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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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Dans la nuit du samedi au dimanche 10 février 30 (18 Adar)
- Dialogue de
Jésus avec Pierre - Pierre n'est
pas content de lui 136 - Discours (La
discrétion sur le péché d'autrui 136 - Les
circonstances des fautes 137 - Distinguer
péché et scrupule) 138 - Pierre
voudrait changer de place avec Judas 140 - Le scandale de
la souffrance de l'innocent 141 - Discours (La
terre est un autel et un temple 142 - Les âmes
victimes 143 - Le mystère de
l'âme des enfants) 144 - La douleur est
comme un sacerdoce 145 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8 |
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136> Jésus est seul dans une petite pièce. Assis sur sa
couchette, il réfléchit ou prie. Un lumignon à huile sur une étagère éclaire
la pièce de sa petite flamme jaunâtre palpitante. Il doit faire nuit car il
n'y a aucun bruit dans la maison ni sur le chemin. Seul le bruissement du
torrent paraît plus fort au dehors de la maison, dans le silence de la nuit. Jésus lève la tête
pour regarder la porte. Il écoute. Il se lève et va ouvrir. Il voit Pierre au dehors. "Toi
? Viens. Que veux-tu, Simon ? Encore debout, toi qui dois faire tant de route
?[1]" Il l'a pris
par la main et attiré à l'intérieur, en refermant la porte sans faire de
bruit. Il le fait asseoir près de Lui, sur le bord du lit. "Je voulais te
dire, Maître... oui, je voulais te dire que, tu as vu aujourd'hui aussi ce
que je vaux. Je ne suis capable que d'amuser de pauvres enfants, de consoler
une petite vieille, de rétablir la paix entre deux bergers qui sont en
désaccord pour une agnelle qui a perdu son lait. Je suis un pauvre homme. Si
pauvre que je ne comprends même pas ce que tu m'expliques. Mais c'est une
autre chose. Maintenant, je voulais te dire que, justement pour cela, tu me
gardes ici. Moi, je ne tiens pas à aller quand tu n'es pas avec nous. Et je
ne sais pas faire... Contente-moi, Seigneur." Pierre parle avec chaleur
mais en tenant les yeux fixés sur les briques grossières et ébréchées du
pavé. "Regarde-moi,
Simon" commande Jésus. Et comme Pierre obéit, Jésus le fixe intensément
en lui demandant : "Et c'est tout ? Tout ce qui explique que tu veilles
? Tout ce qui explique pourquoi tu me demandes de te garder ici ? Sois
sincère, Simon. Ce n'est pas murmurer que de dire à ton Maître toute ta
pensée. Pierre se détache de
Jésus qui le tenait serré contre lui et il dit en se levant : "Cela
n'est pas possible, Seigneur. Ne nous l'impose jamais. Comment veux-tu que nous
jugions comme Dieu si nous ne savons même pas juger comme hommes ?" "Alors vous le
saurez, car l'Esprit de Dieu planera sur vous et vous pénétrera de ses
lumières. Vous saurez juger en considérant les sept conditions des faits que
l'on viendra vous proposer pour être conseillé ou pardonné. Écoute bien et
essaie de te rappeler. En son temps l'Esprit de Dieu te rappellera mes
paroles. Mais toi, cherche de ton côté à te rappeler avec ton intelligence,
parce que Dieu te l'a donnée pour que tu la mettes en œuvre sans paresse ni
présomption spirituelle qui portent à attendre et à prétendre tout de Dieu. Quand tu seras
Maître, Médecin et Pasteur à ma place et dans mon rôle, et quand un fidèle
viendra pleurer à tes pieds les troubles qui lui viennent de ses actes ou de
ceux d'autrui, tu dois toujours avoir présents à ton esprit l'ensemble de ces
sept questions. Quoi : Quelle est la
matière du péché ? Où : En quel lieu ? Comment : En quelles
circonstances ? Avec quoi ou avec qui
: L'instrument
ou la créature qui a été la matière du péché ? Pourquoi; Quelles sont les
impulsions qui ont créé l'ambiance favorable au péché ? Quand : Dans quelles
conditions ou avec quelles réactions, et si c'est accidentellement ou par
suite d'habitudes malsaines ? En effet, tu vois,
Simon, la même faute peut avoir des nuances et des degrés infinis selon
toutes les circonstances qui l'ont créée et les individus qui l'ont accomplie.
Par exemple... Considérons deux péchés qui sont des plus répandus, celui
de la concupiscence charnelle et celui de la concupiscence des richesses. Une créature a fait
un péché de luxure, ou croît avoir fait un péché de luxure. Car parfois
l'homme confond le péché et la tentation, ou bien porte le
même jugement sur des excitations créées artificiellement par un appétit
malsain, et les pensées qui s'élèvent par la réaction d'une souffrance
maladive, ou aussi parce que parfois la chair et le sang ont des appels
imprévus qui résonnent dans l'âme avant qu'elle ait le temps de se mettre en
garde pour les étouffer. On vient te dire : "J'ai péché par luxure". Un prêtre imparfait dirait :
"Anathème sur toi". Mais toi, mon Pierre, tu ne dois pas parler
ainsi. Car tu es le Pierre de Jésus, tu es le successeur de la Miséricorde.
Et alors, avant de condamner, tu dois examiner et toucher doucement et
prudemment le cœur qui pleure devant toi pour connaître tous les aspects de
la faute réelle ou supposée ou du scrupule. J'ai dit : doucement
et prudemment. Te rappeler qu'en plus que d'être Maître et Pasteur, tu es
Médecin. Le médecin n'envenime pas les plaies. Prompt à couper s'il y a de la
gangrène, il sait pourtant découvrir et soigner d'une main légère s'il y a
seulement une blessure avec déchirure de parties vivantes qu'il faut
rassembler et non pas arracher. Et te rappeler qu'en plus que d'être Médecin
et Pasteur, tu es Maître. Un maître règle ses paroles suivant l'âge de ses
disciples. Il serait scandaleux ce pédagogue qui à de jeunes enfants
révélerait les lois animales que les innocents ignorent en leur donnant ainsi
des connaissances et des malices prématurées. Quand aussi on s'occupe des
âmes, c'est avec prudence qu'il faut les interroger. Se respecter et
respecter les autres. 139> Cela te sera facile si, en toute âme, tu vois un fils. Le
père est naturellement maître, médecin et guide de ses enfants. Aussi quelle
que soit la créature qui est devant toi, troublée par une faute ou par la
crainte d'avoir fauté, aime-la d'un amour de père, et tu sauras juger sans
blesser et sans scandaliser. Me suis-tu ?" "Oui, Maître, je
comprends très bien. Je devrai être prudent et patient, persuader de découvrir
les blessures, mais regarder par moi-même, sans attirer l'attention d'autrui
sur elles, et seulement quand je verrai qu'il y a réellement une blessure
dire : "Tu vois ? Tu t'es fait du mal pour ceci ou cela". Mais si
je vois que la créature a seulement peur de s'être blessée, parce qu'elle a
vu des fantômes, alors... souffler sur les nuées sans donner, par un zèle
inutile, des lumières qui pourraient éclairer des vraies sources de fautes.
Est-ce que je dis bien ?" "Très bien.
Donc, si quelqu'un te dit : "J'ai fait un péché de luxure", tu
considères qui tu as en face de toi. Il est vrai que le péché peut se
produire à tout âge. Mais on le rencontre plus facilement chez un adulte que
chez un enfant, et différentes seront par conséquent les questions à poser et
les réponses à faire suivant qu'il s'agit d'un adulte ou d'un enfant. Vient à
la suite de la première enquête, la seconde sur la matière du péché, et puis
la troisième sur l'endroit du péché, la quatrième sur les circonstances du
péché, et la cinquième sur les complices possibles du péché, la sixième sur
le pourquoi du péché, et la septième sur le moment et le nombre du péché. Tu verras que
généralement alors que pour un adulte, et un adulte vivant dans le monde, à
chaque question tu verras correspondre une circonstance qui implique la
réalité de la faute, pour ceux qui sont enfants par l'âge ou l'esprit, à de
nombreuses questions tu devras te répondre : "Ici il y a de la fumée,
pas de faute réelle". Et même tu verras parfais au lieu de fange il y a
un lys qui tremble d'avoir été éclaboussé par la boue et qui confond la
goutte de rosée descendue dans son calice avec l'éclaboussure de la boue.
Âmes si désireuses du Ciel, qu'elles craignent comme une tache jusqu'à
l'ombre d'une nuée qui les met pour un moment dans l'obscurité en
s'interposant entre eux et le soleil mais passe ensuite sans laisser de
traces sur leur candide corolle. Âmes tellement innocentes et désireuses de
le rester, que Satan effraie par des imaginations ou en excitant les aiguillons
de la chair ou la chair elle-même, en profitant de réelles maladies de la
chair. Ces âmes doivent être consolées et soutenues, car ce ne sont pas des
pécheresses mais des martyres. Rappelle-le-toi
toujours. 140> Et souviens-toi
toujours de juger même ceux qui pèchent par avidité pour les richesses ou
autres biens d'autrui de la même manière. En effet si c'est une faute maudite
d'être avide et sans pitié en volant le pauvre, et contre la justice en
faisant tort aux citoyens, aux serviteurs ou aux peuples, moins grave,
beaucoup moins grave est la faute de celui à qui on a refusé du pain et qui
en dérobe au prochain pour passer sa faim, et celle de ses enfants.
Rappelle-toi, aussi bien pour le luxurieux que pour le voleur, il faut de la
mesure quand on juge le nombre des fautes, les circonstances et leur gravité
et aussi de la mesure pour apprécier le degré de connaissance du pécheur pour
le péché commis, au moment où il le commettait. En effet, celui qui agit en
pleine connaissance pèche davantage que celui qui agit par ignorance, et
celui qui agit en consentant librement pèche davantage que celui qui est
poussé au péché. En vérité je te dis que parfois il y aura des actes qui
auront l'apparence du péché et qui seront un martyre et auront la récompense
donnée pour un martyre souffert. Pardonne septante
fois sept, et même septante fois septante, les péchés de tes frères et de tes
enfants [2]. Parce que fermer
les portes du Salut à un malade, seulement parce qu'il est retombé dans sa
maladie, c'est vouloir le faire mourir. As-tu compris ?" "J'ai compris.
Cela je l'ai vraiment compris..." "Et alors,
dis-moi maintenant tout ce que tu penses." "Eh ! oui ! Je
te le dis parce que je vois que vraiment tu connais tout et je comprends que
ce n'est pas murmurer que de te dire d'envoyer Judas à ma place, car il souffre de ne pas aller.
Je te le dis non pour te dire qu'il est envieux et me scandaliser à son
propos, mais pour lui donner la paix et... te donner la paix, car cela doit
être bien pénible pour Toi d'avoir toujours si près ce vent d'orage..." "Judas s'est
encore plaint ?" "Eh ! oui ! Il a
dit que chacune de tes paroles est pour lui une blessure. Même ce que tu as
dit pour les enfants. Il dit qu'en vérité c'est pour lui que tu as dit qu'Ève
alla à l'arbre parce qu'il lui plaisait cette chose brillante comme une
couronne de roi. Moi, vraiment, je n'avais trouvé aucun rapport. 141> Mais je suis ignorant. Barthélemy et le Zélote, au contraire, ont dit que vraiment Judas a
été ''touché au plus vif", car il est ensorcelé par tout ce qui brille
et séduit la vanité. Et ils pourraient avoir raison car ils sont sages. Sois
bon avec tes pauvres apôtres, Maître ! Fais plaisir à Judas, et à moi avec
lui. De toutes façons ! Tu le vois ? Je sais seulement amuser les enfants...
et être un enfant dans tes bras" il se serre contre son Jésus qu'il aime
vraiment de toutes ses forces. "Non. Je ne puis
te faire plaisir. N'insiste pas. Toi, justement parce que tu es ce que tu
es, tu vas à la mission. Lui, justement parce qu'il est comme il est,
reste ici. Mon frère aussi m'en avait
parlé, et malgré mon amour pour lui, je lui ai répondu "non". Même
si ma Mère m'en priait je ne céderais pas. Ce n'est pas
une punition, mais un remède. Et Judas doit le prendre. Si cela ne
sert pas à son esprit cela servira au mien, car je ne pourrai pas me
reprocher d'avoir omis quelque chose pour le sanctifier." Jésus est
sévère et impérieux en parlant ainsi. Pierre laisse
retomber ses bras et baisse la tête en soupirant. "Ne t'afflige
pas, Simon. Nous aurons une éternité pour être unis et nous aimer. Mais tu
avais autre chose à me dire..." "Il est tard,
Maître. Tu dois dormir." "Toi, plus que
Moi, Simon. Toi qui à l'aube dois te mettre en route." "Oh ! Pour moi !
Être ici avec Toi me repose davantage que d'être au lit." "Parle donc. Tu
sais que Moi, je dors peu..." "Voilà ! Je suis
une tête dure, je le sais et je le dis sans honte. Et si c'était pour moi, il
ne m'importerait pas beaucoup de savoir, car je pense que la plus grande
sagesse c'est de t'aimer et de te suivre et de te servir avec tout mon cœur.
Mais tu m'envoies ici et là, et les gens m'interrogent et je dois leur
répondre. Je pense que ce que je te demande à Toi, d'autres peuvent me le
demander, car les hommes ont les mêmes pensées. Tu disais hier que toujours
les innocents et les saints souffriront, et même que ce seront eux qui
souffriront pour tous. Cela est dur pour mon intelligence, et aussi que tu
dis qu'eux-mêmes le désireront. Et je pense que comme cela est dur pour moi,
cela peut l'être pour les autres. S'ils me questionnent, que dois-je répondre
? Dans ce premier voyage, une mère m'a dit : "Ce n'était pas juste que
ma fillette meure avec tant de souffrances, car elle était bonne et
innocente". Et moi, ne sachant que dire, je lui ai dit les paroles de
Job : "Le Seigneur a donné, le Seigneur a enlevé. Que soit béni le nom
du Seigneur" [3]. Mais je n'étais pas convaincu moi non plus, et je ne l'ai pas
convaincue. Je voudrais une autre fois savoir que dire..." 142> "C'est juste.
Écoute. Cela paraît une injustice et c'est une grande justice que les
meilleurs souffrent pour tous. Mais, dis-moi un peu, Simon, qu'est-ce que la
Terre, toute la Terre ?" "La Terre ? Un
espace grand, très grand, fait de poussière et d'eau, de roches, de plantes,
d'animaux et de créatures humaines." "Et puis ?"
"Et puis, c'est
tout... à moins que tu ne veuilles que je dise qu'elle est pour l'homme un
lieu de châtiment et d'exil."
143> Donner un culte intelligent.
Considère, Simon. Quel bien Dieu retire-t-Il de la création ? Quel profit
? Aucun. Mais j'ai dit que la
Terre a un double devoir de sacrifice : celui de la louange et celui de
l'expiation. En effet l'Humanité qui la couvre a péché chez les premiers
hommes et ne cesse de pécher, en ajoutant au péché de manque d'amour pour
Dieu, les mille autres de ses attachements aux voix du monde, de la chair et
de Satan. Coupable, coupable Humanité qui ayant la ressemblance avec Dieu,
ayant en propre l'intelligence et des secours divins, est pécheresse toujours,
et toujours plus. Les astres obéissent, les plantes obéissent, les éléments
obéissent, les animaux obéissent et, comme ils savent, louent le Seigneur. 144> D'ici peu — un an ou
un siècle, c'est toujours "peu" par rapport à l'éternité — on ne
célébrera plus d'autres holocaustes sur l'autel du grand Temple de la Terre que celui des hommes-victimes, consumées avec le sacrifice perpétuel
: hosties avec l'Hostie parfaite. Ne te bouleverse pas, Simon. Je ne dis pas
que j'établirai un culte semblable à celui de Moloch, de Baal et d'Astarté.
Ce sont les hommes eux-mêmes qui nous immoleront. Tu comprends ? Nous
immoleront. Et nous irons joyeusement à la mort, afin d'expier et d'aimer pour
tous. Et puis viendront les temps où les hommes n'immoleront plus les hommes.
Mais toujours il y aura des victimes pures que l'amour consumera avec la
Grande Victime dans le Sacrifice perpétuel. Je dis l'amour de
Dieu et l'amour pour Dieu. En vérité elles seront les hosties du temps et du
Temple à venir. Non pas les agneaux et les boucs, les veaux et les colombes,
mais le sacrifice du cœur est ce qui plaît à Dieu. David en a eu l'intuition.
Et dans le temps nouveau, temps de l'esprit et de l'amour, seul ce sacrifice
sera agréable. Considère, Simon, que
si un Dieu a dû s'incarner pour apaiser la Justice divine pour le grand
Péché, pour les nombreux péchés des hommes, dans le temps de la vérité seuls
les sacrifices des esprits des hommes peuvent apaiser le Seigneur. Tu penses
: "Mais pourquoi Lui, le Très-Haut, a-t-Il donné l'ordre d'immoler les
petits des animaux et les fruits des plantes" ? Moi, je te le dis :
c'est parce qu'avant ma venue, l'homme était un holocauste souillé, et parce
qu'on ne connaissait pas l'Amour. Maintenant il sera connu. Et l'homme, qui
connaîtra l'Amour parce que je rendrai la Grâce par laquelle l'homme connaît
l'Amour, sortira de la léthargie, se souviendra, comprendra, vivra,
remplacera les boucs et les agneaux, devenant hostie d'amour et d'expiation,
pour imiter son Maître et Rédempteur. La douleur, jusqu'à présent châtiment,
se changera en amour parfait, et bienheureux seront ceux qui l'embrasseront
par amour parfait." "Tu veux dire
ceux qui ne savent pas encore s'offrir... Et sais-tu quand Dieu parle en
eux ? Le langage de Dieu est un langage spirituel. L'âme le comprend et l'âme
n'a pas d'âge. Et même je te dis que l'âme enfantine, parce que sans
malice, est pour la capacité de comprendre Dieu, plus adulte que celle d'un
vieillard pécheur. Je te dis, Simon, que tu vivras assez pour voir de nombreux
petits enseigner aux adultes, et aussi à toi-même, la sagesse de l'amour
héroïque. Mais en ces petits qui meurent de mort naturelle, c'est Dieu qui
opère directement, pour les raisons d'un amour si élevé que je ne puis te
l'expliquer, en les faisant entrer dans les sagesses qui sont écrites dans
les livres de la Vie et qui ne seront lus que dans le Ciel par les
bienheureux. 145> Lus, ai-je dit, mais en vérité, il
suffira de regarder Dieu pour connaître non seulement Dieu, mais aussi son
infinie sagesse... Nous avons fait venir le coucher de la lune, Simon...
L'aube va arriver et tu n'as pas dormi..." "N'importe,
Maître. J'ai perdu quelques heures de sommeil, et j'ai acquis tant de
sagesse, et je suis resté avec Toi. Mais si tu le permets maintenant je m'en
vais, non pour dormir, mais pour revenir sur tes paroles."
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"Tu peux le dire,
Simon. C'est la vérité. La douleur n'est pas un châtiment quand on sait
l'accueillir et en user avec justice. La douleur est comme un sacerdoce,
Simon. Un sacerdoce ouvert à tous. Un sacerdoce qui donne un grand pouvoir
sur le cœur de Dieu. Et un grand mérite. Né avec le péché, il sait apaiser la
Justice. En effet Dieu sait faire servir au Bien même ce que la Haine a créé
pour donner la douleur. Moi, je n'ai pas voulu d'autre moyen pour annuler la
Faute, car il n'y a pas de moyen plus grand que celui-là." |
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[1] Pierre conduit un groupe
d'apôtre qui évangélise toute la semaine les contrées environnantes.
[2] Cf. Matthieu
18,21-22. Reprise de l'enseignement aux apôtres avant leur envoi en mission (Tome 4,
Chapitre 142)