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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mardi 6 février 29 (3 Adar)
- Arrivée dans la ville de refuge 195 - Sur la place principale 196 - Début de discours 197 - Discours (L'âme humaine 197 - Le Messie est là 197 - La suprême injustice annoncée) 198 - Mathias invite Jésus dans sa synagogue 198 - Discours (Jésus, le Verbe Triomphateur) 199 - Les adversaires demandent un signe 199 - Jésus donne le sens de sa main blessée 200 - Mathias prend la défense de Jésus 201 - Discours (Le signe de Jonas sera donné) 201 - La foule rejoint Jésus 202 - Discours (Jésus, Refuge des pécheurs 202 - L'orgueil des incrédules 203 - Le signe sera donné) 203 - Jésus commente la prière d'Habacuc 204 - Il pardonne à Judas son indiscrétion 204 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5 5.30. |
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195> La ville de Cédès est sur une petite
montagne un peu isolée, à l'est d'une longue chaîne qui va du nord au sud,
alors qu'à l'ouest une chaîne de collines presque parallèle va également du nord
au sud. Deux lignes parallèles qui se rapprochent en formant une sorte de X.
Au point le plus étroit et plutôt appuyé à la chaîne orientale qu'à
l'occidentale; se trouve le mont qui a sur ses pentes Cédès,
qui s'étend de la cime à ses côtés en pente douce, et qui domine la vallée
fraîche et verte très étroite à l'est, plus large à l'ouest. C'est une belle ville
entourée de murs, avec de belles maisons et une synagogue imposante, comme
est imposante la fontaine aux multiples orifices qui laissent tomber une eau
fraîche et abondante dans un bassin inférieur d'où partent des ruisseaux qui
vont alimenter d'autres fontaines, peut-être, ou des jardins. Je ne sais. Jésus y pénètre un jour de marché : Sa main n'est plus
bandée, mais elle a encore une croûte noire et un large bleu sur le dos. Jacques
d'Alphée aussi a une croûte brune à la
tempe et un large bleu tout autour. André et Jacques de Zébédée,
moins blessés, n'ont plus de marques de l'aventure passée et ils marchent
avec agilité en regardant autour, et spécialement par derrière et sur les
côtés, car ils sont échelonnés tout près les uns des autres, devant et
derrière Jésus. 196> J'ai l'impression qu 'ils se
sont arrêtés à l'endroit décrit hier ou bien aux alentours deux ou trois
jours, peut-être pour se reposer, ou pour se tenir à distance des rabbins,
dans la crainte qu'ils se soient dirigés dans les principales villes dans
l'espoir de les prendre en faute et de leur nuire encore. C'est du moins ce
que font penser leurs conversations. "Mais c'est une
ville de refuge !" dit André. "Tu penses
qu'ils ont l'habitude de respecter ce refuge et la sainteté d’un lieu ?
Comme tu es naïf, mon frère !" lui répond Pierre. Jésus est entre les
deux Jude. Devant Lui sont Jacques et Jean en
avant-garde, et puis l'autre Jacques avec Philippe et Matthieu;
derrière Lui, André et Thomas avec Pierre.
En dernier lieu, Simon le Zélote
et Barthélemy. Tout va bien jusqu'à
l'entrée dans une belle place, celle du bassin et de la synagogue, sur
laquelle se pressent des gens qui parlent d'affaires. Le marché, par contre,
est plus bas et au sud-ouest de la ville, là où débouche la route principale
qui vient du sud et l'autre, celle suivie par Jésus, qui vient de l'ouest.
Ces routes confluent à angle droit et se fondent en une route unique qui
pénètre sous la porte et se transforme en une vaste place oblongue où il y a
des ânes et des claies, des vendeurs et des acheteurs et l'habituel
vacarme... Mais c'est quand ils
arrivent à cette place qui est la plus belle - je crois le cœur de la ville,
non pas tant parce qu'elle soit au centre de l'enceinte que parce qu'elle est
le centre de la vie spirituelle et commerciale de Cédès
dont le cœur bat ici, et il semble que le dise sa situation surélevée
au-dessus du pays qu'elle domine, et que l'on pourrait défendre comme une
citadelle - que commencent les difficultés. Comme autant de chiens hargneux
qui vont s'attaquer à un chiot sans défense, ou plutôt comme des chiens de
chasse qui ont flairé l'odeur du gibier, un groupe nombreux de pharisiens et
de sadducéens auxquels se mêlent pour les épicer une poignée de rabbins vus à
Giscala, parmi lesquels le dénommé Uziel,
s'adossent au portail large et embelli de sculptures et de frises de la riche
synagogue. Et tout de suite ils se montrent du doigt Jésus et les apôtres.
"Hélas,
Seigneur ! Ils sont ici aussi !" dit Jean effrayé en se
retournant pour parler à Jésus. "Ne crains pas.
Avance tranquillement. Pourtant que ceux qui ne se sentent pas en mesure
d'affronter ces malheureux se retirent à l'auberge. Je veux absolument parler
ici, ancienne ville lévitique et de refuge." 197> Tous protestent : "Maître, et peux-tu penser qu'on
va te laisser seul ?! Qu'ils nous tuent tous, s'ils le veulent. Mais
nous partagerons ton sort." Jésus passe devant le
groupe ennemi et il va se placer contre le mur d'un jardin d'où pleuvent les
blancs pétales d'un poirier en fleurs. Le mur sombre et la blanche nuée
encadrent le Christ qui a devant Lui ses douze. Jésus commence à
parler : "O vous ici rassemblés, venez écouter la Bonne Nouvelle
car plus utile que le commerce et que l'argent est la conquête du Royaume des
Cieux." Sa belle et forte voix remplit la place et fait retourner les
gens qui s'y trouvent. "Oh ! mais
c'est le Rabbi galiléen !" dit quelqu'un. "Venez, allons
l'écouter. Peut-être il va faire un miracle." Et un autre :
"Moi, à Bétginna [1], je l'ai vu en faire un. Et comme il parle bien !
Pas comme ces éperviers rapaces et ces serpents rusés." Jésus est vite
entouré par la foule, et il continue de parler à cette foule attentive. "Au cœur de
cette ville lévitique je ne veux pas rappeler la Loi. Je sais qu'elle est
présente à vos cœurs comme dans peu de villes d'Israël, et ce qui le
manifeste, c'est l'ordre que j'y ai remarqué, l'honnêteté dont m'ont donné la
preuve les marchands auxquels j'ai acheté la nourriture pour mon petit
troupeau et Moi, et cette synagogue, ornée comme il convient au lieu où l'on
honore Dieu. Mais en vous aussi il y a un endroit où l'on honore Dieu, un
endroit où sont les aspirations les plus saintes, où résonnent les paroles
qui nous donnent les plus douces espérances de notre foi et les prières les
plus ardentes pour que notre espérance se change en réalité. L'âme, voici le
lieu saint et unique où l'on parle de Dieu et avec Dieu, en attendant que la
Promesse s'accomplisse. Mais la Promesse est
accomplie. Israël a son Messie qui vous apporte la parole et la certitude que
le temps de la Grâce est venu, que la Rédemption est proche, que le Sauveur
est parmi vous, que le Royaume sans défaites est commencé. Combien de fois vous
aurez entendu lire Habacuc ! Et les plus méditatifs parmi vous auront
murmuré: "Moi aussi je peux dire : 'Jusqu'à quand, Seigneur, devrai-je
crier sans que Tu m'écoutes? [2]". Cela fait des
siècles qu'Israël gémit ainsi. Mais maintenant le Sauveur est venu. La grande
violence, la perpétuelle angoisse, le désordre et l'injustice causés par Satan, vont tomber car l'Envoyé de Dieu va réintégrer l'homme
dans sa dignité de fils de Dieu et de cohéritier du Royaume de Dieu. 198>
Regardons la prophétie d 'Habacuc avec des yeux nouveaux, et nous comprendrons
qu'elle porte témoignage de Moi, et qu'elle parle déjà le langage de la Bonne
Nouvelle que j'apporte aux fils d'Israël. Mais ici, c'est Moi
qui dois gémir : "Le jugement est fait, mais l'opposition
triomphe". Et j'en gémis avec tant de douleur. Non pas tant pour Moi qui
suis au-dessus du jugement humain, que pour ceux qui se condamnent parce
qu'ils s'opposent, et pour ceux qu'ils font sortir du droit chemin. Cela vous
étonne ce que je dis ? Il y a parmi vous des marchands d'autres lieux
d'Israël. Certains, dans la
foule, murmurent : "C'est vrai ! C'est vrai ! Nous qui
sommes du peuple nous l'aimons et voyons en Lui un saint. Mais eux (et ils
montrent les pharisiens et leurs compagnons) s'y opposent." Jésus continue :
"Pour faire cette opposition on déchire la Loi, et elle le sera toujours
plus, jusqu'à ce qu'on l'abolisse, au point de commettre la suprême injustice
qui pourtant ne durera pas longtemps. Pendant une courte et effrayante trêve,
l'opposition semblera triompher de Moi, bienheureux alors ceux qui sauront
continuer de croire en Jésus de Nazareth, dans le Fils de Dieu, dans le Fils
de l'homme, prédit par les Prophètes. J'aurais la puissance d'accomplir le
jugement de Dieu totalement en sauvant tous les fils d'Israël, mais je ne le
pourrai pas car l'impie triomphera contre lui-même, contre ce qu'il a de
meilleur en lui, et de même qu'il piétine mes droits et qu'il piétine
ceux qui croient en Moi, il piétinera aussi les droits de son esprit qui a
besoin de Moi pour être sauvé et qui est donné à Satan pour me le refuser, à
Moi." Les pharisiens
chahutent. Mais, depuis un moment, un vieillard imposant s'est approché de
l'endroit où est Jésus et maintenant, pendant une pause, il dit :
"Je t'en prie, entre dans la synagogue pour y donner ton enseignement.
Personne plus que Toi n'en a le droit. Je suis Matthias, le chef
de la synagogue. Viens et que la Parole de Dieu soit dans ma maison comme
elle est sur tes lèvres." "Merci, juste
d'Israël. Que la paix soit toujours avec toi." Et Jésus, à travers la
foule qui se sépare comme une vague pour le laisser passer, et se referme en
formant un sillage pour le suivre, 199> traverse de nouveau
la place, en passant de nouveau devant les pharisiens hargneux. Ces derniers,
pourtant, entrent aussi dans la synagogue en cherchant orgueilleusement à se
frayer un chemin. Mais les gens les regardent de travers et disent :
"D'où venez vous ? Allez dans vos synagogues attendre le
Rabbi. Ici, c'est notre maison et nous y restons." Et les rabbins,
sadducéens et pharisiens doivent encaisser et rester humblement près de la
sortie pour n'être pas chassés par les habitants de Cédès.
Jésus a pris place
près du chef et d'autres de la synagogue, dont je ne sais si ce sont ses fils
ou des aides. Il reprend son discours : "Habacuc dit - et comme il
vous invite avec amour à prêter attention! - "Regardez parmi les peuples
et observez, restez émerveillés, stupéfaits, car de vos jours est arrivée une
chose à laquelle personne ne croira quand elle lui sera racontée [3]". Maintenant
nous avons encore des ennemis matériels au-dessus d'Israël. Mais laissez
tomber ce qu'il y a de particulier et de peu important dans la prophétie et
regardons seulement son grand message tout spirituel. Un éclat de rire méprisant
et un cri partent du fond de la synagogue. Les gens protestent, le chef de la
synagogue, qui jusqu'ici est resté les yeux fermés tant il est appliqué à
écouter Jésus, se lève et impose silence aux perturbateurs en menaçant de les
expulser. "Laisse-les
faire, et même invite-les à exposer leurs réfutations" dit à haute voix
Jésus. "Oh !
bien ! c'est bien ! Laisse-nous venir auprès de Toi. Nous voulons
t'interroger" crient ironiquement les contradicteurs. "Venez,
laissez-les passer, ô vous de Cédès." Et la foule, avec des
regards hostiles et des grimaces - et il ne manque pas quelque épithète peu
flatteuse - les laisse avancer. "Que voulez-vous
savoir ?" demande Jésus avec sévérité. "Tu dis donc que
tu es le Messie ? En es-tu vraiment certain ?" Jésus, les bras
croisés sur la poitrine, regarde celui qui a parlé, avec une telle autorité
que du coup tombe son ironie et qu'il se tait. 200> Mais un autre prend
la parole et il dit : "Tu ne peux pas prétendre que l'on te croie
sur parole. Quelqu'un peut mentir même en étant de bonne foi. Mais pour
croire, il faut des preuves. Donne-nous donc des preuves que tu es ce que tu
dis." "Israël est tout
plein des preuves que j'ai données" dit Jésus tranchant. "Oh !
celles-là !... Des petites choses que n'importe quel saint peut faire.
Il y en a eu de faites et il y en aura encore de faites par des saints
d'Israël !" dit un pharisien. Un autre
ajoute : "Et il n'est pas dit que tu les fasses par sainteté et
avec l'aide de Dieu ! On dit, et en vérité on peut le croire, que tu es
aidé par Satan. Nous voulons d'autres preuves, plus fortes, telles que Satan
ne puisse les donner." "Mais oui !
Une mort vaincue..." dit un autre. "Vous l'avez
eue." "C'étaient des apparences
de mort. Montre-nous, par exemple, un corps en décomposition qui se ranime et
se recompose. Pour que nous avions la certitude que Dieu est avec Toi :
Dieu, le seul qui puisse rendre le souffle à la boue qui déjà redevient
poussière." "On n'a jamais
demandé cela aux Prophètes pour croire en eux." Un sadducéen
crie : "Toi, tu es plus qu'un prophète. Toi, du moins c'est Toi qui
le dis, tu es le Fils de Dieu !... Ah ! Ah ! Pourquoi alors
n'agis-tu pas en Dieu ? Allons donc ! Donne-nous un signe ! Un
signe !" "Mais oui !
Un signe du Ciel, qui t'indique Fils de Dieu, et alors nous t'adorerons"
crie un pharisien. "Certainement !
Tu parles bien, Simon ! Nous ne voulons pas retomber dans le péché d'Aaron.
Nous n'adorons pas l'idole, le veau d'or. Mais nous pourrions adorer l'Agneau
de Dieu ! Ne l'es-tu pas ? Pourvu que le Ciel nous indique que tu
l'es" dit celui qui a nom Uriel, et
qui était à Giscala,
et il a un rire sarcastique. Un autre se met à
crier : "Laisse-moi parler, moi Sadoc, le scribe
d'or. Écoute-moi, ô Christ. Tu as été précédé par trop d'autres qui n'étaient
pas des "Christ". Assez de tromperies. Un signe que tu l'es bien.
Et Dieu, s'il est avec Toi, ne peut te le refuser : Et nous croirons en
Toi, et nous t'aiderons. Autrement tu sais ce qui t'attend, selon le
commandement de Dieu."
"Oh ! ce
sont des paroles et des blasphèmes ! Toi, au Ciel, avec ton
corps ?! Blasphémateur ! Toi, juge au lieu de Dieu ?! Anathème sur
Toi ! Toi qui insultes le Pontife ! Tu mériterais d'être
lapidé" crient en chœur sadducéens, pharisiens et docteurs. Le chef de la
synagogue se lève de nouveau, patriarcal, splendide comme un Moïse avec ses
cheveux blancs, et il crie : "Cédès est
une ville de refuge et une ville lévitique. Respectez..." "Vieilles
histoires ! Cela ne compte plus !" "Oh !
langues blasphématrices ! C'est vous qui êtes des pécheurs et pas Lui,
et moi je le défends. Lui ne dit rien de mal. Il explique les Prophètes et
nous apporte la Bonne Nouvelle et vous l'interrompez, vous le tentez, vous
l'offensez. Je ne le permets pas. Lui est sous la protection du vieux Mathias
de la descendance de Lévi par son père, et d'Aaron par sa mère. Sortez et
laissez-le instruire ma vieillesse et l'âge mûr de mes fils." Et il
porte sa main rugueuse de vieillard sur l'avant-bras de Jésus, comme pour le
défendre. "Qu'il nous
donne un vrai signe et nous partirons convaincus" crient les ennemis. "Ne te fâche
pas, Matthias. Je vais parler" dit Jésus en calmant le vieillard. Et
s'adressant aux pharisiens, aux sadducéens et aux docteurs, il dit : Mais les gens de Cédès ne se donnent pas pour battus. Certains le suivent,
et l'ayant vu entrer dans une petite auberge dans les faubourgs orientaux de
la ville, ils en portent la nouvelle au chef de la synagogue et à leurs
concitoyens. Et Jésus est encore en train de manger, quand la cour
ensoleillée de l'auberge se remplit de gens et que le vieux chef de la
synagogue avec d'autres anciens de Cédès se
présente à l'entrée de la pièce où est Jésus et s'incline en implorant :
"Maître, en nous est resté le désir d'entendre ta parole. Elle était si
belle, expliquée par Toi, la prophétie de Habacuc ! Pourquoi à cause de
ceux qui te haïssent devraient-ils rester sans te connaître ceux qui t'aiment
et croient en ta Vérité ?" "Non, père. Il
ne serait pas juste de punir les bons à cause des mauvais. Alors
écoutez..." (et Jésus laisse son repas pour se présenter sur la porte et
parler à ceux qui sont groupés dans la petite cour tranquille). "Dans les
paroles du chef de votre synagogue, il y a un écho de celles de Habacuc. Pour
lui et pour vous tous, il reconnaît et professe que je suis la Vérité.
Habacuc reconnaît et professe : "Depuis le commencement, Tu es et
Tu es avec nous, et nous ne mourrons pas [4]". Ainsi en sera-t-il.
Il ne périra pas celui qui croit en Moi. Le Prophète me représente comme
Celui que Dieu a établi pour juger, comme Celui que Dieu a rendu fort pour
châtier, comme Celui dont les yeux sont trop purs pour voir le mal, et qui ne
pourra supporter l'iniquité. Mais s'il est vrai que le péché me donne de la
répugnance, vous voyez pourtant que j'ouvre les bras, parce que je suis le
Sauveur, à ceux qui se sont repentis de leur péché. C'est pour cela que je
tourne mon regard même sur celui qui est coupable et que j'invite celui qui
est impie à se convertir... 203> "Celui qui est incrédule n'a pas une âme juste" dit
le Prophète, et dans sa parole se trouve la condamnation de ceux qui m'ont
tenté et insulté. Ce n'est pas Moi qui les condamne, mais le Prophète qui m'a
vu d'avance, et qui a cru en Moi. Lui, de même qu'il me dépeint comme le
Triomphateur, ainsi il dépeint l'homme orgueilleux, en disant qu'il est sans
honneur ayant ouvert son âme à la cupidité et à l'insatiabilité, comme est
cupide et insatiable l'enfer. Et il menace: "Malheur à celui qui
accumule des biens qui ne lui appartiennent pas et qui se couvre de boue [6]". Les mauvaises
actions contre le Fils de l'homme sont cette boue, et vouloir le dépouiller
de sa sainteté pour qu'elle n'offusque pas la leur, c'est de la cupidité. "Malheur" dit le Prophète "à celui qui entasse
dans sa maison les fruits de son avarice perverse pour y placer en haut son
nid. Il croit échapper ainsi aux griffes du mal [7]". Cela c'est se
déshonorer et tuer sa propre âme. "Malheur à celui qui édifie une ville sur le sang et
construit des forteresses sur l'injustice [8]". En vérité une
trop grande partie d'Israël cimente les forteresses de sa cupidité avec les
larmes et le sang, et attend la fin pour faire le plus dur pétrissage. Mais
que peut une forteresse contre les flèches de Dieu ? Que peut une
poignée d'hommes contre la justice du monde entier qui criera d'horreur à
cause du crime sans égal ? Oh ! comme le dit bien Habacuc ! "À quoi sert la
statue ? [9]". Et la statue
idolâtrique, c'est désormais la sainteté mensongère d'Israël. "Fiat !" a dit le Très-Haut, et le monde exista.
"Fiat !" dira le Rédempteur et le monde sera racheté. 204> C'est Moi qui
donnerai au monde de quoi être racheté. Et seront rachetés ceux qui auront la
volonté de l'être. Maintenant levez-vous.
Disons la prière du Prophète, mais comme il est juste de la dire en ce temps
de grâce: "J'ai entendu,
Seigneur, l'annonce de ta venue et je m'en suis réjoui". Ce n'est plus
le temps de l'épouvante, ô vous qui croyez au Messie. "Seigneur, ton œuvre
est au milieu des années, fais-la vivre malgré les embûches des ennemis. Au
milieu des ans, Tu la rendras manifeste". Oui, quand le temps sera
accompli, l’œuvre sera achevée. "Et au milieu du
dédain resplendira la miséricorde" car le dédain retombera seulement sur
ceux qui auront mis des filets et des lacets et lancé des flèches contre
l'Agneau Sauveur. "Dieu viendra de
la Lumière au monde". C'est Moi qui suis la Lumière venue pour vous
apporter Dieu. Ma splendeur inondera la terre en jaillissant à pleins fleuves
"là où les cornes pointues" auront déchiré les Chairs de la
Victime, dernière victoire "de la Mort et de Satan qui s'enfuiront
vaincus devant le Vivant et le Saint". Gloire au
Seigneur ! Gloire à Celui qui a fait ! Gloire à Celui qui a donné
le soleil et les astres! À Celui qui a fait les montagnes. Au Créateur des
mers. Gloire, gloire infinie au Bon qui veut le Christ pour sauver son
peuple, pour sauver l 'homme ! Unissez-vous, chantez
avec Moi car la Miséricorde est venue au monde et qu'il est proche le temps
de la Paix. Celui qui vous tend les mains, vous exhorte à croire et à vivre
dans le Seigneur car le temps est proche où Israël sera jugé avec vérité. La paix à vous ici
présents, à vos familles, à vos maisons." Jésus trace un large geste de
bénédiction et il va se retirer. Mais le chef de la synagogue Lui
demande : "Reste encore." "Je ne peux pas,
père." "Envoie-nous au
moins tes disciples." "Vous les aurez
sans faute. Adieu. Va en paix." Ils restent seuls... "Mais je
voudrais savoir qui nous les a envoyés sur notre chemin. Ils semblent des
nécromanciens..." dit Pierre. L'Iscariote s'avance, pâle. Il s'agenouille aux pieds de Jésus.
"Maître, c'est moi le coupable. J'ai parlé dans cette ville... avec l'un
d’eux dont j'étais l'hôte... [10]" "Comment ?
C'est autre chose que la pénitence ! Tu es..." |
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205> "Silence, Simon
de Jonas ! Ton frère s'accuse sincèrement. Honore-le à cause de cette humiliation.
Ne te tourmente pas, Judas. Je te pardonne. Tu le sais que je
pardonne. Sois plus prudent une autre fois... Et maintenant, partons. Nous
marcherons tant qu'il y aura la lune. Nous devons passer le fleuve avant
l'aube. Partons. Ici derrière, commence le bois. Ils perdront nos traces,
aussi bien les bons que les mauvais. Demain, nous serons sur la route de Panéade." |
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