"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Qui sommes-nous

  10.629 - Apparizione agli apostoli con Tommaso. Discorso sul sacerdozio e sui future sacerdoti

  5.625 - Jesus Appears to the Apostles with Thomas. Speech on Priesthood

Concordance avec l'Évangile : Jean 20,26-29


dimanche 14 avril 30
23 Nisan
Jérusalem, au Cénacle


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- [Commentaire de Jésus: Un don spirituel et culturel] 80

- Les apôtres autour de la table 80

- Jean voit une clarté qui se concrétise 81

- Les autres se tournent et courent à Jésus 82

- Thomas est invité à toucher 82

- Jésus distribue la nourriture et mange du miel 84

- Discours (Votre péché de désertion est pardonné 84

- Votre pouvoir de pardonner 84

- La pureté de qui consacre le pain et le vin 85

- Une période de paix et de bien dans le monde 87

- Des samaritains pleins de pitié 87

- Des bons et des mauvais prêtres 88

- D'humbles laïcs pour suppléer 88

- Invitation à la prière) 89

- Jésus se retourne pour bénir la voyante 89

 

10.15.
Jésus apparaît aux apôtres avec Thomas


80> Jésus dit :

“Viens, petit Jean[1]. Comme le petit Benjamin, dont la vision t’a tellement plu, mets ta main dans la mienne, pour que je te conduise à travers mes champs de grâces.

Des grâces pour toi et pour les autres. Des dons et des dons. Car chaque chose que je le révèle ou te dis est un grand don. Tu n’en connais même pas la valeur. Pas la valeur spirituelle. Celle-ci pour toi est infinie. La valeur culturelle, dis-je, historique, si cela te plaît davantage. Ce sont des gemmes de prix. Toi, comme un enfant, tu les trouves mises dans tes mains et tu les aimes pour leurs couleurs variées, mais tu ne sais pas leur donner d’autre valeur que celle de don et de beauté et de preuve de mon amour. D’autres, au contraire, plus instruits que toi, mais moins aimés que toi, les observent avec anxiété et te les demandent avec anxiété ces gemmes spirituelles que ton Jésus te donne, et ils les observent et les étudient et les estiment avec une science plus grande que la tienne et, leur volonté le voulant, que ce fût avec ta façon d’aimer. Mais cela est plus difficile pour eux qui sont compliqués. Il n’y a que les petits qui sachent aimer simplement, franchement, purement.

Tu ne sais qu’aimer. Mais reste pour Moi toujours ainsi. Amuse-toi avec les gemmes de toutes les couleurs que je te donne et donne-les, généreuse et heureuse, à ceux qui les attendent. Je remplirai toujours ta petite main de nouveaux trésors. Ne crains pas. Donne, donne. Ton Roi a des coffres inépuisables pour la joie de ses petits."

Et je vois ce qui suit.


Les apôtres sont rassemblés au Cénacle, autour de la table où fut consommée la Pâque. Pourtant, par respect, la place du milieu, celle de Jésus, est restée vide.

Les apôtres aussi, maintenant qu’il n’y a plus celui qui les groupe et les répartit selon sa propre volonté et par un choix inspiré par l’amour, se sont placés différemment. Pierre est encore à sa place, mais à la place de Jean il y a maintenant Jude Thaddée.

81> Puis vient Barthélemy, le plus âgé des apôtres, puis Jacques, frère de Jean, presque au coin de la table, du côté droit pour moi qui regarde. Près de Jacques, mais sur le plus petit côté de la table, est assis Jean. Après Pierre, d’autre part, vient Matthieu et après lui Thomas, puis Philippe, puis André, puis Jacques le frère de Jude Thaddée et Simon le Zélote sur les autres côtés. Le plus long côté, en face de Pierre, est vide car les apôtres sont sur des sièges plus rapprochés qu’ils ne l’étaient pour Pâque.

Les fenêtres sont barrées et les portes aussi. La lampe, allumée avec seulement deux becs, répand une faible lumière seulement sur la table. Le reste de la vaste pièce est dans la pénombre.

Jean, qui a derrière lui une crédence, a la charge de présenter à ses compagnons ce qu’ils désirent de leur nourriture frugale composée de poisson, qui est sur la table, de pain, de miel et de petits fromages frais. C’est en se tournant de nouveau vers la table pour donner au frère le fromage qu’il a demandé, que Jean voit le Seigneur.

 Jésus est apparu d’une manière très curieuse. Le mur derrière les convives, tout d’une pièce sauf le coin de la porte, s’est illuminé en son milieu, à une hauteur d’environ un mètre du sol, d’une lumière faible et phosphorescente comme est celle que produisent certaines gravures qui ne sont lumineuses que dans l’obscurité de la nuit. La lumière, haute d’environ deux mètres, a une forme ovale comme une niche. Dans la clarté, comme si elle avançait de derrière les voiles d’un brouillard lumineux, se dégage avec une netteté grandissante Jésus.

Je ne sais pas si j’arrive à bien m’expliquer. Il semble que son Corps coule à travers l’épaisseur du mur. Il ne s’ouvre pas, il reste compact, mais le Corps passe tout de même. La lumière paraît la première émanation de son Corps, l’annonce de son approche. Le Corps, tout d’abord est formé de légères lignes de lumière, comme je vois au Ciel le Père et les anges saints : immatériel. Puis il se matérialise de plus en plus en prenant en tout l’aspect d’un corps réel, celle de son Divin Corps glorifié.

J’ai mis longtemps pour décrire, mais la chose est arrivée en quelques secondes.

 Jésus est vêtu de blanc, comme quand il ressuscita et apparut à sa Mère. Très beau, affectueux et souriant. Il a les bras le long du Corps, un peu écartés, avec les mains vers la terre et les paumes tournées vers les apôtres. Les deux plaies des mains paraissent deux étoiles de diamant d’où sortent deux rayons très vifs. 82> Je ne vois pas ses pieds, couverts par son vêtement, ni son côté. Mais l’étoffe de son habit, qui n’est pas terrestre, laisse passer une lumière là où elle cache les divines blessures. Au début, il semble que Jésus ne soit qu’un Corps de clarté lunaire puis, quand il s’est concrétisé en apparaissant hors du halo de lumière, il a les couleurs naturelles de ses cheveux, de ses yeux, de sa peau. C’est Jésus, en somme, Jésus-Homme-Dieu, mais devenu plus solennel maintenant qu’il est ressuscité.

Jean le voit quand il est déjà ainsi. Aucun autre ne s’était aperçu de l’apparition. Jean bondit sur ses pieds, laissant tomber sur la table le plateau de petits fromages ronds et, en appuyant les mains sur le bord de la table, il se penche un peu vers elle et de côté comme si un aimant l’attirait vers elle, et il pousse à voix basse un “Oh !” pourtant intense.

Les autres, qui avaient levé la tête de leurs assiettes, à la chute bruyante du plat de petits fromages et au saut que fait Jean et l’avaient regardé avec étonnement en voyant son attitude extatique, suivent son regard. Ils tournent la tête ou tournent sur eux-mêmes, selon qu’ils se trouvent par rapport au Maître, et ils voient Jésus. Ils se lèvent tous, émus et heureux, et courent vers Lui. Accentuant son sourire Jésus avance vers eux, marchant maintenant sur le sol comme tous les mortels.

Jésus qui d’abord ne fixait que Jean, et je crois que celui-ci s’est tourné, attiré par ce regard qui le caressait, les regarde tous et il dit : “Paix à vous.”

Tous maintenant sont autour de Lui, les uns à genoux à ses pieds, et parmi eux il y a Pierre et Jean — et même Jean baise un pan de son vêtement et le met sur son visage comme pour en être caressé — les uns plus en arrière, debout, mais tout penchés dans une attitude respectueuse.

Pierre, pour arriver plus vite, a fait un vrai bond en sautant par dessus son siège, sans attendre que Matthieu, en sortant le premier, laisse la place libre. Il faut se rappeler que les sièges servaient à deux personnes à la fois.

Le seul qui reste un peu loin, embarrassé, c’est Thomas. Il s’est agenouillé près de la table, mais il n’ose pas avancer et il semble même qu’il essaie de se cacher derrière le coin de la table.

Jésus, en donnant ses mains à baiser — les apôtres les cherchent avec une sainte et affectueuse convoitise — tourne son regard sur les têtes inclinées comme s’il cherchait le onzième. Mais il l’a vu dès le premier instant et il agit ainsi pour donner le temps à Thomas de s’enhardir et de venir. 83> En voyant que l’incrédule, honteux de son incrédulité, n’ose pas le faire, il l’appelle : “Thomas, viens ici.”

Thomas lève la tête, confus, presque en pleurs, mais il n’ose pas venir. Il baisse de nouveau la tête. Jésus fait quelques pas dans sa direction et dit de nouveau : “Viens ici, Thomas.”

La voix de Jésus est plus impérieuse que la première fois. Thomas se lève réticent et confus et il va vers Jésus.

 “Voici celui qui ne croit pas s’il ne voit pas !” s’écrie Jésus, mais dans sa voix il y a un sourire de pardon. Thomas s’en rend compte, il ose regarder Jésus et voit qu’il sourit vraiment. Alors il prend courage et se hâte davantage.

“Viens ici, tout près. Regarde. Mets un doigt, s’il ne te suffit pas de regarder, dans les blessures de ton Maître.” Jésus a présenté ses mains et a ouvert son vêtement sur la poitrine pour découvrir la large blessure du côté.

Maintenant la lumière ne sort plus des blessures. Elle n’en sort plus depuis que, sortant de son halo de lumière lunaire, il s’est mis à marcher comme un homme mortel, et les blessures apparaissent dans leur sanglante réalité : deux trous irréguliers dont celui de gauche va jusqu’au pouce, qui transpercent un poignet et une paume à leur base, et une longue entaille, qui dans le côté supérieur forme légèrement un accent circonflexe, à son côté.

Thomas tremble, regarde et ne touche pas. Il remue les lèvres mais n’arrive pas à parler clairement.

“Donne-moi ta main, Thomas” dit Jésus avec tant de douceur. Et il prend avec sa main droite la main droite de l’apôtre et en saisit l’index et l’amène dans la déchirure de sa main gauche, et le fait entrer profondément pour lui faire sentir que la paume est transpercée, et puis de sa main l’amène à son côté. Et même il saisit maintenant les quatre doigts de Thomas à leur base, au métacarpe, et il met ces quatre gros doigts dans la déchirure de la poitrine en les faisant entrer, ne se bornant pas à les appuyer sur le bord, et les y tient en regardant fixement Thomas.

Un regard sévère et pourtant doux pendant qu’il continue.

"Mets-là ton doigt, place tes doigts et même ta main, si tu veux, dans mon côté et ne sois pas incrédule mais croyant." C’est ce qu’il dit pendant qu’il fait ce que j’ai dit auparavant.

Thomas — il semble que le voisinage du Cœur divin qu’il touche presque, lui a communiqué le courage — arrive finalement à parler et à détacher les mots et il dit, en tombant à genoux, les bras levés et avec des larmes abondantes de repentir : 84> “Mon Seigneur et mon Dieu !” Il ne sait dire rien d’autre.

Jésus lui pardonne. Il lui met la main droite sur la tête et répond :

“Thomas, Thomas ! Maintenant tu crois parce que tu as vu... Mais heureux ceux qui croiront en Moi sans avoir vu ! Quelle récompense devrai-je leur donner si je dois vous récompenser, vous, dont la foi a été secourue par la force de la vision ?...”

Puis Jésus passe son bras sur l’épaule de Jean, on prenant Pierre par la main, et s’approche de la table. Il s’assoit à sa place. Maintenant ils sont assis comme le soir de Pâque. Cependant Jésus veut que Thomas s’assoie après Jean.

“Mangez, amis” dit Jésus.

Mais personne n’a plus faim. La joie les rassasie, la joie de contempler.

Alors Jésus prend les petits fromages épars sur la table, les rassemble sur le plat, les coupe, les distribue, et le premier morceau il le donne justement à Thomas, en le mettant sur un morceau de pain et en le passant derrière Jean. Il verse le vin des amphores dans le calice et le passe à ses amis : cette fois C’est Pierre le premier servi. Puis il se fait donner des rayons de miel, les brise et en donne pour commencer un morceau à Jean avec un sourire qui est plus doux que le miel filant et blond. Et de ce miel, pour les encourager, il en mange Lui aussi. Il ne goûte que le miel.

Jean, avec son geste habituel, appuie sa tête contre l’épaule de Jésus et Jésus l’attire sur son Cœur et il parle en le tenant ainsi.

“Vous ne devez pas vous troubler, amis quand je vous apparais. Je suis toujours pour vous le Maître qui a partagé avec vous la nourriture et le sommeil et qui vous a choisis parce qu’il vous a aimés. Maintenant aussi, je vous aime.” Jésus appuie fortement sur ces dernières paroles.

“Vous” continue-t-il “vous avez été avec Moi dans les épreuves... Vous serez aussi avec Moi dans la gloire. Ne baissez pas la tête. Le soir du dimanche, quand je suis venu à vous pour la première fois après ma Résurrection, je vous ai infusé l’Esprit Saint… même à toi qui n’étais pas présent, que vienne l’Esprit... Vous ne savez pas que l’infusion de l’Esprit est comme un baptême de feu, puisque l’Esprit est Amour et que l’amour annule les fautes ? Votre péché de désertion, pour ce motif, pendant que je mourais vous est pardonné. ”

En disant cela Jésus baise la tête de Jean qui n’a pas déserté, et Jean pleure de joie.

85>  “Je vous ai donné le pouvoir de remettre les péchés. Mais on ne peut donner ce que l’on ne possède pas. Vous devez donc être certains que ce pouvoir je le possède dans la perfection et j’en use pour vous qui devez être tout à fait purs pour purifier ceux qui viendront à vous, souillés par le péché. Comment quelqu’un pourrait-il juger et purifier, s’il méritait d’être condamné et s’il était personnellement impur ? Comment quelqu’un pourrait-il juger un autre s’il avait une poutre dans son œil et des poids infernaux dans son cœur  ? Comment pourrait-il dire : “Je t’absous au nom de Dieu” si, à cause de ses péchés, il n’avait pas Dieu avec lui ?

Amis, réfléchissez à votre dignité de prêtres. Auparavant j’étais parmi les hommes pour juger et pardonner. Maintenant je m’en vais au Père. Je reviens à mon Royaume. La faculté de juger ne m’est pas enlevée. Et même elle est toute entière en mes mains puisque le Père me l’a déférée.  Mais c’est un jugement redoutable, car il se fera quand il ne sera plus possible à l’homme de se faire pardonner avec des années d’expiation sur la Terre. Toute créature viendra à Moi avec son esprit quand elle laissera, à cause de la mort matérielle, sa chair comme une dépouille inutile. Et je la jugerai une première fois. Puis l’Humanité reviendra avec son vêtement de chair, repris sur commandement céleste, pour être séparée en deux parties : les agneaux avec le Pasteur, les boucs sauvages avec leur Tortureur. Mais combien y aurait-il d’hommes qui seraient avec leur Pasteur si après le bain du Baptême il n’y avait plus quelqu’un pour pardonner en mon nom ?  Voilà pourquoi je crée les prêtres. Pour sauver ceux qui ont été sauvés par mon Sang. Mon Sang sauve. Mais les hommes continuent à tomber dans la mort, à. retomber dans la Mort. Il faut que quelqu’un, qui en a le pouvoir, les lave continuellement en Lui, soixante-dix et soixante-dix fois sept fois, pour qu’ils ne soient pas la proie de la Mort. Vous et vos successeurs le ferez. A cause de cela, je vous absous de tous vos péchés. Car vous avez besoin de voir, et la faute aveugle car elle enlève à l’esprit la Lumière qui est Dieu. Parce que vous avez besoin de comprendre, et la faute abêtit car elle enlève à l’esprit l’intelligence qui est Dieu. Parce que vous avez le ministère de purifier et la faute souille, car elle enlève à l’esprit la Pureté qui est Dieu

Il est grand votre ministère de juger et d’absoudre en mon nom ! Quand vous consacrerez pour vous le Pain et le Vin et en ferez mon Corps et mon Sang, vous ferez une chose grande, surnaturellement grande et sublime. 86> Pour l’accomplir dignement vous devez être purs puisque vous toucherez Celui qui est le Pur et que vous vous nourrirez de la Chair d’un Dieu. Vous devrez être purs de cœur, d’esprit, de membres et de langue car c’est avec le cœur que vous devrez aimer l’Eucharistie et il ne faudra pas mêler à cet amour céleste des amours profanes qui seraient un sacrilège. Purs d’esprit parce que vous devrez croire et comprendre ce mystère d’amour et l’impureté de pensée tue la Foi et l’intelligence. Il reste la science du monde, mais en vous meurt la Sagesse de Dieu. Vous devrez être purs de membres, car dans votre sein descendra le Verbe comme il est descendu dans le sein de Marie grâce à l’Amour.

 Vous avez l’exemple vivant de ce que doit être un sein qui accueille le Verbe qui se fait Chair. Cet exemple est celui de la Femme sans faute d’origine et sans faute individuelle qui m’a porté. Observez comme est pur le sommet de l’Hermon encore enveloppé dans le voile de la neige d’hiver. De l’Oliveraie, il parait être un tas de lys effeuillés ou d’écume de mer qui s’élève comme une offrande en face de l’autre blancheur des nuages, portés par le vent d’avril à travers les champs azurés du ciel. Observez un lys qui ouvre maintenant sa corolle à un sourire parfumé. Et pourtant l’une et l’autre pureté sont moins vives que celle du sein qui m’a formé. La poussière apportée par les vents est tombée sur les neiges de la montagne et sur la soie de la fleur. L’œil humain ne la perçoit pas tant elle est légère, mais elle est là, et elle corrompt la blancheur. Mieux encore : regardez la perle la plus pure que l’on a arrachée à la mer, au coquillage où elle est née, pour orner le sceptre d’un roi. Elle est parfaite dans son irisation compacte qui ignore le contact profanateur de toute chair, s’étant formée comme elle l’est dans la cavité nacrée de l’huître, isolée dans le fluide saphir des profondeurs marines. Et pourtant elle est moins pure que le sein qui m’a porté. A son centre se trouve un petit grain de sable, un corpuscule très menu, mais toujours terrestre. En Elle qui est la Perle de la Mer, il n’existe pas de grain de péché, ni de tendance au péché. C’est une perle née dans l’Océan de la Trinité pour porter sur la Terre la Seconde Personne, Elle est compacte autour de son fulcre[2] qui n’est pas une semence de la concupiscence terrestre, mais une étincelle de l’Amour éternel. Une étincelle qui, trouvant en Elle une correspondance, a engendré les tourbillons du Divin Météore, qui maintenant appelle et attire à Lui les fils de Dieu : Moi, le Christ, Étoile du Matin. C’est cette Pureté inviolée que je vous donne en exemple.

87> Mais quand ensuite, comme des vendangeurs près d’une cuve, vous plongez vos mains dans la mer de mon Sang, et en puisez de quoi purifier les étoles corrompues des misérables qui ont péché, soyez en plus d’être purs parfaits pour ne pas vous souiller d’un péché plus grand, et même de plusieurs péchés, en répandant et en touchant d’une manière sacrilège le Sang d’un Dieu ou en manquant à la charité et à la justice, en le refusant ou en le donnant avec une rigueur qui n’est pas du Christ, qui fut bon avec les mauvais pour les attirer à son Cœur et trois fois bon avec les faibles pour les porter à la confiance, en usant de cette rigueur trois fois indignement en s’opposant à ma Volonté, à ma Doctrine et à la Justice. Comment être sévères avec les agneaux quand on est des pasteurs idolâtres ?

O mes bien-aimés, amis que j’envoie à travers les chemins du monde pour continuer l’œuvre que j’ai commencée et qui sera poursuivie tant que le Temps existera, rappelez-vous mes paroles. Je vous les dis pour que vous les disiez à ceux que vous consacrerez pour le ministère dans lequel je vous ai consacrés.

 Je vois... Je regarde dans les siècles... Le temps et les foules infinies des hommes qui existeront sont tous devant Moi... Je vois... les massacres et les guerres, les paix menteuses et les horribles carnages, la haine et les vols, la sensualité et l’orgueil. De temps en temps un oasis verdoyant : une période de retour à la Croix. Comme un obélisque qui indique une eau pure au milieu des sables arides du désert ma Croix sera élevée avec amour, après que le venin du mal aura rendu les hommes malades de la rage, et autour d’elle, plantés sur les bords des eaux salutaires, fleuriront les palmiers d’une période de paix et de bien dans le monde. Les esprits, comme des cerfs et des gazelles, comme des hirondelles et des colombes, accourront à ce refuge reposant, frais, nourrissant, pour guérir de leurs douleurs et espérer de nouveau. Et il resserrera ses branches comme une coupole pour protéger des tempêtes et des grandes chaleurs, et il tiendra au loin les serpents et les fauves avec le Signe qui met le Mal en fuite. Et ce sera ainsi tant que les hommes le voudront.

Je vois... Des hommes et encore des hommes... des femmes, des vieillards, des enfants, des guerriers, des étudiants, des docteurs, des paysans... Tous viennent et passent avec leur fardeau d’espérances et de douleurs. Et j’en vois beaucoup qui vacillent, car il y a trop de douleur et l’espérance a glissé la première du fardeau, du fardeau trop lourd, et s’est effritée sur le sol... 88> Et j’en vois beaucoup qui tombent au bord du chemin parce que d’autres plus forts les poussent, plus forts ou plus chanceux à cause de leur fardeau qui est léger. Et j’en vois beaucoup qui, se sentant abandonnés par ceux qui passent, piétinés même, qui se sentant mourir, arrivent à haïr et à maudire.

Pauvres fils ! Parmi tous ceux-là, qui ont été frappés par la vie, qui passent ou tombent, mon Amour a, intentionnellement, répandu les samaritains pleins de pitié, les bons médecins, les lumières dans la nuit, les voix dans le silence, pour que les faibles qui tombent trouvent une aide, revoient la Lumière, entendent de nouveau la Voix qui dit : “Espère. Tu n’es pas seul. Sur toi, il y a Dieu. Avec toi, il y a Jésus”. J’ai mis, intentionnellement, ces charités actives pour que mes pauvres fils ne meurent pas dans leur esprit, en perdant la demeure paternelle, et continuent à croire en Moi-Charité en voyant chez mes ministres mon reflet.

Mais, ô douleur qui fait saigner la blessure de mon Cœur comme quand elle fut ouverte sur le Golgotha ! Mais que voient mes yeux divins ? Il n’y a peut-être pas de prêtres parmi les foules innombrables qui passent ? C’est pour cela que saigne mon Cœur ? Les séminaires sont-ils vides ? Mon divin appel ne résonne donc plus dans les cœurs ? Le cœur de l’homme n’est-il plus capable de l’entendre ? Non. Au cours des siècles, il y aura des séminaires et dans ceux-ci des lévites. D’eux sortiront des prêtres car à l’heure de l’adolescence mon appel aura résonné avec une voix céleste en de nombreux cœurs et eux l’auront suivi. Mais d’autres, d’autres, d’autres voix seront venues ensuite avec la jeunesse et la maturité, et ma Voix aura été dominée dans ces cœurs. Ma Voix qui parle au cours des siècles à ses ministres, pour qu’eux soient toujours ce que vous êtes maintenant : les apôtres à l’école du Christ. Le vêtement est resté, mais le prêtre est mort.

 Chez un trop grand nombre, au cours des siècles, ce fait se produira. Ombres inutiles et sombres, ils ne seront pas un levier qui soulève, une corde qui tire, une source qui désaltère, un grain qui nourrit, un cœur qui est un oreiller. une lumière dans les ténèbres, une voix qui répète ce que le Maître lui dit. Mais ils seront pour la pauvre humanité un fardeau de scandale, un poids de mort, un parasite, une pourriture… Horreur ! Les plus grands Judas de l’avenir je les aurai encore et toujours parmi mes prêtres !

Amis, je suis dans la gloire et cependant je pleure. J’ai pitié de Ces foules innombrables, troupeaux sans pasteurs ou avec des pasteurs trop peu nombreux. Une pitié infinie ! Eh bien, je le jure par ma Divinité : 89> je leur donnerai le pain, l’eau, la lumière, la voix que ne veulent pas donner ceux qui ont été choisis pour cette œuvre. Je répéterai au cours des siècles le miracle des pains et des poissons. Avec quelques pauvres, petits poissons et avec quelques quignons de pain : d’humbles âmes et laïques, je donnerai à manger à un grand nombre et ils en seront rassasiés et il y aura pour ceux de l’avenir, car “j’ai compassion de ce peuple” et je ne veux pas qu’il périsse.

Bienheureux ceux qui mériteront d’être tels. Non pas bénis parce qu’ils sont tels, mais parce qu’ils l’auront mérité par leur amour et leurs sacrifices. Et tout à fait bénis les prêtres qui sauront rester apôtres : pain, eau, lumière, voix, repos et remède de mes pauvres fils. Ils brilleront dans le Ciel d’une lumière spéciale. Je vous le jure, Moi qui suis la Vérité.

Levons-nous, amis, et venez avec Moi pour que je vous enseigne encore à prier. L’oraison c’est ce qui alimente les forces de l’apôtre car elle le fond avec Dieu.

Et ici Jésus se lève et va vers l’escalier.


Mais quand il est au bas, il se tourne et rue regarde. Oh ! Père ! Il me regarde ! Il pense a moi ! Il cherche sa petite "voix" et la joie d’âtre avec ses amis ne me fait pas oublier par Lui ! Il me regarde par dessus les têtes des disciples et me sourit. Il lève la main pour me bénir et il dit : "La Paix soit avec toi".

Et la vision finit.


[1] Surnom affectueux donné par Jésus à Maria Valtorta

[2] Italianisme  : Fulcro désigne un point d'appui, un élément fondamental