|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Se repérer | Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | |
|
vendredi
10 août 29
- Judas veut s'imposer à Jésus 480 - Un ancien miraculé se repent d'avoir tué sa mère 480 - Samuel rapporte que Judas l'a brutalisé 482 - Retour de Judas pendant le repas 482 - Discours : (Comment connaître les cœurs 483 - L'homme, un mélange de bien et de mal 483 - Gare aux mauvaises amitiés 483 - Prudence et simplicité!) 484 - Des disciples se perdront. Veillez 484 |
6.151. |
|
480> "Dans la chambre du haut, il y a des hommes de Nazareth. Et hier, tes frères sont venus te chercher. Et puis des pharisiens et de nombreux malades. Et quelqu'un d'Antioche" communique l'Iscariote dès qu'il voit Jésus entrer dans la maison. "Ils sont repartis, peut-être ?" "Non, celui d'Antioche est allé à Tibériade, mais il revient après le sabbat. Les malades sont répartis dans les maisons, mais les pharisiens, en les entourant de beaucoup d'honneurs, ont voulu avoir avec eux tes frères. Ils sont tous les hôtes de Simon le pharisien." "Hum !..." gémit Pierre. "Qu'as-tu ? Tu n'es pas content qu'ils honorent le Maître dans la personne de ses parents ?" demande l'Iscariote. "Oh ! s'il s'agit d'honneur et de rencontre utile... je suis très heureux !" "Se méfier, c'est juger. Le Maître ne veut pas que l'on juge." "Mais oui ! Mais oui ! Mais pour être sûr, je vais attendre pour juger. Ainsi, je ne serai pas sot ni pécheur." "Montons là-haut trouver les nazaréens. Demain, nous irons trouver les malades" dit Jésus. L'Iscariote se tourne vers Jésus : "Tu ne peux pas, c'est le sabbat. Veux-tu que les pharisiens te fassent des reproches ? Si tu ne penses pas à ton honneur, moi, j'y pense" dit très théâtralement Judas, et il achève : "Plutôt, puisque je comprends ton désir de guérir de suite ceux qui te cherchent, voilà, nous allons y aller nous et nous imposerons les mains en ton Nom et..." "Non." Un "non" tellement sec qu'il n'admet pas la discussion. "Tu ne veux pas que nous fassions un miracle ? Tu veux que ce soit Toi qui le fasses ? Eh bien... nous allons dire que tu es ici et que tu promets de les guérir. Ils seront déjà heureux..." "Ce n'est pas nécessaire. Les pêcheurs nous ont vus, on sait donc que je suis ici. Et que je guérisse celui qui a foi en Moi, ils le savent, étant venus me chercher." Judas se tait, mécontent, avec son visage sombre des mauvais moments. 481> Jésus sort sans se soucier de l'averse que l'orage précipite sur la terre, et il monte à la chambre du haut. Il pousse la porte et entre suivi des apôtres. Les femmes sont déjà là-haut et elles parlent avec les nazaréens. Dans un coin un homme qui m'est inconnu. "Paix à vous." "Maître !" les nazaréens s'inclinent, puis ils disent : "Voici l'homme" et ils montrent du doigt l'inconnu. "Viens ici" commande Jésus. "Ne me maudis pas !" "Pour le faire, il n'était pas nécessaire que je t'appelle ici. Tu n'as que cette parole à dire au Sauveur ?" Jésus est austère, mais en même temps encourageant. L'homme le regarde... Puis il éclate en sanglots et il crie en se jetant sur le sol : "Si tu ne me pardonnes pas, je n'aurai pas de paix..." "Quand je voulais te rendre bon, pourquoi ne l'as-tu pas voulu ? Maintenant c'est tard pour réparer. Ta mère est morte." "Ah ! ne me le dis pas. Tu es cruel !" "Non. Je suis la Vérité. J'étais la Vérité quand je te disais que tu aurais tué ta mère. Je le suis encore. Et toi, alors, tu te moquais de Moi. Pourquoi me cherches-tu maintenant ? Ta mère est morte. Tu as péché, tu as continué de pécher tout en sachant que tu péchais. Je te l'avais dit. C'est là une grande faute : tu as voulu pécher en repoussant la Parole et l'Amour. Pourquoi te lamenter si maintenant tu n'as pas de paix ?" "Seigneur ! Seigneur ! Pitié ! J'étais fou et tu m'as guéri, j'ai espéré en Toi, auparavant je désespérais de tous. Ne déçois pas mon espérance..." "Et pourquoi désespérais-tu?" "Parce que... j'ai fait mourir ma mère de douleur... même le dernier soir... elle était à bout... et je n'ai pas eu pitié... Je l'ai frappée, Seigneur !!!" Et c'est un vrai cri de désespoir qui remplit la pièce. "Je l'ai frappée !... Elle est morte dans la nuit !... Et elle ne m'avait dit que d'être bon... Ma mère !... Je l'ai tuée..." "Il y a des années que tu l'as tuée, Samuel ! Du moment où tu as cessé d'être un juste. Pauvre Esther ! Que de fois je l'ai vue pleurer ! Et quand elle me demandait une caresse de fils, à la place des tiennes... Et tu sais que ce n'était pas par amitié pour toi, qui étais du même âge que Moi, mais par pitié pour elle que je venais chez toi... Je ne devrais pas te pardonner. Mais deux mères ont prié pour toi, et ton repentir est sincère. Je te pardonne donc. Par une vie honnête, efface du cœur de tes concitoyens le souvenir d'un Samuel pécheur, et reconquiers ta mère. 482> Tu le feras si par une vie de juste tu conquiers le Ciel et ta mère avec lui. Mais rappelle-toi, et rappelle-toi bien que ton péché a été bien grand et que par conséquent ta justice doit être grande à proportion pour éteindre ta dette." "Oh ! Tu es bon ! Pas comme celui des tiens qui est sorti tout de suite après être rentré, et qui est venu à Nazareth seulement pour me terroriser ! Eux peuvent le dire..." Jésus
se retourne... Des apôtres il manque uniquement l'Iscariote. C'est donc
lui qui a maltraité Samuel. Que doit faire Jésus ? Pour éviter que
l'on critique l'apôtre, comme apôtre sinon comme homme, il dit : "Tout homme ne peut qu'être sévère à cause de ton péché.
Quand on fait le mal, il faudrait réfléchir que les hommes jugent,
penser qu'on leur donne l'occasion de juger... Mais n'aie pas de rancœur.
La mortification que tu as reçue, mets-la comme expiation sur la balance
de Dieu. Allons. Ici, parmi les justes, c'est de la joie pour ta
rédemption. Tu es parmi des frères qui ne te méprisent pas. "Je te bénis, Seigneur. Je te demande pardon aussi pour toutes les fois que je t'ai méprisé... Je ne sais comment remercier... C'est la paix, tu sais ? La paix qui revient en moi" il pleure maintenant calmement... "Remercie ma Mère. Si tu es pardonné, si je t'ai guéri du délire pour te donner la possibilité du repentir, c'est à cause d'elle. Allons en bas. Le souper est prêt et nous partagerons la nourriture." Et il descend en tenant l'homme par la main. En effet le repas est prêt, mais Judas n'est pas en bas non plus. Il n'est nulle part dans la maison. La maîtresse explique : "Il est sorti. Il a dit: "Je reviens tout de suite"." "C'est bien. Assoyons-nous et mangeons." Jésus offre la nourriture, la bénit et la partage. Mais une ombre glaciale est dans la pièce éclairée par deux lampes et le foyer. Au-dehors, l'orage continue... Judas revient, essoufflé, trempé comme s'il était tombé dans le lac. Bien qu'il eût mis le manteau sur sa tête, quand il le dépose tout trempé à terre, ses cheveux paraissent raides et détrempés, collés aux joues, au cou. Tous le regardent, mais personne ne parle. Lui veut s'excuser bien que personne ne lui demande rien : "J'ai couru chez tes frères pour leur dire que tu es ici. Je t'ai obéi, pourtant. Je ne suis pas allé trouver les malades. D'ailleurs c'était impossible. Une eau ! Un déluge !... Mais j'ai voulu sans tarder 483> honorer tes parents... N'es-tu pas content, Maître ? Tu ne parles pas !..." "Je t'écoute. Prends et mange. Et en attendant d'aller nous reposer, parlons entre nous. Écoutez : il est dit de ne pas confier son cœur à l'étranger parce que nous ne connaissons pas ses habitudes. Mais pouvons-nous dire que nous connaissons le cœur même de celui qui est notre compatriote ? Le cœur de l'ami ? Celui du parent ? Il n'y a que Dieu qui connaisse parfaitement le cœur de l'homme, et l'homme n'a qu'un moyen pour connaître le cœur de son semblable et comprendre s'il est vraiment son compatriote, ou bien son véritable ami et son vrai parent. Quel est ce moyen ? Où se trouve-t-il ? Dans le prochain lui-même et en nous. Dans ses actions et ses paroles et dans le jugement droit que nous formons. Quand, dans les paroles du prochain, dans ses actions, ou dans les actions qu'il voudrait que nous fassions, nous nous rendons compte, par le jugement droit que nous formons, qu'il n'y a pas de bien, alors nous pouvons dire : "II n'a pas un cœur bon, et je dois m'en méfier". Il faut le traiter avec charité, parce qu'il souffre du malheur le plus grave : d'avoir l'esprit malade, mais il ne faut pas le suivre dans ses actions, ni prendre ses paroles comme vraies et sages et encore moins suivre ses conseils. Ne
vous laissez pas ruiner par l'orgueilleuse pensée : "Moi, je
suis fort et le mal des autres n'entre pas en moi. Moi, je suis juste, et
même si j'écoute ceux qui sont injustes, je me garde juste".
L'homme est un abîme profond, où sont tous les éléments du bien et du
mal. Nous aident à grandir et à devenir rois, les premiers, les aides de
Dieu ; aident à développer les éléments mauvais et à faire
régner la nocivité, les passions et les amitiés mauvaises.
Si un homme qui est coupable de péchés graves pouvait, voulait parler, pour dire comment il est arrivé à ces péchés, on verrait qu'à l'origine il y a eu une amitié mauvaise..." "C'est vrai !" reconnaît à voix basse Samuel de Nazareth. "Méfiez-vous de ceux qui, après vous avoir combattu sans motif, vous comblent tout à coup d'honneurs et de cadeaux. Méfiez-vous de ceux qui louent toutes vos actions et sont prêts à toutes les louanges : c'est-à-dire ils louent le paresseux comme un bon travailleur, l'adultère comme un mari fidèle, le voleur comme un homme honnête, le brutal comme un homme doux, le menteur comme un homme sincère, le mauvais fidèle et le pire des disciples comme des modèles. Ils le font pour vous ruiner et se servir de votre ruine pour leurs projets astucieux. Fuyez ceux qui veulent vous enivrer de louanges et de promesses, pour vous faire faire des actions que vous n'accepteriez pas de faire si vous n'étiez pas ivres. Et quand vous avez juré fidélité à quelqu'un, évitez de traiter avec ses ennemis; ils ne peuvent vous fréquenter que pour nuire à celui qu'ils haïssent et lui nuire avec votre aide même.
"Qui donc, Seigneur ? Peut-être quelqu'un qui n'est pas des nôtres, 485> un prosélyte, quelqu'un... qui n'est pas de Palestine, quelqu’un..." "Ne cherchez pas. N'est-il pas dit par hasard que l'abomination entrera, comme déjà elle est entrée, dans le lieu saint ? Or, si on peut pécher même près du Saint, est-ce que quelqu'un de ceux qui me suivent ne pourra pas pécher, qu'il soit galiléen ou juif ? Veillez, veillez, mes amis. Veillez sur vous-mêmes et sur les autres, veillez sur ce que vous disent les autres et sur ce que vous dit votre conscience. Et si par vous-mêmes vous n'avez pas la lumière pour voir clair, venez à Moi. Je suis la Lumière." |
|
|
Pierre bricole et murmure derrière le dos de Jean qui fait des signes de dénégation. Jésus tourne vers lui son regard, le voit... Pierre se donne une contenance et fait semblant de s'éloigner. Jésus se lève, sourit légèrement... Puis il entonne la prière, bénit, prend congé. Il reste seul pour prier encore. |