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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mercredi vers Séphoris
Dialogue entre les apôtres - Vous êtes tous changés 141 - Il faut protéger Jésus 142 - Jean résume un discours de Jésus sur les trois phases du jugement divin 143 - Le privilège de Jean 144 - La séparation d'avec Jésus 145 - Rencontre inopinée avec Thomas et Judas 145 - Compte rendu de Thomas 146 - Compte rendu de Judas 146 - Jésus décide à l'encontre de Judas 148 - Il confond Judas à propos de nécromancie 149 - Le groupe se divise en deux 149 |
5.22. |
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141> La vallée du Kison, bien que le soleil resplendisse dans un ciel serein, est froide, parcourue par un vent glacial qui vient, après 142> avoir franchi les collines du nord, ruinant les tendres cultures qui frissonnent et se recroquevillent brûlées, destinées à mourir dans leur verdeur nouvelle. « Mais est-ce que ce froid va durer encore longtemps ? » demande Mathieu qui s'enveloppe encore plus dans son manteau, duquel sort uniquement une partie de la figure, c'est-à-dire les yeux et le nez. La voix étouffée par son manteau qu'il a lui aussi jusque sur la bouche, Barthélemy lui répond : « Peut-être le reste de la lune. » « Nous voilà frais, alors ! Mais patience ! Heureusement qu'à Nazareth nous resterons dans des maisons hospitalières... Et pendant ce temps cela passera. » « Oui, Mathieu. Mais pour moi, c'est déjà passé, voyant Jésus moins accablé. Ne te semble-t-il pas plus allègre ? » demande André. « Il l’est. Mais moi. ..voilà, il me paraît impossible qu'il soit ainsi fané pour les choses que nous savons. N'y a-t-il eu vraiment rien de nouveau à votre connaissance ? » demande Philippe. « Rien, absolument rien. Je te dis qu'aux frontières syro-phéniciennes il eut même beaucoup de Joie à cause des esprits croyants et il fit ces miracles dont nous t'avons parlé » assure Jacques d'Alphée. « Il est beaucoup avec Simon de Jonas depuis quelques jours. Et Simon est très changé... Mais, vous êtes tous changés ! Je ne sais pas... Vous êtes plus... austères, voilà » dit Philippe. « Mais ce n'est qu'une impression !:.. En réalité, nous sommes tels que nous étions. Certainement, de voir le Maître ainsi affligé pour tant de choses ne nous a pas fait plaisir, et aussi de voir comme ils sont acharnés contre Lui... Mais nous, nous le défendrons. Oh ! Ils ne Lui feront rien si nous sommes avec Lui. Hier soir je Lui ai dit, après avoir entendu ce que disait Hermas, qui est un homme sérieux et que l'on peut croire : "Tu ne dois plus rester seul. Désormais tu as des disciples qui, tu le vois, font et font très bien et dont le nombre ne cesse d'augmenter. Nous resterons donc avec Toi. Je te dis que tu ne feras pas tout. Il est temps de te soulager, mon Frère. Mais Toi, tu resteras avec nous, parmi nous, comme Moïse sur la montagne, et nous nous battrons pour Toi, prêts à l'occasion à te défendre même matériellement. Ce qui est arrivé à Jean Baptiste ne doit pas t'arriver". Car enfin, si les disciples du Baptiste n'avaient pas été réduits à deux ou trois, incapables de le défendre, il n'aurait pas été pris. Nous sommes douze au fond, et je veux le persuader d'unir, de garder près de Lui, au moins quelques-uns 143> des disciples les plus fidèles et les plus énergiques. Ceux qui étaient avec Jean à Machéronte, par exemple. Créatures fidèles et courageuses : Jean, Mathias et même Joseph. Vous savez que ce jeune promet beaucoup ? » dit le Thaddée. « Oui. Isaac est un ange mais sa force est toute spirituelle. Mais Joseph est fort, même physiquement. Il a le même âge que nous. » « Et il apprend facilement. Tu as entendu ce qu'a dit Hermas ? "S'il avait étudié, il serait un rabbi en plus d'être un juste" Et Hermas sait ce qu'il dit. » « Moi, cependant... je garderais aussi tout près Etienne et Hermas et le prêtre Jean, a cause de leur connaissance de la Loi et du Temple. Savez-vous ce qu'est leur présence en face des scribes et des pharisiens ? Un contrôle, un frein... Et pour les gens qui doutent, c'est une affirmation : "Voyez qu'il y a aussi les meilleurs d'Israël autour du Rabbi, comme élèves et comme serviteurs ?" » dit Jacques d'Alphée. « Tu
as raison. Disons-le au Maître. Vous avez entendu ce qu'il a dit hier :
« Peut-être qu'il le fait aussi pour montrer qu'il nous aime, attendu que nous sommes tous plus ou moins convaincus d'être la cause de sa souffrance » observe Barthélemy. « Ou bien il est réellement fatigué de devoir penser à tout et d'être seul à prendre des décisions et des responsabilités. Peut-être aussi reconnaît-il que sa sainteté parfaite est… je dirais presque une imperfection par rapport à ceux qu'il a en face de Lui : le monde qui n'est pas saint. Nous ne sommes pas des saints parfaits. A peine un peu moins fourbes que les autres... et par conséquent plus capables de répondre à ceux qui sont presque comme nous » dit Simon le Zélote. « Et de les connaître, dois-tu dire ! » surenchérit Mathieu. « Oh ! pour cela, je suis certain qu'il les connaît Lui aussi, et même il les connaît mieux que nous, car Lui lit dans les cœurs » dit Jacques de Zébédée. « Et alors, pourquoi parfois agit-il comme il le fait, en s'exposant à des ennuis et des dangers?» demande André désolé. « Mais ! je ne sais que répondre » dit le Thaddée en haussant les épaules et les autres avouent la même chose. 144> Jean se tait et son frère le taquine : « Toi qui sais toujours tout de Jésus - vous semblez parfois deux amoureux - il ne t'a jamais dit pourquoi il agit ainsi ? » « Si.
Je le Lui ai demandé encore récemment. Il m'a toujours répondu : « Alors, ne pas accueillir la doctrine, c'est être réprouvé ? » demande Mathieu. « Cela, je ne le sais pas, si tous ceux qui n'auront pas cru seront réellement réprouvés. Si vous vous souvenez, en parlant à Sintica, il a fait comprendre que ceux qui agissent avec honnêteté pendant leur vie ne sont pas réprouvés, même s'ils croient à d'autres religions. Mais nous pouvons le Lui demander. Certainement Israël, qui a entendu parler du Messie et qui maintenant y croit partiellement ou mal, ou le repousse, sera sévèrement jugé. » « Il parle beaucoup avec toi le Maître, et tu sais beaucoup de choses 145> que nous ne savons pas » observe son frère Jacques. « C'est votre faute. Moi, je l'interroge avec simplicité. Parfois je Lui demande des choses qui doivent Lui faire apparaître son Jean comme un grand sot. Mais il ne m'importe pas de paraître tel. Il me suffit de connaître sa pensée, et de l'avoir en moi, pour la faire mienne. Vous, vous aussi devriez agir ainsi. Mais vous avez toujours peur ! Et de quoi ? D'être ignorants ? D'être superficiels ? D'être des têtes dures ? Vous devriez avoir peur seulement de n'être pas encore préparés quand Lui s'en ira. Il le dit toujours... et je me le dis toujours, pour me préparer à la séparation... Mais je sens que ce sera toujours une grande douleur... » « Ne m'y fais pas penser ! » s'écrie André et les autres lui font écho en soupirant. « Mais quand cela arrivera-t-il ? Il dit toujours : "Bientôt". Mais cela peut être dans un mois, comme dans des années. Il est si jeune et le temps est si rapide... Qu'as-tu, frère ? Tu deviens tout pâle... » demande le Thaddée à Jacques. « Rien ! Rien ! Je réfléchissais... » se hâte de dire Jacques d'Alphée en baissant la tête. Et le Thaddée se penche pour bien le voir... « Mais tu as les larmes aux yeux ! Qu’as- tu ? » « Mais rien de plus que ce que vous avez, vous... Je pensais à quand nous serons seuls. »[1] « Mais qu'a Simon de Jonas pour courir, en criant comme une mouette en un jour de tempête ? » demande Jacques de Zébédée et il montre Pierre qui vient de quitter Jésus et qui court en disant des paroles que le vent empêche d'entendre. Ils accélèrent leur marche et voient que Pierre a pris un sentier qui vient de la ville de Sephoris, désormais proche (ainsi disent les disciples qui se demandent s'il va à Sephoris sur l'ordre de Jésus et par ce raccourci). Mais ensuite, en regardant bien, ils voient que les deux seuls voyageurs qui viennent de la ville vers la grand-route ce sont Thomas et Judas. « Tiens ! Ici ? Vraiment ici ? Oh ! qu'est-ce qu'ils y font ? De Nazareth, tout au plus ils devaient aller à Cana, et puis à Tibériade... » se demandent plusieurs. « Peut-être ils venaient à la recherche des disciples. C'était leur mission » dit prudemment le Zélote qui sent les soupçons lever sa tête de serpent qui s'éveille dans le cœur de plusieurs. « Hâtons le pas. Jésus est seul et il semble nous attendre… » conseille Mathieu. 146> Ils vont et arrivent à Jésus en même temps que Pierre, Judas et Thomas. Jésus est très pâle, au point que Jean Lui demande: « Te sens-tu mal ? » Mais Jésus lui sourit et fait un signe de dénégation pendant qu'il salue les deux qui sont revenus après une si longue absence. Il embrasse d'abord Thomas, dont la mine est florissante et allègre comme toujours. Mais pourtant il devient sérieux en voyant le Maître si visiblement changé et il Lui demande avec empressement : « As-tu été malade ? » « Non, Thomas, nullement. Et toi, tu as été bien, heureux ? » « Moi, oui, Maître, toujours bien et toujours heureux. Il ne me manquait que Toi pour rendre mon cœur bienheureux. Mon père et ma mère te sont reconnaissants de m'avoir envoyé pour quelque temps. Mon père était un peu malade et alors c'est moi qui ai travaillé. Je suis allé chez ma sœur jumelle et j'ai fait la connaissance de mon neveu. Je lui fait donner le nom que tu m'avais indiqué. Puis Judas est venu, et il m'a fait aller comme une tourterelle à la saison des amours, en haut, en bas, où il y avait des disciples. Lui l'avait déjà fait pour son compte, et pas rien qu'un peu. Mais main- tenant il va te parler lui, car il a travaillé comme dix et il mérite que tu l'écoutes. » Jésus le laisse aller et c'est le tour de Judas qui a attendu patiemment et qui s'avance avec décision, l'air dégagé, triomphant. Jésus le transperce de son regard de saphir, mais il l'embrasse et reçoit son baiser comme pour Thomas. Et les paroles qui suivent sont affectueuses : « Et ta mère, Judas, elle a été heureuse de t'avoir ? Elle se porte bien cette sainte femme ? » « Oui,
Maître, et elle te bénit de lui avoir envoyé son Judas. Elle voulait
t'envoyer des cadeaux. Mais comment aurais-je pu les apporter alors que
j'aillais çà et là par monts et par vaux ? Tu peux être
tranquille, Maître... Tous les groupes de disciples que j'ai visités
travaillent saintement. L'idée se répand toujours plus. J'ai voulu contrôler
personnellement ses répercussions sur les plus puissants, les scribes et
les pharisiens. J'en connaissais beaucoup et je viens d'en connaître
d'autres par amour pour Toi. J'ai approché des sadducéens, des hérodiens...
Oh ! je t'assure que ma dignité en a été bien rabaissée !...
Mais pour ton amour je ferai cela et autre chose ! J'ai essuyé des
rebuffades dédaigneuses et des anathèmes. Mais j'ai réussi à éveiller
des sympathies chez certains qui étaient prévenus contre Toi. Je ne veux
pas tes louanges. Il me suffit d'avoir fait mon devoir, et je remercie l'Éternel
de m'avoir toujours 147>
aidé. J'ai « Tu ne voudrais pas dire que Joseph et Nicodème ont été des menteurs » interrompt le Zélote qui s'est contenu jusque là mais pas davantage, et que l'effort qu'il a fait a rendu livide. « Et qui dit cela ? Au contraire ! Joseph m'a vu quand je sortais de chez Anna et il m'a dit : "Pourquoi es-tu ainsi troublé ?" Je lui ai tout raconté et comment, en suivant son conseil et celui de Nicodème, Toi Maître, avais éloigné le galérien et la grecque. Parce que tu les as éloignés, n'est-ce pas ? » dit Judas en regardant fixement Jésus de ses yeux de jais, brillants au point d'en être phosphorescents. Il semble vouloir le transpercer par son regard pour lire ce que Jésus a fait. Jésus, qui l'a toujours en face de Lui, très proche, dit calmement : « Je te prie de continuer ton récit qui m'intéresse beaucoup. C'est un rapport exact qui peut beaucoup servir. » « Ah ! je disais donc qu'Anna et Caïphe ont changé d'opinion. Cela est beaucoup pour nous. N'est-ce pas ? Et puis !… Oh ! maintenant je vais vous faire rire ! Mais vous savez que les rabbis m'ont pris au milieu d'eux et m'ont fait subir un autre examen, comme si j'étais un enfant qui arrive à sa majorité ? Et quel examen ! Bien. Je les ai convaincus et ils m'ont laissé aller. Alors m'est venu le soupçon et la peur d'avoir dit une chose qui, n'était pas vraie. Et j'ai pensé a prendre Thomas et à aller de nouveau où il y avait des disciples, ou bien là où je pouvais présumer que s'étaient réfugiés Jean et la grecque. Je suis allé chez Lazare, chez Manaën, au palais de Chouza, chez Elise de Béthsur, à Béther dans les jardins de Jeanne, 148> au Gethsémani, dans la maisonnette de Salomon au-delà du Jourdain, à "La Belle Eau", chez Nicodème, chez Joseph... » « Mais tu ne l'avais pas vu ? » « Si. Et il m'avait assuré qu'il n'avait jamais plus vu ces deux. Mais tu sais... je voulais être sûr... Bref : j'ai visité tous les endroits où je pouvais soupçonner qu'ils se trouvent... Et ne crois pas que j'ai souffert de ne pas le trouver. Tu me ferais tort. Toutes les fois - et Thomas peut le confirmer - toutes les fois que je suis sorti d'un endroit sans l'avoir trouvé, et même sans avoir eu aucun indice de sa présence, j'ai dit : "Louange soit au Seigneur !" et je disais : "O Eternel, fais que je ne le trouve jamais plus !" Vraiment ! Le soupir de mon âme... Le dernier endroit fut Esdrelon... Ah ! à propos ! Ismaël ben Fabi, qui est dans son palais dans les campagnes de Mageddo, désire t'avoir comme hôte... Mais, à ta place, je n’irais pas... » « Pourquoi ? J'y irai sans faute. Moi aussi, je désire le voir. Et même, nous allons nous y rendre tout de suite. Au lieu d'aller à Sephoris, nous allons nous rendre à Esdrelon, et puis à Mageddo après-demain qui est la veille du sabbat, et de là à la maison d'Ismaël. » « Mais non, Seigneur ! Pourquoi ? Crois-tu qu'il t'aime ? » « Mais si tu l'as approché et changé en ma faveur, pourquoi ne veux-tu pas que j'y aille ? » « Je ne l'ai pas approché... Il était dans les champs et il m'a reconnu. Mais moi - n'est-ce pas, Thomas ? - je voulais fuir quand je l'ai vu. Je n'ai pas pu parce qu'il m'a appelé par mon nom. Moi... Moi, je ne puis que te conseiller de ne jamais plus aller chez aucun pharisien, ou scribe, ou gens de même acabit. Ce n'est pas utile pour Toi. Restons entre nous, seuls, avec le peuple, et c'est tout. Même Lazare, Nicodème, Joseph... ce sera un sacrifice... Mais il vaut mieux le faire pour ne pas créer de jalousies, de rancœurs, et prêter le flanc aux critiques... A table, on parle... et eux travaillent très sournoisement sur tes paroles. Mais revenons à Jean. ..Maintenant j'allais à Sicaminon, bien qu'Isaac, que j'ai trouvé aux confins de la Samarie, m'ait juré de ne plus l'avoir vu depuis octobre. » « Et Isaac a juré la vérité. Mais ce que tu me conseilles, à propos des relations avec les scribes et les pharisiens, est en opposition avec ce que tu m'as dit auparavant. Tu m'as défendu... C'est ce que tu as fait, n'est-ce pas ? Tu as dit : "J'ai abattu beaucoup de préventions sur Toi". C'est ce que tu as dit, n'est-ce pas ? » « Oui, Maître. » 149> « Et alors pourquoi ne puis-je pas achever Moi-même de me défendre en personne ? Nous irons donc chez Ismaël, et toi, maintenant, retourne en arrière et va le prévenir. Avec toi vont venir André, Simon le Zélote et Barthélemy. Nous irons chez des paysans nous reposer. En ce qui concerne Sicaminon, nous en venons et nous y étions à onze. Nous t'affirmons que Jean n'y est pas. Et il n'est pas non plus à Capharnaüm ou à Bethsaïda, à Tibériade, Magdala, Nazareth, Corozaïn, Bethléem de Galilée, et ainsi de suite pour toutes les étapes que peut-être tu avais l'intention de faire pour... te rassurer toi-même sur la présence de Jean avec les disciples ou dans des maisons amies. » Jésus parle calmement, avec naturel... Mais pourtant il doit y avoir en Lui quelque chose qui trouble Judas, car pendant un instant il change de couleur. Jésus l'embrasse comme pour lui donner un baiser... Et pendant qu'il le tient ainsi, joue contre joue, il lui murmure doucement : « Malheureux ! Qu'as-tu fait de ton âme ? » « Maître... je... » « Va ! Tu sens l'enfer plus que Satan lui-même ! Tais-toi !... Et repens-toi, si tu peux. » Judas... moi je me serais échappée à toutes jambes. Mais lui ! Effronté, dit à haute voix : « Merci, Maître. Mais, je t'en prie, avant que je ne m'en aille, deux mots, en secret. » Tous s'écartent de plusieurs mètres. « Pourquoi, Seigneur, m'as-tu dit ces paroles ! Tu m'as fait souffrir... » « Parce que c'est la vérité. Celui qui a des relations avec Satan prend l'odeur de Satan." « Ah ! à cause de la nécromancie ? Oh ! quelle peur tu m'as faite ! Une plaisanterie ! Rien de plus qu'une plaisanterie d'enfant curieux. Et cela m'a servi pour approcher des sadducéens et en perdre le désir. Tu vois donc que tu peux m'absoudre en tout paix. Ce sont des choses inutiles quand on a ton pouvoir. Tu avais raison. Allons, Maître ! ma faute est si légère !... Grande est ta sagesse, mais qui t'a dit cela ? » Jésus le regarde sévèrement et ne lui répond pas. « Mais vraiment as-tu vu dans mon cœur le péché ? » demande Judas un peu effrayé. « Et tu m'as répugné. Va ! Et n'ajoute pas un mot. » Et Il lui tourne le dos en revenant vers les disciples auxquels il donne l'ordre de changer de direction. Il congédie d'abord Barthélemy, Simon et André, qui rejoignent Judas, et qui partent rapidement, alors que 150> ceux qui restent s'en vont lentement ignorant la vérité connue de Jésus seul. Tellement ignorants qu'ils félicitent Judas pour son activité et son savoir-faire. Et l'honnête Pierre s'accuse sincèrement du jugement téméraire qu'il avait dans le cœur envers son condisciple... Jésus sourit, d'un sourire doux, un peu las, comme s'il pensait à autre chose et comme s'il entendait à peine le bavardage de ses compagnons qui des choses ne savent que ce que leur permet de savoir leur humanité. |
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