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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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Plan du Site >> Sommaire du dossier Maria Valtorta Libre-propos "N'éteignez pas
l'Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute
chose : ce qui est bien, gardez-le" (1Thessaloniciens 5,19-21). |
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VOIR AUSSI --- Qui est Anne-Catherine Emmerich Les passages de l'œuvre qui parlent de Maria Valtorta
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"L'Église n'est pas
fermée (aux révélations privées)".
C'est ce que concluait, dans un récent colloque sur Maria Valtorta, le Père François Dermine, éminent spécialiste. Il avait la lourde tâche
d'y défendre la position "officielle" de l'Église sur le cas de la
voyante. Difficile, car la
position "officielle", n'existe pas.
Et pour cause : - Condamner l'œuvre serait
condamner ses lecteurs, parmi lesquels on compte deux Papes, plusieurs
cardinaux et évêques et quelques saints : l'œuvre de Maria Valtorta fleure
bon la sainteté. - Reconnaître l'œuvre
serait contredire les règles édictées pour les "révélations privées"
et stigmatiser ceux qui ont condamné ou condamnent encore l'œuvre. Ainsi donc, le
Cardinal Ratzinger a-t-il fait préciser, en 1992, par Conférence épiscopale
interposée, qu'on devait lire
l'œuvre de Maria Valtorta comme un ouvrage littéraire et ne pas la considérer
comme d'origine surnaturelle. C'est cette position, sortie de son contexte,
que tiennent les adversaires de l'œuvre comme parole d'Évangile. Malheureusement,
vouloir faire de Maria Valtorta une romancière est une position totalement
injustifiable pour qui a lu son œuvre, ne serait-ce que par la somme des
talents requis pour l'écrire. Bien plus, le lecteur se rend vite compte de la
musique du Ciel – reconnaissable entre toutes [2] - qui traverse cette
œuvre : les conversions en témoignent et les fruits caractérisent l'arbre. Nulle autorité
d'Église ne pourra donc écrire que l'œuvre de Maria Valtorta N'EST PAS
d'origine surnaturelle : Papes,
cardinaux, évêques et saints les contrediraient alors, à commencer par le
Préfet de la congrégation pour la cause des saints remerciant Dieu, en 1946,
"de nous avoir donné par
l'intermédiaire de cette femme qui a tant souffert, qui est clouée au lit,
une œuvre littérairement sublime, doctrinalement et spirituellement si
élevée, accessible et profonde, attirante à la lecture". Parole
d'expert patenté, et surtout de lecteur, seule frontière qui sépare les
"pour" des "contre". On se trouve donc
entre deux eaux, chacun pouvant puiser dans l'histoire polémique, les raisons
d'une bouteille à moitié vide, là où d'autres la voit à moitié pleine. Le
Pape Pie XII ne prophétisait pas autre chose : "Publiez l’œuvre tel quel. Il n’y a pas lieu de donner une
opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui
liront comprendront".[3]
On peut profiter de
cette position entre deux eaux pour affirmer : l'origine est peut-être
surnaturelle, mais le résultat ne l'est pas : trop de déformations peuvent
intervenir, de bonne foi, dans leur rédaction. Cette attitude intellectuelle
est déjà plus ouverte et plus proche d'un discernement de l'œuvre. Elle
interroge cependant : que sont ces déformations ? D'autres attitudes
sont critiquables : Certains - restés anonymes - ont en effet voulu
stigmatiser l'œuvre de Maria Valtorta, non par l'analyse critique, mais en
s'appropriant l'arsenal juridique de l'Église : la mise à l'Index. Las ! ce
fut une des dernières condamnations avant la mise aux rebuts de cette machine
à régler ses comptes dans un climat préconciliaire et non à favoriser la
discernement comme cela fut à son origine. L'article de l'Osservatore
romano, commentant en 1960 cette mise à l'Index, est parfaitement
démonstratif de cette dérive. Cet acte officiel fut d'ailleurs démenti
officieusement par le même Saint-Office, démontrant une fois de plus que les
voies du Seigneur sont impénétrables …
pour le profane. Cette mise à l'Index
trouve encore écho auprès de certains qui tiennent les lecteurs de l'œuvre de
Maria Valtorta pour des sous-chrétiens flirtant avec l'hérésie, et se tenant
eux-mêmes pour les gardiens éclairés de l'orthodoxie. Malheureusement, dès
que l'on quitte les généralités, cette position devient vite indéfendable :
Le Catéchisme de l'Église catholique, dépositaire dans ses 2.865 articles de
la foi catholique, ainsi que les ressources de l'immense bibliothèque en
ligne d'Internet, permet d'arbitrer sur les aspects théologiques et
historiques de l'œuvre : n'est plus censeur qui veut, n'est plus savant qui
le croit, n'est plus seule référence qui le souhaiterait, et Maria Valtorta,
qui ne disposait ni de ces ressources, ni d'une culture substitutive, tient
tête à tous contradicteurs. [4] Polémique il y a donc
: elle n'est pas nouvelle. Marie d'Agréda fut au centre de violentes
polémiques pendant plus de cent ans. Les visions et les stigmates
d'Anne-Catherine Emmerich furent un des problèmes si "passionnément controversés"
pendant près de deux siècles [5]. Ces deux voyantes
sont béatifiées : en est-il de même de leurs opposants ?
Curieusement, on
parle de l'œuvre et non des œuvres de Maria Valtorta, car la polémique ne se
concentre que sur la vie monumentale de Jésus : "l'Évangile tel qu'il
m'a été révélé" et non sur les autres ouvrages tout aussi
"dictés" et "révélés". Que reproche-t-on à
"l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" : son contenu ? non, car
nulle accusations, pas mêmes celle de l'Osservatore
Romano, n'ont pu se fonder (ce n'est pas faute d'avoir essayé). On lui
reproche en fait son titre provocateur, car la Révélation est close et il n'y
a pas d'autres Évangiles que les quatre qui forment "l'Évangile". Nous sommes donc dans
un débat de forme, une pétition de principe fondamental et non dans un débat
de fond s'appuyant sur la réalité de l'œuvre. C'est pourtant essentiel,
compte-tenu du sujet : la vie de Jésus. Car l'œuvre de Maria
Valtorta est l'Évangile, quoiqu'on en dise : tous les épisodes (péricopes) de
l'Évangile y sont. Insidieusement déformés ? Perfidement tronqués ? non :
qu'on en juge à sa lecture. Bien au contraire, l'œuvre de Maria Valtorta
reprend "l'harmonie des Évangiles"
(diatessaron) tant recherchée, sans oublis, sans
contradictions, sans fioritures, sans complications au contraire des
hypothèses, plus qu'hypothétiques, qui fleurissent dans une certaine exégèse
contemporaine. L'œuvre de Maria Valtorta, est non seulement complète et
harmonieuse, mais elle est d'une simplicité … évangélique.
"Car l'œuvre de Maria Valtorta est l'Évangile,
quoiqu'on en dise". Voilà une phrase qui sème l'outrage par sa
provocation ! Mais hélas, pour ceux qui ont lu Maria Valtorta, il n'est pas
possible de déroger à cette affirmation et l'éditeur a eu raison de porter
haut le drapeau : la vie monumentale de Jésus n'est pas "le Poème de
l'Homme-Dieu", mais bien "L'Évangile tel qu'il fut révélé" à
Maria Valtorta : L'Évangile, l'unique, et non un autre qui contredirait la
Révélation publique. Oui mais cette œuvre est romancée, l'Évangile ne l'est
pas !
Non, l'œuvre de Maria
Valtorta est illustrée. C'est plus qu'une nuance. L'auteure s'attache à
décrire ce qu'elle voit, "dans les
moindres détails" exige Jésus. C'est ce qui rend vivantes les scènes
décrites. L'œuvre est icône de l'Évangile : représentation humaine, voire
sainte, de la vérité qu'elle contient. La faune, la flore, le climat, les
personnalités … y sont présents parce qu'ils étaient présents ainsi au temps
de Jésus qui s'en sert lui-même dans son enseignement. Oui mais, cette œuvre comporte des épisodes non connus
des Évangiles et Jean précise que son Évangile [6] et ceux des autres évangélistes ont été écrits "pour que vous croyiez que Jésus est le
Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom" ! Mais c'est aussi le
même Jean qui conclue son Évangile en disant "Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui
ne sont pas rapportés dans ce livre" [7] et "si
on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense, contenir
les livres qu’on écrirait" [8]. Ce que Jésus a fait
et qui n'est pas rapporté dans les Évangiles, est-il donc négligeable ? Si le
simple contact de ses vêtements pouvaient guérir l'inguérissable, qu'en
est-il de ses faits et gestes ? [9] Oui mais les épisodes rajoutés n'apportent rien, ils sont
insignifiants ! Oui, ils n'ajoutent
rien de fondamental à la foi, heureusement, car ce serait contredire
l'affirmation de Jean sur le nécessaire et suffisant de la Révélation
publique, mais sont-ils inutiles pour cela ? Dieu, pendant ses trois ans de
vie publique aurait-il fait dans le futile et l'inutile ? C'est contraire à
la nature de Dieu. Oui mais l'Évangile suffit ! Ce n'est pas ce
qu'affirme l'Église : "Même si la
Révélation est achevée, elle n'est pas complètement explicitée; il restera à
la foi chrétienne d'en saisir graduellement toute la portée au cours des
siècles" [10]. C'est ce que
démontrent notamment ses pratiques dominicales : aucun fidèle ne se lève, au
moment de l'homélie, pour dire au prêtre : "Inutile ! Nous avons entendu l'Évangile et les autres textes, Parole
du Seigneur, cela nous suffit !". On a jamais non plus brûlé les
œuvres des mystiques dont beaucoup rapportent des visions de scènes de
l'Évangile. Les seuls compléments (ou commentaires pour être plus conformes)
ne pourraient-ils venir que de personnes dûment patentées ? Position
insoutenable en droit et en usage.
Mais au-delà d'une
attitude libre de chacun face aux révélations privées, ce comportement
hostile (à divers degrés) quand il se veut "position officielle et irréfutable",
relève d'une attitude grave qui assèche non seulement la grâce [11], mais encore confond
le moyen et le but : l'Évangile n'est pas une fin en soi, mais le moyen de
rejoindre le Christ, la Voie, la Vérité et la Vie. C'est ce que fait
l'Esprit-Saint depuis 2.000 ans en envoyant constamment des saints et des
Docteurs de l'Église, en suscitant miracles et apparitions afin de suppléer à
la faiblesse de l'Église, aux errements de ses serviteurs, voire aux erreurs
de certains : Paul n'a-t-il pas bénéficié très tôt de révélations
inexprimables [12] et n'a-t-il pas
repris publiquement, sans rompre l'unité et la fidélité, le souverain Pontife
et son entourage tentés par l'enfermement et le repli ? La Chiesa non e chiusa ! Oui, car c'est l'Esprit qui en ouvre de
temps en temps les fenêtres. Maria Valtorta fait-elle partie de son action ?
C'est en fait la seule question, mais il faut avoir lu l'œuvre pour y
répondre. Oui mais Maria Valtorta n'est pas Saint Paul quand même ! Certes non : elle n'a
reçue comme mission que celle de consigner fidèlement ce qu'elle a reçu par
vision ou dictée, mais elle ressemble à Paul en un point : en contrepartie
des sublimes révélations, elle a eu, comme lui, d'inexprimables souffrances [13]. Les servites de Marie
de Florence se sont vu fermer la porte, "du moins pour l'instant" à la demande d'ouverture du procès
en béatification de Maria Valtorta. À défaut de compter Maria Valtorta dans
le sanctoral, on la comptera donc dans la "Toussaint" car sa vie de
victime offerte devrait forcer le respect. C'est loin d'être le
cas : les auteurs de la mise à l'Index pour cause de manquement aux règles
disciplinaires (imprimatur) se sont-ils rendus compte de la violence de leur
condamnation, de l'impact produit sur une croyante ? J'espère que non, car
alors l'acte serait grave pour eux : il peut tuer. Ce n'est pourtant pas
un cas isolé : déjà la Bienheureuse Marie d'Agréda, dépositaire de la
première "vie de Marie" (la Cité mystique de Dieu) a subit cette
violence : elle a dû brûler sa première narration des visions, à la demande
d'un confesseur occasionnel "parce
que les femmes ne devaient pas écrire dans l'Église" (sic !). Les
actes de son procès mené par l'Inquisition espagnole se font écho des énormes
souffrances que cela occasionna chez Marie d'Agréda. Elle a résisté de
nombreuses années avant d'écrire de nouveau ses visions, si grande était sa
crainte. Résultat : "Une grande
souffrance, de la fatigue et des troubles chez Maria de Agreda, ainsi que la
corruption de la magnifique œuvre primitive… C’est une grande erreur que
d’imposer certains remaniements ! L’esprit humain, à la fois parfait et très
imparfait, ne peut rien répéter sans tomber dans l’erreur, et en particulier
pour un travail de ce genre et de cette ampleur. Ces erreurs sont certes
involontaires, mais elles gâchent ce qui était parfait parce qu’illuminé par
Dieu" [14]. On peut aussi se
référer à la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich dont les visions furent
déformées – en toute bonne foi – par ses narrateurs : Clemens Brentano et ses
héritiers. Ils mêlaient involontairement la relation des visions avec les
fruits de l'émerveillement qu'elles produisaient en eux, le tout édulcoré de
la possible censure qui les guettait à chaque virgule. Ah ! si les censeurs
de ces œuvres pouvaient avoir produit autant de conversions que ces trois
"saintes" ! Mais aussi quelle responsabilité pour ceux qui ont pour
fonction de diffuser ou commenter de telles œuvres ! Pourtant, nulle trace
de diatribes ou de vindictes à l'encontre de ces censeurs dans les œuvres des
voyantes, mais des reproches dans la bouche de Jésus : Il en a déjà usé
envers ses apôtres et disciples du temps de sa Vie Publique et chacun les
reprends à son compte, pour son plus grand profit, car les paroles de Jésus,
y compris ses reproches, sont éternelles.
Quant au reste, ce
n'est certainement les "condamnations"
et interdictions qui arrêteront l'histoire. Jean-Paul II, dans son prologue
du Catéchisme de l'Église catholique, rejette d'ailleurs cette attitude de
censure. Soit ces œuvres viennent des hommes et elles disparaîtront
d'elles-mêmes, soit elles viennent de Dieu et il ne faut pas prendre le
risque d'entrer en guerre avec lui, comme disait le sage Gamaliel [15]. On ne peut pas dire,
pour l'instant, que ces œuvres soient en voie d'être oubliées. Loin s'en faut.
Mgr Lattanzzi, parlant de Maria Valtorta, les
disait "préternaturelles" (au-delà du naturel). Plein d'une
prudence et d'une sémantique toute vaticane, il n'osait pas les qualifier de
"surnaturelles". Mais ce que les lecteurs cherchent - et y trouvent
- est bien l'écho, tout proche, du Ciel. Le Vénérable Gabriele
Allegra, lecteur féru de Maria Valtorta et dont le
procès en béatification a brusquement été interrompu sans être abandonné (!?)
écrivait : "l'Église n'a pas besoin de cette œuvre (de Maria Valtorta)
pour accomplir sa mission salvifique jusqu'à la seconde venue du Seigneur,
comme elle n'a pas besoin des apparitions de la Vierge à La Salette, à Lourdes, à Fatima .... Mais l'Église peut
tacitement ou publiquement reconnaître que certaines révélations privées
peuvent être utiles pour la connaissance et la pratique de l'Évangile et pour
la compréhension de ses mystères et, par conséquent, elle peut les approuver
dans une forme négative en déclarant que les révélations ne sont pas, dans
leurs termes, contraire à la foi. Ou elle peut les ignorer officiellement,
laissant à ses enfants la pleine liberté de former leur propre
jugement". Pie XII ne disait pas
autre chose; Paul VI, supprimant l'Index, non plus; et le Catéchisme de
l'Église catholique, publié par Jean-Paul II, de même. Valtortiste91 - juillet 2009 |
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[1] L'Église n'est pas
fermée
[2] Jean 10,27
[3] Entretien du 26 février
1948
[4] "Se trouverait-il
la moindre parole, le moindre acte rapporté dans l’ouvrage que j'ai dicté et
expliqué qui puisse vous convaincre de péché, d’un seul péché, de votre Maître
? Cet ouvrage, c’est moi. Non seulement c’est moi qui l’ai dicté et expliqué,
mais c’est moi qui le vis, qui me présente à vous tel que j’étais quand j'étais
un mortel …" Catéchèse du 18 février 1947 ("Cahiers de 1945 à
1950"), page 350
[5] P. Winfried
Hümpfner :
Notice du "Dictionnaire de spiritualité", éditions Beauchesne 1960
[7] Idem
[9] L'hémorroïsse : Marc
5,25-34
[11] "N'éteignez pas l'Esprit,
ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose, ce qui
est bien, gardez-le" (1Thessaloniciens 5,19-21).
[14] Maria Valtorta
"Cahiers de 1944" – Dictée du 12 septembre 1994, page 568