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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi
26 mars 30
- Manaën se présente en force 342 - Discussion au sujet du Temple 343 - Confession de foi d'un inconnu 345 - Prélude à l'entrée triomphale à Jérusalem 345 |
8.39. |
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342> Déjà les murs blancs des maisons de Jéricho et ses palmiers se profilent contre un ciel d'un bleu intense de céramique ou d'émail, quand, près d'un bosquet de tamaris ébouriffés, de mimosas sensibles, d'aubépines aux longues épines, d'autres arbres la plupart épineux, qui semblent être renversés là de la montagne ardue qui est en arrière de Jéricho, 343> Jésus se rencontre avec un groupe important de disciples conduits par Manaën. Ils semblent attendre et ils attendent en effet, et ils le disent après avoir salué le Maître ajoutant que d'autres s'étaient répandus sur d'autres routes pour savoir, car le retard d'une nuit toute entière pour l'arrivée à Jéricho les avait impressionnés. "Je suis venu ici avec eux, et je ne te quitterai plus jusqu'à ce que je te sache en sécurité chez Lazare" dit Manaën. "Pourquoi ? Y a-t-il quelque danger ?..." demande Jude Thaddée. "Vous êtes en Judée... Le décret vous le connaissez, et la haine aussi. Par conséquent tout est à craindre" répond Manaën et, s'étant tourné vers Jésus, il explique : "J'ai pris avec moi les plus courageux car on pouvait présumer que, s'ils ne t'avaient pas pris, tu serais passé par là. Et nous avons compté sur notre valeur de disciples et d'hommes pour pouvoir impressionner les mauvais et te faire respecter." En effet il a avec lui des anciens disciples de Gamaliel,[1] le prêtre Jean, Nicolaï d'Antioche, Jean d'Éphèse et d'autres hommes vigoureux dans la fleur de l'âge, d'un air plus distingué que le commun, que je ne connais pas. De quelques-uns d'entre eux Manaën fait rapidement la présentation, alors que d'autres ne sont pas présentés. Ce sont des hommes de toutes les régions de la Palestine parmi lesquels ceux de la cour d'Hérode Philippe.[2] Des noms des plus anciennes familles d'Israël résonnent ainsi sur la route près du bosquet ébouriffé où le vent fait trembler les feuilles des mimosas et incline les rejetons des aubépines. "Allons. N'y a-t-il personne avec les femmes chez Nique ?" demande Jésus. "Les bergers. Tous, sauf Jonathas qui attend Jeanne dans son palais de Jérusalem. Mais le nombre de tes disciples a augmenté sans mesure. Hier ils étaient environ cinq cents qui attendaient à Jéricho, tellement que les serviteurs d'Hérode en étaient impressionnés et l'avaient rapporté à leur maître. Et lui ne savait pas s'il fallait trembler ou sévir. Mais il est obsédé par le souvenir de Jean et il n'ose plus lever la main sur aucun prophète..." "Bien ! Cela ne te fera pas de mal !" s'écrie Pierre en se frottant joyeusement les mains. "C'est celui qui a le moins d'importance, cependant. C'est une idole que chacun peut manœuvrer à son gré et qui l'a en mains sait le manœuvrer." "Et qui le tient ? Pilate, peut-être ?" demande Barthélemy. 344> "Pilate, pour agir, n'a pas besoin d'Hérode. C'est un serviteur, Hérode. Ce n'est pas aux serviteurs que s'adressent les puissants" répond Manaën. *Et qui alors ?" demande Barthélemy. "Le Temple" dit avec assurance quelqu'un qui est avec Manaën. "Mais pour le Temple, Hérode est anathème. Son péché..." "Tu es bien naïf, Barthélemy, malgré ta science et ton âge ! Tu ne sais donc pas que le Temple sait passer sur beaucoup de choses, sur trop de choses, pour atteindre son but ? C'est pour cela qu'il n'est plus digne d'exister" dit Manaën avec un geste de souverain mépris. "Tu es Israélite. Tu ne dois pas parler ainsi. Le Temple est toujours le Temple pour nous" dit Barthélemy pour l'avertir. "Non. C'est le cadavre de ce qu'il était. Et un cadavre devient charogne immonde quand il est mort depuis un certain temps. C'est pour cela que Dieu a envoyé le Temple vivant : pour que nous puissions nous prosterner devant le Seigneur sans que ce soit une pantomime immonde." "Tais-toi !" susurre à Manaën un autre qui est avec lui, parce qu'il parle trop clairement. C'est un de ceux qui n'ont pas été présentés et qui reste entièrement couvert. "Et pourquoi devrais-je me taire, si c'est ainsi que parle mon cœur ? Penses-tu que ce que je dis puisse nuire au Maître ? S'il en est ainsi, je me tairai, pas pour une autre raison. Même s'ils me condamnaient, je saurai dire : "C'est ce que je pense et ne châtiez pas d'autres que moi"." "Manaën a raison. Cela suffit de se taire par peur. C'est le moment pour chacun de se prononcer pour ou contre et pour dire ce qu'il a sur le cœur. Je pense comme toi, frère en Jésus. Et si cela peut causer notre mort, nous mourrons ensemble en confessant encore la vérité" dit impétueusement Étienne. "Soyez prudents ! Soyez prudents !" exhorte Barthélemy. "Le Temple est toujours le Temple. Il faillira, certainement il n'est pas parfait, mais il est... il est... Après Dieu, il n'y a personne de plus grand, et forces de plus grandes que le Grand Prêtre et le Sanhédrin... Ils représentent Dieu, et nous devons voir ce qu'ils représentent, non ce qu'ils sont. Je me trompe peut-être, Maître ?" "Tu ne te trompes pas. En toute constitution, il faut savoir considérer l'origine : dans ce cas le Père Éternel, qui a constitué le Temple et les hiérarchies, les rites et l'autorité des hommes préposés pour le représenter. Il faut savoir remettre au Père le jugement. 345> Lui sait quand et comment intervenir. Comment pourvoir à ce que la corruption en se propageant ne corrompe pas tous les hommes et ne les fasse pas douter de Dieu... Et en cela Manaën a su voir juste, en voyant la raison de ma venue en cette heure. Il faut enfin tempérer ton immobilisme, Barthélemy, par l'esprit novateur de Manaën, afin que la mesure soit juste et par conséquent parfaite la façon de juger. Tout excès est toujours dommageable. Pour celui qui l'accomplit, pour celui qui le subit, ou qui s'en scandalise et, si ce n'est pas une âme honnête, en s'en servant contre les frères pour les dénoncer. Mais cela est une action de Caïn, et elle ne sera pas faite par des fils de la Lumière, car c'est une œuvre de Ténèbres. Celui qui, tout enveloppé par son manteau de façon qu'on ne voit à peine ses yeux noirs, très vifs, a averti Manaën de ne pas trop parler, s'agenouille près de Jésus et prend sa main en disant : "Tu es bon, Maître. Trop tard je t'ai connue, ô Parole de Dieu ! Mais encore à temps pour t'aimer comme tu le mérites, si ce n'est pour te servir longuement comme je l'aurais voulu, comme je voudrais maintenant." "Il n'est jamais trop tard pour l'heure de Dieu. Elle vient au bon moment. Et lui accorde le temps qu'il faut pour servir, selon sa volonté, la Vérité." "Mais qui est-ce ?" murmurent entre eux les apôtres et ils le demandent aux disciples. Inutilement. Personne ne sait qui c'est ou, s'il le sait, ne veut le dire. "Qui est-ce, Maître ?" demande Pierre quand il peut s'approcher de Jésus qui marche au milieu du groupe et qui a les femmes en arrière, les disciples en avant, à ses côtés ses cousins et tout autour les apôtres. "Une âme, Simon, rien de plus que cela." "Mais... tu t'y fies, ne sachant pas qui c'est ?" "Je sais qui c'est, et je connais son cœur." "Ah ! j'ai compris ! C'est comme pour la femme voilée de la Belle Eau... Je ne demanderai plus autre chose..." et Pierre est heureux car Jésus, s'éloignant de Jacques, le prend près de Lui. Ils ont désormais rejoint Jéricho. De la porte des murs sort la foule qui crie des hosannas et c'est difficilement que Jésus peut avancer en traversant la ville, pour aller chez Nique qui est en dehors de Jéricho, du côté opposé. On le supplie de parler. On élève à bout de bras les bébés pour en faire une haie vivante et infranchissable, en tablant sur l'amour de Jésus pour les petits. On crie : 346> "Tu peux parler. Il s'est déjà enfui à Jérusalem" et, en disant ces paroles, on montre du doigt le magnifique palais d'Hérode, maintenant fermé. Manaën confirme : "C'est vrai. Il est parti pendant la nuit, sans faire de bruit. Il a peur." Mais rien n'arrête Jésus qui avance en disant : "Paix ! Paix ! Que celui qui a des peines ou des douleurs vienne chez Nique. Que celui qui veut m'entendre vienne à Jérusalem. Ici, je suis le Pèlerin, comme vous tous. C'est dans la maison du Père que je parlerai. Paix ! Paix et bénédiction ! Paix !" C'est déjà un petit triomphe, un prélude à l'entrée à Jérusalem, désormais si proche. Je suis étonnée de l'absence de Zachée, jusqu'au moment où je le vois debout à la limite du domaine de Nique, au milieu de ses amis et avec les bergers et les femmes disciples. Tous accourent à la rencontre de Jésus et se prosternent, et l'escortent alors que Lui, les bénissant, entre sous le verger, se dirigeant vers la maison hospitalière. |
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[1] Étienne et Hermas [2] Dans la dynastie des Iduméens fondée par Hérode le grand, il y a deux Philippe, tous les deux demi-frères de Hérode Antipas : Hérode Philippe,mari légitime de Hérodiade et père de Salomé. Celle-ci le quitta pour son demi-frère Hérode Antipas. On comprend l'animosité qui devait exister entre eux et qui explique peut-être la présence de courtisans ici. Philippe le Tétrarque qui épousa ultérieurement Salomé sa nièce. Ces mœurs complexes mais généralisées dans cette famille se comprennent mieux avec l'arbre généalogique. |