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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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vendredi
16 mars 29
- Attitudes et paroles favorables et défavorables 459 - défend un vieillard contre des sadducéens 460 - L'histoire de Nike, nouvelle disciple 461 - Salomon et Adonias : Jésus et ses opposants 462 - Discours (Les péchés de ses opposants 463 - Vous fuyez devant le Désarmé ?) 464 |
5.63. |
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459> Jésus entre dans le Temple et dès les premiers pas qu'il y fait, il est facile de comprendre les sentiments des âmes envers le Nazaréen. Regards mauvais, ordres pour les gardes du Temple de surveiller le "perturbateur", et donnés ouvertement pour que tous voient et entendent; paroles de mépris pour ceux qui sont avec Lui; et même heurts volontairement donnés à des disciples... En résumé, la haine est telle que les splendides pharisiens, scribes et docteurs prennent des poses et ont des manières de débardeur, et pire encore. Ils ne pensent pas, tellement ils sont aveuglés par la haine, qu'ils s'avilissent au plus haut point en agissant ainsi. Jésus passe tranquillement, comme si cette attitude ne le concernait même pas ! Il est le premier à saluer dès qu'il voit un personnage qui pour son rang dans le Temple ou par son autorité est un "supérieur" du monde hébraïque. Et si quelqu'un ne répond pas au salut respectueux que Jésus lui adresse, Jésus ne change pas pour cela son comportement. Certes son visage, quand il passe de l'un de ces orgueilleux à l'un ou à plusieurs de ces humbles si nombreux, change d'expression — et nombreux sont les mendiants et les pauvres malades qu'il a rassemblés hier et qui, par une chance impensable qu'ils ont eue, peuvent faire une Pâque comme peut-être depuis des années ils n'en faisaient pas, et qui réunis en petits groupes, en petites compagnies formées spontanément, s'en vont acheter les agneaux à immoler, heureux d'être, eux, les délaissés, égaux aux autres pour leurs vêtements et leurs moyens — alors son visage s'épanouit en un très doux sourire. Et il s'arrête avec bienveillance pour écouter leurs propos, leurs récits étonnés, leurs bénédictions... Vieillards, enfants, veuves, infirmes hier : aujourd’hui guéris; misérables hier, déchirés, affamés, délaissés ; aujourd'hui bien vêtus, et heureux d'être comme les autres hommes pendant les journées de la grande Fête des Azymes ! Les voix très variées, depuis celles argentines des petits jusqu'à celles tremblantes des vieillards et, au milieu des deux extrêmes, les voix émues des femmes, saluent, accompagnent, suivent Jésus. Les baisers pleuvent sur ses vêtements, sur ses mains. Jésus sourit et bénit pendant que ses ennemis, livides de dépit autant que Lui est lumineux de paix, se rongent de colère impuissante. J'entends des fragments de conversations... 460> "Tu parles bien, toi, mais si nous passions à des voies de fait, eux (et un pharisien montre le peuple qui entoure Jésus) nous mettraient en morceaux." ..."Pensez !" dit un homme qui était peut-être hier infirme et mendiant. "Il nous a recueillis, rassasiés, vêtus, guéris, et beaucoup ont trouvé travail et assistance par l'intermédiaire des disciples riches. Mais c'est par Lui que tout est venu, que Dieu le sauve toujours !" ..."Je crois bien ! C'est ainsi qu'il achète le menu peuple, ce séditieux, pour le lancer contre nous !" murmure entre ses dents un scribe qui parle à un collègue. "Une de ses disciples a pris mon nom et m'a dit d'aller chez elle après la Pâque. Elle me conduira dans ses propriétés à Béther. Tu comprends, femme ? Mes enfants et moi. Je vais travailler. Mais qu'est-ce qu'un travail protégé et sûr ? C'est de la joie ! Et mon Lévi ne s'éreintera pas aux travaux agricoles, car la disciple qui nous prend le met aux roseraies... Un jeu, je te dis ! Ah ! que l'Éternel donne gloire et bien à son Messie !" dit la veuve de la plaine de Saron à une Israélite aisée qui l'interroge. "Oh ! et moi, je ne pourrais pas ?... Vous êtes tous placés, maintenant, vous qu'il a rassemblés hier ?" dit la riche Israélite. "Non, femme. Il y a encore d'autres veuves avec des enfants et d'autres hommes." "Je voudrais Lui dire qu'il me fasse la grâce de l'aider." "Appelle-le" "Je n'ose pas." "Va, toi, mon Lévi, dire qu'il y a une femme qui veut Lui parler..." L'enfant s'y rend vivement et rapporte la chose à Jésus. A ce moment-là un sadducéen rudoie un vieil homme qui pontifie au milieu d'une foule venue d'au-delà du Jourdain, et qui fait l'éloge du Maître de Galilée. Le vieillard se défend en disant : "Qu'est-ce que je fais de mal ? Tu voulais que je te loue, toi ? Tu n'as qu'à faire ce que Lui fait. Mais toi, que Dieu te pardonne, aux cheveux blancs et à la misère, c'est du mépris que tu donnes et non de l'amour. Faux Israélite qui ne respectes pas le Deutéronome en ayant pitié des pauvres." "Vous entendez ? Voilà le fruit de la doctrine de ce meneur ! Il apprend à la plèbe à offenser les saints d'Israël." Un prêtre du Temple lui répond : "C'est notre faute si cela arrive ! Nous nous bornons aux menaces sans les traduire en actes !" 461> ...Pendant ce temps, Jésus dit à la femme d'Israël : "Si tu veux t'employer vraiment à être une mère pour les orphelins et une sœur pour les veuves, va au palais de Chouza, au Siste. Dis à Jeanne que c'est Moi qui t'envoie. Va et que tes terres soient fertiles comme celles de l'Eden à cause de ta pitié, et que fertile devienne ton cœur dans un amour toujours plus grand pour ton prochain." Jésus voit à ce moment-là les gardes traîner le vieillard qui avait parlé auparavant. Il crie : "Que faites-vous à ce vieil homme ? Et qu'est-ce qu'il a fait ?" "Il a insulté les officiers qui le réprimandaient." "Ce n'est pas vrai. Un sadducéen m'a maltraité parce que je parlais de Toi à ces pèlerins. Et comme il avait levé la main sur moi, parce que je suis vieux et pauvre, je lui ai dit qu'il était un faux Israélite qui piétine les paroles du Deutéronome." "Relâchez ce vieil homme. Il est avec Moi. C'est la vérité qui était sur ses lèvres. Pas la sincérité : la Vérité. Dieu, s'il parle par les lèvres des petits enfants, parle aussi par les lèvres des vieillards. Il est dit : "Ne méprise pas l'homme dans sa vieillesse, parce qu'ils sont des nôtres ceux qui vieillissent"[1]. Et encore : "Ne méprise pas les paroles de ceux qui sont âgés et sages; que leurs maximes te soient familières, car c'est d'eux que tu apprendras la sagesse et les enseignements de l'intelligence",[2] et encore: "Là où il y a des vieillards, ne parle pas beaucoup". Que se souvienne de cela, Israël, cette partie d'Israël qui prétend être parfaite, car autrement le Très-Haut a la possibilité de la démentir. Père, viens à côté de Moi." Le pauvre vieux va vers Jésus alors que les sadducéens, frappés par le reproche, s'en vont en colère. "Je suis une femme hébraïque de la Diaspora, ô Roi attendu. Pourrais-je te servir comme cette femme que tu as envoyée chez Jeanne ?" dit une femme qui me paraît tout à fait celle appelée Nike qui essuya le visage de Jésus sur le Golgotha et en eut le Suaire. Mais ces femmes de Palestine se ressemblent beaucoup entre elles et, à quelques mois de cette vision, je pourrais me tromper. Jésus la regarde. Il voit une femme d'environ quarante ans, une femme bien vêtue, d'allure franche. Il lui demande : "Tu es veuve, n'est-ce pas ?" "Oui, et sans enfants. Je suis revenue récemment et j'ai acquis des terres à Jéricho, pour être à proximité de la Cité Sainte. Mais maintenant je vois que tu es plus grand qu'elle, et je te suis. Et je te 462> prie de me prendre pour servante. Je te connais par tes disciples, mais tu dépasses ce qu'ils m'ont dit." "C'est bien. Mais que veux-tu, au juste ?" "T'aider dans les pauvres et, comme je puis, te faire aimer et connaître. Je connais beaucoup de colonies de la Diaspora, car j'ai suivi mon mari dans ses affaires commerciales. J'ai des moyens et je me contente de peu. Je peux faire beaucoup par conséquent. Et je veux faire beaucoup pour ton amour et pour aider l'esprit de celui qui m'a prise vierge il y a vingt ans et qui a été pour moi un compagnon aimable jusqu'à son dernier soupir. Il me le disait en mourant. Il paraissait prophétiser : "A ma mort, confie à la tombe la chair qui t'a aimée, et va dans notre patrie. Tu trouveras le Promis. Oh ! tu le verras ! Cherche-le. Suis-le. C'est Lui le Rédempteur et Celui qui ressuscite, et il m'ouvrira les portes de la Vie. Sois bonne pour m'aider à être prêt quand il ouvrira les Cieux à ceux qui n'ont plus de dettes envers la Justice, et sois bonne pour mériter de le rencontrer sans tarder. Jure que tu le feras et que tu changeras les larmes stériles du veuvage en une courageuse activité. Prends Judith comme exemple, ô mon épouse, et toutes les nations connaîtront ton nom". Mon pauvre époux ! Moi, je demande seulement que Toi, tu me connaisses..." "Je te connaîtrai comme une bonne disciple. Va, toi aussi, chez Jeanne et que Dieu soit avec toi."... ...Ennuyeux comme des abeilles, les ennemis de Jésus reviennent à l'assaut. Lui a fait immoler l'agneau et il a attendu que fussent immolés ceux amenés par les disciples pour en avoir autant qu'il en faut pour un si grand nombre. Il retourne vers l'enceinte du Temple. "Quand comptes-tu en finir avec tes attitudes de roi ? Tu n'es pas roi ! Tu n'es pas prophète ! Jusqu'à quand vas-tu abuser de notre bonté, homme pécheur, rebelle, cause de mal pour Israël ? Combien de fois devrons-nous te dire que tu n'as pas le droit de faire le rabbi ici à l'intérieur ?" "Je suis venu pour immoler l'agneau. Vous ne pouvez pas m'en empêcher. Mais du reste je vous rappelle Adonias et Salomon."[3] "Qu'ont-ils à voir ? Que veux-tu dire ? Est-ce Toi, Adonias?" "Non. Adonias frauduleusement se fit roi, mais la Sagesse veillait et conseillait, et Salomon seulement fut roi. Je ne suis pas Adonias, je suis Salomon." "Et Adonias, qui est-ce ?" "Vous tous." 463> "Nous ? Comment parles-tu ?" "Avec vérité et justice." "Nous observons la Loi, en tout point, nous croyons aux prophètes et..." "Non. Vous ne croyez pas aux prophètes. Eux me nomment et vous, vous ne croyez pas en Moi. Non. Vous n'observez pas la Loi. Elle conseille des actes justes, vous ne les faites pas. Même ces offrandes que vous venez faire ne sont pas justes. Il est dit : "Immonde est l'offrande de celui qui sacrifie un bien mal acquis".[4] Il est dit : "Le Très-Haut n'accepte pas les dons des hommes iniques, Il ne tourne pas son regard vers leurs offrandes, et Il ne sera pas propice à leurs péchés à cause du grand nombre de leurs sacrifices". Il est dit : "Celui qui offre un sacrifice avec le bien des pauvres est comme celui qui égorge un fils sous les yeux de son père". Cela est dit, ô Giocana ! Il est dit : "Le pain des besogneux est la vie des pauvres, celui qui le leur enlève est un assassin". Cela est dit, ô Ismaël ![i] Il est dit : "Celui qui enlève le pain de la sueur c'est comme s'il tuait le pauvre". Cela est dit, ô Doras, fils de Doras ! Il est dit : "Celui qui répand le sang et celui qui frustre un travailleur de son salaire sont frères". Cela est dit, ô Giocana, Ismaël, Chanania, Doras, Jonathas ! Et rappelez-vous aussi qu'il est dit : "Quiconque ferme ses oreilles aux cris du pauvre, criera lui aussi, mais ne sera pas écouté". Et toi, Eléazar ben Anna, rappelle-toi et rappelle à ton père qu'il est dit : "Que mes prêtres soient saints et ne se souillent pour aucune raison". Et toi, Cornélius, sache qu'il est dit : "Celui qui aura maudit son père et sa mère qu'il soit puni de mort", et la mort ce n'est pas seulement celle que donne le bourreau. Une plus grande attend ceux qui pèchent contre leurs parents, une mort éternelle, redoutable. Et toi, Tolmé, rappelle-toi qu'il est dit : "Que celui qui s'adonne à la magie, est exterminé par Moi". Et toi, Sadoc, scribe d'or, rappelle-toi qu'entre l'adultère et son entremetteur, il n'y a pas de différence aux yeux de Dieu, et qu'il est dit que celui qui jure une chose fausse est la proie des flammes éternelles. Et dis à celui qui l'a oublié que celui qui prend une vierge et qui, repu, l'éloigné de lui par des accusations mensongères doit être condamné. Oh ! pas ici-bas. Dans l'autre vie, à la fois pour le mensonge, le serment faux, le tort fait à la femme et pour l'adultère. 464> Et quoi ? Vous fuyez ? Devant le Désarmé, qui dit des paroles qui ne sont pas les siennes mais de ceux que vous reconnaissez pour des saints en Israël, et vous ne pouvez donc pas dire que le Désarmé est un blasphémateur puisqu'on le disant vous déclareriez blasphémateurs les livres sapientiels et ceux de Moïse qui sont dictés par Dieu ? C'est devant le Désarmé que vous fuyez ? Est-ce que par hasard ce sont des pierres mes paroles ? Ou vous réveillent-elles, en frappant le bronze dur de votre dur cœur, votre conscience, et elle sent qu'elle a le devoir de se purifier, elle, non seulement les membres, en cette Parascève, pour pouvoir consommer sans péché d'impureté l'agneau saint ? Oh ! s'il en est ainsi, louanges au Seigneur ! Parce que la véritable sagesse, ô vous qui voulez être loués comme sages, c'est de se connaître soi-même, de reconnaître ses propres erreurs, s'en repentir et aller aux cérémonies avec une "vraie" dévotion. C'est-à-dire avec le culte et le rite de l'âme et non le rite extérieur... Ils sont partis ! Et nous aussi, allons donner la paix à ceux qui nous attendent..." |
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[1] Siracide 8,6 : N’aie aucun mépris pour celui qui vieillit, car certains d’entre nous prennent déjà de l’âge. [2] Siracide 8,8-9 : Ne dédaigne pas l’enseignement des sages mais reviens souvent à leurs maximes. C’est d’eux, en effet, qu’on reçoit l’éducation et qu’on apprend à servir les autorités. Ne manque pas l’enseignement des gens d’expérience, car eux-mêmes l’ont reçu de leurs parents. C’est d’eux que l’on apprend à comprendre les choses et l’art de répondre au bon moment. [3] Fils de David. Adonias tenta de s’emparer du trône que David voulait léguer à Salomon. [4] Siracide 34,21 : C’est se moquer de Dieu qu’offrir en sacrifice un animal acquis injustement. [i] Siracide 34,24-27 : Offrir un sacrifice avec les biens d’un pauvre, c’est égorger un fils sous les yeux de son père. Le pauvre gagne difficilement son pain; l’en priver, c’est être un meurtrier. C’est tuer son prochain que de lui prendre ses moyens d’existence. C’est commettre un assassinat que de priver un ouvrier de son salaire |