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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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jeudi 30 mars 28 (14 Nisan)
- Jésus désire être seul avec ses apôtres 369 - Je vais vous apprendre à prier 370 - Simon de Jonas se transforme en Pierre de
Jésus 371 - Judas est devenu moins bon 371 - Il est jaloux de Jésus 372 - Discours (La prière parfaite 373 - Sentez-vous des fils 373 - Le Nom saint et suave 374 - Le règne de Dieu sur terre 374 - Obéissance parfaite 375 - Parabole de l'ami qui se laisse fléchir 375 - Nécessité du pardon 376 - La suffisance de Judas 376 - L'humilité de se connaître) 377 - Le couronnement de la seconde Pâque 377 - Retour à Gethsémani 377
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369> Jésus sort avec les siens d’une maison qui est près des murs.
Je crois que c’est toujours dans le quartier de Bézéta
car, pour sortir des murs, on doit encore passer devant la maison de Joseph [1] qui est près de la Porte que j’ai entendu nommer la
Porte d’Hérode. La ville est à moitié déserte dans la soirée tranquille au
clair de lune. Je me rends compte qu’on a consommé la Pâque dans une des
maisons de Lazare. Ce n’est
pas la maison du Cénacle. Celle-ci est à l’opposé. L’une est au nord, l’autre
au sud de Jérusalem. Sur le seuil de la maison, Jésus, avec sa
grâce gentille, fait ses adieux à Jean d’Endor
qu’il laisse à la garde des femmes et qu’il remercie pour cette garde. Il
baise Margziam qui est venu lui
aussi sur le seuil et puis s’éloigne par la porte dite d’Hérode. 370> "Où
allons-nous, Seigneur ?" "Venez avec Moi. Je vous emmène
couronner la Pâque avec une perle rare et désirée. C’est pour cela que j’ai
voulu être avec vous seuls. Mes apôtres ! Merci, mes amis, de votre
grand amour pour Moi. Si vous pouviez voir comme il me console, vous en
resteriez étonnés. Voyez : je marche à travers des obstacles et des
déceptions continuels. Déceptions pour vous. Pour Moi, soyez-en persuadés, je
n’ai pas de déceptions, car il ne m’a pas été accordé le don d’ignorer...
Même pour cela, je vous conseille de vous laisser conduire par Moi. Si je
permets ceci ou cela, n’y apportez pas d’obstacles. Si je n’interviens pas
pour mettre fin à quelque chose, ne songez pas à le faire, vous. Chaque chose
en son temps. Ayez confiance en Moi, par-dessus tout." Ils sont à l’angle nord-est de l’enceinte des
murs. Ils tournent et côtoient le mont Moriah
jusqu’à l’endroit où ils peuvent franchir le Cédron par un petit pont. "Nous allons à Gethsémani ?"
demande Jacques
d’Alphée. "Non, plus haut. Sur le mont des
Oliviers." "Oh ! ce sera beau !" dit
Jean. "Cela aurait fait plaisir au petit
aussi" murmure Pierre. "Oh ! Il y viendra bien d’autres
fois ! Il était fatigué. Et c’est un enfant. Je veux vous donner une grande
chose, parce que désormais il est juste que vous l’ayez." Ils montent à travers les oliviers, laissant
Gethsémani sur leur droite et s’élèvent encore sur le mont jusqu’à atteindre
la crête où bruissent les oliviers. Jésus s’arrête et
dit : "Faisons une pause... Mes chers, si chers disciples et mes
continuateurs dans l’avenir, venez près de Moi. Un jour, et pas seulement un
jour, vous m’avez dit : "Apprends-nous à prier comme tu pries.
Apprends-nous comme Jean l’a fait pour les siens afin que nous, disciples,
nous puissions prier avec les paroles mêmes du Maître". Et je vous ai
toujours répondu : "Je le ferai quand je verrai en vous un minimum
de préparation suffisant pour que la prière ne soit pas une vaine formule de
paroles humaines, mais une vraie conversation avec le Père". Nous y
sommes. Vous êtes en possession de ce qui suffit pour pouvoir connaître les
paroles qu’il convient de dire à Dieu. Et je veux vous les enseigner ce soir,
dans la paix et l’amour qui existent entre nous, dans la paix et dans l’amour
de Dieu et avec Dieu. 371> Nous avons, en
effet, obéi au précepte pascal en véritables israélites, et au commandement
divin de la charité envers Dieu et envers le prochain. L'un d'entre vous a
beaucoup souffert, ces jours-ci. Souffert pour un acte immérité, et souffert
par l'effort qu'il a fait sur lui-même pour contenir l'indignation que cet
acte avait provoqué. Oui, Simon de Jonas, viens ici. Il n'y a pas eu un
frémissement de ton cœur honnête qui m'ait été inconnu, et il n'y a pas eu
une peine que Moi je n'ai partagée avec toi. Tes compagnons et Moi..." "Mais Toi, Seigneur, tu as été bien plus
offensé que moi ! Et c'était pour moi une souffrance plus... plus
grande, non, plus sensible... et pas pourtant... plus... plus. Voilà :
que Judas ait été dégoûté de participer à ma fête j'en ai
souffert comme homme. Mais de voir que tu étais affligé et offensé, cela m'a
fait mal d'une autre façon et j'en ai souffert le double... Moi... je ne veux
pas me vanter et me faire valoir en me servant de tes paroles... Mais je dois
dire, et si c'est de l'orgueil dis-le-moi, que j'ai souffert en mon âme... et
cela fait plus mal." "Ce n'est pas de
l'orgueil, Simon. Tu as souffert spirituellement car Simon de
Jonas, pêcheur de Galilée, est en train
de se transformer en Pierre de Jésus Maître de l'esprit, grâce auquel aussi
ses disciples deviennent spirituellement actifs et sages. Et c'est pour te
faire progresser dans la vie de l'esprit, pour vous faire progresser que je
veux ce soir vous apprendre à prier. Combien vous êtes changés, depuis la
retraite solitaire !" "Tous,
Seigneur ?" demande Barthélemy un peu
incrédule. "Je comprends ce
que tu veux dire... mais je parle à vous les onze, pas à d'autres..." "Mais qu'a-t-il
Judas de Simon, Maître ? Nous ne le comprenons plus. ..il paraissait
tellement changé, et maintenant, depuis que nous avons quitté le lac..."
dit André désolé. "Tais-toi,
frère. La clef du mystère, c'est moi qui l'ai ! Il s'est attaché un brin
à Belzébuth. Il est allé le chercher dans la caverne d'Endor pour étonner les gens et... et il a été servi ! Le
Maître le lui a dit ce jour-là.:. À Gamala les diables sont entrés dans les porcs. A Endor les
diables, sortis de ce malheureux de Jean, sont entrés en lui... On comprend
que... on comprend... Laisse-moi le dire, Maître ! Je l'ai ici, dans la
gorge et, si je ne le dis pas, cela y reste et m'empoisonne..." "Simon, sois
bon !" "Oui, Maître...
et je t'assure que je ne lui ferai pas d'impolitesses. Mais je dis et je
pense que Judas étant vicieux - nous l'avons tous compris - il est un peu
parent du porc... 372> et on comprend que
les démons choisissent volontiers les porcs pour leur... changement de
domicile. Voilà, c'est dit." "Tu dis que
c'est ainsi ?" demande Jacques de Zébédée. "Et que veux-tu
qu'il y ait d'autre ? Il n'y a pas eu de raison pour qu'il devienne
aussi intraitable. C'est pire qu'à "La Belle Eau" ! Et
là, on pouvait penser que c'était l'endroit et la saison qui l'énervaient.
Mais maintenant..." "Il y a une
autre raison, Simon..." "Dis-le, Maître.
Je suis content de changer d'avis sur mon compagnon." "Judas est jaloux
et agité à cause de sa jalousie." "Jaloux ?
De qui ? Il n'a pas de femme et même s'il en avait une et était avec les
femmes, je crois que personne de nous ne montrerait de mépris pour lui, notre
condisciple..." "Il est jaloux
de Moi. Réfléchis : Judas a changé après Endor et après Esdrelon. C'est-à-dire quand il a vu que je m'occupais de
Jean et de Jabé. Mais maintenant que Jean, que Jean surtout,
s'éloignera en passant de Moi à Isaac, tu verras qu'il redeviendra allègre et bon." "Eh...
bien ! Tu ne me diras pas qu'il n'est pas possédé par un petit démon. Et
surtout... Non, je le dis ! Et surtout tu ne me diras pas qu'il est
devenu meilleur ces derniers mois. J'étais jaloux, moi aussi l'an dernier...
Je n'aurais pas voulu quelqu'un en plus de nous six, les six premiers, tu
t'en souviens ? Maintenant, maintenant... laisse-moi, pour une fois,
prendre Dieu à témoin de ma pensée. Maintenant je dis que je suis heureux de
voir augmenter le nombre des disciples autour de Toi. Oh ! je voudrais
avoir tous les hommes et les amener à Toi et tous les moyens pour pouvoir
subvenir à ceux qui sont dans le besoin afin que la misère ne soit pour
personne un obstacle pour arriver jusqu'à Toi. Dieu voit si je dis vrai. Mais
pourquoi suis-je ainsi maintenant ? Parce que je me suis laissé changer
par Toi. Lui... n'a pas changé. Au contraire... Voilà, Maître... C'est un
petit démon qui l'a pris..." "Ne le dis pas.
Ne le pense pas. Prie pour qu'il guérisse. La jalousie est une
maladie..." "Qu'à tes côtés,
on guérit si on le veut. Ah ! Je le supporterai, à cause de Toi... Mais
quel travail !..." "Je t'ai pour
cela donné la récompense : l'enfant. Et maintenant je t'apprends à
prier..." "oh ! oui,
frère" dit Jude
Thaddée. "Parlons de cela... et
que l'on ne se souvienne de mon homonyme qu'à cause du besoin qu'il en a. 373> Mais il me semble
qu'il a déjà son châtiment. Il n'est pas avec nous à cette heure !"
Jésus s’est levé pour dire la prière et tous
l’ont imité, attentifs, émus. "Il ne faut pas autre chose, mes amis.
Dans ces mots est renfermé comme en un cercle d’or tout ce qu’il faut à
l’homme pour l’esprit, pour la chair et le sang. Avec cela demandez ce qui
est utile à celui-là ou à ceux-ci. Et si vous faites ce que vous demandez,
vous acquerrez la vie éternelle. C’est une prière si parfaite que les vagues
des hérésies et le cours des siècles ne l’entameront pas. Le christianisme
sera morcelé par la morsure de Satan et beaucoup de parties de ma chair
mystique seront détachées, séparées, formant des cellules dans le vain désir
de se créer un corps parfait comme le sera le Corps mystique du Christ,
c’est-à-dire formé de tous les fidèles unis dans l’Église apostolique qui
sera, tant que la terre existera, l’unique véritable Église. Mais ces petits
groupes séparés, privés par conséquent des dons que je laisserai à l’Église
Mère pour nourrir mes enfants, garderont toujours le titre d’églises chrétiennes
à cause de leur culte pour le Christ et, au sein de leur erreur, elles se
souviendront toujours qu’elles sont venues du Christ. Eh bien, elles aussi
prieront avec cette prière universelle. Rappelez-vous-en. Méditez-la
continuellement. Appliquez-la à votre action. Il ne faut pas autre chose pour
se sanctifier. Si quelqu’un était seul, dans un milieu païen, sans églises,
sans livres, il aurait déjà tout ce que l’on peut savoir en méditant cette
prière et dans son cœur une église ouverte pour la dire. Il aurait une règle
de vie et une sanctification assurée. Je l’appelle "Père". C’est le Père
du Verbe, c’est le Père de Celui qui s’est incarné. C’est ainsi que je veux
que vous, vous l’appeliez parce que vous êtes un avec Moi, si vous demeurez
en Moi. Mais maintenant !... Relevez-vous !
Approchez-vous ! Je suis le Prêtre Éternel. Je puis vous prendre par la
main et vous dire : "Venez". Je puis saisir les rideaux du
vélarium et les ouvrir, ouvrant tout grand l’inaccessible lieu fermé jusqu’à maintenant. Fermé ? Pourquoi ? Fermé à cause
de la Faute, oui, mais encore plus étroitement fermé par la pensée avilie des
hommes. Pourquoi fermé si Dieu est Amour, si Dieu est Père ? Je peux, je
dois, je veux vous conduire non pas dans la poussière mais dans l’azur; non
pas au loin, mais tout près; non pas comme esclaves, mais comme fils sur le
cœur de Dieu. "Père ! Père !" dites cette parole et ne
vous lassez pas de la dire. Ne savez-vous pas que chaque fois que vous la
dites, le Ciel rayonne de la joie de Dieu ? Ne diriez-vous que ce mot,
avec un amour véritable, vous feriez déjà une prière agréable au Seigneur.
"Père ! Mon père !" disent les petits à leur père. C’est
la parole qu’ils disent la première : "Mère, père". Vous êtes
les petits enfants de Dieu. Je vous ai engendrés du vieil homme que vous
étiez. Ce vieil homme, je l’ai détruit par mon amour, pour faire naître
l’homme nouveau, le chrétien. Appelez donc du nom que les petits connaissent
le premier le Père Très Saint qui est aux Cieux. Oh ! Nom, plus que tout autre, saint et
suave, Nom que la terreur du coupable vous a appris à voiler sous un autre nom.
Non, plus Adonaï, plus. C’est Dieu. C’est le Dieu qui dans un excès d’amour a
créé l’humanité. Que l’Humanité de l’avenir, avec les lèvres purifiées par le
bain que je prépare, l’appelle de son Nom, se réservant de comprendre avec la
plénitude de la sagesse le sens de cet Incompréhensible lorsque, fondue avec
Lui, l’Humanité avec les meilleurs de ses enfants, sera élevée jusqu’au
Royaume que je suis venu fonder.
Désirez de toutes vos forces cet avènement.
Ce serait la joie sur la terre, s’il venait. Le Règne de Dieu dans les cœurs, dans les
familles, entre les citoyens, entre les nations. Souffrez, prenez de la
peine, sacrifiez-vous pour ce Règne. Que la terre soit un miroir qui reflète
en chacun la vie des Cieux. Il viendra. Un jour tout cela viendra. 375> Des siècles et des siècles de larmes et de sang, d’erreurs, de
persécutions, de brouillard traversé d’éclairs de lumière qu’irradiera le
Phare mystique de mon Église - si elle est une barque qui ne sombrera pas,
elle est aussi un rocher qui résistera aux vagues et elle tiendra bien haut
la Lumière, ma Lumière, la Lumière de Dieu - tout cela précédera le moment où
la terre possèdera le Royaume de Dieu. Ce sera alors comme le flamboiement
d’un astre qui, après avoir atteint la perfection de son existence, se
désagrège, fleur démesurée des jardins éthérés pour exhaler dans une
rutilante palpitation son existence et son amour aux pieds de son Créateur.
Mais cela viendra. Et ensuite, ce sera le Royaume parfait, bienheureux,
éternel du Ciel.
L’anéantissement de la volonté propre au
profit de celle d’un autre ne peut se produire que lorsqu’on a atteint le
parfait amour pour cette créature. L’anéantissement de la volonté propre au
profit de celle de Dieu ne peut se produire que quand on a atteint la
perfection des vertus théologales à un degré héroïque. Au Ciel, où tout est
sans défauts, s’accomplit la volonté de Dieu. Sachez, vous, fils du Ciel,
faire ce que l’on fait au Ciel.
Quand vous serez au Ciel, vous ne vous
nourrirez que de Dieu. La béatitude sera votre nourriture. Mais, ici-bas,
vous avez encore besoin de pain. Et vous êtes les petits enfants de Dieu. Il
est donc juste de dire: "Père, donne-nous le pain". Avez-vous peur
qu’Il ne vous écoute pas ? Oh ! non ! Réfléchissez: supposez
que l’un de vous ait un ami et qu’il s’aperçoive qu’il manque de pain pour rassasier
un autre ami ou un parent arrivé chez lui à la fin de la seconde veille. Il
va trouver l’ami son voisin et lui dit: "Ami, prête-moi trois pains, car
il m’est arrivé un hôte et je n’ai rien à lui donner à manger". Peut-il
s’entendre répondre de l’intérieur de la maison: "Ne m’ennuie pas car
j’ai déjà fermé la porte et bloqué les battants, et mes enfants dorment déjà
à mes côtés. Je ne peux me lever et te donner ce que tu veux" ?
Non. S’il s’est adressé à un véritable ami et qu’il insiste, il aura ce
qu’il demande. Il l’aurait même s’il s’était adressé à un ami pas très bon.
Il l’aurait à cause de son insistance car celui auquel il demande ce service,
pour n’être plus importuné, se hâterait de lui en donner autant qu’il en
veut. Mais vous, quand vous priez le Père, vous ne
vous adressez pas à un ami de la terre, mais vous vous tournez vers l’Ami
Parfait qui est le Père du Ciel. Aussi, je vous dis: "Demandez et l’on
vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira".
376> En effet, à qui demande on donne, qui
cherche finit par trouver, à qui frappe on ouvre la porte. Qui, parmi les
enfants des hommes, se voit présenter une pierre, s’il demande du pain à son
propre père? Qui se voit donner un serpent à la place d’un poisson grillé? Il
serait un criminel le père qui agirait ainsi à l’égard de ses enfants. Je
l’ai déjà dit et je le répète pour vous encourager à des sentiments de bonté
et de confiance. De même donc que quelqu’un dont l’esprit est sain ne
donnerait pas un scorpion à la place d’un oeuf,
avec quelle plus grande bonté Dieu ne vous donnera-t-Il pas ce que vous
demandez ! Puisque Il est bon, alors que vous, plus ou moins, vous êtes
mauvais. Demandez donc avec un amour humble et filial votre pain au Père.
Il y a les dettes matérielles et les dettes
spirituelles. Il y a encore les dettes morales. C’est une dette matérielle,
l’argent ou la marchandise qu’on vous a prêtés et qu’on doit rendre. C’est
une dette morale, l’estime que l’on exige sans réciprocité, et l’amour que
l’on veut mais que l’on ne donne pas. C’est une dette spirituelle,
l’obéissance à Dieu, de qui on exigerait beaucoup, quitte à Lui donner bien
peu, et l’amour qu’on doit avoir pour Lui. Mais Il nous aime et doit être
aimé comme on aime une mère, une épouse, un fils de qui on exige tant de
choses. L’égoïste veut avoir et ne donne pas. Mais l’égoïste est aux
antipodes du Ciel. Nous avons des dettes envers tout le monde. De Dieu au
parent, de celui-ci à l’ami, de l’ami au prochain, du prochain au serviteur
et à l’esclave, car tous sont des êtres comme nous. Malheur à qui ne pardonne
pas ! Il ne sera pas pardonné. Dieu ne peut pas, par justice, remettre
ce que l’homme Lui doit à Lui Très Saint si l’homme ne pardonne pas à son
semblable.
L’homme qui n’a pas éprouvé le besoin de
partager avec nous le souper de la Pâque m’a demandé, il y a moins d’un
an : "Comment ? Tu as demandé de ne pas être tenté et d’être
aidé dans la tentation contre elle-même ?" Nous étions nous deux,
seuls... et j’ai répondu [2]. Une autre fois, nous étions quatre dans un
endroit isolé, et j’ai répondu de nouveau. Mais il n’était pas encore
satisfait, car dans un esprit compliqué, il faut d’abord ouvrir une brèche en
démolissant la forteresse perverse de sa suffisance. Et, pour cette raison,
je le dirai encore une fois, dix, cent fois jusqu’à ce que tout soit
accompli. 377> Mais vous qui n’êtes
pas cuirassés par des doctrines malheureuses et des passions plus malheureuses
encore, veuillez prier ainsi. Priez avec humilité pour que Dieu empêche les
tentations. Oh ! l’humilité ! Se connaître pour ce que l’on
est ! Sans s’avilir, mais se connaître. Dire : "Je pourrais
céder même s’il me semble que je ne le puisse pas car je suis, pour moi-même,
un juge imparfait. Par conséquent, mon Père, délivre-moi, si possible, des
tentations en me tenant tellement proche de Toi afin de ne pas permettre au
Malin de me nuire". Car, souvenez-vous-en, ce n’est pas Dieu qui porte
au Mal, mais c’est le Mal qui tente. Priez le Père pour qu’Il soutienne votre
faiblesse au point qu’elle ne puisse être induite en tentation par le Malin. J’ai dit, mes bien-aimés. C’est ma seconde
Pâque au milieu de vous. L’an dernier nous avons seulement ensemble rompu le
pain et partagé l’agneau. Cette année, je vous donne la prière. J’aurai
d’autres dons pour mes autres Pâques parmi vous afin que, quand je serais
allé là où me veut le Père, vous ayez un souvenir de Moi, l’Agneau, dans
toute fête de l’agneau mosaïque. Levez-vous et partons. Nous rentrerons en
ville à l’aurore. Ou plutôt : demain, toi Simon, et toi mon frère (il
indique Jude), vous irez prendre les femmes et l’enfant. Toi, Simon de Jonas,
et vous autres, resterez avec Moi jusqu’à ce qu’ils reviennent. Ensuite nous
irons ensemble à Béthanie." |
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Ils descendent jusqu’à Gethsémani où ils rentrent à la maison
pour se reposer. |
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