"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta
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  3.160. - Incontro con Gamaliele sulla strada da Neftali a Giscala.

  2.160. - From Naphtali to Giscala. Meeting with Rabbi Gamaliel.


mercredi
26 janvier 28
12 Scébat

entre Nephtali et Giscala


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La Genèse vit dans la nature : regarder veut dire croire, si on sait voir

La Trinité


- La tente fastueuse de Gamaliel 82

- Dialogue de Jésus avec Gamaliel : Gamaliel invite Jésus à sa table 83

- Le vieil Israël me comprend mal 84

- Ton esprit est encombré 85

- Gamaliel accompagne Jésus à la tombe de Hillel 86

- Bien voir la nature veut dire croire 87

- L'humilité de Hillel donnée en exemple 87

 

3.20.
De Nephtali à Giscala.
Rencontre avec le Rabbi Gamaliel


82> "Maître ! Maître ! Mais tu ne sais pas qui est devant nous ? C'est le rabbi Gamaliel ! Assis avec ses serviteurs, dans une caravane, à l'ombre du bois, à l'abri du vent. Ils sont en train de cuire un agneau. Et maintenant, qu'allons-nous faire ?"

83> "Mais ce que nous voulions faire, amis. Nous suivons notre chemin..."

"Mais Gamaliel appartient au Temple."

"Gamaliel n'est pas un perfide, N'ayez pas peur. Moi, je vais de l'avant."

"Oh ! je viens moi aussi" disent ensemble les cousins et tous les galiléens et Simon. Seul l'Iscariote et, un peu moins, Thomas, paraissent peu décidés à avancer. Mais ils suivent les autres.

Quelques mètres encore, par un chemin de montagne creusé entre des parois boisées. Et puis le chemin tourne et débouche sur une sorte de plateau qu'il traverse en s'élargissant pour redevenir étroit et tortueux sous le couvert des branches entrelacées. Dans une clairière ensoleillée, mais en même temps ombragée par les premières feuilles du bois, il y a quantité de gens sous une riche tente et d'autres s'emploient dans un coin à faire tourner l'agneau au-dessus de la flamme.

Il n'y a pas à dire ! Gamaliel se soignait bien. Pour un homme en voyage, lui a mis en mouvement un régiment de serviteurs et déplacé je ne sais combien de bagages. Maintenant il est assis au milieu de sa tente : une toile tendue sur quatre piquets dorés, une sorte de baldaquin sous lequel se trouvent des sièges bas couverts de coussins et une table montée sur des chevrettes ornées de marqueteries, couverte d'une nappe très fine sur laquelle les serviteurs placent de la vaisselle précieuse. Gamaliel semble une idole. Les mains ouvertes sur les genoux, raide, hiératique, il me fait l'effet d'une statue. Autour de lui les serviteurs tournoient comme des papillons. Mais lui ne s'en occupe pas. Il réfléchit, les paupières presque abaissées sur des yeux sévères et, quand il les lève, ses yeux très foncés, profonds et pleins de pensée se découvrent, dans toute leur sévère beauté, de chaque côté d'un nez allongé et fin et sous le front un peu dégarni d'un homme âgé, haut, marqué de trois rides parallèles et où une grosse veine bleuâtre dessine un V au milieu de la tempe droite.

Le bruit des pas de ceux qui arrivent fait retourner les serviteurs. Gamaliel aussi se retourne. Il voit Jésus qui avance en tête et il a un mouvement de surprise. Il se lève et va au bord de la tente, pas plus loin. Mais de là, il s'incline profondément, les bras croisés sur la poitrine. Jésus répond de la même manière.

"Tu es ici, Rabbi ?"demande Gamaliel.

"Oui, rabbi." répond Jésus.

"Me permets-tu de te demander où tu vas ?"

"Il m'est agréable de te répondre. Je viens de Nephtali et je vais à 84> Giscala."

"A pied ? Mais la route est longue et difficile à travers ces montagnes. Tu te fatigues trop."

"Crois-moi. Si on me reçoit et si l'on m'écoute, cela m'enlève toute fatigue."

"Alors... permets-moi, pour une fois, d'être celui qui t'enlève la fatigue. L'agneau est prêt. Nous aurions laissé les restes aux oiseaux car je n'ai pas l'habitude d'emporter les restes. Tu vois que cela ne me dérange pas de t'inviter et, avec Toi, tes disciples. Je suis pour Toi un ami, Jésus. Je ne te crois pas inférieur à moi, mais plus grand."

"Je le crois et j'accepte." Gamaliel parle à un serviteur qui doit faire office de chef. Ce dernier communique les ordres, on prolonge la tente et l'on décharge des nombreux mulets d'autres sièges pour les disciples de Jésus, et de la vaisselle.

On apporte les coupes pour se purifier les doigts. Jésus, avec la plus grande dignité, accomplit ce rite pendant que les autres apôtres, que Gamaliel lorgne avec beaucoup d'attention, le font le moins mal possible, à l'exception de Simon, Judas de Keriot, Barthélemy, Matthieu rompus aux finesses de la Judée.

Jésus est à côté de Gamaliel qui est seul sur un côté de la table. En face de Jésus, le Zélote. Après la prière d'offrande que Gamaliel dit avec une lenteur solennelle, les serviteurs découpent l'agneau et le partagent entre les hôtes et ils emplissent les coupes de vin, ou d'hydromel pour ceux qui le préfèrent.

"Le hasard nous a réunis, Rabbi. Je ne croyais vraiment pas te trouver en marche pour Giscala"

"Je vais vers tout le monde."

"Oui, tu es le Prophète infatigable. Jean est stable. Tu es un itinérant."

"Il est plus facile, ainsi, aux âmes de me trouver."

"Je ne dirais pas cela. Avec ces déplacements, tu les désorientes."

"Je désoriente les ennemis, mais ceux qui me veulent, parce qu'ils aiment la Parole de Dieu, me trouvent. Non pas tous peuvent venir au Maître et le Maître, qui les veut tous, va vers eux. Je rends ainsi service à ceux qui sont bons et je dépiste les manœuvres de ceux qui me haïssent."

"Le dis-tu pour moi ? Moi, je ne te hais pas."

"Non, ce n'est pas pour toi. Mais, puisque tu es juste et sincère, tu peux dire que ce que je dis est vrai"

"Oui. C'est vrai. Mais... vois-tu... C'est que nous les anciens, nous 85> te comprenons mal."

"Oui, le vieil Israël me comprend mal, pour son malheur. ..et par sa volonté."

"Oh ! cela non !"

"Oui, rabbi. Il n'applique pas sa volonté à comprendre le Maître. Et qui se borne à cela fait mal, mais un mal relatif. Beaucoup, au contraire, appliquent leur volonté à comprendre de travers et à déformer ma parole pour nuire à Dieu."

"A Dieu ? Lui est au-dessus des embûches des hommes."

"Oui, mais toute âme qui s'égare ou qu'on égare - et c'est s'égarer que de déformer ma parole pour soi-même ou pour les autres - nuit à Dieu dans l'âme qui se perd. Toute âme qui se perd est une blessure faite à Dieu."

Gamaliel baisse la tête et réfléchit, les yeux fermés. Puis il se frotte le front, de ses doigts longs et maigres, en un mouvement involontaire de peine. Jésus l'examine attentivement. Gamaliel lève la tête, ouvre les yeux, regarde Jésus et dit : "Cependant tu sais que moi, je ne suis pas de ces gens."

"Je le sais. Mais tu appartiens aux premiers."

"Oh ! c'est vrai ! Mais ce n'est pas que je ne m'applique pas à te comprendre. C'est que ta parole s'arrête à mon intelligence mais ne va pas plus loin. L'intelligence l'admire en tant que parole d'un savant et l'esprit..."

"Et l'esprit ne peut la recevoir, Gamaliel, parce qu'il est encombré de trop de choses. Et ces choses sont des ruines. Il y a peu de temps, en venant de Nephtali à cette direction, je suis passé par une montagne isolée de la chaîne. J'ai eu plaisir à y passer pour voir la beauté du lac de Génésareth et du lac de Méron, vus d'en haut comme les voient les aigles et les anges du Seigneur, pour dire encore une fois : "Merci, Créateur de la beauté que Tu nous donnes". Toute la montagne n'était que fleurs, touffes nouvelles, frondaisons printanières dans les prés, les vergers, les champs, les bois. Les lauriers répandaient leur parfum près des oliviers qui préparaient déjà la neige des milliers de fleurs, et même les robustes rouvres se faisaient plus attrayants en se revêtant de clématites et de chèvrefeuilles. Voilà que là il n 'y a pas de floraisons, terre désertique que le travail de l'homme et de la nature était impuissant à fertiliser. Tout travail humain n'y aboutit à rien, ni celui du vent qui transporte les semences car les ruines cyclopéennes de l'antique Hatzor[1] encombrent tout, et à travers ces champs de pierres ne peuvent croître que les orties et les ronces et ne se nichent 86> que les serpents. Gamaliel..."

"Je te comprends. Nous aussi nous sommes des ruines... Je comprends la parabole, Jésus. Mais... je ne peux... Je ne peux agir d'une autre façon. Les pierres sont trop profondément enterrées."

"Quelqu'un, en qui tu crois, t'a dit : "Les pierres frémiront à mes dernières paroles". Mais pourquoi attendre les dernières paroles du Messie ? N'auras-tu pas de remords de n'avoir pas voulu me suivre auparavant ? Les dernières !... Tristes paroles aussi, que celles d'un ami qui meurt et que nous sommes allés écouter trop tard. Mais les miennes sont plus que les paroles d'un ami."

"Tu as raison... Mais je ne peux pas. J'attends ce signe pour croire."

"Quand un terrain est désolé, un coup de foudre ne suffit pas pour le défricher. Ce n'est pas le terrain qui le reçoit, mais les pierres qui le couvrent. Travaille au moins à les remuer, Gamaliel. Autrement, si elles sont ainsi enfouies dans ton âme, le signe ne t'amènera pas à la croyance."

Gamaliel se tait, absorbé. Le repas est fini. Jésus se lève et dit : "Je te rends grâce, mon Dieu, du repas et d'avoir pu parler au sage. Et merci à toi, Gamaliel."

"Maître, ne pars pas comme cela. Je crains que tu ne sois fâché avec moi."

"Oh ! non ! Tu dois me croire."

"Alors, ne pars pas. Je vais à la tombe de Hillel. Dédaignerais-tu de venir avec moi ? Nous aurons vite fait, car j'ai des mulets et des ânes pour tout le monde. Nous n'aurons qu'à les débarrasser des bâts que porteront les serviteurs. Et ce sera pour Toi un raccourci dans la partie la plus difficile de ton chemin."

"Je ne dédaigne pas de t'accompagner sur la tombe de Hillel. C'est pour Moi un honneur. Allons-y donc."

Gamaliel donne des ordres, et pendant que tous travaillent à démonter la salle à manger provisoire, Jésus et le rabbi montent sur une mule et, l'un à côté de l'autre, ils avancent sur la route montante et silencieuse sur laquelle résonnent bruyamment les sabots ferrés.

Gamaliel garde le silence. Il demande seulement deux fois à Jésus si la selle est commode. Jésus répond et puis se tait, absorbé dans ses pensées. Tellement qu'il ne voit pas que Gamaliel, en retenant un peu sa mule le laisse passer devant d'une encolure pour étudier tous ses mouvements. Les yeux du vieux rabbi paraissent des yeux de faucon guettant sa proie, tant ils sont attentifs et fixes.

87> Mais Jésus ne s'en aperçoit pas. Il avance calmement en s'adaptant au pas ondulant de sa monture. Il réfléchit et pourtant examine chaque aspect de tout ce qui l'entoure. Il allonge la main pour cueillir une touffe de cytise d'or qui retombe, il sourit à deux oiseaux qui font leur nid dans un genévrier touffu, arrête la mule pour écouter une fauvette à tête noire et acquiesce, comme s'il bénissait, au cri angoissé par lequel une tourterelle sauvage encourage son compagnon au travail.

"Tu aimes beaucoup les plantes et les animaux, n'est-ce pas?"

"Beaucoup. C'est mon livre vivant. L'homme a toujours devant lui les fondements de la foi. La Genèse vit dans la nature. Maintenant, qui sait regarder, sait aussi croire. Cette fleur, si douce en son parfum et dans la matière de ses corolles pendantes, contrastant ainsi avec ce genévrier épineux et cet ajonc piquant, a-t-elle pu se faire toute seule ? Et regarde : ce rouge-gorge a-t-il pu ainsi se faire tout seul avec cette pincée de sang séché sur sa douce gorge ? Et ces deux tourterelles, où et comment ont-elles pu se peindre ce collier d'onyx sur le voile de leurs plumes grises ? Et là, ces deux papillons : l'un noir aux grands yeux d'or et de rubis, et l'autre blanc avec des rayures azurées, où ont-ils trouvé les gemmes et les rubans pour leurs ailes ? Et ce ruisseau ? C'est de l'eau. C'est bien. Mais d'où est-elle venue ? Quelle est la source première de l'eau-élément ? Oh ! regarder veut dire croire, si on sait voir."

"Regarder veut dire croire. Nous regardons trop peu la Genèse vivante qui est devant nous."

"Trop de science, Gamaliel, et trop peu d'amour et trop peu d'humilité."

Gamaliel soupire et secoue la tête.

"Voilà. Je suis arrivé, Jésus. Là est enterré Hillel. Descendons en laissant là nos montures. Un serviteur les prendra."

Ils descendent, attachent à un tronc d'arbre les deux mules et se dirigent vers un tombeau qui se détache de la montagne, près d'une vaste demeure complètement close. "Je viens ici pour méditer, pour préparer les fêtes d'Israël." dit Gamaliel en montrant la maison.

"Que la Sagesse te donne toutes ses lumières."

"Et ici pour me préparer à la mort"» et Gamaliel montre le tombeau. "C'était un juste."

"C'était un juste. Je prie volontiers près de ses cendres. Mais, Gamaliel, Hillel ne doit pas seulement t'apprendre à mourir : Il doit t'apprendre à vivre."

88> "Comment, Maître?"

""L'homme est grand quand il s'humilie". C'était la pensée qu'il préférait..."

"Comment le sais-tu si tu ne l'as pas connu ?"

"Je l'ai connu... et du reste, si je n'avais pas connu le rabbi Hillel en personne, sa pensée, je l'ai connue car je n'ignore rien de la pensée des hommes."

Gamaliel baisse la tête et murmure : "Seul Dieu peut dire cela."

"Dieu et son Verbe. Parce que le Verbe connaît la Pensée, et la Pensée connaît le Verbe et l'aime en se communiquant à Lui avec ses trésors pour le faire participer à Lui-même. L'Amour resserre les liens et en fait une seule Perfection. C'est la Triade qui s'aime et qui divinement se forme, s'engendre, procède et se complète. Toute pensée sainte est née dans l'Esprit parfait et en est un reflet dans l'esprit du juste. Alors le Verbe peut-il ignorer les pensées des justes que sont les pensées de la Pensée ?"

Ils prient près du tombeau fermé. Longuement. Les disciples et puis les serviteurs les rejoignent, les premiers sur leurs montures, les seconds sous le poids des bagages. Mais ils s'arrêtent à la limite du pré, au-delà duquel est le tombeau. La prière se termine.

"Adieu, Gamaliel. Élève-toi comme Hillel."

"Que veux-tu dire?"

"Élève-toi. Lui est avant toi parce qu'il a su croire plus humblement que toi. Paix à toi."


[1] (Hatsor) Ville fortifiée de Nephtali. Lors de sa conquête par Israël, c'était la cité royale de Yabîn. Ce dernier mit sur pied une coalition contre Josué. Josué le tua et mit le feu à Hatsor (Josué 11). Plus tard, elle menaça Israël à l'époque de Débora, sous le général Siséra (Juges 4), dont l'armée, pourtant équipée de 900 chars, fut écrasée par celle de Baraq. Salomon la fortifia deux siècles plus tard; Tiglath-Piléser III d'Assyrie la détruisit en 732 av. J.C. (2 Rois 15:29). Le site important de Tell-el-Qedah, à 8 km au sud-ouest du lac Houlé en Galilée, a dû rassembler jusqu'à 40.000 personnes. (source Bible OnLine)