|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | ||
|
lundi
5 mars 29 entre Silo et Béthel
- Discussion sur l'itinéraire 359 - Discours (Le temps du Royaume de Dieu sur terre) 360 - Discours (Le destin de mes futures voix 360 - Les secrets du Livre scellé) 361 - Le Livre céleste aux derniers jours 362 - C'est le char des femmes! 363 - Manaën et Jeanne rassurent les apôtres 363 - Retour à Jérusalem 364 - La femme envoyée à Élise 364 - Margziam, l'écrivain des paroles de Jésus 365 |
5.52. |
|
359> Ils sont maintenant de l'autre côté du Jourdain et ils marchent rapidement en direction sud-ouest en allant vers une seconde chaîne de collines, plus élevée que la première, des collines basses, au-delà desquelles se trouve la plaine du Jourdain. Par leurs conversations je comprends qu'ils ont évité la plaine pour ne pas retomber dans la boue qu'ils ont laissée de l'autre côté, et ils pensent aller où ils doivent en suivant les routes de l'intérieur qui sont mieux entretenues et plus praticables surtout par temps de pluie. "A quel endroit pouvons-nous être ? demande Matthieu qui s'oriente mal. "Entre Silo et Béthel certainement" dit Thomas. "Je reconnais les montagnes. J'y suis passé il y a peu de temps, avec Judas, qui à Béthel fut reçu par des pharisiens." "Tu pouvais l'être toi aussi. Tu n'as pas voulu venir. Mais ni eux ni moi ne t'avons dit : "Ne viens pas"." "Et je ne dis pas non plus que vous me l'ayez dit. Je dis seulement que j'ai préféré rester avec les disciples qui évangélisaient là." L'incident est terminé. Et même André se réjouit en disant : "Si à Béthel nous avons des pharisiens comme amis, on ne nous attaquera pas." 360> "Mais nous revenons en arrière au lieu d'aller à Jérusalem" lui objectent-ils. "Nous devrons pourtant y aller pour la Pâque et je ne sais pas comment nous ferons..." "Mais oui ! Pourquoi a-t-il dit que nous retournons à Cana ? Les femmes pouvaient revenir, et nous accomplir le pèlerinage..." "C'est écrit que ma femme ne fera pas la Pâque à Jérusalem !" s'exclame Pierre. Jean interpelle Jésus qui est en grande conversation avec le Zélote : "Maître, comment ferons-nous pour aller et revenir à temps?" "Je ne sais pas. Je m'en remets à Dieu. Si nous sommes en retard, ce ne sera pas ma faute." "Tu as bien fait d'être prudent" dit le Zélote. "Oh ! Moi, j'aurais continué car ce n'est pas encore mon heure. Je le sens. Mais vous, comment auriez-vous supporté l'aventure, vous qui depuis quelque temps êtes si... fatigués ?" "Maître... tu as raison. Il semble qu'un démon ait soufflé parmi nous. Nous sommes tellement changés !" "L'homme
se fatigue. Il veut que les choses aillent vite; et il a des rêves déraisonnables.
Quand il s'aperçoit que le rêve est différent de la réalité, il se
trouble et, s'il n'est pas de bonne volonté, il fléchit. Il ne se
souvient pas que le Tout Puissant, qui en un instant pouvait sortir du
Chaos l'Univers, l'a fait en des phases régulières et séparées en
espaces de temps appelés jours. Pierre passe sa tête grisonnante entre Jésus et Jean. "Peut-on savoir ce que vous dites ?" "Oh ! Simon ! Viens ici. On parlait de la future Église. J'expliquais qu'au lieu de vos hâtes, de vos lassitudes, de vos découragements, et autres choses du même genre, elle réclamait le calme, la constance, l'effort, la confiance. J'expliquais qu'elle demande le 361> sacrifice de tous ses membres. Depuis Moi, qui en suis le Fondateur et qui en suis la Tête mystique, jusqu'à vous, jusqu'à tous les disciples, jusqu'à tous ceux qui auront le nom de chrétiens et qui appartiendront à l'Église universelle. Et en vérité, dans la grande échelle des hiérarchies, ce seront souvent les plus humbles, ceux qui sembleront simplement des "numéros", qui rendront l'Église vraiment vivante. En vérité je devrai souvent me réfugier en eux pour continuer à maintenir vivante la foi et la force des collèges apostoliques toujours renouvelés, et ces apôtres je devrai les laisser tourmenter par Satan et par des hommes envieux, orgueilleux et incrédules. Et leur martyre moral ne sera pas moins pénible que le martyre matériel, pris comme ils le seront entre la volonté de Dieu qui les pousse à agir et la volonté mauvaise de l'homme, instrument de Satan, qui appliquera tout son soin et toute sa violence à les faire passer pour des menteurs, des fous, des obsédés, pour paralyser mon œuvre en eux et ses fruits qui sont autant de coups victorieux contre la Bête." "Et ils résisteront ?"
"Et les autres ?" demande Jean très attentif à l'instruction. "Quels autres ?" "Les autres, qui comme moi n'ont pas lu ce livre sur la terre, ils ne sauront jamais ce qu'il dit ?" "Au Ciel, tout sera connu aux bienheureux. Ils connaîtront, absorbés dans la Sagesse Infinie." "Tout de suite ? A peine morts ?" "Tout de suite dès l'entrée dans la Vie." "Mais alors pourquoi au Dernier Jour feras-tu voir que tu les appelles à connaître le Livre ?" "Parce qu'il n'y aura pas seulement les bienheureux à le voir, mais toute l'Humanité. Et dans les damnés, il y en aura beaucoup de ceux qui ont tourné en dérision les voix de Dieu comme celles de fous et de possédés, et qui les auront tourmentés pour ce don que je leur ai fait. C'est une longue mais obligatoire revanche accordée à ces martyrs de la méchanceté obtuse du monde." "Comme ce sera beau de voir cela !" s'écrie Jean ravi. "Oui, et de voir tous les pharisiens grincer des dents avec rage" dit Pierre en se frottant les mains. "Oh ! moi je pense que je regarderai seulement Jésus et les bénis qui liront avec Lui le Livre..." répond Jean qui rêve à cette heure, les yeux perdus dans je ne sais quelle vision de lumière, devenus plus clairs par une larme produite par l'émotion qui reste dans l’œil et en fait briller l'iris bleu clair, avec un sourire enfantin sur ses lèvres rouges.
"Oh ! ne dis pas cela ! Moi, je suis le plus ignorant de tous. Et si Jésus n'avait pas dit que c'est aux enfants qu'appartient le Royaume des Cieux je ne penserais pas pouvoir le posséder, tellement je ne suis qu'un bon à rien. N'est-ce pas, Maître, que ma seule valeur c'est de ressembler à un enfant ?" "Oui, tu appartiens à la bienheureuse enfance, et sois-en béni !" Ils marchent encore quelque temps, puis Pierre, qui regarde en arrière de la route caravanière sur laquelle ils sont maintenant, s'écrie : "Miséricordieuse Providence ! Mais c'est le char des femmes !" Tout le monde se retourne. C'est réellement le lourd char de Jeanne qui avance au trot de deux robustes chevaux. Ils s'arrêtent pour l'attendre. La capote de cuir entièrement descendue ne permet pas de voir qui se trouve à l'intérieur. Mais Jésus fait signe d'arrêter et le conducteur pousse une exclamation de joie quand il voit Jésus debout, les bras levés, sur le bord de la route. Alors que l'homme arrête les deux chevaux qui soufflent, apparaît à l'entrée le visage maigre d'Isaac : "Le Maître !" crie-t-il. "Mère, sois heureuse ! Il est ici !" Des voix de femmes, des bruits de pas, se produisent dans le char, mais avant qu'une seule d'entre elles descende, ont déjà sauté à terre Manaën, Margziam et Isaac, qui accourent pour vénérer le Maître. "Encore ici, Manaën ?" "Fidèle à la consigne, et maintenant plus que jamais parce que les femmes avaient peur... Mais... Nous t'avons obéi parce qu'il faut obéir, mais crois bien qu'il n'y a rien de préoccupant. Je sais de source certaine que Pilate a rappelé à l'ordre ceux qui mettent le trouble, en disant que quiconque créerait des troubles pendant ces jours de fête serait durement puni. Je crois que la femme de Pilate[1] n'est pas étrangère à cette protection et encore moins ses amies. A la cour on sait tout et rien. Mais on est assez informé..." et Manaën s'écarte pour céder la place à Marie qui est descendue du char et a fait quelques mètres de route, toute tremblante et émue. Ils s'embrassent pendant que toutes les femmes disciples vénèrent le Maître. Cependant Marie et Marthe de Lazare ne sont pas là. Marie murmure : "Quelle angoisse depuis ce soir-là ! Fils, comme ils te haïssent tous !" et des larmes descendent le long des marques rouges, traces de beaucoup d'autres qu'elle a versées ces derniers 364> jours. "Mais tu vois que le Père pourvoit à tout. Ne pleure donc pas ! Je défie avec courage toute la haine du monde, mais une seule de tes larmes m'accable. Allons, Mère sainte !!" et la tenant enlacée, il se tourne vers les femmes disciples pour les saluer, et il a un mot particulier pour Jeanne qui a voulu revenir en arrière pour accompagner Marie. "Oh ! Maître ! On n'a pas de peine à rester avec ta Mère. Marie est retenue à Béthanie par les souffrances de son frère. Moi, je suis venue. J'ai laissé les enfants à la femme du gardien du palais, qui est bonne et maternelle. Mais il y a aussi Chouza qui y veille et pense qu'il ne manquera rien au cher Mathias que mon mari aime particulièrement ! Pourtant Chouza m'a dit aussi qu'il était inutile de partir. L'avertissement du Proconsul a brisé les ongles même à Hérodiade. Et lui, le Tétrarque, tremble de peur, et il n'a qu'une pensée : veiller à ce que Hérodiade ne le ruine pas aux yeux de Rome. La mort de Jean a fait beaucoup de tort à Hérodiade. Et Hérode se rend compte aussi, et très bien, que le peuple est révolté contre lui à cause du meurtre de Jean. Le renard comprend que le pire châtiment serait de perdre la protection haineuse et illusoire de Rome. Le peuple l'attaquerait tout de suite. Par conséquent, oh ! ne doute pas ! Il ne prendra aucune initiative !" "Alors retournons à Jérusalem ! Vous pouvez aller en toute sécurité. Allons ! Que les femmes remontent sur le char et avec elles Mathieu et ceux qui sont fatigués. Nous nous reposerons à Béthel. Allons." Les femmes obéissent. Montent avec elles Mathieu et Barthélemy. Les autres préfèrent suivre le char à pied avec Manaën, Isaac et Margziam. Et Manaën raconte comment il s'est informé pour savoir ce qu'il y avait de vrai dans les racontars de l'hérodien qui avait semé l'inquiétude dans la tranquille retraite de Béthanie près de Lazare "très souffrant" dit Manaën. "Est-il venu une femme à Béthanie ?" "Non, Seigneur. Mais nous en sommes absents depuis trois jours. Qui est-ce ?" "Une disciple. Je la donnerai à Élise, car elle est jeune, seule et sans moyens." "Elise est au palais de Jeanne. Elle voulait venir, mais elle est très enrhumée. Elle brûlait de te voir. Elle disait : "Mais vous ne comprenez pas que sa vue me donne la paix ?"" "Je lui donnerai aussi une joie avec cette jeune fille. Et toi, Margziam, 365> tu ne parles pas ?" "J'écoute, Maître." "Le garçon écoute et écrit. Par l'un, par l'autre, il se fait répéter tes paroles et il écrit, il écrit. Mais les aurons nous bien dites, nous ?" dit Isaac. "Je les regarderai, Moi, et j'ajouterai ce qui manque dans le travail de mon disciple" dit Jésus en caressant la joue légèrement brune de Margziam. Et il demande : "Et le grand-père ? Tu l'as vu ?" "Oh ! oui ! Il ne me reconnaissait pas. Il a pleuré de joie. Mais nous le reverrons au Temple car Ismaël les envoie. Et même cette année il leur a donné plus de jours. Il a peur de Toi." "Naturellement ! Après le petit ennui arrivé à Chanania au mois de Scebat !" dit Pierre en riant. "La peur de Dieu cependant ne construit pas, et même elle démolit. Ce n'est pas de l'amitié, c'est de l'attente qui souvent se change en haine. Mais chacun donne ce qu'il peut..." Ils continuent leur route et je les perds de vue. |
|