|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
||
|
Jeudi 29 novembre 29 (4 Tébeth)
- Le Temple est
presque vide 553 - Jésus y attend
les malades 554 - Exorcisme d'une fillette 554 - Commentaire
sur le bruit de tonnerre 556 - Dialogue entre
Jésus et ses ennemis : Vous attendez un Messie temporel 556 - Vous ne voulez
pas comprendre 557 - Discours (Le
sens de mes œuvres) 558 - Discours
(Satan et le mal dans la création) 559 - Discours (Ce
que vous êtes) 560 - Discours (Ma
parole ne mourra pas) 561 - Jésus affirme
et manifeste sa divinité 562 - Discours (Mes
œuvres et l'Écriture témoignent de moi) 563 - A mort le blasphémateur
qui se proclame Dieu! 564 - Intervention
musclée des soldats romains 564 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7 7.234. |
||
|
553> Il n'est pas possible de rester immobile dans la matinée
froide et venteuse. Au sommet du Moriah, le vent
qui vient du nord-est s'abat piquant, faisant envoler les vêtements et
rougissant les visages et les yeux. Et pourtant il y a des gens qui sont
montés au Temple pour les prières. Manquent au contraire tous les rabbis avec
leurs groupes particuliers d'élèves, et le Portique paraît plus vaste, et
surtout plus digne, en l'absence des rassemblements tapageurs et pompeux qui
l'occupent d'ordinaire. Et ce doit être une
chose très étrange de le voir si vide, car tout le monde s'en étonne comme
d'une chose inhabituelle, et Pierre en est même méfiant. Mais Thomas, qui semble encore
plus robuste, enveloppé comme il l'est dans un ample et lourd manteau, dit :
"Ils se seront enfermés dans quelque pièce de peur de perdre la voix. Tu
les regrettes ?" et il rit. "Moi, non ! Si
je pouvais ne jamais plus les voir ! Mais je ne voudrais pas que ce
fût..." et il regarde l'Iscariote qui ne parle pas,
mais qui saisit le coup d'œil de Pierre et dit : "Ils ont vraiment
promis de ne pas donner d'autres ennuis, sauf dans le cas où le Maître les...
scandaliserait. Certainement ils seront sur leurs gardes, mais puisque ici on
ne pèche pas et on n'offense pas, ils sont absents." "Cela vaut mieux
ainsi, et que Dieu te bénisse, garçon, si tu as réussi à les rendre
raisonnables." 554> Il est encore de bonne heure. Il y a peu de gens dans le Temple. Je dis "peu", et c'est ce qu'il semble,
étant donné son immensité qui, pour paraître plein, a besoin de masses de
peuple. Deux ou trois cent personnes ne se voient même pas dans cet ensemble
de cours, de portiques, d'atriums, de corridors... Jésus, seul Maître dans le
vaste Portique des Païens, va et vient en parlant avec les siens et avec les
disciples qu'il a déjà trouvés dans l'enceinte du Temple. Il répond à leurs
objections et à leurs questions, éclaire des points qu'eux n'ont pas su
éclairer, pour eux-mêmes et pour les autres. Arrivent deux
gentils, ils le regardent et s'en vont sans rien dire. Il passe des gens
attachés au Temple, ils le regardent mais ne disent rien eux non plus. Quelques
fidèles s'approchent, saluent, écoutent, mais ils sont encore peu nombreux. "Restons-nous
encore ici ?" demande Barthélemy. "Il fait froid
et il n'y a personne. Pourtant cela fait plaisir d'être ici ainsi en paix.
Maître, aujourd'hui tu es vraiment dans la Maison de ton Père et en
Maître" dit en souriant Jacques d'Alphée, et il ajoute :
"C'est ainsi que devait être le Temple quand il y avait Néhémie [1] et les rois sages et
pieux." "Moi, je dirais
de partir. De là, ils nous épient..." dit Pierre. "Qui ? Les
pharisiens ?" "Non. Ceux qui
sont passés avant et d'autres. Partons, Maître..." "J'attends des
malades. Ils m'ont vu entrer dans la ville. Le bruit s'est certainement
répandu. Ils vont venir quand il fera plus chaud. Restons au moins jusqu'au
tiers de sexte" [2] répond Jésus. Et il
recommence à faire les cents pas pour ne pas rester immobile dans l'air
froid.
Plus tard, sur un
brancard, on apporte un homme âgé dont les jambes sont malades. Et Jésus le
guérit. En troisième lieu
arrive un groupe de personnes qui prient Jésus de sortir hors des murs du
Temple pour chasser le démon d'une fillette dont
les cris déchirants se font entendre jusqu'à l'intérieur. Et Jésus se dirige
derrière eux, en sortant sur la route qui mène à la ville. Des gens, parmi
lesquels il y a des étrangers, se sont serrés autour de ceux qui tiennent la
fillette qui écume et se débat en chavirant les yeux. 555> Des gros mots de toutes
sortes sortent de ses lèvres et sortent
d'autant plus que Jésus s'approche d'elle, de même elle se débat plus
fortement. C'est avec peine que la tiennent quatre hommes jeunes et robustes.
Et avec les insultes, sortent des cris de reconnaissance pour le Christ, et
des supplications angoissées de l'esprit qui la possède pour qu'on ne le
chasse pas, et aussi des vérités, répétées avec monotonie : "Allez ! Ne
me faites pas voir ce maudit ! Va-t'en ! Va-t'en ! Cause de notre ruine. Je sais qui tu es. Tu es...
Tu es le Christ. Tu es... Tu n'as pas reçu d'autre onction que celle de
là-haut. La puissance du Ciel te couvre et te défend. Je te hais ! Maudit !
Ne me chasse pas. Pourquoi nous chasses-tu et ne veux-tu pas de nous alors
que tu gardes près de Toi une légion de démons dans un seul ? Ne sais-tu pas
que l'enfer tout entier est dans un seul ? Si, tu le sais... Laisse-moi ici,
au moins jusqu'à l'heure de..." La parole s'arrête parfois comme
étranglée, d'autres fois elle change, ou s'arrête avant, ou se prolonge à
travers des cris inhumains comme quand il crie : "Laisse-moi entrer au
moins en lui. Ne m'envoie pas là-bas dans l'Abîme ! Pourquoi nous hais-tu,
Jésus, Fils de Dieu ? Est-ce que cela ne te suffit pas ce que tu es ?
Pourquoi veux-tu aussi nous commander ? Nous ne voulons pas de tes ordres,
nous ! Pourquoi es-tu venu pour nous persécuter, si nous, nous t'avons renié
? Va-t'en ! Ne nous verse pas dessus les feux du
Ciel ! Tes yeux ! Quand ils seront éteints, nous rirons... Ah ! Non ! Pas
même alors... Tu nous vaincs ! Tu nous vaincs ! Sois maudit Toi et le Père
qui t'a envoyé, et Celui qui vient de vous et est vous... Aaaah
!" Le dernier cri est
vraiment épouvantable, le cri d'une créature égorgée dans laquelle entre
lentement le fer homicide, et il a commencé du fait que Jésus, après avoir
arrêté plusieurs fois, par commandement mental, les paroles de l'obsédée, y
met fin en touchant d'un doigt le front de la fillette. Et le cri se termine
dans une convulsion horrible jusqu'à ce que, avec un fracas qui tient du
ricanement et du cri d'un animal de cauchemar, le démon la quitte en criant :
"Mais je ne vais pas loin... Ha ! Ha ! Ha !" suivi immédiatement
d'un bruit sec comme celui de la foudre, bien que le ciel soit absolument
clair. Beaucoup s'en vont terrorisés.
D'autres s'approchent encore davantage pour observer la fillette qui s'est
calmée tout d'un coup en s'affaissant dans les bras de ceux qui la tenaient.
Elle reste ainsi quelques instants, et puis elle ouvre les yeux, sourit, se
voit parmi les gens sans voile sur le visage et sur la tête, et elle baisse
son visage pour le cacher sur le bras qu'elle lève. Ceux qui l'accompagnent
voudraient qu'elle remercie le Maître, mais il dit : 556> "Laissez-la dans sa pudeur. Son âme me remercie déjà.
Reconduisez-la à sa maison, chez sa mère. C'est sa place de fillette..."
et il tourne le dos aux gens pour rentrer dans le Temple, à la place qu'il
occupait. "Tu as vu,
Seigneur, que plusieurs juifs étaient venus derrière nous ? J'en ai reconnu
quelques-uns... Les voilà ! Ce sont ceux qui nous épiaient avant. Regarde
comme ils discutent entre eux..." dit Pierre. "Ils sont en
train de décider dans lequel d'entre eux le diable est entré. Il y a aussi Nahum, l'homme de
confiance de Anna. C'est l'homme de la situation..." dit Thomas. "Oui. Et tu n'as
pas vu parce que tu avais le dos tourné, mais le feu s'est ouvert justement
sur sa tête" dit André qui en claque des dents. "J'étais près
de lui, et j'ai eu une peur !..." "Vraiment, ils
étaient tous unis, eux. Pourtant j'ai vu le feu s'ouvrir sur nous et j'ai cru
mourir... J'ai même tremblé pour le Maître. Il paraissait vraiment suspendu
au-dessus de sa tête" dit Matthieu. "Mais non. Moi,
au contraire, je l'ai vu sortir de la fillette et éclater sur le mur du
Temple" réplique Lévi, le berger disciple. "Ne discutez pas
entre vous. Le feu n'a indiqué ni celui-ci, ni celui-là. Il a été seulement
le signe que le démon s'était enfui" dit Jésus. "Mais il a dit
qu'il n'allait pas loin !..." objecte André. "Paroles de
démon... Il ne faut pas les écouter. Louons plutôt le Très-Haut pour ces
trois fils d'Abraham guéris dans leur corps et leur âme." Pendant ce temps un
grand nombre de juifs sortis d'ici ou de là — mais il n'y a dans leur groupe
ni un pharisien, ni un scribe, ni un prêtre — s'approchent de Jésus et
l'entourent, et l'un d'eux s'avance en disant : "Et ne vous
l'ai-je pas dit de nombreuses fois qui je suis ? Cela fait presque trois ans
que je vous le dis, et avant Moi vous l'a dit Jean au Jourdain et la Voix de
Dieu venue des Cieux. [3]" 557> "C'est vrai.
Mais nous n'y étions pas les autres fois. Nous... Toi qui
es juste, tu dois comprendre notre angoisse. Nous voudrions croire en Toi
comme Messie. Mais trop de fois, désormais, le peuple de Dieu a été trompé
par de faux Christ. Console notre cœur qui espère et qui attend, par une
parole assurée, et nous t'adorerons." Jésus les regarde
sévèrement. Ses yeux semblent percer leur chair et mettre leurs cœurs à nu.
Puis il dit : "En vérité de nombreuses fois les hommes savent mieux que
Satan dire des mensonges. Non, vous ne m'adorerez pas. Jamais. Quoi que je
vous dise. Et même si vous arriviez à le faire, qui adoreriez-vous ?" "Qui ? Mais
notre Messie !" "Vous vaudriez
tant ? Qui est pour vous le Messie ? Répondez pour que je sache ce que vous
valez." "Le Messie ?
Mais le Messie est celui qui, par ordre de Dieu, réunira Israël dispersé et
en fera un peuple triomphal sous le pouvoir duquel sera le monde. Et quoi ?
Tu ne sais pas ce qu'est le Messie ?" "Je le sais
comme vous vous ne le savez pas. Donc pour vous c'est un homme qui,
surpassant David et Salomon et Judas Maccabée, fera
d'Israël la Nation qui sera la reine du monde ?" "C'est cela.
Dieu l'a promis. Toute vengeance, toute gloire, toute revendication viendra
du Messie promis." "Il est dit :
"Tu n'adoreras pas d'autre que le Seigneur ton Dieu [4]". Pourquoi
alors m'adoreriez-vous si vous ne pouviez voir en Moi que l'Homme-Messie
?" "Et quoi d'autre
devons-nous voir en Toi ?" "Quoi ? Et c'est
avec ces sentiments que vous venez m'interroger ? Races de vipères sournoises
et venimeuses ! Et sacrilèges aussi. Car, si en Moi vous ne pouviez voir
autre chose que le Messie humain et m'adoriez, vous seriez idolâtres. C'est à
Dieu seul qu'il faut donner l'adoration. Et en vérité, je vous dis une fois
encore que Celui qui vous parle est plus que le Messie que vous vous
représentez avec une mission et des fonctions et des pouvoirs que vous,
dépourvus d'esprit et de sagesse, vous imaginez. Le Messie ne vient pas pour
donner à son peuple un royaume tel que vous le croyez. Il ne vient pas
exercer des vengeances sur d'autres puissants. Son Royaume n'est pas de ce
monde et sa puissance dépasse tout autre pouvoir limité de ce monde." "Tu nous
mortifies, Maître. Si tu es Maître et si nous sommes ignorants, pourquoi ne
veux-tu pas nous instruire ?" "Cela fait trois
ans que je le fais, et vous êtes de plus en plus dans les ténèbres parce que
vous repoussez la Lumière." 558> "C'est vrai.
C'est peut-être vrai. Mais ce qui a été dans le passé peut ne plus être
dans l'avenir. Et quoi ? Toi qui as pitié des publicains et des courtisanes
et tu absous les pécheurs, veux-tu être sans pitié pour nous, seulement parce
que nous avons la tête dure et que nous avons du mal à comprendre qui tu es ?"
"Ce n'est pas
que vous avez du mal. C'est que vous ne voulez pas comprendre. Être
hébété ne serait pas une faute. Dieu a tant de lumières qu'il pourrait faire
la lumière dans l'intelligence la plus obtuse mais pleine de bonne volonté.
C'est elle qui manque en vous, et même vous avez une volonté opposée. C'est
pour cela que vous ne comprenez pas qui je suis." "C'est peut-être
comme tu dis. Tu vois comme nous sommes humbles. Mais nous t'en prions au nom
de Dieu, réponds à nos questions. Ne nous tiens pas davantage en suspens.
Jusqu'à quand notre esprit devra-t-il demeurer incertain ? "Je vous l'ai
dit. Dans les maisons, sur les places, sur les routes, dans les villages, sur
les monts, le long des fleuves, en face de la mer, devant les déserts, dans
le Temple, dans les synagogues, sur les marchés je vous l'ai dit, et vous ne
croyez pas. Il n'y a pas de lieu en Israël qui n'ait entendu ma voix.
Jusqu'aux lieux qui portent abusivement le nom d'Israël depuis des siècles,
mais qui se sont séparés du Temple, jusqu'aux lieux qui ont donné leur nom à
notre terre mais qui de dominateurs sont devenus sujets, et qui pourtant ne
se libérèrent jamais complètement de leur erreur pour venir à la Vérité,
jusqu'à la Syro-Phénicie que fuient les rabbis comme une terre de péché, tous
ont entendu ma voix et appris mon existence. Je vous l'ai dit, et
vous ne croyez pas à mes paroles. J'ai agi, et à mes actions vous n'avez pas
apporté votre pensée avec un esprit bon. Si vous l'aviez fait avec
l'intention droite de vous renseigner sur Moi, vous seriez arrivés à avoir foi
en Moi, car les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de Moi. Les
gens de bonne volonté qui sont venus à ma suite, parce qu'ils m'ont reconnu
comme Pasteur, ont cru à mes paroles et au témoignage que donnent mes œuvres.
Et quoi ? Croyez-vous
peut-être que ce que je fais n'a pas pour but votre intérêt ?
L'intérêt de toutes les créatures ? Détrompez-vous. Et ne pensez pas que
l'intérêt est donné par la santé de l'individu retrouvée par ma puissance, ou
la libération de l'obsession ou du péché de tel ou tel. 559> Cela est un intérêt
limité à l'individu. C'est trop peu de chose en comparaison de la puissance
qui se trouve libérée et de la source surnaturelle, plus que
surnaturelle : divine, qui la libère, pour que ce soit l'unique
intérêt. C'est pour cet
intérêt collectif, en faveur de tous le hommes présents et à venir,
car mes œuvres apporteront leur témoignage sur Moi auprès des générations à
venir et les convaincront à mon sujet, c'est pour cela que mon Père me donne
la puissance de faire ce que je fais. Rien ne se fait sans une fin qui soit
bonne dans les œuvres de Dieu. Souvenez-vous en toujours. Méditez cette
vérité." Jésus s'arrête un
moment. Il fixe son regard sur un juif qui se tient la tête inclinée et il
dit ensuite : Tu ne réponds pas ?
Il t'est dur de devoir proclamer que j'ai lu dans ton cœur et que j'ai
triomphé des suppositions injustes de ta pensée tortueuse ? Je ne te forcerai
pas à le faire. En présence de tant de monde, je te laisserai dans ton
orgueil. Je ne réclame pas que tu me proclames victorieux, mais quand tu
seras seul avec ceux qui te sont semblables, et avec ceux qui vous ont
envoyés, alors avoue aussi que Jésus de Nazareth a lu
les pensées de ton esprit et a étranglé tes objections dans ta gorge par la
seule arme de sa parole de vérité. 560> Mais laissons là
cette interruption personnelle et revenons aux personnes nombreuses qui
m'écoutent. Si même une seule de ce grand nombre convertissait son esprit à
la Lumière, je serais récompensé de la peine de parler à des pierres, ou
plutôt à des tombeaux remplis de vipères.
Qu'êtes-vous ? Je vous
le demande. Posez-vous la question à l'intérieur de votre cœur. Vous n'êtes
pas sots, vous pouvez vous connaître pour ce que vous êtes. Il vous suffit
d'écouter la voix de votre âme qui n'est pas tranquille de continuer
d'offenser le Fils de Celui qui l'a créée. Vous, tout en sachant ce que vous
êtes, vous ne le direz pas. Vous n'êtes ni humbles ni sincères, mais Moi je
vous dis ce que vous êtes. Vous êtes en partie des loups, en partie des
chevreaux sauvages. Mais aucun d'entre vous, malgré la peau d'agneau que vous
portez pour vous faire passer pour des agneaux, n'est un agneau véritable.
Sous la toison moelleuse et blanche, vous avez tous les couleurs féroces, les
cornes pointues, les crocs et les griffes du bouc ou du fauve, et vous voulez
rester tels, car il vous plaît d'être tels, et vous rêvez férocité et
révolte. Vous ne pouvez donc m'aimer, et vous ne pouvez me suivre et me
comprendre. Si vous entrez dans le troupeau, c'est pour nuire, pour apporter
la douleur ou le désordre. Mes brebis ont peur de vous. Si elles étaient
comme vous êtes, elles devraient vous haïr, mais elles ne
savent pas haïr. Ce sont les agneaux du Prince de la paix, du Maître d'amour,
du Pasteur miséricordieux. Et elles ne savent pas haïr. Elles ne vous haïront
jamais, comme Moi je ne vous haïrai jamais. Je vous laisse la haine, qui est le
fruit mauvais de la triple concupiscence, avec le moi déchaîné dans l'animal
homme, qui vit oublieux d'être aussi
esprit en plus que chair. Moi, je garde ce qui est mien : l'amour.
Et cela je le communique à mes agneaux et je vous l'offre aussi à vous pour
vous rendre bons. Si vous vous rendez
bons, alors vous me comprendrez et vous viendrez à mon troupeau, semblables
aux autres qui s'y trouvent. Nous nous aimerions. Les brebis et Moi, nous
nous aimons. Elles m'écoutent, elles reconnaissent ma voix. 561> Vous, vous ne
comprenez pas ce qu'est en vérité connaître ma voix.
C'est ne pas avoir de doute sur son origine et la discerner entre mille
autres voix de faux prophètes, comme une véritable voix venue du Ciel.
Maintenant et toujours, même parmi ceux qui se croient des fidèles de la
Sagesse, et le sont en partie, il y en aura beaucoup qui ne sauront pas
discerner ma voix des autres voix qui parleront de Dieu avec plus ou moins de
justice, mais qui seront toutes des voix inférieures à la mienne...". "Tu dis toujours
que bientôt tu t'en vas et ensuite tu veux dire que toujours tu parleras ?
Quand tu seras parti, tu ne parleras plus" objecte un juif avec le ton
méprisant dont il parlerait à un diminué mental. Jésus répond encore
de son ton patient et affligé qui a pris seulement un son sévère quand il a
parlé au début aux juifs, et ensuite, quand il a répondu aux objections
intérieures de ce juif : "Je parlerai toujours, pour que le monde ne
devienne pas tout entier idolâtre. Et je parlerai aux miens, à ceux que j'ai
choisis pour vous répéter mes paroles. L'Esprit de Dieu parlera, et eux comprendront ce que les sages
eux-mêmes ne sauront pas comprendre. En effet les savants étudieront la
parole, la phrase, la manière, le lieu, le comment, l'instrument, à travers
lesquels la Parole parle, alors que ceux que j'ai choisis ne se perdront
pas dans ces études inutiles, mais écouteront,
perdus dans l'amour, et comprendront
puisque ce sera l'Amour qui leur
parlera. Eux distingueront les pages ornées des savants ou les pages
menteuses des faux prophètes, des rabbis d'hypocrisie, qui
enseignent des doctrines corrompues ou enseignent ce qu'ils ne pratiquent
pas, ils les distingueront des paroles simples, vraies, profondes qui
viendront de Moi. Mais le monde les haïra à cause de cela, car le monde me
hait Moi-Lumière et il hait les fils de la Lumière, le monde ténébreux qui
aime les ténèbres propices à son péché.
*Nous n'avons jamais
repoussé les paroles des vrais prophètes. Nous avons toujours respecté Jean
qui a été le dernier prophète" répond un juif avec colère, et ses
compagnons lui font écho. "Il est mort à
temps pour ne pas être mal vu de vous et être persécuté même par vous. S'il
était encore parmi les vivants, son "il n'est pas permis" dit pour
un inceste charnel, il vous le dirait aussi à vous qui commettez un adultère
spirituel par votre fornication avec Satan contre Dieu, et vous le tueriez
comme vous avez l'intention de me tuer." Les juifs manifestent
bruyamment avec colère, déjà disposés à frapper, las de devoir feindre la
douceur. Mais Jésus ne s'en
préoccupe pas. Il élève la voix pour dominer le tumulte et il crie : "Et
vous m'avez demandé qui je suis, ô hypocrites ? Vous disiez que vous vouliez
le savoir pour être certains ? Et vous dites maintenant que Jean a été le
dernier prophète ? Et par deux fois vous vous condamnez pour un péché de
mensonge. Une première fois parce que vous dites n'avoir jamais repoussé les
paroles des vrais prophètes, la seconde fois parce qu'en disant que
Jean est le dernier prophète et que vous croyez aux vrais prophètes, vous
excluez que Moi aussi je sois un prophète, au moins un prophète, et un vrai
prophète. Bouches mensongères ! Cœurs trompeurs ! Oui, en vérité, en
vérité, Moi, ici, dans la maison de mon Père, 563> je proclame que je suis plus que Prophète. Moi j'ai ce que mon
Père m'a donné. Ce que mon Père m'a donné est plus précieux que tout et que
tous, car c'est une chose sur laquelle la volonté et la puissance des hommes
ne peuvent porter leurs mains rapaces. "Ah ! Horreur !
Blasphème ! Anathème ! !" La clameur des juifs résonne dans le Temple et
encore une fois les pierres, qui servent aux changeurs et aux marchands de
bestiaux pour tenir en place leurs enclos, sont des munitions pour ceux qui
cherchent des armes pouvant servir à frapper. Mais Jésus s'élève,
les bras croisés sur la poitrine, Il est monté sur un banc de pierre pour
être encore plus haut et plus visible et, de là, il les domine des rayons de
ses yeux de saphir. Il domine et darde ses regards. Il est si majestueux
qu'il les paralyse. Au lieu de lancer les pierres, ils les jettent ou les
gardent dans leurs mains, mais sans avoir désormais l'audace de les lancer
contre Lui. Même la clameur se calme pour faire place à une frayeur étrange.
C'est vraiment Dieu qui se manifeste dans le Christ. Et quand Dieu se
manifeste ainsi, l'homme, même le plus arrogant, se fait petit et effrayé. Je pense quel mystère
est caché en ayant vu les juifs être si féroces le Vendredi
Saint. Quel mystère dans l'absence de ce pouvoir de domination chez
le Christ ce jour-là. C'était vraiment l'heure des Ténèbres, l'heure de Satan,
et eux seuls régnaient... La Divinité, la Paternité de Dieu avait abandonné
son Christ, et Lui n'était plus rien que la Victime...
"Ce n'est pas
pour les œuvres bonnes que tu as faites que nous te lapidons, mais pour ton
blasphème, parce qu'étant homme, tu te fais Dieu." "N'est-il pas
écrit dans votre Loi : "J'ai dit : vous êtes des dieux et des fils du
Très-Haut" [5] ? Maintenant s'il a
appelé "dieux" ceux auxquels Il a parlé pour leur donner un ordre :
celui de vivre de façon que la ressemblance et l'image de Dieu qui est dans
l'homme apparaisse manifestement et que l'homme ne soit ni un démon ni une
brute; si les hommes sont appelés des "dieux" dans l'Écriture, tout
inspirée par Dieu, et pour cela l'Écriture ne peut être modifiée ni annulée
selon le plaisir et l'intérêt de l'homme; pourquoi dites-vous que je
blasphème, Moi que le Père a consacré et envoyé dans le monde, parce que je
dis : "Je suis le Fils de Dieu" ? Si je ne faisais pas les œuvres
de mon Père, vous auriez raison de ne pas croire en Moi. Mais Moi je les
fais. Et vous ne voulez pas croire en Moi. Alors, croyez au moins à ces
œuvres afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en Moi et que
je suis dans le Père." La tempête des cris
et des violences recommence plus forte qu'auparavant. De l'une des terrasses
du Temple où certainement ils étaient à l'écoute et cachés des prêtres, des
scribes et des pharisiens, poussent de nombreux cris : "Mais
emparez-vous de ce blasphémateur. Désormais sa faute est publique. Tous nous
avons entendu. À mort le blasphémateur qui se proclame Dieu ! Donnez-lui le
même châtiment qu'au fils de Salumit de Dabri [6]. Qu'on l'emmène hors
de la ville et qu'on le lapide ! C'est notre droit ! Il est dit : 'Que le
blasphémateur soit mis à mort [7]" Les cris des chefs
excitent la colère des juifs qui tentent de s'emparer de Jésus et de le
remettre lié aux mains des magistrats du Temple qui sont en train d'accourir,
suivis par les gardes du Temple. Mais plus rapides
qu'eux sont encore une fois les légionnaires. Surveillant depuis l'Antonia,
ils ont suivi le tumulte, et ils sortent de leur caserne pour venir à
l'endroit où on crie. Et ils n'ont de respect pour personne. Les hampes des
lances manœuvrent activement sur les têtes et les échines. Et ils s'excitent
mutuellement par des plaisanteries et des gros mots à travailler sur les
juifs : "À la niche, chiens ! Faites place ! Frappe dur sur ce teigneux,
Licinus. Partez ! La peur
vous rend puants plus que jamais ! 565> Mais que
mangez-vous, corbeaux, pour sentir si mauvais ? Tu parles
bien, Bassus. Ils se purifient,
mais ils empestent. Regarde là ce gros nez ! Au mur ! Au mur, que nous
prenions vos noms ! Et vous, hiboux, descendez de là-haut. Désormais nous
vous connaissons. Le centurion aura à rédiger un bon rapport pour le Chef.
Non ! Celui-là laisse-le, c'est un apôtre du Rabbi. Tu ne vois pas qu'il a
une figure d'homme et non de chacal ? Regarde ! Regarde comme ils s'enfuient
de ce côté ! Et laisse-les aller ! Pour les persuader, il faudrait les
enfiler tous sur nos lances ! Alors seulement nous les aurions domptés ! Si cela
pouvait être demain ! Ah ! mais toi, tu es pris et tu ne t'échappes pas. Je
t'ai vu, tu sais ? La première pierre c'était la tienne. Tu en répondras
d'avoir frappé un soldat de Rome... Celui-ci aussi. Il nous a maudit en
insultant les enseignes. Ah ! Oui ? Vraiment ? Viens, nous te les ferons
aimer dans nos prisons..." Et ainsi, en les chargeant et en les
raillant, en arrêtant certains, en mettant les autres en fuite, les légionnaires
dégagent la vaste cour. Mais c'est quand les
juifs voient arrêter réellement deux des leurs qu'ils se dévoilent pour ce
qu'ils sont : lâches, lâches, lâches. Ou bien ils s'enfuient en caquetant
comme une volée de poulets qui voient descendre l'épervier, ou bien ils se
jettent aux pieds des soldats pour implorer la pitié, avec une servilité et
des flatteries révoltantes. Un vieux ridé, un des
plus acharnés contre Jésus, s'accroche aux mollets d'un gradé en l'appelant
"magnanime et juste". Le gradé s'en dégage par une vigoureuse
secousse qui envoie rouler le juif à trois pas en arrière et il crie : "Va-t'en, vieux renard teigneux" et, se tournant vers
un compagnon et montrant son mollet, il dit : "Ils ont des ongles de
renards et de la bave de serpents. Regarde ici ! Par Jupiter Maximus ! Maintenant je m'en vais tout de suite aux
Thermes pour effacer les marques de ce vieux baveux !" et réellement il
s'en va fâché, avec son mollet tout éraflé. |
|||
|
J'ai tout à fait
perdu Jésus de vue. Je ne pourrais dire où il est allé, par quelle porte il
est sorti. J'ai seulement vu, pendant quelque temps, émerger et disparaître
dans la confusion, les visages des deux fils d'Alphée et de Thomas, qui
luttaient pour se frayer un chemin, et ceux de quelques disciples bergers
occupés au même travail. Puis eux aussi sont disparus et il ne m'est resté
que les dernières criailleries des perfides juifs occupés à courir ça et là
pour empêcher les légionnaires de les arrêter et de les reconnaître. J'ai
l'impression que pour les légionnaires ce fut une fête de pouvoir flanquer
une raclée aux hébreux pour se dédommager de toute la haine dont ils sont
gratifiés. |
|||
[1] Néhémie : échanson du
roi perse Artaxerxés I (465-424 av. J.C.). Il reçut l’autorisation de retourner
à Jérusalem où il fit reconstruire le Temple en 52 jours et restaura le culte.
Son histoire est reportée dans le Livre
de Néhémie.
[2] Sexte désigne l'heure de
midi. "Le tiers de sexte" peut donc indiquer soit 10h, soit 13h.
[3] Lors du Baptême de Jésus
au Jourdain (2.3). Jésus, quelques temps aupraravant, a déjà rappellé ce
signe aux membres de Sanhédrin (7.203). La voix de Dieu est signalée, non dans le
récit même du Baptême, mais dans le souvenir d'un témoin : André (5.12)
[4] Reprise de la réponse
faite par Jésus à Satan qui venait le tenter : Cf. 2.5 - Deutéronome 5,7-10 (Exode 20,3-6)
[6] Le fils de Salumit (Shelomit) fille de Dabri (Dibri) de la tribu de Dan,
blasphéma. Il était de père égyptien. On le condamna à la lapidation (Lévitique
24,11)