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80> Jésus dit :
“Viens, petit Jean . Comme
le petit Benjamin, dont
la vision t’a tellement plu, mets ta main dans la mienne, pour que je te
conduise à travers mes champs de grâces.
Des grâces pour toi et pour les autres. Des dons et des dons. Car chaque
chose que je le révèle ou te dis est un grand don. Tu n’en connais
même pas la valeur. Pas la valeur spirituelle. Celle-ci pour toi est infinie.
La valeur culturelle, dis-je, historique, si cela te plaît davantage. Ce sont
des gemmes de prix. Toi, comme un enfant, tu les trouves mises dans tes mains
et tu les aimes pour leurs couleurs variées, mais tu ne sais pas leur donner
d’autre valeur que celle de don et de beauté et de preuve de mon amour.
D’autres, au contraire, plus instruits que toi, mais moins aimés que toi, les
observent avec anxiété et te les demandent avec anxiété ces gemmes
spirituelles que ton Jésus te donne, et ils les observent et les étudient et
les estiment avec une science plus grande que la tienne et, leur volonté le
voulant, que ce fût avec ta façon d’aimer. Mais cela est plus difficile pour
eux qui sont compliqués. Il n’y a que les petits qui sachent aimer
simplement, franchement, purement.
Tu ne sais qu’aimer. Mais reste pour Moi toujours ainsi. Amuse-toi avec les
gemmes de toutes les couleurs que je te donne et donne-les, généreuse et
heureuse, à ceux qui les attendent. Je remplirai toujours ta petite main de
nouveaux trésors. Ne crains pas. Donne, donne. Ton Roi a des coffres
inépuisables pour la joie de ses petits."
Et je vois ce qui suit.
Les
apôtres sont rassemblés au Cénacle, autour de la table où fut consommée la Pâque.
Pourtant, par respect, la place du milieu, celle de Jésus, est restée vide.
Les apôtres aussi, maintenant qu’il n’y a plus celui qui les groupe et les
répartit selon sa propre volonté et par un choix inspiré par l’amour, se sont
placés différemment. Pierre est
encore à sa place, mais à la place de Jean il y
a maintenant Jude Thaddée.
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81> Puis vient Barthélemy, le
plus âgé des apôtres, puis Jacques,
frère de Jean, presque au coin de la table,
du côté droit pour moi qui regarde. Près de Jacques, mais sur le plus petit
côté de la table, est assis Jean. Après Pierre, d’autre part, vient Matthieu et
après lui Thomas, puis Philippe, puis
André, puis
Jacques le frère de Jude
Thaddée et Simon le Zélote sur
les autres côtés. Le plus long côté, en face de Pierre, est vide car les
apôtres sont sur des sièges plus rapprochés qu’ils ne l’étaient pour Pâque.
Les fenêtres sont barrées et les portes aussi. La lampe, allumée avec
seulement deux becs, répand une faible lumière seulement sur la table. Le
reste de la vaste pièce est dans la pénombre.
Jean, qui a derrière lui une crédence, a la charge de présenter à ses
compagnons ce qu’ils désirent de leur nourriture frugale composée de poisson,
qui est sur la table, de pain, de miel et de petits fromages frais. C’est en
se tournant de nouveau vers la table pour donner au frère le fromage qu’il a
demandé, que Jean voit le Seigneur.
Jésus est apparu d’une manière très curieuse.
Le mur derrière les convives, tout d’une pièce sauf le coin de la porte,
s’est illuminé en son milieu, à une hauteur d’environ un mètre du sol, d’une
lumière faible et phosphorescente comme est celle que produisent certaines
gravures qui ne sont lumineuses que dans l’obscurité de la nuit. La lumière,
haute d’environ deux mètres, a une forme ovale comme une niche. Dans la
clarté, comme si elle avançait de derrière les voiles d’un brouillard
lumineux, se dégage avec une netteté grandissante Jésus.
Je ne sais pas si j’arrive à bien m’expliquer. Il semble que son Corps coule
à travers l’épaisseur du mur. Il ne s’ouvre pas, il reste compact, mais
le Corps passe tout de même. La lumière paraît la première émanation de son
Corps, l’annonce de son approche. Le Corps, tout d’abord est formé de légères
lignes de lumière, comme je vois au Ciel le Père et les anges saints : immatériel.
Puis il se matérialise de plus en plus en prenant en tout l’aspect d’un
corps réel, celle de son Divin Corps glorifié.
J’ai mis longtemps pour décrire, mais la chose est arrivée en quelques
secondes.
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Jésus est vêtu de blanc, comme quand il
ressuscita et apparut à sa Mère. Très beau, affectueux et souriant. Il a les
bras le long du Corps, un peu écartés, avec les mains vers la terre et les
paumes tournées vers les apôtres. Les deux plaies des mains paraissent deux
étoiles de diamant d’où sortent deux rayons très vifs. 82> Je ne vois pas ses
pieds, couverts par son vêtement, ni son côté. Mais l’étoffe de son habit,
qui n’est pas terrestre, laisse passer une lumière là où elle cache les
divines blessures. Au début, il semble que Jésus ne soit qu’un Corps de
clarté lunaire puis, quand il s’est concrétisé en apparaissant hors du halo
de lumière, il a les couleurs naturelles de ses cheveux, de ses yeux, de sa
peau. C’est Jésus, en somme, Jésus-Homme-Dieu, mais devenu plus solennel
maintenant qu’il est ressuscité.
Jean le voit quand il est déjà ainsi. Aucun autre ne s’était aperçu de
l’apparition. Jean bondit sur ses pieds, laissant tomber sur la table le
plateau de petits fromages ronds et, en appuyant les mains sur le bord de la
table, il se penche un peu vers elle et de côté comme si un aimant l’attirait
vers elle, et il pousse à voix basse un “Oh !” pourtant intense.
Les autres, qui avaient levé la tête de leurs assiettes, à la chute bruyante
du plat de petits fromages et au saut que fait Jean et l’avaient regardé avec
étonnement en voyant son attitude extatique, suivent son regard. Ils tournent
la tête ou tournent sur eux-mêmes, selon qu’ils se trouvent par rapport au
Maître, et ils voient Jésus. Ils se lèvent tous, émus et heureux, et courent
vers Lui. Accentuant son sourire Jésus avance vers eux, marchant maintenant
sur le sol comme tous les mortels.
Jésus qui d’abord ne fixait que Jean, et je crois que celui-ci s’est tourné,
attiré par ce regard qui le caressait, les regarde tous et il dit : “Paix à
vous.”
Tous maintenant sont autour de Lui, les uns à genoux à ses pieds, et parmi
eux il y a Pierre et Jean — et même Jean baise un pan de son vêtement et le
met sur son visage comme pour en être caressé — les uns plus en arrière,
debout, mais tout penchés dans une attitude respectueuse.
Pierre, pour arriver plus vite, a fait un vrai bond en sautant par dessus son siège, sans attendre que Matthieu, en
sortant le premier, laisse la place libre. Il faut se rappeler que les sièges
servaient à deux personnes à la fois.
Le seul qui reste un peu loin, embarrassé, c’est Thomas. Il s’est agenouillé
près de la table, mais il n’ose pas avancer et il semble même qu’il essaie de
se cacher derrière le coin de la table.
Jésus, en donnant ses mains à baiser — les apôtres les cherchent avec une
sainte et affectueuse convoitise — tourne son regard sur les têtes inclinées
comme s’il cherchait le onzième. Mais il l’a vu dès le premier instant et il
agit ainsi pour donner le temps à Thomas de s’enhardir et de venir. En voyant que l’incrédule, honteux de son incrédulité, n’ose pas le
faire, il l’appelle : “Thomas, viens ici.”
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83> Thomas lève la tête, confus,
presque en pleurs, mais il n’ose pas venir. Il baisse de nouveau la tête.
Jésus fait quelques pas dans sa direction et dit de nouveau : “Viens ici,
Thomas.”
La voix de Jésus est plus impérieuse que la première fois. Thomas se lève
réticent et confus et il va vers Jésus.
"Voici celui qui ne croit pas s’il ne
voit pas !” s’écrie Jésus, mais dans sa voix il y a un sourire de pardon.
Thomas s’en rend compte, il ose regarder Jésus et voit qu’il sourit vraiment.
Alors il prend courage et se hâte davantage.
“Viens ici, tout près. Regarde. Mets un doigt, s’il ne te suffit pas de
regarder, dans les blessures de ton Maître.” Jésus a présenté ses mains et a
ouvert son vêtement sur la poitrine pour découvrir la large blessure du côté.
Maintenant la lumière ne sort plus des blessures. Elle n’en sort plus depuis
que, sortant de son halo de lumière lunaire, il s’est mis à marcher comme un
homme mortel, et les blessures apparaissent dans leur sanglante réalité :
deux trous irréguliers dont celui de gauche va jusqu’au pouce, qui
transpercent un poignet et une paume à leur base, et une longue entaille, qui
dans le côté supérieur forme légèrement un accent circonflexe, à son côté.
Thomas tremble, regarde et ne touche pas. Il remue les lèvres mais n’arrive
pas à parler clairement.
“Donne-moi ta main, Thomas” dit Jésus avec tant de douceur. Et il prend avec
sa main droite la main droite de l’apôtre et en saisit l’index et l’amène
dans la déchirure de sa main gauche, et le fait entrer profondément pour lui
faire sentir que la paume est transpercée, et puis de sa main l’amène à son
côté. Et même il saisit maintenant les quatre doigts de Thomas à leur base,
au métacarpe, et il met ces quatre gros doigts dans la déchirure de la
poitrine en les faisant entrer, ne se bornant pas à les appuyer sur le bord,
et les y tient en regardant fixement Thomas.
Un regard sévère et pourtant doux pendant qu’il continue.
"Mets-là ton doigt, place tes doigts et même ta main, si tu veux, dans
mon côté et ne sois pas incrédule mais croyant." C’est ce qu’il dit
pendant qu’il fait ce que j’ai dit auparavant.
Thomas — il semble que le voisinage du Cœur divin qu’il touche presque, lui a
communiqué le courage — arrive finalement à parler et à détacher les mots et
il dit, en tombant à genoux, les bras levés et avec des larmes abondantes de
repentir : “Mon Seigneur et mon Dieu !” Il ne sait dire
rien d’autre.
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84> Jésus lui pardonne. Il lui
met la main droite sur la tête et répond :
“Thomas, Thomas ! Maintenant tu crois parce que tu as vu... Mais heureux ceux
qui croiront en Moi sans avoir vu ! Quelle récompense devrai-je leur donner
si je dois vous récompenser, vous, dont la foi a été secourue par la force de
la vision ?...”
Puis Jésus passe son bras sur l’épaule de Jean, on prenant Pierre par la
main, et s’approche de la table. Il s’assoit à sa place. Maintenant ils sont
assis comme le soir de Pâque. Cependant Jésus veut que Thomas s’assoie après
Jean.
“Mangez, amis” dit Jésus.
Mais personne n’a plus faim. La joie les rassasie, la joie de contempler.
Alors Jésus prend les petits fromages épars sur la table, les rassemble sur
le plat, les coupe, les distribue, et le premier morceau il le donne
justement à Thomas, en le mettant sur un morceau de pain et en le passant
derrière Jean. Il verse le vin des amphores dans le calice et le passe à ses
amis : cette fois C’est Pierre le premier servi. Puis il se fait donner des
rayons de miel, les brise et en donne pour commencer un morceau à Jean avec
un sourire qui est plus doux que le miel filant et blond. Et de ce miel, pour
les encourager, il en mange Lui aussi. Il ne goûte que le miel.
Jean, avec son geste habituel, appuie sa tête contre l’épaule de Jésus et
Jésus l’attire sur son Cœur et il parle en le tenant ainsi.
“Vous ne devez pas vous troubler, amis quand je vous apparais. Je suis
toujours pour vous le Maître qui a partagé avec vous la nourriture et le
sommeil et qui vous a choisis parce qu’il vous a aimés. Maintenant aussi,
je vous aime.” Jésus appuie fortement sur ces dernières paroles.
“Vous, continue-t-il, vous avez été avec Moi dans les épreuves... Vous serez
aussi avec Moi dans la gloire. Ne baissez pas la tête. Le soir du dimanche,
quand je suis venu à vous pour la première fois après ma Résurrection, je
vous ai infusé l’Esprit Saint… même à toi qui n’étais pas présent, que vienne
l’Esprit... Vous ne savez pas que l’infusion de l’Esprit est comme un baptême
de feu, puisque l’Esprit est Amour et que l’amour annule les fautes ? Votre
péché de désertion, pour ce motif, pendant que je mourais vous est pardonné.”
En disant cela Jésus baise la tête de Jean qui n’a pas déserté, et Jean
pleure de joie.
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85> “Je vous ai donné le pouvoir de remettre
les péchés. Mais on ne peut donner ce que l’on ne possède pas. Vous
devez donc être certains que ce pouvoir je le possède dans la perfection et
j’en use pour vous qui devez être tout à fait purs pour purifier ceux
qui viendront à vous, souillés par le péché. Comment quelqu’un pourrait-il
juger et purifier, s’il méritait d’être condamné et s’il était
personnellement impur ? Comment quelqu’un pourrait-il juger un autre s’il
avait une poutre dans son œil et des poids infernaux dans son cœur ?
Comment pourrait-il dire : “Je t’absous au nom de Dieu” si, à cause de ses
péchés, il n’avait pas Dieu avec lui ?
Amis, réfléchissez à votre dignité de prêtres.
Auparavant j’étais parmi les hommes pour juger et pardonner. Maintenant je
m’en vais au Père. Je reviens à mon Royaume. La faculté de juger ne m’est pas
enlevée. Et même elle est toute entière en mes mains puisque le Père me l’a
déférée. Mais c’est un jugement redoutable, car il
se fera quand il ne sera plus possible à l’homme de se faire pardonner avec
des années d’expiation sur la Terre. Toute créature viendra à Moi avec
son esprit quand elle laissera, à cause de la mort matérielle, sa chair comme
une dépouille inutile. Et je la jugerai une première
fois. Puis l’Humanité reviendra avec son vêtement de chair, repris
sur commandement céleste, pour être séparée en deux parties : les
agneaux avec le Pasteur, les boucs sauvages avec leur Tortureur. Mais combien
y aurait-il d’hommes qui seraient avec leur Pasteur si après le bain du
Baptême il n’y avait plus quelqu’un pour pardonner en mon nom ? Voilà pourquoi je crée les prêtres. Pour
sauver ceux qui ont été sauvés par mon Sang. Mon Sang sauve. Mais les hommes
continuent à tomber dans la mort, à. retomber dans la Mort. Il
faut que quelqu’un, qui en a le pouvoir, les lave continuellement en Lui,
soixante-dix et soixante-dix fois
sept fois, pour qu’ils ne soient pas la
proie de la Mort. Vous et vos successeurs le ferez. À cause de cela, je vous absous de tous vos péchés. Car vous avez besoin de voir, et
la faute aveugle car elle enlève à l’esprit la Lumière qui est Dieu. Parce
que vous avez besoin de comprendre, et la faute abêtit car elle enlève
à l’esprit l’intelligence qui est Dieu. Parce que vous avez le ministère de purifier
et la faute souille, car elle enlève à l’esprit la Pureté qui est Dieu
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86> Il est grand votre ministère de juger et
d’absoudre en mon nom ! Quand vous consacrerez pour
vous le Pain et le Vin et en ferez mon
Corps et mon Sang, vous ferez une chose grande, surnaturellement grande et
sublime. Pour l’accomplir dignement vous devez être purs
puisque vous toucherez Celui qui est le Pur et que vous vous nourrirez de la
Chair d’un Dieu. Vous devrez être purs de cœur, d’esprit, de membres et de
langue car c’est avec le cœur que vous devrez aimer l’Eucharistie et il ne faudra pas mêler à
cet amour céleste des amours profanes qui seraient un sacrilège. Purs
d’esprit parce que vous devrez croire et comprendre ce mystère d’amour et
l’impureté de pensée tue la Foi et l’intelligence. Il reste la science du
monde, mais en vous meurt la Sagesse de Dieu. Vous devrez être purs de
membres, car dans votre sein descendra le Verbe comme il est descendu dans le
sein de Marie grâce à l’Amour.
Vous avez l’exemple vivant de ce que doit
être un sein qui accueille le Verbe qui se fait Chair. Cet exemple est celui
de la Femme sans faute d’origine et sans faute individuelle
qui m’a porté. Observez comme est pur
le sommet de l’Hermon encore enveloppé dans le voile de la neige d’hiver. De
l’Oliveraie, il parait être un tas de lys effeuillés ou d’écume de mer qui
s’élève comme une offrande en face de l’autre blancheur des nuages, portés
par le vent d’avril à travers les champs azurés du ciel. Observez un lys qui
ouvre maintenant sa corolle à un sourire parfumé. Et pourtant l’une et
l’autre pureté sont moins vives que celle du sein qui m’a formé. La poussière
apportée par les vents est tombée sur les neiges de la montagne et sur
la soie de la fleur. L’œil humain ne la perçoit pas tant elle est légère,
mais elle est là, et elle corrompt la blancheur. Mieux encore : regardez la
perle la plus pure que l’on a arrachée à la mer, au coquillage où elle est
née, pour orner le sceptre d’un roi. Elle est parfaite dans son irisation
compacte qui ignore le contact profanateur de toute chair, s’étant formée
comme elle l’est dans la cavité nacrée de l’huître, isolée dans le fluide
saphir des profondeurs marines. Et pourtant elle est moins pure que le sein
qui m’a porté. À son centre se trouve un petit grain de sable, un corpuscule
très menu, mais toujours terrestre. En Elle qui est la Perle de la Mer, il
n’existe pas de grain de péché, ni de tendance au péché. C’est une perle née
dans l’Océan de la Trinité pour porter sur la Terre la Seconde Personne, Elle
est compacte autour de son fulcre qui
n’est pas une semence de la concupiscence terrestre, mais une étincelle de
l’Amour éternel. Une étincelle qui, trouvant en Elle une correspondance, a
engendré les tourbillons du Divin Météore, qui maintenant appelle et attire à
Lui les fils de Dieu : Moi, le Christ, Étoile du Matin. C’est cette Pureté
inviolée que je vous donne en exemple.
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87> Mais quand ensuite, comme des
vendangeurs près d’une cuve, vous plongez vos mains dans la mer de mon Sang,
et en puisez de quoi purifier les étoles corrompues des misérables qui ont
péché, soyez en plus d’être purs parfaits pour ne pas vous souiller d’un
péché plus grand, et même de plusieurs péchés, en répandant et en
touchant d’une manière sacrilège le Sang d’un Dieu ou en manquant à la
charité et à la justice, en le refusant ou en le donnant avec une rigueur qui
n’est pas du Christ, qui fut bon avec les mauvais pour les attirer à son Cœur
et trois fois bon avec les faibles pour les porter à la confiance, en usant
de cette rigueur trois fois indignement en s’opposant à ma Volonté, à ma
Doctrine et à la Justice. Comment être sévères avec les agneaux quand on est
des pasteurs idolâtres ?
O mes bien-aimés, amis que j’envoie à travers les chemins du monde pour
continuer l’œuvre que j’ai commencée et qui sera poursuivie tant que le Temps
existera, rappelez-vous mes paroles. Je vous les dis pour que vous les disiez
à ceux que vous consacrerez pour le ministère dans lequel je vous ai
consacrés.
Je vois... Je regarde dans les siècles... Le
temps et les foules infinies des hommes qui existeront sont tous devant
Moi... Je vois... les massacres et les guerres, les paix menteuses et les
horribles carnages, la haine et les vols, la sensualité et l’orgueil. De
temps en temps un oasis verdoyant : une période de retour à la Croix. Comme
un obélisque qui indique une eau pure au milieu des sables arides du désert
ma Croix sera élevée avec amour, après que le venin du mal aura rendu les
hommes malades de la rage, et autour d’elle, plantés sur les bords des eaux
salutaires, fleuriront les palmiers d’une période de paix et de bien dans le
monde. Les esprits, comme des cerfs et des gazelles, comme des hirondelles et
des colombes, accourront à ce refuge reposant, frais, nourrissant, pour
guérir de leurs douleurs et espérer de nouveau. Et il resserrera ses branches
comme une coupole pour protéger des tempêtes et des grandes chaleurs, et il
tiendra au loin les serpents et les fauves avec le Signe qui met le Mal en
fuite. Et ce sera ainsi tant que les hommes le voudront.
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Je vois... Des hommes et encore des hommes... des femmes, des vieillards, des
enfants, des guerriers, des étudiants, des docteurs, des paysans... Tous
viennent et passent avec leur fardeau d’espérances et de douleurs. Et j’en
vois beaucoup qui vacillent, car il y a trop de douleur et l’espérance a
glissé la première du fardeau, du fardeau trop lourd, et s’est effritée sur
le sol... 88> Et
j’en vois beaucoup qui tombent au bord du chemin parce que d’autres plus
forts les poussent, plus forts ou plus chanceux à cause de leur fardeau qui
est léger. Et j’en vois beaucoup qui, se sentant abandonnés par ceux qui
passent, piétinés même, qui se sentant mourir, arrivent à haïr et à maudire.
Pauvres fils ! Parmi tous ceux-là, qui ont été frappés par la vie, qui
passent ou tombent, mon Amour a, intentionnellement, répandu les
samaritains pleins de pitié, les bons médecins, les lumières dans la nuit,
les voix dans le silence, pour que les faibles qui tombent trouvent une aide,
revoient la Lumière, entendent de nouveau la Voix qui dit : “Espère. Tu n’es
pas seul. Sur toi, il y a Dieu. Avec toi, il y a Jésus”. J’ai mis, intentionnellement,
ces charités actives pour que mes pauvres fils ne meurent pas dans leur
esprit, en perdant la demeure paternelle, et continuent à croire en
Moi-Charité en voyant chez mes ministres mon reflet.
Mais, ô douleur qui fait saigner la blessure de mon Cœur comme quand elle fut
ouverte sur le Golgotha ! Mais que voient mes yeux divins ? Il n’y a peut-être
pas de prêtres parmi les foules innombrables qui passent ? C’est pour cela
que saigne mon Cœur ? Les séminaires sont-ils vides ? Mon divin appel ne
résonne donc plus dans les cœurs ? Le cœur de l’homme n’est-il plus capable
de l’entendre ? Non. Au cours des siècles, il y aura des séminaires et dans
ceux-ci des lévites. D’eux sortiront des prêtres car à l’heure de
l’adolescence mon appel aura résonné avec une voix céleste en de nombreux
cœurs et eux l’auront suivi. Mais d’autres, d’autres, d’autres voix seront
venues ensuite avec la jeunesse et la maturité, et ma Voix aura été dominée
dans ces cœurs. Ma Voix qui parle au cours des siècles à ses ministres, pour
qu’eux soient toujours ce que vous êtes maintenant : les apôtres à l’école du
Christ. Le vêtement est resté, mais le prêtre est mort.
Chez un trop grand nombre, au cours des
siècles, ce fait se produira. Ombres inutiles et sombres, ils ne seront
pas un levier qui soulève, une corde qui tire, une source qui désaltère, un
grain qui nourrit, un cœur qui est un oreiller. une lumière dans les
ténèbres, une voix qui répète ce que le Maître lui dit. Mais ils seront pour
la pauvre humanité un fardeau de scandale, un poids de mort, un parasite, une
pourriture… Horreur ! Les plus grands Judas de l’avenir je les aurai
encore et toujours parmi mes prêtres !
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89> Amis, je suis dans la gloire
et cependant je pleure. J’ai pitié de Ces foules innombrables, troupeaux sans
pasteurs ou avec des pasteurs trop peu nombreux. Une pitié infinie ! Eh bien,
je le jure par ma Divinité : je leur donnerai le
pain, l’eau, la lumière, la voix que ne veulent pas donner ceux qui ont été
choisis pour cette œuvre. Je répéterai au cours des siècles le miracle des
pains et des poissons. Avec quelques pauvres, petits poissons et
avec quelques quignons de pain : des âmes humbles et laïques, je
donnerai à manger à un grand nombre et ils en seront rassasiés et il y aura
pour ceux de l’avenir, car “j’ai compassion de ce peuple” et je
ne veux pas qu’il périsse.
Bienheureux ceux qui mériteront d’être tels. Non pas bénis parce qu’ils
sont tels, mais parce qu’ils l’auront mérité par leur amour et leurs
sacrifices. Et tout à fait bénis les prêtres qui sauront rester apôtres : pain,
eau, lumière, voix, repos et remède de mes pauvres fils. Ils brilleront dans
le Ciel d’une lumière spéciale. Je vous le jure, Moi qui suis la Vérité.
Levons-nous, amis, et venez avec Moi pour que je vous enseigne encore à
prier. L’oraison c’est ce qui alimente les forces de l’apôtre car elle le
fond avec Dieu.
Et ici Jésus se lève et va vers l’escalier.
Mais
quand il est au bas, il se tourne et rue regarde. Oh ! Père ! Il me regarde !
Il pense à moi ! Il cherche sa petite "voix" et la joie d’âtre avec
ses amis ne me fait pas oublier par Lui ! Il me regarde par
dessus les têtes des disciples et me sourit. Il lève la main pour me
bénir et il dit : "La Paix soit avec toi".
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