|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
||
|
Dimanche 31 mars 30 (9
Nisan)
- Discours :Le
sommet du Bien et du Mal 41 - Le Germe va
être mis à mort 42 - Le
commencement d'un temps nouveau 42 - L'Abel, c'est
moi 43 - Discours :
Jésus, l'Agneau sans tache 43 - Tous font face
à la mort 43 - La nouvelle
circoncision 44 - L'établissement
du Royaume) 44 - Discours :
Appel au traître 45 - Judas désigne
d'autres que lui 46 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 9 9.8. |
||
|
41> Jésus marche parmi des
vergers et des oliviers tout en fleurs. Elles paraissent des fleurs même les
feuilles argentées des oliviers ainsi emperlées de rosée qui brille frappée
par le premier rayon de l'aurore et remuée par un léger vent parfumé. Chaque
frondaison est un travail d'orfèvre et l'œil en regarde avec admiration la
beauté. Les amandiers, déjà tout couverts de leurs feuilles vertes, se
détachent des masses blanc-rosées des autres arbres fruitiers, et par
dessous, les vignes montrent les découpures de leurs premières tendres
feuilles si claires et soyeuses qu'elles semblent un éclat d'émeraude très
fine ou un lambeau de soie précieuse. En haut, un ciel de turquoise foncée,
uni, tranquille, solennel. Partout, des chants d'oiseaux et des parfums de
fleurs. Un air frais refait les forces et réjouit. C'est vraiment la gaieté
d'avril qui sourit partout. Jésus est au milieu
de ses apôtres, des douze, et il parle. "J'ai envoyé les
femmes en avant car c'est à vous seuls que je veux parler. Dans les premiers
temps que j'étais avec vous je vous ai dit, à ceux qui étaient avec Moi :
"Ne troublez pas ma Mère en lui racontant des
mauvaises actions contre Moi". Elles paraissaient des actions si graves,
celles-là... Maintenant vous, les trois témoins de celles qui ont été le
commencement de la chaîne avec laquelle sera conduit à la mort le Fils de
l'homme — toi, Jean, toi, Simon, et toi, Judas de Kériot [1] - vous pouvez bien
voir qu'elles étaient comparables à des grains de sable qui tombent d'en haut
en comparaison de la roche des roches que sont les actions de maintenant.
Mais alors ni vous, ni ma Mère, ni Moi, nous n'étions préparés à la
méchanceté humaine. Dans le Bien comme dans le Mal, voilà : l'homme n'atteint
pas le sommet tout d'un coup. Il monte ou descend graduellement. C'est ainsi
dans la douleur. Maintenant vous qui êtes bons, vous êtes montés dans le Bien
et vous pouvez constater, sans le scandale qu'alors vous en auriez eu, à quel
point de perversion peut descendre l'homme qui se voue au satanisme, de même
que ma Mère et Moi, nous pouvons supporter sans en mourir toute la douleur
qui vient de l'homme. Nous avons fortifié notre âme. Tous. Dans le
Bien, dans le Mal, ou dans la Douleur. Pourtant nous n'avons pas encore
atteint le sommet. Nous n'avons pas encore atteint le sommet... Oh !
si vous saviez quel est le sommet et combien il est haut le sommet du Bien,
du Mal, de la Douleur ! 42> Mais je vous répète
mes paroles d'alors. Ne répétez pas à ma Mère ce que le Fils de l'homme va
vous dire. Elle en aurait trop de douleur. Celui qui doit être mis à mort
boit le breuvage qu'on lui donne par pitié, qui étourdit, pour qu'il puisse
attendre sans frémir à chaque instant, l'heure du supplice. Votre silence
sera comme le breuvage de pitié pour elle, Mère du Rédempteur ! Maintenant je
veux, pour que rien ne reste obscur pour vous, vous ouvrir le sens des
prophéties. Et je vous demande de rester avec Moi, beaucoup, beaucoup. Dans
la journée, j'appartiendrai à tout le monde. La nuit, je vous prie d'être
avec Moi car je veux être avec vous. J'ai besoin de ne pas me sentir
seul..." Jésus est très
triste. Les apôtres le voient et ils sont angoissés, ils se serrent autour de
Lui. Même Judas sait se serrer près du Maître comme s'il était le plus
affectueux des disciples. Jésus les caresse et
il poursuit : "Je veux en cette heure qui m'est encore donnée, achever
la connaissance du Christ en vous. Au commencement, avec Jean, Simon et
Judas, j'ai fait connaître la vérité des prophéties sur ma naissance. Les
prophéties m'ont peint comme le meilleur peintre ne pourrait le faire de mon
aube à mon crépuscule. Et même, ce sont justement l'aube et le crépuscule,
les deux passages les plus mis en lumière par les prophètes. Or le Christ
descendu du Ciel, le Juste que les nuées ont laissé pleuvoir sur la Terre, le
Germe sublime, va être mis à mort, brisé comme un cèdre par la foudre.
Parlons alors de sa mort. Ne soupirez pas, ne hochez pas la tête. Ne murmurez
pas en votre cœur, ne maudissez pas les hommes. Cela ne sert à rien. Nous
montons à Jérusalem. Pâque est proche désormais. "Ce mois sera
pour vous le premier des mois de l'année" [2]. Ce mois sera pour le
monde le commencement d'un temps nouveau. Il ne cessera plus jamais.
Inutilement, de temps à autre, l'homme cherchera à en mettre de nouveaux.
Ceux qui voudront mettre un temps nouveau, portant leur nom d'idole, seront
foudroyés et frappés. Il n'y a qu'un Dieu au Ciel et un Messie sur la
Terre : le Fils de Dieu : Jésus de Nazareth. Lui, puisqu'il donne tout de
Lui-même, peut tout vouloir et mettre son sceau royal non pas sur ce qui est
chair et boue, mais sur ce qui est temps et esprit. "Au dixième jour
de ce mois, que chacun prenne un agneau par famille et par maison. Et si le
nombre des personnes de la maison n'est pas suffisant pour consommer
l'agneau, que l'on prenne le voisin avec sa famille de façon à pouvoir
consommer tout l'agneau" [3]. Car le sacrifice et
l'hostie doivent être complets et consommés. 43> Il ne doit pas en rester une parcelle. Il n'en restera pas.
Trop nombreux sont ceux qui vont se repaître de l'agneau. Un nombre qu'on ne
peut compter, pour un banquet sans limite de temps, et il n'est pas besoin de
feu pour consumer les restes parce qu'il n'y a pas de restes. Les parties qui
seront offertes et seront repoussées par la haine seront consumées par le feu
même de la victime, par son amour. Je vous aime, ô hommes. Vous, mes douze
amis que j'ai choisis Moi-même, vous en qui sont les douze tribus d'Israël et
les treize veines de l'humanité. J'ai tout rassemblé en vous et en vous je
vois tout rassemblé... Tout." "Mais dans les
veines du corps d'Adam se trouve aussi celle de Caïn. Personne de nous n'a
levé la main sur son compagnon. Abel, où est-il alors ?" demande
l'Iscariote. "Tu l'as dit.
Dans les veines du corps d'Adam se trouve aussi celle de Caïn. Et
l'Abel, c'est Moi, le doux Abel pasteur des troupeaux, agréable au Seigneur
parce qu'il offrait ses prémices et ce qui était sans imperfection et, parmi
toutes les offrandes, lui-même. Je vous aime, Ô hommes. Même si vous ne
m'aimez pas, Moi, je vous aime. L'amour accélère et achève le travail des
sacrificateurs. "Que l'agneau
soit sans tache, mâle, d'un an" [4]. Le temps n'existe
pas pour l'Agneau de Dieu. Lui est. Pareil au dernier jour comme il l'était
au premier de cette Terre. Celui qui est comme le Père, ne connaît pas de
vieillissement dans sa nature divine. Et sa personne ne connaît qu'un seul
vieillissement, qu'une seule lassitude : celle de la déception d'être venu en
vain pour un trop grand nombre. Quand vous saurez comment j'ai été mis à mort
— et les yeux, qui verront leur Seigneur changé en lépreux couvert de plaies,
sont maintenant pleins de larmes à côté de Moi, et ne voient plus cette
riante colline car les larmes les aveuglent de leur liquide visière — dites
aussi : "Ce n'est pas de cela qu'il est mort, mais d'avoir été un
inconnu pour ceux qui Lui étaient le plus chers et repoussé par trop
d'humanité". Mais s'il n'est pas question de temps pour le Fils de Dieu,
et ainsi il diffère de l'agneau du rite, il lui est semblable parce qu'il est
sans tache et que c'est un mâle consacré au Seigneur. Oui. C'est inutilement
que les bourreaux, ceux qui me tueront par les armes, ou par leur vouloir, ou
par leur trahison, voudront s'excuser en disant : "Il était
coupable". Aucune personne sincère ne peut m'accuser de péché. Le
pouvez-vous ? Nous sommes en face
de la mort. Je le suis. D'autres encore le sont. Qui ? Tu veux savoir qui, Pierre ? Tous. 44> La mort avance heure après heure et saisit celui qui s'y
attend le moins. Mais même ceux qui ont encore une longue vie à tisser, heure
après heure sont en face de la mort, parce que le temps est un éclair comparé
à l'éternité et qu'à l'heure de la mort même la plus longue vie se réduit à
rien et les actions des nombreuses décennies lointaines, depuis celles du
premier âge, reviennent en foule pour dire : "Voilà : hier, tu faisais
telle chose". Hier ! C'est toujours hier, quand on meurt ! Et c'est
toujours de la poussière, l'honneur et l'or que la créature désirait si
ardemment ! Et il perd toute saveur le fruit dont on était fou ! La femme ?
L'argent ? Le pouvoir ? La science ? Que reste-t-il ? Rien ! Seulement la
conscience et le jugement de Dieu devant lequel se présente la conscience
pauvre et dénuée des protections et des richesses humaines et chargée
seulement de ses actions. "Qu'ils prennent
son sang et en mettent sur les montants et l'architrave et l'Ange ne frappera
pas, quand il passera, les maisons sur lesquelles se trouve la marque du
sang" [5]. Prenez mon sang.
Mettez-le non sur les pierres mortes, mais sur votre cœur mort. C'est la
nouvelle circoncision. Et Moi, je me circoncis pour le monde entier. Je ne
sacrifie pas l'inutile partie, mais je brise ma magnifique, saine, pure
virilité, je la sacrifie complètement, et de mes membres mutilés, de mes
veines ouvertes, je prends mon sang, et je trace sur l'Humanité des anneaux
de salut, des anneaux d'éternelles épousailles avec Dieu qui est dans les
Cieux, avec le Père qui attend, et je dis : "Voilà, maintenant Tu ne
peux plus les repousser parce que Tu repousserais ton sang". "Et Moïse dit :
... et puis plongez une touffe d'hysope dans le sang et aspergez-en les
montants" [6]. Alors le sang ne
suffit pas ? Il ne suffit pas. À mon sang, il faut joindre votre repentir.
Sans le repentir, amer et salutaire, c'est inutilement que je serai mort pour
vous. C'est la première
parole qui dans le Livre parle de l'Agneau Rédempteur. Mais le Livre en est
rempli. De même qu'à chaque nouveau lever du soleil plus épaisse se fait la
floraison sur ces branches, ainsi, à mesure qu'une année succède à une qui
est finie et qu'on approche du temps de la Rédemption, voici que la floraison
se multiplie. Et maintenant avec
Zacharie, je vous dis, à vous pour Jérusalem : "Voici que vient le Roi
plein de douceur, monté sur une ânesse et un ânon. Il est pauvre" [7]. Mais il dispersera
les puissants qui oppriment l'homme. Il est doux, et pourtant son bras levé
pour bénir vaincra le démon et la mort. "Il annoncera la paix parce
qu'il en est le Roi". 45> Lui, étant crucifié,
étendra sa domination d'une mer à l'autre. "Lui qui ne crie pas, qui ne
brise pas, qui n'éteint pas celui qui n'est pas lumière mais fumée, celui qui
n'est pas force mais faiblesse, celui qui mérite tous les reproches, il fera
justice selon la vérité". Ton Messie, ô cité de Sion, ton Messie, Ô
peuple du Seigneur, ton Messie, ô peuple de la Terre. "Sans être
triste ni turbulent" et vous voyez comme il n'y a pas en Moi la
tristesse irritée du vaincu, ni la tristesse rancunière du pervers, mais
seulement le sérieux de celui qui voit à quel point peut arriver la
possession de Satan dans l'homme, et vous voyez comment, pouvant réduire en
cendres et disperser par une seule palpitation de ma volonté, Moi, pendant
trois ans, j'ai tendu les mains pour inviter à l'amour, à tous, sans arrêt,
et maintenant encore mes mains se tendront et seront blessées ! "Sans
être triste ni turbulent, j'arriverai à établir mon Royaume". Ce Royaume
du Christ où se trouve le salut du monde. Le Père, Seigneur
éternel, me dit : "Je t'ai appelé, Je t'ai pris par la main, Je t'ai fait
alliance entre les peuples et Dieu, Je t'ai fait la lumière des nations"
[8]. Et j'ai été
lumière. Lumière pour ouvrir les yeux aux aveugles, parole pour donner la
parole aux sourds, clef pour ouvrir les prisons souterraines de ceux qui
étaient dans les ténèbres de l'erreur. Et maintenant, Moi
qui suis tout cela, je vais mourir. J'entre dans l'obscurité de la mort. La
mort, comprenez-vous ?... Les premières choses
annoncées, voilà qu'elles vont s'accomplir, je le dis Moi aussi avec le
prophète. Les autres, je vous les dirai avant que le Démon ne nous sépare. Voilà Sion là-bas au
fond. Allez prendre l'ânesse et l'ânon. Dites à l'homme : "Il les faut
pour le Rabbi Jésus". Et dites à ma Mère que je vais la rejoindre. Elle
est là, sur le talus avec les Marie. Elle m'attend. C'est mon triomphe
humain... Qu'il soit son triomphe. Toujours unis. Oh ! unis !... Et quel est le cœur
de hyène qui, d'un coup de griffes de sa patte, arrache le cœur du cœur
maternel : Moi, son Fils ? Un homme ? Non. Tout homme naît d'une femme, et
par instinct et réflexion morale il ne peut frapper une mère parce qu'il
pense à la sienne. Ce n'est donc pas un homme. Qui alors ? Un démon.
Mais un démon peut-il offenser la Victorieuse ? Pour l'offenser, il doit la
toucher. Et Satan ne supporte pas la lumière virginale de la Rose de Dieu. Et
alors ? Qui dites-vous que c'est ? Vous ne parlez pas ? Moi alors je le dis. 46> Le démon le plus rusé s'est fondu à l'homme le plus corrompu
et, ainsi que le venin enfermé dans les dents de l'aspic, il est enfermé en
lui qui peut approcher de la Femme et ainsi, traîtreusement, la mordre.
Maudit soit l'hybride monstrueux qui est Satan et qui est homme !
Je le maudis ? Non. Elle n'est pas du Rédempteur cette parole. Et alors je
dis à l'âme de cet hybride monstrueux ce que j'ai dit à Jérusalem,
monstrueuse cité de Dieu et de Satan : "Oh ! si en cette heure qui t'est
encore donnée, tu savais venir au Sauveur !" Il n'y a pas d'amour plus
grand que le mien ! Et il n'y a pas de plus grand pouvoir. Même le Père
consent quand je dis : "Je veux", et je ne sais dire que des
paroles de pitié pour ceux qui sont tombés et qui, de leur abîme, me tendent
les bras. Âme du plus grand pécheur, ton Sauveur, au seuil de la mort, se penche
sur ton abîme et il t'invite à prendre sa main. Ma mort ne sera pas
empêchée... Mais toi... mais toi... tu serais sauvé, toi, que j'aime encore,
et l'âme de ton Ami ne frémirait pas d'horreur en pensant que c'est par
l'œuvre de l'ami qu'il connaît l'horreur de la mort, et de cette
mort..." Jésus se tait...
accablé... Les apôtres bavardent
et se demandent entre eux : "Mais de qui parle-t-il ? Qui est-ce ?"
Et Judas sans aucune
honte de mentir : "C'est certainement un des faux pharisiens... Moi, je pense
à Joseph ou Nicodème, ou bien à Chouza et Manaën... Tous sont avides de pouvoir et
d'argent... Je sais que Hérode... Et je sais que le
Sanhédrin. Il s'est trop fié à eux ! Vous voyez que hier aussi ils n'étaient
pas présents ? ! Ils n'ont pas la hardiesse de l'affronter..." |
|||
[1] Les trois apôtres qui
ont accompagnés Jésus dans son premier voyage apostolique en Judée. Jésus a été
chassé à coup de pierre de Bethléem qui se rappelait trop le massacre des
innocents (2.37 – 2.38)
[5] Exode 12,7 et 13
[9] Marie
d'Alphée (de Cléophas) – Marie
Salomé – Marie de Magdala