et qu'elle aurait vécu pour Moi. |
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20> Oh! mes bénis! Réconfort du Christ mourant! Ma Mère, le Disciple, les pieuses Femmes entouraient ma mort, mais vous aussi y étiez. Mes yeux mourants voyaient, en même temps que le visage déchiré de ma Mère, vos visages affectueux et ils se sont fermés ainsi, heureux de se fermer parce qu'ils vous avaient sauvés, ô vous qui méritez le Sacrifice d'un Dieu." |