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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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Dimanche 27 janvier 30 (4
Adar)
- Les apôtres
renvoient les gens chez eux 47 - Pierre trouve
Jésus trop généreux 48 - Jésus préside
le repas 49 - Une
colère de Pierre contre un berger mesquin 50 - Jésus ne doit pas
retourner chez Lazare 51 - Discours
(L'heure de Satan) 51 - Discours
(Apprendre à défier le monde) 52 - Discours (Une promesse à remplir 53 - Deux sœurs à
consoler 53 -
Recommandations diverses) 54 - La grandeur du
miracle à venir 54 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 8 8.7 |
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47> La lumière, ce n'est déjà plus de la lumière dans le petit
jardin de la maison de Salomon. Les arbres, les contours des maisons au-delà
de la route, et surtout le bout de la route elle-même, là où le petit chemin disparaît
dans les bois qui bordent le fleuve, perdent de plus en plus la netteté de
leurs contours pour s'unir dans une seule ligne d'ombres plus ou moins
claires, plus ou moins sombres, dans l'ombre qui s'épaissit de plus en plus.
Plutôt que des couleurs les choses répandues sur la terre sont désormais des
sons. Voix d'enfants dans les maisons, appels des mères, cris des hommes pour
faire rentrer les brebis ou l'âne, quelques derniers grincements de poulies
aux puits, bruissement des feuilles dans le vent du soir, bruits secs comme
de petites branches qui se heurtent entre elles, des broussins
répandus dans les bosquets. 48> Là-haut la première
palpitation des étoiles, encore indécise parce qu'il reste un semblant de
lumière et que les premiers rayons phosphorescents de la lune commencent à se
répandre dans le ciel. "Le reste, vous
le direz demain. Pour l'instant cela suffit. Il fait nuit. Et que chacun
aille à la maison. La paix à vous. La paix à vous. Oui... Oui... Demain. Eh ?
Que dis-tu ? Tu as un scrupule ? La nuit porte conseil, et puis s'il ne passe
pas, tu viendras. Il ne manquerait plus que cela ! Les scrupules aussi pour
le fatiguer davantage ! Et ceux qui ne rêvent que de profit ! Et les
belles-mères qui veulent rendre sages les épouses, et les épouses qui veulent
rendre les belles-mères moins acariâtres, et des unes et des autres, toutes
les deux mériteraient d'avoir la langue coupée. Et à part cela ? Toi ? Que
dis-tu ? Oh ! oui, ce pauvre petit ! Jean, conduis-le au
Maître. Il a sa mère malade et elle l'envoie dire à Jésus qu'il prie pour
elle. Pauvre petit ! Il est resté en arrière à cause de sa petite taille, et
il vient de loin. Comment va-t-il faire pour retourner à la maison ? Hé !
vous tous ! Au lieu de rester ici pour jouir de Lui, ne pourriez-vous pas
mettre en pratique ce que le Maître vous a dit : de vous aider mutuellement
et que les plus forts aident les plus faibles ? Allons ! Qui accompagne
l'enfant à la maison ? Il pourrait, que Dieu ne le veuille pas, trouver morte
sa mère... Qu'au moins il la voie. Vous avez des ânes... Il fait nuit ? Et
quoi de plus beau que la nuit ? Moi, j'ai travaillé pendant des lustres à la
lueur des étoiles, et je suis sain et robuste. Tu le conduis à la maison ?
Dieu te bénisse, Ruben. Voici l'enfant. Le
Maître t'a-t-il consolé ? Oui. Alors va et sois heureux. Mais il faudra lui
donner à manger. C'est peut-être depuis ce matin qu'il ne mange pas." "Le Maître lui a
donné du lait chaud, du pain et des fruits. Il les a dans sa tunicelle"
dit Jean. "Alors, va avec
cet homme. Il va te conduire à la maison avec l'âne." Finalement les gens
sont tous partis, et Pierre peut se reposer avec Jacques, Jude, l'autre Jacques et Thomas, qui l'ont aidé à
renvoyer chez eux les plus obstinés. "Fermons. Pourvu
qu'il n'y ait pas quelqu'un qui regrette et revienne sur ses pas, comme ces deux-là. Ouf ! Mais le lendemain du sabbat est bien
fatigant !" dit encore Pierre en entrant dans la cuisine et en fermant
la porte. "Oh ! maintenant, nous allons être tranquilles." Il
regarde Jésus qui est assis près de la table, sur laquelle il appuie son
coude et de sa main il soutient sa tête, pensif, absorbé. 49> Il va près de Lui, Lui met la main sur l'épaule et Lui dit :
"Tu es fatigué, hein ! Tant de gens ! Ils viennent de tous les endroits
malgré la saison." "Ils semblent
avoir peur de nous perdre bientôt" remarque André qui est en train
d'éventrer des poissons. Les autres aussi s'emploient à faire du feu et à le
préparer pour griller les poissons, ou à remuer des chicorées dans un
chaudron qui bout. Leurs ombres se projettent sur les murs sombres, éclairés
plutôt par le feu que par la lampe. Pierre cherche une
tasse pour donner du lait à Jésus qui semble très fatigué. Mais il ne trouve
pas le lait et en demande aux autres la raison. "C'est l'enfant
qui a bu le dernier lait que nous avions. Le reste a été donné à ce vieux
mendiant et à la femme du mari infirme" explique Barthélemy. "Et le Maître
est resté sans rien ! Vous ne deviez pas tout donner." "C'est Lui qui
l'a voulu..." "Oh ! Lui veut toujours
ainsi, mais on ne doit pas le laisser faire. Lui donne ses vêtements, Lui
donne son lait, il se donne Lui-même et se consume..." Pierre est
mécontent. "Du calme,
Pierre ! Il vaut mieux donner que recevoir" dit Jésus tranquillement en
sortant de son abstraction.
Jésus se verse tout
de suite à boire comme s'il avait grand soif. Pierre met une autre coupe de
l'autre côté de la table près d'un plat qui contient des olives et des tiges
de fenouil sauvage. Il ajoute le plateau de chicorées que Philippe a déjà
assaisonnées et, avec ses compagnons, il apporte des tabourets très primitifs
pour les ajouter aux quatre sièges qui sont dans la cuisine, qui ne suffisent
pas pour treize personnes. André, qui a surveillé la cuisson du poisson
grillé sur la braise, met le poisson sur un autre plat et va vers la table
avec d'autres pains. Jean enlève la lampe de l'endroit où elle était et la
place au milieu de la table. 50> Jésus se lève alors
que tous s'approchent de la table pour le souper et il prie à haute voix pour
offrir le pain et puis il bénit la table. Il s'assoit, imité par les autres,
et distribue le pain et les poissons, ou plutôt il dépose
les poissons sur les tranches épaisses et larges de pain, en partie frais, en
partie rassis, que chacun a placé devant soi. Puis les apôtres se servent de
la chicorée avec la grande fourchette de bois qui sert à la piquer. Même pour
les légumes, le pain sert de plat. Seul Jésus a devant Lui un plat de métal,
large et en assez mauvais état, et il s'en sert pour partager le poisson, en
donnant tantôt à l'un tantôt à l'autre un excellent morceau. On dirait un
père parmi ses enfants, toujours père même si Nathanaël, Simon le Zélote et Philippe semblent un père pour Lui, tandis que Matthieu et Pierre peuvent
paraître ses frères aînés. Ils mangent et
parlent des événements du jour. Jean rit de bon cœur à cause de l'indignation
de Pierre pour ce berger des monts de Galaad, qui prétendait que Jésus aille
là-haut où était son troupeau pour le bénir et lui faire gagner beaucoup
d'argent pour faire une dot à sa fille. "Il n'y a pas de
quoi rire. Tant qu'il a dit : "J'ai des brebis malades et si elles
meurent, je suis ruiné" j'ai eu pitié de lui. C'est comme si pour nous
pêcheurs, la barque devenait vermoulue. On ne peut pêcher ni manger, et tout
le monde a le droit de manger. Mais quand il a dit :"Et je les veux
saines car je veux devenir riche et étonner le village avec la dot que je
ferai à Esther et la maison que je
me construirai", alors je suis devenu mauvais. Je lui ai dit :"Et
c'est pour cela que tu as fait une si longue route ? Tu ne penses qu'à la dot
et à la richesse et à tes brebis ? Tu n'as pas une âme ?" Il m'a répondu
:"Pour elle, j'ai le temps. Pour l'instant je me préoccupe davantage des
brebis et des noces car c'est un bon parti pour Esther, et elle commence à
vieillir". Alors, voilà, si ce n'était que je me rappelais que Jésus dit
que l'on doit être miséricordieux avec tout le monde, il était frais ! Je lui
ai parlé vraiment entre tramontane et sirocco..." "Et il semblait
que tu n'allais plus en finir. Tu ne prenais pas le temps de souffler. Les
veines de ton cou s'étaient gonflées et tendues comme deux baguettes"
dit Jacques de Zébédée. "Le berger était
parti depuis un bon moment et toi, tu continuais de prêcher. Heureusement que
tu dis que tu ne sais pas parler aux gens !" ajoute Thomas, et il l'embrasse en disant; "Pauvre
Simon ! Quelle grosse colère tu as prise !" "Mais n'avais-je
pas raison, peut-être ? Qu'est-il le Maître ? Le faiseur de fortunes de tous
les sots d'Israël ? Le paranymphe des mariages
d'autrui, peut-être ?" "Ne te fâche
pas, Simon. Le poisson va te faire mal si tu le manges avec ce poison" plaisante Matthieu, débonnaire. 51> "Tu as raison.
Je sens en tout la saveur qu'ont les banquets dans les maisons des pharisiens
quand je mange mon pain avec crainte et la viande avec colère." Tout le monde rit.
Jésus sourit et se tait. Ils sont à la fin du
repas. Repus de nourriture et contents de la chaleur, ils restent un peu
somnolents autour de la table. Ils parlent moins aussi, quelques-uns
sommeillent. Thomas s'amuse à dessiner avec son couteau une branche fleurie
sur le bois de la table.
"Où, Maître ?
Chez l'homme aux brebis ?" demande Pierre. "Non, Simon,
Chez Lazare. Nous retournons en Judée." "Maître,
rappelle-toi que les juifs te haïssent !" s'écrie Pierre. "Ils voulaient
te lapider, il n'y a pas si longtemps" dit Jacques d'Alphée. "Mais, Maître,
c'est une imprudence !" s'écrie Matthieu. "Tu ne te
soucies pas de nous ?" demande l’Iscariote. "Oh ! mon Maître
et frère, je t'en conjure au nom de ta Mère, et au nom aussi de
la Divinité qui est en Toi : ne permets pas que les satans
mettent la main sur ta personne pour étouffer ta parole. Tu es seul, trop
seul, contre tout un monde qui te hait et qui sur la Terre est puissant"
dit le Thaddée. "Maître, protège
ta vie ! Qu'adviendrait-il de nous, de tous, si nous ne t'avions plus ?"
Jean, bouleversé, le regarde avec les yeux dilatés d'un enfant effrayé et
affligé. Pierre, après sa
première exclamation, s'est tourné pour parler avec animation avec les plus
âgés et avec Thomas et Jacques de Zébédée. Ils sont tous de l'avis que Jésus
ne doit pas retourner près de Jérusalem, au moins tant que le temps pascal ne
rend pas plus sûr son séjour là-bas car, disent-ils, la présence d'un très
grand nombre de fidèles du Maître, venus pour les fêtes pascales de tous les
points de la Palestine, sera une défense pour le Maître. Personne de ceux qui
le haïssent n'osera le toucher quand tout un peuple sera serré
affectueusement autour de Lui... Et ils le Lui disent, avec angoisse, le Lui
imposant presque... L'amour les fait parler. 52> "Paix ! Paix !
La journée n'est-elle pas peut-être de douze heures ? Si quelqu'un marche de
jour, il ne trébuche pas car il voit la lumière de ce monde; mais s'il marche de nuit, il trébuche, car il n'y voit pas. Je sais
ce que je me fais car j'ai la Lumière en Moi. Vous, laissez-vous guider par
celui qui voit. Et puis sachez que tant que ce n'est pas l'heure des ténèbres, rien de ténébreux
ne pourra arriver. Quand ensuite ce sera cette heure, aucun éloignement ni
aucune force, même pas les armées de César, ne pourront me sauver des juifs.
Car ce qui est écrit doit arriver et les forces du mal travaillent déjà en
secret pour accomplir leur œuvre. Laissez-moi donc faire, et faire du bien
tant que je suis libre de le faire. L'heure viendra où je ne pourrai remuer
un doigt ni dire une parole pour opérer le miracle. Le monde sera vide de ma
force. Heure redoutable de châtiment pour l'homme. Pas pour Moi. Pour l'homme
qui n'aura pas voulu m'aimer. "Mais, s'il
dort, c'est bien. Il va finir de guérir. Le sommeil est déjà un remède.
Pourquoi l'éveiller ?" Lui fait-on remarquer. "Lazare est mort.
J'ai attendu qu'il soit mort pour aller là-bas, pas à cause de ses sœurs ni
de lui, mais à cause de vous pour que vous croyez, pour que votre foi
grandisse. Allons chez Lazare." "Bon. Allons-y !
Nous mourrons comme il est mort et comme tu veux mourir" dit Thomas en fataliste résigné. "Thomas, Thomas,
et vous tous qui intérieurement critiquez et grommelez, sachez que celui qui
veut me suivre doit avoir pour sa vie le même souci qu'a l'oiseau pour la
nuée qui passe. "À qui, Seigneur
?" demande Jacques d'Alphée presque craintif. "À ceux qui me
haïssent et à ceux qui m'aiment, aux deux d'une manière absolue. Ne vous
rappelez-vous pas la discussion à Cédès avec les
scribes ? [2] Ils pouvaient encore
me traiter de menteur parce que j'avais ressuscité une fillette qui venait de
mourir [3] et un mort d'un jour
[4]. Ils ont dit
:"Tu n'as pas encore su refaire quelqu'un qui était décomposé". En
effet, Dieu seul peut tirer un homme de la fange et de la pourriture refaire
un corps intact et vivant. Eh bien, je vais le faire. À la lune de Casleu, sur les rives du Jourdain, j'ai rappelé Moi-même
aux scribes ce défi et j'ai dit : "À la
nouvelle lune, cela s'accomplira". Cela pour ceux qui me
haïssent. Aux sœurs ensuite, qui m'aiment d'une manière absolue, j'ai promis
de récompenser leur foi si elles
avaient continué d'espérer au-delà de ce qui est croyable. Je les ai beaucoup
éprouvées et beaucoup affligées, et Moi seul connais les souffrances de leurs
cœurs en ces jours et leur parfait amour. En vérité je vous dis qu'elles
méritent une grande récompense car, plus que de ne pas voir leur frère
ressuscité, elles sont angoissées que je puisse être méprisé. Je vous
paraissais absorbé, las et triste. J'étais près d'elles par mon esprit,
j'entendais leurs gémissements et je comptais leurs larmes. Pauvres sœurs ! 54> Maintenant je brûle de ramener un juste sur la Terre, un frère
dans les bras de ses sœurs, un disciple parmi mes disciples. Tu pleures, Simon ? Oui. Toi et Moi, nous sommes les plus grands
amis de Lazare, et dans tes pleurs il y a la douleur pour la douleur de
Marthe et Marie et l'agonie de l'ami, mais il y a aussi déjà la joie de le
savoir bientôt rendu à notre amour. Levons-nous pour préparer les sacs et
aller nous reposer pour nous lever à l'aube et mettre tout en ordre ici où...
il n'est pas sûr que nous reviendrons. Il faudra distribuer aux pauvres ce
que nous avons et dire aux plus actifs d'empêcher les pèlerins de me chercher
tant que je ne serai pas dans un autre lieu sûr. Il faudra encore leur dire
de prévenir les disciples qu'ils me cherchent chez Lazare. Tant de choses à
faire. Elles seront toutes faites avant que les pèlerins arrivent... Allons,
éteignez le feu et allumez les lampes, et que chacun aille faire ce qui lui
incombe et puis se reposer. Paix à vous tous." Il se lève, les bénit et
se retire dans sa petite pièce... "Il est mort
depuis plusieurs jours !" dit le Zélote. "Cela c'est un
miracle !" s'écrie Thomas. "Je veux voir ce
qu'ils vont trouver ensuite pour douter !" dit André. "Mais quand le
serviteur est-il venu ?" demande Judas Iscariote. "Le soir d'avant
le vendredi" répond Pierre. "Oui ? Et
pourquoi ne l'as-tu pas dit ?" demande encore l'Iscariote. "Parce que le
Maître m'avait dit de me taire" réplique Pierre. "Donc... quand
nous arrivons là-bas... il sera depuis quatre jours au tombeau ?" "Certainement !
Le soir du vendredi un jour, le soir du sabbat deux jours, ce soir trois
jours, demain quatre... Donc quatre jours et demi... Puissance éternelle !
Mais il sera déjà en morceaux !" dit Matthieu. "Il sera déjà en
morceaux... Je veux voir aussi cela et puis..." "Quoi, Simon
Pierre ?" demande Jacques d'Alphée. "Et puis si
Israël ne se convertit pas, Jéovah Lui-même, au milieu
des foudres, ne peut le convertir." |
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Ils s'en vont en
parlant ainsi. |
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