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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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vendredi 25 juin 27 (2 Tammouz)
- La paix soit avec toi! 245 - L'attachement des trois bergers au Baptiste
246 - Le Baptiste comparé à Jean l'apôtre 247 - Une somme d'argent pourra libérer le
Baptiste 247 - Combien valent les joyaux d'Aglaé ? 248 - Judas ira avec Jean voir un usurier grec 249 - Méfiance du Zélote à l'égard de Judas 249 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 2 2.45. |
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245> Je revois le gué du Jourdain : la verte avenue qui côtoie
le fleuve sur l'une et l'autre rive, très fréquentée par les voyageurs à cause
de son ombrage. Des files d'ânons accompagnés par des hommes vont et
viennent. Sur le bord du
fleuve, trois hommes font paître quelques brebis. Sur la route, Joseph regarde vers le haut et le bas. De loin, là où une
route part de ce chemin fluvial, Jésus se montre
avec les trois disciples. Joseph appelle les bergers, et ceux-ci poussent les
brebis sur la route en les faisant cheminer sur la berge herbeuse. Ils vont
vivement à la rencontre de Jésus. "Moi, je n’ose
guère... Que lui dirai-je comme salut ?" "Oh ! Il
est si bon. Tu lui diras : "La paix soit avec Toi" Lui aussi salue
toujours ainsi." "Lui, oui...
mais nous..." "Et moi, qui
suis-je ? Je ne suis même pas un de ses premiers adorateurs, et il
m'aime tant... oh ! tant !" "Lequel
est-il ?" "Le plus grand
et blond." "Nous lui
parlerons du Baptiste, Mathias ?" "Oh !
oui !" 246> "Ne croira-t-il pas que nous l'avons préféré à
Lui ?" "Mais non, Siméon. S'il est le Messie, il voit dans les cœurs et il verra
dans le nôtre que dans le Baptiste nous ne cherchions que Lui." "Tu as raison." Maintenant, les deux
groupes sont à quelques mètres l'un de l'autre. Jésus déjà sourit de son
sourire qu'on ne saurait décrire. Joseph presse le pas. Les brebis se mettent
à trotter, elles aussi, poussées par les pâtres. "La paix soit
avec vous." dit Jésus en levant les bras comme pour les embrasser. Et il
précise : "La paix soit avec toi, Siméon, Jean et Mathias, mes fidèles et les fidèles de Jean
le Prophète ! Paix à toi,
Joseph." et il l'embrasse sur la joue. Les trois autres sont maintenant
à genoux."Venez, amis, sous ces arbres, sur la grève du fleuve et
parlons." Ils descendent et
Jésus s'assoit sur une souche qui dépasse, les autres par terre. Jésus sourit
et les regarde très attentivement, un par un : "Laissez-moi que je
connaisse vos visages. Les âmes, je les connais déjà, comme des âmes de
justes qui s'attachent au bien qu'ils aiment, contre tous les intérêts du
monde. Je vous apporte le salut d'Isaac, Élie et Lévi. Et un autre
salut : celui de ma Mère. Des
nouvelles du Baptiste, en avez-vous ?" Les hommes,
jusqu'alors rendus muets par la timidité, se rassurent. Ils trouvent des
paroles : "Il est encore en prison, et notre cœur tremble pour lui,
car il est dans les mains d'un homme cruel,
dominé par une créature infernale
et entouré d'une cour corrompue. Nous l'aimons... Tu le sais que nous
l'aimons et que lui mérite notre amour. Depuis que tu as quitté Bethléem, nous avons été frappés par les hommes... mais plus que
par leur haine, nous fûmes désolés, abattus comme des arbres, que le vent a brisés
pour t'avoir perdu, Toi. Puis, après des années de peine, comme quelqu'un qui
aurait les paupières cousues, cherchant le soleil et ne pouvant le voir parce
qu'il est aussi dans une prison et ne peut le découvrir dans la tiédeur qu'il
sent sur sa peau, voilà que nous avons pris conscience que le Baptiste était
l'homme de Dieu prédit par les prophètes pour préparer le chemin à son
Christ, et nous sommes allés à lui. Nous nous sommes dit : "Si lui
le précède, en allant vers lui, nous le trouverons". Car c'est Toi,
Seigneur, celui que nous cherchions." "Je le sais, et
vous m'avez trouvé. Je suis avec vous." 247> "Joseph nous a dit que tu
es venu chez le Baptiste. Nous n'étions
pas ce jour là. Peut-être étions-nous allés pour lui, quelque part. Nous le
servions, dans les services spirituels que lui nous demandait, avec tant
d'amour, comme nous l'écoutions nous aussi avec amour malgré sa grande
sévérité, parce qu'il n'était pas Toi le Verbe, mais c'était toujours les
paroles de Dieu qu'il disait." "Je le sais. Et
celui-ci, vous ne le connaissez pas ?" et il montre Jean. "Nous le voyions
avec d'autres Galiléens dans les foules les plus fidèles au Baptiste. Et, si nous
ne nous trompons pas, tu es celui dont le nom est Jean et de qui lui disait,
à nous ses intimes : "Voilà moi le premier, lui le dernier. Et puis
ce sera lui le premier et moi le dernier". On n'a jamais compris ce
qu'il voulait dire." Jésus se tourne vers
sa gauche où se trouve Jean. Il l'attire contre son cœur avec un sourire
encore plus lumineux... Il explique "Lui voulait dire qu'il était le
premier à dire : "Voici l'Agneau" et celui-ci sera le dernier
des amis du Fils de l'homme qui parlera aux foules, de l'Agneau; mais que,
dans le cœur de l'Agneau il est le premier, parce qu'il lui est cher plus
qu'aucun autre homme. Voilà ce que le Baptiste voulait dire. Mais, quand vous
le verrez - car vous le verrez encore et le servirez encore, jusqu'à
l'heure marquée - dites-lui qu'il n'est pas le dernier dans le cœur du
Christ. Ce n'est pas tant par le sang mais par la sainteté qu'il est l'aimé
autant que celui-ci. Et vous, gardez-en le souvenir. Si l'humilité du saint
lui fait proclamer qu'il est "le dernier", la Parole de Dieu le
proclame pareil au disciple qui m'est cher. Dites-lui que celui-là je l'aime
parce qu'il porte son nom et que je trouve en lui les traits du Baptiste
chargé de préparer les âmes au Christ." "Nous le lui
dirons... Mais, le verrons-nous encore ?" "Vous le
reverrez." "Oui, Hérode n'ose le tuer par crainte du peuple et, dans cette Cour
avide et corrompue, il serait facile de procurer sa libération si nous avions
beaucoup d'argent. Mais... mais malgré la grande somme d'argent donnée par
des amis, il nous manque beaucoup encore. Et nous avons grande peur de ne pas
arriver à temps... et il sera quand même tué." "Combien
croyez-vous qu'il vous manque pour le racheter ?" 248> "Pas pour le racheter, Seigneur. Hérodiade le hait trop et elle en impose trop à Hérode pour
penser qu'on puisse arriver à le racheter. Mais... à Machéronte sont réunis, je crois, tout ceux qui ambitionnent le
trône. Tous veulent jouir, tous veulent dominer : des ministres jusqu'aux
serviteurs. Mais pour faire le coup, on exige de l'argent... Nous aurions
même trouvé quelqu'un qui pour une grosse somme laisserait sortir le
Baptiste. Hérode même, peut-être le désire... parce qu'il a peur. Rien que
pour cela. Peur du peuple et peur de sa femme. Ainsi il satisferait le
peuple, et sa femme ne l'accuserait pas de l'avoir mécontentée." "Et combien
demande cette personne ?" "Vingt talents
d'argent [1] et
nous n'en avons que douze et demi." "Judas, tu as dit que ces joyaux sont très beaux." "Beaux et de
grande valeur." "Combien
peuvent-ils valoir ? Il me semble que tu t'y entends." "Oui, je m'y
entends. Pourquoi veux-tu savoir leur valeur, Maître ? Veux-tu les
vendre ? Pourquoi ?" "Peut-être...
Dis-moi, combien peuvent-ils valoir ?" "Vendus dans de
bonnes conditions; au moins... au moins six talents. [2]" "En es-tu
sûr ?" "Oui, Maître. Le
collier à lui seul, gros et lourd vaut au moins trois talents [3]. Je l'ai bien
examiné. Et aussi les bracelets... Je me demande comment les poignets fins d'Aglaé pouvaient en supporter le poids." "C'était des
menottes pour elle, Judas." "C'est vrai,
Maître... mais beaucoup voudraient avoir de ces menottes-là !" "Tu le
crois ? Qui ?" "Mais...
beaucoup !" "Oui, beaucoup
qui n'ont de l'homme que le nom... Connaîtrais- tu un acheteur
éventuel ?" "En somme, tu
veux les vendre ? Et pour le Baptiste ? Mais, regarde : c'est de
l'or maudit !" "Oh !
Incohérence humaine ! Tu viens de dire, avec un désir évident que beaucoup
voudraient avoir cet or, et puis tu l'appelles maudit ?! Judas,
Judas !... C'est de l'or maudit, oui, maudit. Mais elle a dit :
"Il sera sanctifié servant à qui est pauvre et saint". C'est pour
cela qu'elle l'a donné, pour que le bénéficiaire prie pour sa pauvre âme qui,
comme une chrysalide, est en train de pousser dans la semence de son cœur. 249> Qui est plus saint et plus pauvre que le Baptiste ? Il
est, par sa mission, l'égal d'Élie, mais pour la sainteté, il est plus grand
qu'Élie. Il est plus pauvre que Moi. Moi, j'ai une Mère et une maison...
Lorsqu'on les a pures et saintes comme je les ai, on n'est jamais des
délaissés. Lui n'a plus de maison et même plus le tombeau de sa mère, Tout a
été violé, profané par la perversité humaine. Quel est donc
l'acheteur ?" "Il y en a un à Jéricho et
beaucoup à Jérusalem. Mais celui de
Jéricho !!! Ah ! c'est un rusé levantin, batteur d'or, usurier,
brocanteur, entremetteur, un voleur sûrement, homicide peut-être...
certainement poursuivi par Rome. Il se fait appeler Isaac pour paraître
hébreu, mais son vrai nom est Diomède. Je le
connais bien..." "On le
voit !" interrompt Simon
le Zélote qui parle peu mais observe
tout. Et il demande : "Comment as-tu fait pour le connaître si
bien ?" "Mais... tu
sais... Pour faire plaisir à des amis influents. Je suis allé le voir... et
j'ai fait des affaires... Nous, du Temple... tu sais..." "Oui !
...vous faites tous les métiers !" conclut Simon avec une
froide ironie. Judas rougit, mais se tait. "Peut-il
acheter ?" demande Jésus. "Je crois.
L'argent ne lui manque jamais. Certainement, il faut savoir vendre car c'est
un grec, et astucieux et s'il voit qu'il a affaire à une personne honnête, à
une... colombe qui sort du nid, il la plume à souhait. Mais s'il a affaire à
un vautour comme lui..." "Vas-y toi,
Judas. Tu es le type qu'il faut. Tu as la ruse du renard et la rapacité du
vautour. Oh ! pardonne, Maître. J'ai parlé avant Toi !" "Je suis de ton
avis et je dis donc à Judas d'y aller. Jean, va avec lui. Nous nous
retrouverons au coucher du soleil. Le lieu du rendez-vous sera près de la place
du marché. Va et fais pour le mieux." Judas se lève
aussitôt. Jean a les yeux implorants d'un petit chien que l’on chasse. Mais
Jésus a repris la conversation avec les bergers et n'aperçoit pas ce regard
implorant. Et Jean se met en route à la suite de Judas. "Je voudrais
vous rendre contents" dit Jésus. "Tu nous seras
toujours agréable, Maître. Que le Très-Haut te bénisse pour nous. Cet homme
est ton ami ?" "Il l'est. Ne te
paraît-il pas qu'il puisse l'être ?" 250> Jean, le berger, baisse la tête et se tait.
Le disciple Simon prend la parole : "Seul celui qui est bon sait
voir. Moi, je ne suis pas bon et je ne vois pas ce que voit la Bonté. Je vois
l'extérieur. Celui qui est bon pénètre jusqu'à l'intérieur. Toi aussi, Jean,
tu vois comme moi, mais le Maître est bon... et il voit..." "Que vois-tu,
Simon en Judas ? Je t'ordonne de parler." "Voici : je
pense, en le regardant, à certains endroits mystérieux qui semblent être antres
de fauves et marais fiévreux. On n'en voit seulement qu’un grand
enchevêtrement et l'on y tourne au large, peureux. Au contraire... au
contraire, par derrière il y a aussi des tourterelles et des rossignols et le
sol est riche de sources bienfaisantes et d'herbes salutaires. Je veux croire
que Judas soit ainsi... Je le crois parce que tu l'as pris, Toi qui
sais..." "Oui. Moi qui
sais... Il y a beaucoup de replis dans le cœur de cet homme... Mais, il ne
manque pas de bons côtés. Tu l'as vu à Bethléem, et même à Kériot. Si ce bon côté humain et qui n'est que bonté humaine
s'élevait à la hauteur d'une bonté spirituelle, alors Judas serait tel que tu
voudrais qu'il fût. Il est jeune..." "Jean aussi est
jeune..." "Et en ton cœur
tu achèves : et il est meilleur. Mais Jean, c'est Jean ! Aime-le Simon, ce pauvre Judas... Je t'en prie. Si tu
l'aimes... il te paraîtra meilleur." "Je m'y efforce,
à cause de Toi... Mais, c'est lui qui brise tous mes efforts comme on fait
des roseaux d'une rivière... Mais, Maître, il n'y a pour moi qu'une
loi : faire ce que tu veux. C'est pourquoi j'aime Judas, en dépit de
quelque chose qui crie en moi contre lui et en ma conscience." "Quelle chose,
Simon ?" "Je ne sais pas
exactement... Quelque chose comme le cri de la sentinelle dans la nuit... et
qui me dit : "Ne dors pas ! Observe !" Je ne sais
pas... Cette chose n'a pas de nom. Mais c'est... c'est un cri qui s'élève en
moi contre lui." "N'y pense plus,
Simon, n'essaye pas de la préciser. Cela fait mal de connaître certaines
vérités... et leur connaissance pourrait être pour toi, cause de méprises.
Laisse faire à ton Maître. Toi, donne-moi ton amour et pense qu'il me fait
plaisir:.." Et tout
s'achève. |
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