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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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vendredi
6 août 27
- Le baiser matinal de Jésus à Marie 312 - Pierre répare les dégâts de la grêle 312 - Repas dans le jardin 314 - Arrivée des six autres disciples 314 - Discours (La formation apostolique 314 - Incompréhension du père de Jude 315 - La dure écorce de l'hébraïsme315 - Aimer les parents en Dieu) 316 - Des grappes de raisin pour le père de Jude 317 |
2.58. |
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312> Jésus sort dans le jardin qui apparaît tout lavé par l'orage de la veille, au soir. Et il voit sa Mère penchée sur des petites plantes. Il la salue, il la rejoint. Comme il est doux, leur baiser ! Jésus entoure ses épaules de son bras gauche et l'attire à Lui en la baisant sur le front, à la naissance des cheveux, et puis il s'incline pour que sa Mère lui donne un baiser sur la joue. Mais ce qui complète la suavité de cet acte est le regard qui accompagne le baiser. Le baiser de Jésus est tout amour avec pourtant quelque chose de majestueux et de protecteur. celui de Marie est toute vénération tout en étant tout amour. Dans ce baiser, il semble que Jésus soit le plus âgé et elle une fille toute jeune qui reçoit, de son père ou d'un frère beaucoup plus grand, le baiser matinal. "Tes fleurs ont-elles beaucoup souffert de la grêle d'hier soir et du vent de la nuit ?" demande Jésus. 313> "Aucun mal, Maître. Mais les feuillages sont un peu décoiffés" répond, avant Marie, la voix un peu rauque de Pierre. Jésus lève la tête et voit Simon Pierre qui, vêtu de la seule tunicelle, travaille à redresser des branches tordues en haut du figuier. "Tu es déjà au travail ?" "Eh ! nous pêcheurs, nous dormons comme les poissons : à toute heure, en tout lieu, pourvu qu'on nous laisse en repos. On en prend l'habitude. Ce matin à l'aube, j'ai entendu grincer la porte et je me suis dit : "Simon, Elle est déjà levée. Allons, vite ! Va avec tes grosses mains lui donner de l'aide". Je pensais qu'elle songeait à ses fleurs pendant cette nuit toute venteuse. Et je ne me suis pas trompé. Eh ! je les connais les femmes !... La mienne se retourne dans le lit comme un poisson dans le filet quand il y a la tempête, et elle pense à ses plantes... Pauvrette ! Quelquefois je lui dis : "Je parie que tu t'agites moins quand ton Simon bourlingue sur le lac". Mais, je suis injuste, car c'est une bonne épouse On ne dirait pas qu'elle a pour mère... Bien, tais-toi, Pierre. Il ne s'agit pas de cela. Ce n'est pas bien de murmurer et de faire imprudemment connaître ce qu'il est bon de taire. Vois-tu Maître que même dans ma tête d'âne ta parole est entrée ?" Jésus répond en riant : "Tu dis tout de toi même. Je n'ai plus qu'à approuver et à admirer ta science de jardinier." "Il a déjà rattaché tous les sarments qui s'étaient détachés" dit Marie. "Il a étagé le poirier trop chargé et passé des cordages par dessous le grenadier qui ne s'est développé que d'un côté" "Bien sûr ! Il ressemble à un vieux pharisien. Il penche où çà lui plaît. Je l'ai arrangé comme une voile et je lui ai dit : "Ne sais-tu pas que ce qui est juste, est au juste milieu ? Arrive ici, tête dure pour ne pas rompre sous le poids". Maintenant je suis après le figuier, mais par égoïsme. Je pense à l'appétit de tout le monde : figues fraîches et pain chaud ! Ah ! l'Antipas en personne n'a pas un si bon repas ! Mais il faut y aller doucement, car le figuier a de branches tendres comme le cœur d'une fillette quand elle fait son premier aveu d'amour, et moi je suis lourd et les meilleures figues sont tout en haut. Elles se sont déjà ressuyées avec ce premier rayon de soleil. Elles doivent être délicieuses. Eh ! garçon, ne t'arrête pas à me regarder. Réveille-toi ! Passe-moi ce panier." Jean, qui sort de l'atelier, obéit, grimpe lui aussi sur le gros figuier. Quand les deux pêcheurs descendent, sont sortis aussi de l'atelier Simon le Zélote, Joseph et Judas Iscariote. Je ne vois pas les autres. 314> Marie apporte du pain frais : des petites miches rondes de pain bis. Pierre, avec son coutelas, les ouvre et par dessus ouvre les figues qu'il offre à Jésus et puis à Marie et aux autres. Ils mangent de bon appétit, dans la fraîcheur du jardin resplendissant au soleil d'un matin serein, embelli par la pluie récente qui a purifié l'air. Pierre dit : "C'est vendredi... Maître, demain c'est le sabbat..." "Tu ne fais pas une découverte" observe l'Iscariote. "Non. Mais le Maître sait ce que je veux dire..." "Je le sais. Ce soir, nous irons au lac où tu as laissé la barque et nous ferons voile pour Capharnaüm. Demain j'y parlerai." Pierre est aux anges. Ils entrent en groupe : Thomas, André, Jacques, Philippe, Barthélemy et Jude Thaddée qui sûrement dorment ailleurs. On se salue. Jésus dit : "Restons ici réunis. Ainsi il y aura encore un nouveau disciple. Maman, viens." On s'assied, qui sur une roche, qui sur un tabouret, en faisant cercle autour de Jésus qui s'est assis sur le banc de pierre contre la maison. A côté de Lui, la Mère, et à ses pieds Jean qui a préféré rester par terre tout près. Jésus parle doucement et avec majesté, comme toujours.
Je comparerai encore la formation apostolique à cet orage qui a frappé et versé les plantes et on l'a jugé une violence inutile. Mais regardez quel bien il a fait. 315> Aujourd'hui, l'air est plus pur, il a abattu la poussière et a tout rafraîchi. Le soleil est le même qu'hier, mais il n'a plus cette ardeur fiévreuse parce que ses rayons nous arrivent à travers des couches d'air purifiées et fraîches. La verdure, les plantes sont soulagées comme les hommes, car la propreté, la sérénité sont choses qui apportent la joie. Même les contrastes servent à atteindre une plus exacte connaissance et une plus grande clarté. Autrement ils ne seraient que méchancetés. Et que sont les contrastes sinon des orages que provoquent de nuages de différentes espèces ? Et ces nuages ne s'accumulent-il pas insensiblement dans les cœurs, avec des mauvaises humeurs inutiles, avec de petites jalousies, avec les orgueils fumeux ? Puis vient le vent de la Grâce pour purifier leurs mauvaises humeurs et ramener la sérénité. La formation apostolique est encore semblable au travail que Pierre faisait ce matin pour faire plaisir à ma Mère : redresser rattacher, étayer, ou délier, selon les tendances et les besoins, pour faire de vous des "forts" au service de Dieu. Il faut redresser les idées fausses, maîtriser les prétentions charnelles, soutenir les faiblesses, modérer, au besoin, les penchants, se libérer des servitudes et des timidités. Vous devez être libres et forts. Comme des aigles qui, abandonnant le pic où ils sont nés, ne pensent qu'à voler toujours plus haut. Le service de Dieu, c'est le vol. Les affections sont le pic. L'un de vous, aujourd'hui est triste parce que son père voit venir la mort et parce qu'il s'en approche avec le cœur fermé à la Vérité et à son fils qui la suit. Plus encore que fermé : hostile. Encore, ne lui a-t-il pas dit l'injuste : "Va-t-en" dont je parlais hier en se proclamant lui-même supérieur à Dieu. Mais son cœur serré et ses lèvres closes ne sont pas encore capables seulement de dire "Suis la voix qui t'appelle". Je ne prétendrais pas, Moi qui vous parle, ni non plus son fils, de voir s'ouvrir ces lèvres pour dire : "Viens, et qu'avec toi vienne le Maître. Et que Dieu soit béni pour avoir choisi dans ma maison un serviteur pour Lui, en créant ainsi une parenté plus élevée que celle du sang avec le Verbe du Seigneur". Mais au moins, Moi pour son bien, et le fils, pour un motif encore plus complexe, nous voudrions entendre de lui de paroles non plus ennemies. Mais, qu'il ne pleure pas, ce fils. Qu'il sache qu'il n'y a en Moi ni rancœur ni dédain à l'égard de son père. 316> Mais seulement de la pitié. Je suis venu et j'ai attendu, tout en sachant l'inutilité de l'attente, pour qu'un jour son fils ne me dise pas : "Oh ! pourquoi n'es-tu pas venu ?" Je suis venu pour le persuader que tout est inutile quand le cœur se serre dans la rancœur. Je suis venu pour réconforter aussi la bonne personne qui souffre de cette scission dans la famille, comme d'un couteau qui sépare des faisceaux de fibres... Mais que ce fils, aussi bien que cette bonne mère soient persuadés que Moi je ne réponds pas à la rancœur par la rancœur. Je respecte l'honnêteté d'un croyant âgé, qui est fidèle malgré la déviation de sa foi, au point où en est restée sa religion jusqu'à cette heure. Il y en a tant comme lui en Israël... C'est pour cela que je vous dis : je serai mieux reçu par les païens que par les fils d'Abraham. L'humanité a corrompu l'idée du Sauveur et en a abaissé la surnaturelle royauté à la pauvre idée de souveraineté humaine. Je dois fendre la dure écorce de l'hébraïsme, pénétrer, blesser pour arriver au fond, et porter, là où est l'âme de l'hébraïsme, la fécondation de la Loi nouvelle.
317>
Aussi,
je dis au fils : ne pleure pas pour
la chair et le sang qui souffrent de se voir repoussés par la chair et le
sang qui les ont engendrés. Je dis aussi : ne pleure pas non plus
pour l'esprit. Ta souffrance travaille plus que toute autre chose au
profit de l'esprit du tien et du sien, de ce père qui est le tien et qui
ne comprend et ne voit pas. Et j'ajoute : ne te fais pas de scrupule,
d'appartenir plus à Dieu qu'à ton père.
Ne pleure pas, cousin. Ta souffrance, je te l'assure, travaille auprès de Dieu au profit de ton père, de tes frères plus que n'importe quelle parole, non seulement de toi, mais même de Moi. La parole ne rentre pas là où le préjugé fait barrière, crois-le. Mais la Grâce entre. Le sacrifice c'est l'aimant qui attire la grâce.
Jésus se tait et se lève pour aller près de son cousin qui, baissant la tête, a du mal à arrêter ses larmes. Il le caresse. "Jude... Moi j'ai quitté ma Mère pour suivre ma mission. Que cela t'enlève toute hésitation sur l'honnêteté de ta conduite. Si cela n'avait pas été un acte bon, aurai-je pu le faire à l'égard de ma Mère qui après tout, n'a que Moi seul ?" Jude passe sur son visage la main de Jésus et acquiesce d'un signe de tête. Mais il ne peut rien exprimer de plus. "Allons nous deux, tout seuls, comme quand nous étions des enfants, lorsque Alphée me regardait comme le plus sensé des garçons de Nazareth. Allons porter au vieillard ces belles grappes de raisin doré. 318> Qu'il ne croie pas que je le délaisse et que je lui suis hostile. A ta mère aussi, et à Jacques cela fera plaisir. Je lui dirai que demain je serai à Capharnaüm et que son fils est tout à lui. Tu sais, les vieux sont comme les enfants : ils sont jaloux. Ils s'imaginent toujours qu'on les néglige. Il faut les comprendre..." |
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Jésus est disparu, laissant au jardin les disciples rendus muets par la révélation d'une souffrance et d'une incompréhension entre un père et un fils, à cause de Jésus. Marie a accompagné Jésus jusqu'à la porte, et maintenant Elle rentre avec un soupir douloureux. Tout finit |