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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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samedi 13
octobre 29 (16 Boul)
- Discours (La conduite
évangélique de l'apôtre) 337 - Les femmes s'affairent 338 - Le rôle de la femme et de la
Corédemptrice 339 - Élise fait la leçon à Judas 340 - Joseph arrive et raconte la guérison
de Bartolmaï 341 - Judas nie avoir parlé à l'aveugle-né
342 - Il est dangereux d'être l'hôte de
Jésus 343 - Joseph d'Arimathie conseille à Jésus
la prudence 344 - Jésus rassure les siens 344 |
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337> Jésus est à Nobé, et il doit y être depuis
peu car il est en train de s'organiser et de répartir ses douze en trois
groupes de quatre personnes pour les envoyer dans les maisons. Avec Lui se
trouvent Pierre, Jean, Judas de Kériot et Simon le Zélote, alors que Jacques de Zébédée est à la tête du
groupe composé de Matthieu, Jude d'Alphée et Philippe, et qu'au troisième est préposé Barthélemy et que lui sont soumis Jacques d'Alphée, André et Thomas. "Allez, après le
souper, là où on vous a offert de vous accueillir, et vous reviendrez ici le
matin, et je vous dirai ce que vous devez faire. Aux heures des repas, nous
resterons ensemble. Rappelez-vous ce que je vous ai dit maintes fois : "Ne crains pas,
Maître. De nous il ne te viendra pas de douleur à moins que Satan ne nous
dévoie tous" dit Barthélemy. Anastasica, qui est dans la
cuisine avec Élise, entre pour dire :
"Le souper est prêt, Maître. Descends pendant qu'il est chaud. Tu te
restaureras." "Allons." Et Jésus se lève pour
suivre la femme qui descend par le petit escalier qui, de la chambre du haut
où on a déjà préparé des lits, descend dans le petit jardin et de là, il
entre dans la cuisine égayée par un feu pétillant. Le vieux Jean est près du feu, et Élise qui s'affaire autour des mets et qui se retourne
avec un sourire maternel pour regarder Jésus qui entre, et se hâte de verser
sur un grand plateau les grains d'orge cuit dans le lait, que j'ai déjà vu
faire par Marie d'Alphée à Nazareth avant le départ de Jean et de Sintica. "Voilà. Je me
suis rappelée que Marie de Cléophas m'a dit que cela te plaisait et j'avais
gardé le plus beau miel pour le faire, pour Margziam aussi... Je regrette
que l'enfant ne soit pas venu..." "Nike l'a retenu avec Isaac, puisqu'ils partent
demain à l'aurore et qu'elle profite du char jusqu'à Jéricho pour accomplir
la mission que tu sais..." "Quelle mission,
Maître ?" demande l'Iscariote intéressé. "Une mission
très féminine : élever un enfant. Seulement c'est un enfant qui n'a pas
besoin de lait, mais de foi, car son esprit est infantile. Mais la femme est
toujours mère et elle sait faire ces choses. Et quand elle a compris !... Elle
vaut l'homme, avec en plus la force de la douceur maternelle." "Comme tu es bon
pour nous, Maître !" dit Élise avec un regard
caressant. 339> "Une femme ? Et
comment veux-tu qu'une femme rachète ?" dit Judas de Kériot
en riant.
"Bien sûr que je
le sais ! C'est soustraire quelqu'un au Péché." "Oui, mais
soustraire au Péché ne servirait pas beaucoup, car l'Adversaire est éternel
et il reviendrait dresser des embûches. Mais du Jardin terrestre une voix est
venue, la voix de Dieu, pour dire : "Je mettrai des inimitiés entre toi
et la Femme... Elle t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon" [1]. Rien de plus que
des embûches car la Femme possédera, possède en elle-même, ce qui vainc
l'Adversaire. Et Elle rachète donc du moment où Elle existe, Elle la Rédemption
active bien que cachée. Mais bientôt Elle sortira en présence du monde et les
femmes se fortifieront en Elle." "Que tu
rachètes... c'est bien. Mais qu'une femme le puisse... je ne l'accepte pas,
Maître." "Tu ne te
rappelles pas Tobie ? Son cantique ? [2]" "Si. Mais c'est
de Jérusalem qu'il parle." "Est-ce que par
hasard Jérusalem possède un Tabernacle où Dieu réside [3]? Dieu peut-Il être
présent par sa gloire aux péchés qui se consomment dans les murs du Temple ?
Un autre Tabernacle était nécessaire, et qui fût saint, et qui fût une étoile
pour ramener au Très-Haut ceux qui sont perdus. Et cela on l'a dans la
Corédemptrice qui dans les siècles des siècles aura la joie d'être la Mère
des rachetés. "Tu brilleras d'un éclat splendide. Tous les peuples de la
Terre se prosterneront devant toi. 340> Les nations
viendront de loin pour te porter des présents et elles adoreront
en toi le Seigneur... Elles invoqueront ton grand nom... Ceux qui ne
t'écouteront pas seront parmi les maudits, et bénis seront ceux qui se
serreront près de toi...Tu seras heureuse en tes enfants car ils seront les
bénis réunis près du Seigneur", Le vrai cantique de la Corédemptrice. Et
déjà le chantent dans le Ciel les anges qui voient... La Jérusalem nouvelle
et céleste, c'est en elle qu'Elle commence. Oh ! Oui, voilà la vérité. Et le
monde l'ignore et l'ignorent les rabbins enténébrés d'Israël..." Jésus
se plonge dans ses pensées... "Mais de qui
parle-t-il ?" demande l'Iscariote à Philippe qui est près de lui. Avant que ce dernier
réponde Élise, qui est en train de mettre sur la table du fromage et des
olives noires, lui dit plutôt rudement : "C'est de sa Mère qu'il parle. Tu ne comprends pas ?" "Mais je n'ai
jamais su qu'Elle soit nommée par les prophètes comme martyre... On parle du
seul Rédempteur, et..."
"Oh ! Tu
m'offenses !" "Non. Je suis
vieille et je te conseille. Rends ton cœur sagace, et tu éviteras les pleurs
et le châtiment. Fais-le, si tu le peux." Les apôtres,
spécialement Jude d'Alphée, Jacques de Zébédée, Barthélemy et le Zélote, se regardent par en dessous et baissent la
tête pour cacher le sourire qui pointe sur leurs lèvres, pour la franchise de
l'observation d'Élise à l'apôtre qui se croit parfait. Jésus, toujours
absorbé, n'entend rien. Élise se tourne vers Anastasica et lui dit : "Viens,
pendant qu'ils terminent le repas allons préparer deux autres lits, car trois
c'est peu" et elle va sortir. "Élise, vous ne
donnerez sûrement pas le vôtre ! s'écrie Pierre. Cela ne va pas. Jean et moi,
nous pouvons dormir sur des tables. Nous sommes habitués." "Non, Simon. Il
y a des treillis et des nattes, mais c'est rangé. Maintenant nous allons les
monter sur des chevalets." Et elle sort avec l'autre. 341> Les apôtres, fatigués, somnolent presque dans la tiédeur de la
cuisine. Jésus réfléchit, le coude appuyé sur la table et la tête soutenue
par sa main. Un coup à la porte.
Thomas, qui en est le plus près, se lève pour ouvrir et s'écrie : "Toi, Joseph ?! Et avec Nicodème ?! Entrez ! Entrez
!" "Paix à Toi,
Maître, et à ceux qui sont dans cette maison. Nous allons à Rama, Maître; c'est Nicodème
qui m'y a invité. En passant, nous avons dit : "Arrêtons-nous pour
saluer le Maître". Nous voulions savoir si... tu avais été encore
importuné, attendu qu'ils sont allés te chercher chez Joseph. Déjà ils t'ont cherché partout depuis que tu as guéri cet aveugle. Ils n'ont pas
franchi les murs, c'est vrai. Ils n'ont pas déplacé un siège pour ne pas
profaner le sabbat, et pour cela ils se croient purs, mais pour te chercher,
pour suivre Bartolmaï, oh ! ils ont fait
bien plus que le chemin permis !" "Et comment l'ont-ils
su puisque le Maître n'a rien fait en chemin ?" demande Matthieu. "Voilà : nous ne
savions pas même qu'il était guéri. Nous sommes allés à la synagogue, et puis
saluer Nike, et Isaac et Margziam qui étaient chez elle et puis, après le
coucher du soleil, nous sommes vite venus ici" dit Pierre. "Vous ne saviez
pas, mais les envoyés des pharisiens l'ont su. Vous n'avez pas vu, mais moi,
j'ai vu. Deux d'entre eux étaient présents quand le Maître a touché les yeux
de l'aveugle. Ils attendaient depuis des heures." "Comment donc
?" demande Judas de Kériot d'un air innocent. "C'est à moi que
tu le demandes ?" "C'est une chose
étrange, c'est pour cela que je le demande." "Le plus étrange
c'est que toujours, depuis quelque temps, là où est le Maître, il y a des
espions." "Les vautours se
rendent où est la proie et les loups près du troupeau." "Et les voleurs
là où un complice a signalé une caravane. Tu as bien dit." "Que veux-tu
insinuer ?" "Rien. Je
complète ton proverbe en l'appliquant aux hommes. Jésus est un homme, et ce
sont des hommes qui Lui dressent des embûches." "Raconte,
Joseph, raconte..." disent plusieurs. "Si le Maître
veut, je suis venu pour le raconter." 342> "Parle" dit Jésus. Et Joseph raconte
minutieusement tout ce qu'il a noté, en omettant pourtant le détail que ce
fut Judas qui indiqua à l'aveugle le domicile de Jésus. Les commentaires sont
nombreux, haineux, affligés, selon les cœurs, et Judas de Kériot
est (en apparence} le plus affligé et le plus fâché, contre tout le monde, et
spécialement contre l'aveugle imprudent qui est venu se placer sur la route
de Jésus un jour de sabbat, en se fiant à la bonté notoire du Maître... "Oh ! si c'est
toi qui Lui l'a indiqué ! J'étais près de toi et j'ai entendu" dit
Philippe étonné. "Indiquer ne
veut pas dire commander de faire." "Oh ! je crois
bien aussi que tu ne te serais pas permis d'ordonner au Maître de
faire..." dit le Thaddée. "Moi ? Mais bien
au contraire. Je l'ai seulement indiqué pour demander au Maître une
explication." "Oui. Mais
indiquer c'est parfois aussi engager à faire, et cela, tu l'as fait"
réplique le Thaddée. "Tu le dis, mais
ce n'est pas vrai" affirme effrontément Judas. "Ce n'est pas vrai
? demande Joseph d'Arimathie. En es-tu bien sûr ? Sûr comme de vivre, de
n'avoir jamais parlé de Jésus à l'aveugle, de ne pas lui avoir suggéré de
s'adresser à Jésus et encore moins de l'avoir poussé à le faire tout de suite
avant que Jésus ne quitte la ville ?" "Mais
certainement ! Et qui a jamais parlé avec cet homme ? Pas moi certainement.
Je suis toujours avec le Maître, jour et nuit, et quand ce n'est pas avec
Lui, avec les compagnons..." "Je croyais que
tu l'avais fait hier, quand tu es allé avec les femmes" dit Barthélemy. "Hier ! J'ai mis
moins de temps à aller et revenir qu'une hirondelle en vol. Comment aurais-je
pu chercher l'aveugle, le trouver et lui parler en aussi peu de temps ?"
"Tu pouvais
l'avoir rencontré..." "Jamais vu
!" "Alors cet homme
est un menteur, puisqu'il a affirmé que tu lui avais dit de venir et où, et
comment faire, et que tu lui avais assuré que Jésus t'aurait écouté
et..." dit Joseph d'Arimathie. Judas l'interrompt
violemment : "Assez ! Assez ! Il mérite d'être de nouveau aveugle pour
tous les mensonges qu'il dit ! Moi, je peux le jurer sur le Saint, je ne le
connais que de vue et je ne lui ai jamais parlé." 343> "C'en est
vraiment assez. Ton âme est en règle, Ô Judas de Kériot
qui ne crains pas Dieu car tu sais que tes actions sont saintes.
Toi... heureux qui n'as rien à craindre" lui dit Joseph en le regardant
d'un œil sévère, un œil qui le transperce. "Je ne crains
pas, non, car je suis sans péché." "Nous péchons
tous, Judas. Et c'est encore peu si nous savons nous repentir après les
premiers péchés et ne pas accroître leur nombre et leur perversité !"
dit Nicodème qui n'a jamais parlé jusqu'alors. Et puis il se tourne vers le
Maître et dit : "L'ennui c'est que Joseph de Sephoris
a été menacé d'expulsion de la synagogue, s'il t'accueille encore, et Bartolmaï en a été chassé. Il s'y était rendu avec son
père et sa mère, mais des pharisiens les attendaient à leur synagogue et lui
ont refusé l'entrée et ont crié sur lui l'anathème." "Mais, c'en est
trop ! Jusqu'à quand, ô Seigneur..." crient plusieurs. "Paix ! Paix !
Ce n'est rien. Bartolmaï est sur le chemin du
Royaume. Qu'a-t-il donc perdu ? Il est dans la Lumière. N'est-il donc pas
fils de Dieu plus qu'auparavant ? Oh ! ne confondez pas les valeurs ! Paix !
Paix ! Nous n'irons plus chez Joseph... Je regrette qu'Isaac doive y conduire
ma Mère et Marie d'Alphée... Mais cela n'aurait été que pour
quelques heures, car quelqu'un y a déjà pourvu." Il s'adresse à Jean de Nobé : "Père, as-tu
peur du Sanhédrin ? Tu vois ce qu'il en coûte d'héberger le
Fils de l'homme... Tu es âgé. Tu es un fidèle Israélite. Tu pourrais être
chassé de la synagogue pour tes derniers sabbats. Pourrais-tu le supporter ?
Parle avec sincérité. Et si tu crains, Moi je m'en irai. Il y aura bien
encore dans les monts d'Israël une grotte pour le Fils de Dieu..." "Moi, Seigneur ?
Mais que veux-tu que je craigne sinon Dieu ? Je ne crains pas la bouche du
tombeau. Je la regarde, au contraire, comme une amie, et veux-tu que je
craigne la bouche des hommes ? Je craindrais seulement le jugement de Dieu si,
par crainte des hommes, je chassais de chez moi Jésus, le Christ de Dieu
!" "C'est bien. Tu
es un juste... Je resterai ici... quand je ne serai pas dans les villes
voisines, comme je compte le faire encore une fois." "Viens à Rama,
chez moi, Seigneur" dit Nicodème. "Et si cela te
nuit ?" "Est-ce que
peut-être les pharisiens ne t'invitent pas dans une mauvaise intention ? Ne
pourrais-je le faire pour étudier ton cœur ?" "Oui, Maître.
Allons à Rama. Mon père en sera si heureux s'il est à la maison. Et s'il n'y
est pas, comme il arrive souvent, il trouvera ta bénédiction à son
retour" dit Thomas d'une voix suppliante. 344> "Nous irons à
Rama, comme première destination. Demain..." "Maître nous te
quittons. Nous avons dehors nos montures et nous allons être à Rama avant la
fin de la seconde veille. La lune blanchit les chemins comme un pâle soleil.
Adieu, Maître, La paix soit avec Toi" dit Nicodème. "Paix à Toi,
Maître... et, écoute un bon conseil de Joseph l'Ancien. Sois un peu rusé. Regarde
autour de Toi. Ouvre tes yeux et serre tes lèvres. Fais, et ne dis jamais
d'avance ce que tu veux faire... Et ne viens pas à Jérusalem
pendant quelque temps, et si tu y viens, ne t'arrête au Temple que le temps
nécessaire pour prier. Tu m'entends ? Adieu, Maître. Paix à Toi." Joseph
a marqué très nettement les paroles soulignées par moi, et en les disant, il
fixait intensément Jésus. Son seul regard était un avertissement. Ils sortent dans le
petit jardin sous les rayons blancs de la lune, détachent leurs robustes montures
liées au tronc du noyer, montent en selle et s'en vont sur la route déserte
et blanche... Jésus rentre dans la
cuisine avec les siens. "Mais
qu'aura-t-il voulu dire, au fond ?" "Et comment
ont-ils fait pour savoir ?" "Que vont-ils faire
à Joseph de Sephoris ?" "Rien. Des mots.
Rien de plus que des mots. N'y pensez plus. Choses passées et sans
conséquences. Allons. Disons la prière et séparons-nous pour la nuit.
"Notre Père..." |
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Il les bénit, les regarde partir, puis
il monte avec les quatre qu'il a retenus dans la pièce où sont les lits. |
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