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502> Anniversaire
inoubliable ! Le Visage voilé s'est découvert. "L'Inconnu"
s'est fait connaître. Le Maître a appelé "Maria"... et Maria est devenue
Jean. Mes pleurs essuyés par ton baiser et ta promesse !... Et "née
de nouveau" spirituellement par ta volonté. Les gens ne savent pas, mais
moi je sais. Vous, Père, vous savez. Puis-je ne pas célébrer cette
date ? ...Et je la célèbre au service de Dieu, bénissant les fatigues et
les peines de ce service car ...oh ! cette heure du 1er Mars 1943, elle
est telle que même la croix n'est rien en comparaison.
Les disciples sont tout sens dessus
dessous. On dirait une ruche en rumeur tant ils sont agités. Ils parlent,
guettent dehors, regardent dans tous les sens... Jésus n'y est pas. Enfin ils décident pour ce qui les agite
et Pierre ordonne à Jean :
"Va chercher le Maître. Il est dans le bois du côté du fleuve. Dis-Lui
de venir tout de suite ou bien qu'il dise ce que l'on doit faire."
Jean s'éloigne au galop. L'Iscariote dit : "Moi, je ne comprends pas pourquoi tant
d'agitation et d'impolitesse. Je serais allé à lui et je l'aurais accueilli
avec les honneurs dus à son rang. C'est un honneur pour nous, sa visite.
Donc..."
"Je ne sais rien, moi, dit Pierre. Il
sera différent de son frère de lait ...
Mais... qui se trouve avec les hyènes en prend l'odeur et l'instinct. Par
ailleurs tu voudrais que cette femme s'éloigne... Prends garde ! Le Maître ne veut pas,
et moi je suis à sa tutelle. Si tu la touches... moi je ne suis pas le
Maître... C'est seulement pour que tu te règles."
"Oh ! qui donc est-elle ?! La belle Hérodiade, par
hasard ?"
"Ne fais pas de l'esprit !"
"C'est toi qui m'y pousse. Tu lui fais une garde royale, comme à une
reine..."
"Le Maître m'a dit : "Veille à ce qu'on ne la dérange pas et
respecte-la". C'est ce que je fais."
"Mais qui est-elle, le sais-tu ?" demande Thomas.
"Moi, non."
"Allons, dis-le... tu le sais..." insistent plusieurs.
"Je vous jure que je ne sais rien. Le Maître certainement le sait, mais
pas moi."
"Il faut le Lui faire demander par Jean. À lui il dit tout."
"Pourquoi ? dit Judas. Qu'est-ce qu'il a de spécial, Jean ?
Est-ce un dieu, ton frère ?"
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503> "Non, Judas, c'est le
meilleur d'entre nous."
"Vous pouvez vous épargner cette fatigue, dit Jacques d'Alphée.
"Hier mon frère l'a vue pendant qu'elle revenait du fleuve avec le
poisson que lui avait donné André et c'est lui qui a demandé à Jésus et Lui a répondu :
"Elle n'a pas de visage. C'est un esprit qui cherche Dieu. Pour Moi,
elle n'est rien d'autre et je veux qu'elle soit ainsi pour tous".
Et il a dit ce "je veux" sur un tel ton que je ne vous conseille
pas d'insister."
"J'irai moi la trouver" dit Judas de Kériot.
"Essaye, si tu en es capable." dit Pierre, rouge comme un coq.
"Tu fais l'espion avec Jésus ?"
"Je laisse ce métier à ceux du Temple. Nous, du lac, c'est par le
travail que nous gagnons notre pain, mais pas par la délation. Ne crains pas
que Simon de Jonas
t'espionne. Mais ne m'agace pas et ne te permets pas de désobéir au Maître,
parce que je suis là moi..."
"Et, qui es-tu ? Un pauvre homme comme moi."
"Oui, monsieur. Plus pauvre même, plus ignorant, plus rustre que toi. Je
le sais et cela ne m'afflige pas. Mais je m'inquiéterais si j'étais pareil à
toi pour le cœur. Mais le Maître m'a donné cette charge et je m'en
acquitte."
"Pareil à moi pour le cœur ? Et qu'est-ce qu'il y a dans mon cœur
pour te dégoûter ? Parle, accuse, attaque..."
"Mais, en somme ! dit le Zélote indisposé
et avec lui Barthélemy. En somme, finis là, Judas. Respecte les cheveux de
Pierre."
"Je respecte tout le monde, mais je veux savoir ce qu'il y a en
moi..."
"Tout de suite servi... Laissez-moi parler ...Il y a l'orgueil, de quoi
remplir cette cuisine, il y a la fausseté, il y a la luxure."
"Moi, faux ?"
Tout le monde s'interpose et Judas doit se taire.
Simon, calme, dit à Pierre : "Excuse-moi, ami si je te dis quelque
chose. Lui a des défauts. Mais toi aussi tu en as quelques-uns. Un de cela
est de ne pas comprendre les jeunes. Pourquoi ne tiens-tu pas compte de
l'âge, de la naissance... de tant de choses ? Regarde : tu agis par
affection pour Jésus, mais ne te rends-tu pas compte que ces discussions le
fatiguent ? À lui, je ne le dis pas (et il montre Judas) mais à toi, mûr
et si honnête, je fais cette prière. Lui a tant de peine avec ses ennemis,
Lui en donner encore nous aussi ! Tant d'hostilité l'entoure. Mais
pourquoi en créer jusque dans son nid ?"
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504> "C'est vrai, dit Jude Thaddée. Jésus
est très triste et même amaigri. La nuit je l'entends qui se tourne et se
retourne sur son lit et il soupire. Souvent la nuit je me suis levé et j'ai
vu qu'il pleurait en priant. Je Lui ai dit : "Qu'as-tu ?"
et Lui m'a embrassé et m'a dit : "Aimes-moi bien. Comme il est dur
d'être le Rédempteur" !"
"Moi aussi, je l'ai trouvé en larmes dans le bois du fleuve, dit
Philippe. Et à mon regard interrogatif il a répondu : "Sais-tu ce
qui fait le Ciel différent de la terre en dehors de celle qui résulte de la
présence visible de Dieu ? C'est le manque d'amour entre les hommes.
Cela me fait l'effet d'une corde qui m'étrangle. Je suis venu ici jeter le
grain aux petits oiseaux pour être aimé par des êtres qui s'aiment entre
eux !"
Judas Iscariote (il doit être un peu déséquilibré) se jette par terre et
pleure comme un gosse. Jésus, accompagné de Jean, entre justement à ce
moment : "Mais qu'arrive-t-il ? Et ces larmes ?..."
"C'est ma faute, Maître, dit franchement Pierre. J'ai mal agi. J'ai
blâmé Judas trop durement."
"Non... c'est moi... moi... c'est moi le coupable. Je te fais de la
peine... je ne suis pas bon... je mets du désordre, de la mésentente, de la
désobéissance, je suis... Pierre a raison. Mais aidez-moi donc à être
bon ! Car j'ai là quelque chose, là, dans le cœur, qui me fait faire ce
que je ne voudrais pas. C’est plus fort que moi... et je ne te donne que de
la souffrance, à Toi, à Toi, Maître, à qui je ne voudrais apporter que la
joie... Crois-le ! Ce n'est pas fausseté..."
"Mais, oui, Judas. Je n'en doute pas. Tu es venu à Moi avec un cœur
pleinement sincère, dans un élan réel. Mais tu es jeune... Personne, pas même
toi, tu ne te connais comme je te connais. Allons, lève-toi et viens ici.
Nous parlerons nous deux seuls. En attendant, parlons de celui pour qui vous
m'avez appelé. Quel mal y a-t-il que Mananen
soit venu aussi ? Quelqu'un ne peut-il pas, tout en étant parent d'Hérode, avoir
soif du Dieu Vrai ? Vous craignez pour Moi ? Mais non. Fiez-vous en
ma parole. Cet homme ne vient que dans une honnête intention."
"Pourquoi, alors, ne s'est-il pas fait connaître ?" demandent
les disciples.
"Parce que, justement, il vient, en tant que "âme", non pas
comme frère de lait d'Hérode. S'il s'est entouré de silence, c'est parce
qu'il pense que devant la parole de Dieu la parenté avec un roi ne compte pas...
Nous respecterons son silence."
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505> "Mais si, au contraire,
c'est lui qui l'a envoyé ?"
"Qui ? Hérode ? Non, n'ayez pas peur."
"Mais qui l'envoie, alors ? Comment te connaît-il ?"
"C'est par mon cousin Jean lui-même. Croyez-vous qu'en prison il ne m'aura pas
prêché ? Mais aussi par Chouza... par la voix de la foule... par la haine même des pharisiens...
Même les frondaisons et l'air parlent de Moi, désormais. Le caillou a été
jeté dans l'eau immobile, et le bâton a frappé le bronze. Les ondes courent
en cercles toujours plus vastes, portant aux eaux lointaines la révélation,
et le son la livre à l'espace... La terre a appris à dire :
"Jésus" et jamais plus elle ne se taira. Allez, et soyez courtois
avec lui comme avec n'importe qui. Allez. Je reste avec Judas."
Les disciples s'en vont.
Jésus regarde Judas encore larmoyant et lui demande : "Eh bien.
N'as-tu rien à me dire ? Je sais tout ce qui te concerne, mais je veux l'apprendre
de toi. Pourquoi ces pleurs ? Et surtout : pourquoi ce déséquilibre
qui fait de toi un perpétuel mécontent ?"
"Oh ! oui, Maître. Tu l'as dit. Je suis jaloux par nature. Tu le
sais certainement et je souffre de voir que... de voir tant de choses, c'est
ce qui me rend inquiet et... injuste. Et je deviens mauvais alors que je ne
le voudrais pas, non..."
"Et ne recommence pas à pleurer ! De qui es-tu jaloux ? Habitues-toi
à parler avec ta vraie âme. Tu parles beaucoup et même trop. Mais avec
quoi ? Avec l'instinct et la pensée. Tu suis un fatigant et continuel
travail pour dire ce que tu veux dire : je parle de toi, de ton être,
car pour ce que tu dois dire des autres ou aux autres rien ne te retient
ni ne t'arrête. Il en est de même pour la chair. Elle est ton cheval fou. Tu
sembles un aurige auquel le directeur des courses a donné deux chevaux fous.
L'un, c'est les sens. L'autre... veux-tu savoir quel est l'autre ?
Oui ? C'est l'erreur que tu ne veux pas dompter. Toi, aurige adroit mais
imprudent, tu te fies en ton savoir-faire et tu crois que cela suffit. Tu
veux arriver le premier ... tu ne perds pas de temps à changer au moins un
cheval. Au contraire tu les excites et les cravaches. Tu veux être
"le vainqueur". Tu veux les applaudissements... Ne sais-tu pas que
toute victoire est certaine lorsqu'on la conquiert par un travail constant
patient et prudent ? Parle avec ton âme. C'est d'elle que je veux que
vienne ton aveu. Dois-je te dire, Moi, ce que tu as au-dedans de
toi ?"
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506> "Je souffre de ce que,
même Toi, tu n'es pas juste et pas d'accord avec Toi-même, et j'en
souffre."
"Pourquoi m'accuses-tu ? En quoi ai-je manqué à tes
yeux ?"
"Quand j'ai voulu te conduire chez mes amis, tu n'as pas voulu, en
disant : "Je préfère rester avec les humbles". Puis Simon et Lazare t'ont dit que ce serait bien de te mettre sous la
protection d’un homme puissant, et tu as accepté. Tu donnes la préférence à
Pierre, à Simon, à Jean... Tu..."
"Quoi encore ?"
"Rien d'autre, Jésus."
"Des nuages !... Des bulles dans l'écume de l'eau. Tu me fais de la
peine car tu es un pauvre être qui se torture alors qu'il pourrait être
heureux. Peux-tu dire qu'il est luxueux, ce logement ? Peux-tu dire
qu'il n'y a pas eu une raison importante pour me pousser à
l'accepter ? Si Sion était moins marâtre pour ses prophètes, serais-je
ici comme un homme qui craint la justice humaine et se réfugie dans un lieu
d'asile ?"
"Non."
"Et alors ? Peux-tu dire que je ne t'ai pas donné des missions, à
toi comme aux autres ? Peux-tu dire que j'ai été dur avec toi quand tu
as eu des manquements ? Tu n'as pas été sincère... Les vignes...
Oh ! les vignes ! Quel nom avaient-elles ces vignes ? Tu n'as pas été complaisant avec qui souffrait
ou se rachetait. Tu n'as pas été non plus respectueux envers Moi. Et les
autres ont vu... Pourtant une seule voix s'est élevée pour te défendre, et
toujours. La mienne. Les autres auraient le droit d'être jaloux, car s'il y
en a un que j'ai protégé, c'est toi."
Judas pleure, humilié et ému.
"Je m'en vais. C'est l'heure où j'appartiens à tout le monde. Pour
toi, reste et réfléchis."
"Pardonne-moi, Maître. Je ne puis avoir la paix si je n'ai pas ton pardon.
Ne t'attriste pas à cause de moi. Je suis un mauvais garçon... J'aime et je
tourmente... Ainsi avec ma mère... ainsi avec Toi... Ce serait ainsi avec mon épouse si
demain j'en avais une. Il vaudrait mieux que je meure :..."
"Il vaudrait mieux que tu te repentes. Mais tu es pardonné. Adieu."
Jésus sort et approche de la porte, Pierre est dehors : "Viens,
Maître. C'est déjà tard, et il y a tant de monde. D'ici peu la nuit va tomber.
Et tu n'as même pas mangé... C'est ce garçon qui est la cause de
tout."
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507> "Ce "garçon" a
besoin de vous tous pour n'être plus la cause de ces choses. Tâche de te le
rappeler, Pierre. Si c'était ton fils, le plaindrais-tu ?…"
"Hum ! oui et non. Je le plaindrais... mais... je lui enseignerais
aussi quelque chose, même s’il était déjà un homme, comme à un méchant gamin.
Mais, si c'était mon fils, il ne serait pas comme çà…"
"Suffit."
"Oui, c'est assez, mon Seigneur.
Voilà Mannanen.
C'est celui qui a un manteau presque noir, tant il est rouge foncé. Il m'a
donné ceci pour les pauvres et m'a demandé s'il pouvait rester pour
dormir."
"Et, qu'as-tu répondu ?"
"La vérité : "Nous n'avons de lits que pour nous. Va au
pays" Jésus ne dit rien. Cependant il laisse Pierre en plan et va
trouver Jean à qui il dit quelque chose, puis il gagne sa place et commence à
parler.
"La paix soit avec vous tous et avec la
paix la lumière et la sainteté. Il est dit : “Ne prononce pas en vain
mon Nom ”.
Quand le nomme-t-on en vain et qui le fait ? C’est seulement quand on le
blasphème ? Non. Même quand on le nomme sans se rendre digne de Dieu. Un
fils peut-il dire : “J’aime mon père et je l’honore” si ensuite, à tout
ce que désire son père, il oppose des œuvres contraires ? Ce n’est pas
en disant : “père, père” qu’on l’aime réellement. Ce n’est pas en
disant: “Dieu, Dieu” que l’on aime le Seigneur.
En Israël, je l’ai expliqué avant hier, il y
a tant d’idoles dans le secret des cœurs, il y a là aussi une louange
hypocrite à Dieu, louange à laquelle ne correspondent pas les œuvres de ceux
qui Le louent. En Israël, il y a aussi une tendance : celle de trouver
tant de péchés dans les choses extérieures, et à ne pas vouloir les trouver
là où ils sont réellement, à l’intérieur. En Israël, il y a aussi un sot
orgueil, une habitude antihumaine et anti-spirituelle : celle de
considérer comme blasphème le Nom de notre Dieu sur des lèvres païennes, et
on y ajoute la défense aux Gentils de s’approcher du Vrai Dieu parce qu’on
juge que c’est là un sacrilège.
Ceci jusqu’à présent. Maintenant il n’en est plus ainsi.
Le Dieu d’Israël est le même Dieu qui a créé tous les hommes.
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508> Pourquoi empêcher ceux
qui ont été créés de sentir l’attraction de leur Créateur ? Croyez-vous
que les païens
n’éprouvent rien dans le fond de leur cœur, quelque chose d’insatisfait qui
crie, qui s’agite, qui cherche ? Qui ? Quoi ? Le Dieu inconnu.
Et croyez-vous que si un païen tend de tout lui-même vers l’autel du Dieu
inconnu, vers cet autel immatériel qu’est l’âme, où il y a toujours un
souvenir de son Créateur, l’âme qui attend d’être possédée par la gloire de
Dieu, comme le fut le Tabernacle érigé par Moïse, selon l’ordre qu’il avait
reçu , le païen qui pleure jusqu’à ce qu’il la possède,
croyez-vous que Dieu repousse son offrande comme une profanation ? Et
croyez-vous que ce soit un péché cet acte suscité par un honnête désir de
l’âme qui, éveillée par des appels célestes, dit : “Je viens” à Dieu qui
lui dit : “Viens”. Croyez-vous qu’il soit saint le culte corrompu d’un
Israël qui offre au Temple les restes de ses plaisirs et entre en présence de
Dieu, et Le nomme, le Très Pur, avec une âme et un corps où les fautes
fourmillent comme des vers ?
Non. En vérité je vous dis que la perfection
du sacrilège se
trouve en cet Israélite qui, avec son âme impure, prononce en vain le Nom de
Dieu. C’est le prononcer en vain lorsque, et vous n’êtes pas sots, lorsque, à
cause de l’état de votre âme, c’est inutilement que vous le prononcez.
Oh ! Je vois le visage indigné de Dieu qui se détourne avec dégoût d’un
autre côté quand un hypocrite L’appelle, quand quelqu’un Le nomme sans se
repentir ! Et j’en éprouve de la terreur, Moi qui pourtant ne mérite pas
ce courroux divin.
Je lis dans plus d’un cœur cette
pensée : “Mais alors, en dehors des tout petits, personne ne pourra
appeler Dieu, puisque il n’y a dans l’homme qu’impureté et péché”. Non. Ne
dites pas cela. C’est par les pécheurs que ce Nom doit être invoqué et par
tous ceux qui se sentent étranglés par Satan et qui veulent se libérer du péché et du Séducteur. Ils
veulent. Voilà ce qui change le sacrilège en rite. Vouloir guérir. Appeler le
Puissant pour être pardonné et pour être guéris. L’invoquer pour mettre en
fuite le Séducteur.
Il est dit dans la Genèse que le Serpent tenta Ève à l’heure où le Seigneur
ne passait pas dans l’Eden . Si Dieu avait été dans l’Eden, Satan n’aurait pu y être.
Si Ève avait appelé Dieu, Satan aurait été mis en fuite. Ayez toujours dans
le cœur cette pensée. Et, avec sincérité, appelez le Seigneur. Ce Nom est
salut. Beaucoup d’entre vous veulent descendre au fleuve pour se purifier.
Mais purifiez-vous le cœur sans cesse, en y écrivant par l’amour la
parole : Dieu. Pas de prières menteuses. Pas de pratiques routinières.
Mais, avec votre cœur, avec votre pensée, avec vos actes, avec tout vous
mêmes, dites ce Nom : Dieu. Dites-le pour ne pas être seuls. Dites-le pour
être soutenus. Dites-le pour être pardonnés.
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509> Comprenez le sens de la
parole du Dieu du Sinaï : “En vain” on prononce le Nom “Dieu” sans le
changement en bien. C’est péché. Ce n’est pas “en vain” lorsque les
battements de votre cœur, à chaque minute de la journée dans toutes vos
actions honnêtes, lorsque le besoin, la tentation et la souffrance vous
ramènent sur les lèvres la filiale parole d’amour, vous dites : “Viens,
mon Dieu !” Alors, en vérité, vous ne péchez pas en nommant le Nom saint
de Dieu.
Allez, la paix soit avec vous."
Il n'y a pas de malades. Jésus reste les bras croisés, adossé au mur sous le
hangar où déjà descend l'ombre. Jésus regarde ceux qui partent sur leurs ânes,
ceux qui s'empressent vers le fleuve, par le désir de se purifier, ceux qui,
à travers champs, se dirigent vers le pays.
L'homme vêtu de rouge très sombre semble incertain sur sa décision. Jésus le
tient d’œil. Finalement il s'en va vers son cheval. Il a un magnifique cheval
blanc caparaçonné de rouge au dessous de la selle couverte de cabochons.
"Homme, attends-moi." dit Jésus et il le rejoint.
"La nuit tombe. As-tu où dormir ? Tu viens de loin ? Tu es
seul ?"
L'homme répond : "De très loin... et j'irai... je ne sais... Au
pays, si je trouve... sinon... à Jéricho ... J'y ai laissé mon escorte dont je ne me fiais
pas."
"Non. Je t'offre mon lit. Il est tout prêt. As-tu de la
nourriture ?"
"Je n'ai rien. Je croyais trouver un pays plus hospitalier ..."
"Il n'y manque rien."
"Rien. Pas même la haine pour Hérode. Sais-tu qui je suis ?"
"Pour ceux qui me cherchent, il n'y a qu'un nom : frères au nom de
Dieu. Viens. Nous romprons le pain ensemble. Tu peux abriter le cheval sous
ce hangar. J'y dormirai et te le garderai..."
"Non, cela jamais. Je dormirai ici. J'accepte le pain, mais rien de
plus. Je ne mettrai pas mon corps souillé là où tu étends ton corps
saint."
"Tu me crois saint ?"
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510> "Je sais que tu es
saint. Jean, Chouza...
tes œuvres... tes paroles... La cour royale en résonne comme la coquille qui conserve
le bruit de la mer. Je descendais chez Jean... puis, je l'ai perdu. Mais il
m'avait dit : "Quelqu'un qui est plus que moi te recueillera et
t'élèvera" Ce ne pouvait-être que Toi. Je suis venu quand j'ai su où tu
étais."
Ils sont restés seuls sous le hangar. Les disciples parlent entre eux près de
la cuisine et ils guettent.
Le Zélote, qui était aujourd'hui chargé de baptiser, revient du fleuve avec
les derniers qui ont reçu le baptême. Jésus les bénit et puis il dit à
Simon : "Cet homme est un pèlerin qui cherche un abri au nom de
Dieu. Et, au nom de Dieu, nous le saluons comme ami."
Simon s'incline, et l'homme également. Ils entrent dans la pièce et Mannanen
attache le cheval à la crèche. Jean, averti par un signe de Jésus, accourt,
apportant de l'herbe et un seau d'eau. Pierre accourt aussi avec un lumignon
à huile car il fait déjà sombre.
"Je serai très bien ici. Dieu vous récompense." dit le cavalier et
puis il entre, entre Jésus et Simon, dans la cuisine éclairée par un feu de
brindilles qu'on a allumé.
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