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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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mardi
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Judas s'oppose à Jésus 240 -
Il se dispute avec Jacques de Zébédée 240 -
Jésus s'éloigne de ce manque de charité 241 -
Judas s'excuse auprès du Maître 241 -
Puis Jacques se laisse convaincre 242 -
Et vient s'excuser auprès de Jésus 242 -
Discours (L'incompréhension des apôtres 243 -
Les apôtres, exemples de divinisation) 243 - Imiter Pierre dans son progrès spirituel 244 |
7.194. |
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240> "Mais tu veux
vraiment aller par cette route ? Cela ne me paraît pas prudent pour plusieurs
raisons..." objecte l'Iscariote. "Lesquelles ? Ne sont-ils pas peut-être venus à Moi,
jusqu'à Capharnaüm, des hommes de ces villages pour
chercher le salut et la sagesse ? Ne sont-ils pas eux aussi des créatures de
Dieu ?" "Oui... Mais... Il n'est pas prudent pour Toi d'aller trop
près de Machéronte... C'est un endroit
funeste aux ennemis d'Hérode." "Machéronte est loin, et je n'ai
pas le temps d'aller jusque là. Je voudrais aller jusqu'à Pétra, et
au-delà... Mais je n'arriverai qu'à moitié route et moins encore. De toute
façon, allons..." "Joseph t'a
conseillé..." "De rester sur des routes surveillées. Celle-ci est
justement la route d'au-delà du Jourdain sur laquelle les romains ont de
fortes garnisons. Je ne suis pas lâche, Judas, ni non plus imprudent." "Moi, je ne m'y fierais pas. Moi, je ne m'éloignerais pas
de Jérusalem. Moi..." "Mais laisse-le faire, le Maître. Lui est le Maître, et
nous ses disciples. Quand donc a-t-on vu que c'est au disciple de conseiller
le maître ?" dit Jacques de
Zébédée. "Quand ? Il ne s'est pas passé des années que ton frère a dit au Maître de ne pas aller à Acor, et Lui l'a écouté.
A présent, qu'il m'écoute." "Tu es jaloux et autoritaire. Si mon frère a parlé et a
été écouté, c'est signe que sa remarque était juste et qu'il fallait
l'écouter. Il suffisait de regarder Jean ce jour-là, pour
comprendre qu'il était juste de l'écouter !" "Oh ! avec toute sa sagesse, il n'a jamais su le défendre,
et jamais il ne saura le faire. C'est récent, au contraire, ce que j'ai
fait moi en venant à Jérusalem." 241> "Tu as fait ton
devoir. Mon frère aussi l'aurait fait
à l'occasion, par d'autres moyens, car lui ne sait pas mentir même pour des
choses bonnes, et j'en suis heureux..." "Tu m'offenses. Tu me traites de menteur..." "Hé ! tu veux que je dise que tu es sincère alors que tu
as menti si habilement sans changer de couleur ?" "Je le faisais..." "Oui. Je le sais. Je le sais ! Pour sauver le Maître. Mais
cela ne me va pas et ne va à aucun de nous. Nous préférons la simple réponse
du vieil homme. Nous préférons nous taire et qu'on nous traite de sots, et même
que l'on nous malmène, plutôt que de mentir. On commence pour une chose
bonne, et on finit avec une chose qui ne l'est pas." "Qui est mauvais ? Pas moi. Qui est sot ? Pas moi." "Cela suffit ! Tout en ayant raison, vous finissez par
avoir tort, un tort différent de celui que vous vous reprochez, car c'est un
tort contre la charité. Ce que je pense de la sincérité, vous le savez tous,
ce que j'exige pour la charité aussi. Allons. Vos disputes me sont plus
pénibles que les insultes de mes ennemis." Et Jésus, visiblement fâché,
se met à marcher rapidement, seul, par une route qu'il n'est pas besoin
d'être archéologue pour comprendre qu'elle a été construite par les romains.
Elle va vers le sud, presque toute droite à perte de vue entre deux chaînes
de montagnes assez remarquables. La route est monotone, assombrie par les
pentes boisées qui l'enserrent et empêchent de découvrir l'horizon, mais en
bon état. De temps à autre, quelque pont romain jeté sur un torrent ou un
ruisseau qui descend certainement vers le Jourdain ou la Mer Morte. Je ne
sais pas précisément car les monts m'empêchent de voir du côté de l'occident
où doivent se trouver les fleuves et la mer. Il passe quelque caravane sur la
route, caravane qui remonte peut-être de la Mer Rouge et qui va je ne sais
où, avec de nombreux chameaux et chameliers et des marchands d'une race
visiblement différente de l'hébraïque. Jésus est toujours en avant, seul. Derrière, divisés en deux
groupes, les apôtres parlent entre eux. Les galiléens en avant, derrière les
juifs avec, en plus, André et Jean et les deux
disciples qui se sont unis à eux. Le premier groupe essaie de consoler Jacques, déprimé par le
sévère reproche du Maître; l'autre de persuader Judas de ne pas être
toujours ainsi obstiné et agressif. Les deux groupes sont d'accord pour
conseiller aux deux qui ont reçu des reproches d'aller trouver le Maître et
de faire la paix avec Lui. 242> "Moi ? Mais j'y
vais tout de suite. Je sais que j'ai raison. Je connais mes actions. Ce n'est
pas moi qui ai fait des insinuations malveillantes, et j'y vais" dit
l'Iscariote. Il est hardi, je dirais effronté. Il accélère le pas pour
rejoindre Jésus. Je me demande une fois de plus si pendant ces jours il était
déjà disposé à trahir et s'il conspirait déjà avec les ennemis du Christ... Jacques, au contraire, qui au fond est le moins coupable, est
si abattu d'avoir peiné le Maître qu'il n'a pas le courage d'aller en avant.
Il le regarde, son Maître, qui maintenant parle avec Judas... Il le regarde,
et le désir de s'entendre pardonner se manifeste vivement sur son visage.
Mais son amour lui-même, sincère, constant, fort, lui fait paraître
impardonnable son méfait. Maintenant les deux groupes se sont réunis, et même Simon le Zélote, André, Thomas et Jacques disent : "Mais,
allons ! Si tu ne le connaissais pas ! Il t'a déjà pardonné !" et avec
beaucoup de finesse de jugement, Barthélemy, âgé et sage, dit à
Jacques en lui mettant la main sur l'épaule : "Moi, je te le dis : c'est
pour ne pas susciter d'autres tempêtes qu'il a fait impartialement des
reproches à vous deux, mais son cœur s'adressait seulement à Judas." "C'est ainsi, Barthélemy ! Mon Frère s'épuise à supporter
cet homme dont il s'obstine à vouloir le repentir et il se fatigue à chercher
à le faire paraître... comme l'un de nous. Lui est le Maître, et moi... je
suis moi... Mais si j'étais Lui, oh ! l'homme de Kériot
ne serait pas avec nous !" dit le Thaddée, avec des éclairs
dans ses yeux très beaux qui rappellent ceux du Christ. "Tu crois ? Tu soupçonnes ? Quoi ?" disent plusieurs. "Rien. Rien de précis. Mais cet homme ne me plaît
pas." "Il ne t'a jamais plu, frère. C'est une répulsion irraisonnée
car elle s'est produite à la première rencontre, tu me l'as avoué. C'est
contraire à l'amour. Tu devrais la vaincre ne serait-ce que pour faire
plaisir à Jésus" dit Jacques d'Alphée, calme et persuasif. "Tu as raison, mais... je n'y arrive pas. Viens, Jacques,
allons ensemble trouver mon Frère" et Jude d'Alphée prend résolument le
bras de Jacques de Zébédée et l'entraîne avec lui. Judas les entend venir et il se retourne, et puis il dit
quelque chose à Jésus. Jésus s'arrête et les attend. Judas, l'œil malicieux,
observe l'apôtre mortifié. "Excuse-moi. Écarte-toi un peu. J'ai besoin de parler à
mon Frère" dit le Thaddée. La phrase est polie, mais le ton en est très
sec. L'Iscariote a un petit rire, puis en haussant les épaules, il
revient sur ses pas pour se réunir à ses compagnons. 243> "Jésus, nous sommes pécheurs..."
dit Jude Thaddée. "C'est moi qui suis pécheur, pas toi" murmure Jacques
la tête basse. "Nous sommes pécheurs, Jacques, car ce que tu as fait, moi
je l'ai pensé, je l'ai approuvé, je l'ai dans le cœur. Je suis donc, moi
aussi, dans le péché. Car il sort de mon cœur le jugement envers Judas, pour
contaminer ma charité... Jésus, tu ne dis rien à tes disciples qui
reconnaissent leur péché ?" "Que dois-je dire que vous ne sachiez déjà ? Allez-vous
peut-être changer à l'égard de votre compagnon à cause de mes paroles ?" "Non. Pas plus que lui ne change pour celles que tu lui
dis" Lui répond franchement pour lui et pour les autres son cousin. "Laisse faire, Jude, laisse faire ! C'est moi qui suis
fautif. C'est de moi qu'il est question, et je dois m'occuper de moi, pas des
autres. Maître, ne sois pas fâché avec moi..." "Jacques, je voudrais de toi, de tous, une chose. J'ai
tant de douleur pour tant d'incompréhensions que je rencontre... pourtant de
résistances obstinées. Vous le voyez... pour un lieu qui me donne de la joie,
il y en a trois qui me la refusent et me chassent comme un malfaiteur. Mais
cette compréhension, cette adhésion que les autres ne me donnent pas, je
voudrais l'avoir au moins de vous. Que le monde ne m'aime pas, que je me
sente étouffé par toute cette haine, cette antipathie, cette inimitié, ces
soupçons, qui m'entourent, par les vilenies de toutes espèces, les égoïsmes,
par tout ce que mon amour infini pour l'homme me fait seul supporter, c'est
pénible. Mais je le souffre encore et le supporte. Je suis venu pour souffrir
de cela de la part de ceux qui haïssent le Salut. Mais vous ! Non, cela je ne
le supporte pas ! Cela, que vous n'êtes pas capables de vous aimer entre vous
et par conséquent de me comprendre. Cela, que vous n'adhériez pas à mon
esprit en vous efforçant de faire ce que Moi, je fais.
Et maintenant tout est passé, n'est-ce pas ? Transformez-vous
par une ferme volonté en imitant Simon de Jonas qui, en moins d'un an, a fait
des pas de géant. Et pourtant... qui parmi vous était plus homme que Simon avec tous les défauts d'une humanité très
matérielle ?" 245> "C'est vrai,
Jésus. Je ne cesse pas d'étudier cet homme. Il fait mon admiration"
avoue le Thaddée.
"Et vous ne voyez que la surface de Simon ! Mais Moi, j'en
vois le fond. Pour être parfait il a encore beaucoup à faire et à souffrir.
Mais je voudrais en tous sa bonne volonté, sa simplicité, son humilité et son
amour..." Jésus regarde devant Lui. Il semble voir je ne sais quoi. Il
est absorbé dans une de ses pensées et sourit à ce qu'il voit. Puis il
abaisse les yeux sur Jacques et il lui sourit. "Alors... Je suis pardonné ?!" |
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"Je voudrais pouvoir pardonner à tous comme à toi...
Voilà, cette ville doit être Hesbon. L'homme l'a dit
: 'après le pont à trois arches, il y a la ville'. Attendons les autres pour
entrer ensemble en ville." |
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