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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi
1er février 28 Capharnaüm
- On accoste et on se désaltère 88 - Le petit-fils a été mordu par un serpent 89 -Éli implore la pitié de Jésus 90 - Pierre, le serpent c'est toi 90 - Guérison de l'enfant 90 - Je n'ai pas été vindicatif 91 |
3.21. |
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88> Jésus est sur le point d'arriver avec la barque à Capharnaüm. Ça va être le coucher du soleil et le lac est tout un scintillement de jaune-rouge. Pendant que les deux barques font les manœuvres pour accoster, Jean dit : "Je vais tout de suite à la fontaine et je prends de l'eau pour te désaltérer." "Elle est bonne l'eau, ici." s'exclame André. "Oui, elle est bonne et votre amour me la rend encore meilleure." "Je vais porter le poisson à la maison. Les femmes vont le préparer pour le souper. Ensuite, tu nous parles à nous et à elles ?" "Oui, Pierre." 89> "C'est plus beau, maintenant, de revenir à la maison. Auparavant, nous semblions autant de nomades. Mais, maintenant, avec les femmes, il y a plus d'ordre, plus d'amour. Et puis ! De voir ta Mère, cela me fait tout de suite passer la fatigue. Je ne sais..." Jésus sourit et se tait. La barque s'échoue sur la grève. Jean et André, qui sont en sous-vêtements courts, sautent dans l'eau, et avec l'aide des garçons amènent la barque à la rive et mettent la planche qui sert de pont. Jésus descend d'abord et attend que la seconde barque soit à la rive pour s'unir à tous les siens. Puis, à pas lents, ils vont vers la fontaine. Une fontaine naturelle. Une source qui coule un peu en dehors du pays et dont l'eau retombe dans un bassin de pierre, fraîche, abondante, argentée. Elle vous invite à boire, cette eau, tant elle est limpide. Jean, qui est parti devant avec l'amphore, revient déjà et présente le broc ruisselant à Jésus qui boit à longs traits. "Comme tu avais soif, mon Maître ! Et moi, comme un sot, je ne m'étais pas procuré de l'eau." "Cela ne fait rien, Jean. Maintenant tout est passé." et il le caresse. Ils sont sur le point de revenir, quand ils voient arriver, avec toute la vitesse dont il est capable, Simon Pierre, qui était allé à la maison porter son poisson. "Maître ! Maître !" crie-t-il à bout de souffle. "Le pays est en émoi car l'unique petit-fils du pharisien Éli. est en train de mourir à la suite d'une morsure de serpent. Il était allé justement avec le grand-père et contre la volonté de sa mère dans leur oliveraie. Éli surveillait des travaux. L'enfant jouait près des racines d'un vieil olivier, il a mis la main dans un trou, espérant y trouver un lézard et il a trouvé un serpent. Le vieillard semble fou. La mère de l'enfant, qui entre parenthèses déteste le beau-père et à juste titre, l'accuse d'assassinat. L'enfant se refroidit d'un moment à l'autre. Entre parents, ils ne se sont pas aimés ! Et certes, on ne peut être plus de famille que cela !" "C'est bien mauvais les rancœurs dans une famille :" "Mais, Maître, je dis que les serpents n'ont pas aimé le serpent :Éli. Et ils ont tué le petit serpent. Je regrette qu'il m'ait vu et qu'il m'ait crié par derrière : "Le Maître est-il là ?" Et je regrette pour le petit. C'était un bel enfant et ce n'est pas de sa faute s'il était le petit-fils d'un pharisien." "Oui, ce n'est pas de sa faute..." Ils se dirigent vers le pays et voient vers eux un tas de personnes qui crient et pleurent et en tête le vieil Éli. 90> "Il nous a trouvés ! Retournons sur nos pas !" "Mais pourquoi ? Ce vieillard souffre." "Ce vieux te hait. Souviens-t-en. C'est un de tes accusateurs, l'un des premiers et des plus acharnés auprès du Temple." "Je me souviens que je suis la Miséricorde." Le vieil Éli, dépeigné, bouleversé, les habits en désordre, court vers Jésus, les bras tendus et s'écroule à ses pieds en criant : "Pitié ! Pitié ! Pardon ! Ne te venge pas sur l'innocent de ma dureté. Toi seul peux le sauver ! Dieu, ton Père, c'est Lui qui t'a amené ici. Je crois en Toi ! Je te vénère ! Je t'aime et Pardon ! J'ai été injuste, menteur ! Mais je suis puni. Ces seules heures sont une punition. A l'aide ! C'est le garçon ! Le fils unique de mon garçon qui est mort. Et elle m'accuse de l'avoir tué." et il pleure en se frappant la tête par terre en cadence. "Allons ! Ne pleure pas ainsi. Veux-tu mourir sans plus te soucier de voir grandir le petit ?" "Il meurt ! Il meurt ! Peut-être il est déjà mort. Fais-moi mourir, moi aussi. Mais que je ne vive pas dans cette maison vide. Oh ! mes tristes derniers jours !" "Eli, lève-toi et allons-y..." "Toi... est-ce vrai que tu viens ? Mais, sais-tu qui je suis ?" "Un malheureux. Allons." Le vieil homme se lève et dit : "Je vais devant, mais Toi, cours, cours, fais vite !" Et il s'en va, rapide, à cause du désespoir qui lui aiguillonne le cœur. "Mais, Seigneur, crois-tu que cela le fera changer ? Oh ! quel miracle inutile ! Mais laisse mourir ce petit serpent ! Le vieux mourra aussi de chagrin et... et cela en fera un de moins sur ta route. Dieu y a pensé à..." "Mais, Simon ! En vérité maintenant le serpent c'est toi." Jésus repousse avec sévérité Pierre qui baisse la tête, et il va de l'avant.
Jésus, serré, écrasé par la foule qui Lui rend tout geste presque impossible, prend la petite main et la porte à la bouche. Il suce la blessure, puis souffle sur le petit visage cireux aux yeux à demi-clos 91> et vitreux. Ensuite il se redresse et dit : "Voici, maintenant l'enfant s'éveille. Ne l'effrayez pas avec tous ces visages bouleversés. Il aura déjà peur en se souvenant du serpent." En effet, le petit, dont le visage se colore de rose, ouvre la bouche et baille longuement. Il se frotte les yeux, puis les ouvre et reste ébahi de se trouver au milieu de tant de gens, puis il se souvient, essaye de fuir en faisant un bond si soudain qu'il tomberait si Jésus ne l'eût reçu promptement dans ses bras. "Bon ! bon ! De quoi as-tu peur ? Regarde le beau soleil ! Voici le lac, voilà ta maison, et ici la maman et le grand-père." "Et le serpent ?" "Disparu, C'est Moi qui suis là." "Toi, oui..." L'enfant réfléchit... puis de sa voix naïve et innocente il dit : "Le grand-père me disait de te dire "maudit". Mais, moi, je ne le dis pas. Je t'aime bien ! moi." "Moi ? J'ai dit cela ? L'enfant délire. Ne le crois pas, Maître. Je t'ai toujours respecté." La peur qu'il surmonte fait déjà resurgir sa vieille nature. "Les paroles ont et n'ont pas de valeur. Je les prends pour ce qu'elles valent. Adieu, petit. Adieu, femme. Adieu Éli. Aimez- vous bien et aimez-moi si vous pouvez." Jésus tourne le dos et va vers la maison où il habite.
"Peu importe le venin, Mais réfléchissez que si j'avais agi comme vous désiriez me voir agir, lui aurait dit que Belzébuth m'aidait. En son âme en ruines, il peut encore admettre ma puissance de médecin. Pas autre chose. Le miracle amène à la foi ceux qui déjà sont sur cette route. Mais chez ceux qui n'ont pas d'humilité - la foi prouve toujours l'existence de l'humilité dans une âme - le miracle les porte à blasphémer; Il est donc mieux d'éviter ce danger en recourant à des procédés apparemment humains. C'est la misère des incrédules, leur inguérissable misère. Il n'y a pas d'argent qui la fasse disparaître, car aucun miracle ne les amène à croire ni à être bons. Peu importe. J'accomplis mon devoir. Eux suivent leurs tendances mauvaises." |
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92> "Mais pourquoi l'as-tu fait, alors ?" "Parce que je suis la Bonté et pour qu'on ne puisse pas dire que j'ai été vindicatif à l'égard des ennemis et provocateur vis à vis de ceux qui le sont. J'accumule sur leur tête des charbons ardents. Et ce sont eux qui me les présentent pour que je les accumule. Sois bon, Judas de Simon, cherche à ne pas agir comme eux ! Et cela suffit. Allons chez ma Mère. Elle sera contente que j'aie guéri un petit enfant." |