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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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jeudi 6 avril 28 (21 Nisan)
- Marie rappellera le passé 407 - Son récit Comment elle se sentait pendant le
voyage 408 - Le tombeau de Rachel et la rencontre d'Élie
409 - Comment lui parut la cité de Bethléem 409 - L'installation dans la grotte 410 - L'extase de la naissance 411 - Les premiers moments de l'Enfant 412 - La visite des bergers 412 - Le lendemain, femme et adoratrice 412 - Puis la maison d'Anne 413 - Pourquoi être partis ainsi seuls ? 413 - Pierre se jette aux pieds de Marie 414 - Pierre et Marie : le pouvoir et l'amour 414 - Marie, l'arbre du fruit rédempteur 415 - Judas aurait aimé une naissance différente
416 - Discours
(La réalité charnelle de Jésus) 417 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 3 3.69. |
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407> Après avoir quitté Béthanie au premier sourire de l'aurore, Jésus va
vers Bethléem avec sa Mère, Marie d'Alphée et Marie Salomé, suivi des apôtres et
précédé de l'enfant qui trouve un motif
de joie dans tout ce qu'il voit : les papillons qui s'éveillent, les
oiseaux qui chantent ou becquettent sur le sentier, les fleurs que font
resplendir les diamants de la rosée, l'apparition d'un troupeau avec quantité
d'agnelets bêlants. Après avoir passé le torrent qui est au sud de Béthanie,
tout écumeux et riant au milieu des roches, la troupe se dirige vers Bethléem
entre deux rangées de collines, toutes vertes d'oliviers et de vignes, avec
de petits champs de moissons dorées qui arrivent à maturation. La vallée est
fraîche, et la route assez commode. Simon de Jonas
s'avance pour rejoindre le groupe de Jésus et demande : "On y va
d'ici à Bethléem ? Jean dit que l'autre fois il avait suivi un autre
chemin. [1]" "C'est
vrai" répond Jésus. "Mais c'était parce que nous venions de
Jérusalem. D'ici, c'est plus court. Au tombeau de Rachel que les femmes
veulent voir, nous nous séparerons comme vous avez décidé il y a un moment.
Nous nous retrouverons ensuite à Bétsur où ma Mère
désire séjourner.[2]" "Oui, nous
l'avons dit... mais ce serait si beau d'y être tous... la Mère
spécialement... car, enfin, la reine de Bethléem et de la Grotte, c'est elle
et elle sait parfaitement tout... Entendu de sa bouche... ce serait
différent, voilà." Jésus sourit en
regardant Simon qui insinue doucement son désir. 408> "Quelle grotte,
père ?" demande Margziam. "La grotte où
est né Jésus." "Oh ! c'est
beau ! J'y viens moi aussi !..." "Ce serait
vraiment beau !" disent Marie d'Alphée et Salomé. "Très beau !...
Ce serait revenir en arrière... à l'époque où le monde t'ignorait, c'est
vrai, mais ne te haïssait pas encore... Ce serait retrouver l'amour des
simples qui ne surent que croire et aimer, avec humilité et foi... Ce serait
déposer ce fardeau d'amertume qui me pèse sur le cœur depuis que je te sais
ainsi haï, le déposer là dans ta crèche. ..Elle doit a voir encore gardé la
douceur de ton regard, de ta respiration, du sourire incertain que tu avais
là... et tout cela me caresserait le cœur... Il est rempli de tant
d'amertume !..." Marie parle doucement, exhalant son désir et sa
tristesse. "Alors nous y
allons, Maman. A toi de nous conduire. Aujourd'hui tu es la Maîtresse et Moi
l'enfant qui apprend." "Oh !
Fils ! Non ! Tu es toujours le Maître..." "Non, Maman.
Simon de Jonas a bien parlé. Sur la terre de Bethléem, c'est toi qui
es la Reine. Ce fut ton premier château. Marie, descendante de David, conduis
ce petit peuple dans ta demeure." L'Iscariote va
parler, mais il se tait. Jésus, qui remarque son attitude et l'interprète,
dit : "Si quelqu'un, à cause de la fatigue, ou pour une autre
raison ne veut pas venir, qu'il poursuive librement sa route pour Bétsur." Mais personne ne parle. Ils continuent leur route
par la fraîche vallée orientée d'est en ouest, puis ils tournent légèrement
vers le nord, côtoient une col- line qui se dresse là et rejoignent ainsi la
route qui de Jérusalem conduit à Bethléem, justement à côté du cube surmonté
d'une coupole ronde du tombeau de Rachel [3]. Tous s'approchent
pour prier avec respect.
"Et toi, non,
Mère ?" "Oh ! moi,
je t'avais Toi !..." et son regard exprime une telle béatitude
qu'il est émouvant. Puis elle se remet à parler : "La nuit tombait
et Joseph était très préoccupé... Il se levait toujours plus fort un vent cinglant... 409> Les
gens se hâtaient vers Bethléem s'entrechoquant et plusieurs prenaient à parti
mon petit âne qui avançait si doucement, cherchant où il devait mettre les
sabots... Il semblait savoir que tu y étais Toi. ..et que tu faisais ton
dernier somme dans le berceau de mon sein. Il faisait froid... mais moi, je
brûlais. Je te sentais arriver... Arriver ? Tu pourrais dire :
"Depuis neuf mois j'y étais, Maman". Oui, mais alors, c'était comme
si tu venais des Cieux. Les Cieux s'abaissaient, s'abaissaient sur moi et
moi, j'en voyais les splendeurs... Je voyais la Divinité qui brûlait dans la
joie de ta toute proche naissance, et ces feux me pénétraient, m'incendiaient,
m'abstrayaient... de tout... Froid... vent... foule... tout cela n'était
rien ! Je voyais Dieu... De temps à autre, avec effort, je réussissais à
ramener mon esprit sur la terre et je souriais à Joseph qui avait peur pour
moi du froid et de la fatigue, et qui conduisait le petit âne par crainte
d'un faux pas et qui m'enveloppait dans une couverture de peur que je ne
prenne froid... Mais il ne pouvait rien arriver. Les secousses, je ne les
sentais pas. Il me semblait avancer sur un chemin d'étoiles, au milieu de
nuées éclatantes que soutenaient les anges... Et je souriais... D'abord à
Toi... Je te regardais à travers les barrières de la chair dormir avec tes
petits poings fermés dans un petit lit de roses vivantes, mon bouton de
lis... Puis je souriais à l'époux si affligé, si affligé, pour
l'encourager... et aussi aux gens qui ne savaient pas que déjà ils
respiraient dans l'aura du Sauveur... Nous nous arrêtâmes
près du tombeau de Rachel pour faire reposer le petit âne et pour manger un
peu de pain et d'olives, nos provisions de pauvres. Mais moi, je n'avais pas
faim. Je ne pouvais pas avoir faim... Ma joie me nourrissait... Nous reprîmes
le chemin... Venez que je vous montre où nous avons rencontré le berger... Ne
craignez pas que je me trompe. Je revis cette heure et je retrouve chaque
endroit car je vois tout à travers une grande lumière angélique. Peut-être
les multitudes des anges sont de nouveau ici, invisibles pour les corps, mais
visibles pour les âmes avec leur lumineuse blancheur, et tout se découvre et
tout est indiqué. Eux ne peuvent se tromper, et ils me conduisent... pour ma
joie et votre joie. Voici : c'est de ce champ à celui-là que vint Élie avec ses brebis et Joseph
lui demanda du lait pour moi. Et, c'est ici, dans ce pré que nous nous sommes
arrêtés pendant qu'il trayait le lait chaud et nourrissant et qu'il donnait
ses conseils à Joseph. Venez, venez...
Voici, voici le sentier du dernier vallon avant Bethléem. Nous l'avons pris
parce que la route principale aux abords de Bethléem
était encombrée de gens et de montures... 410> Voici Bethléem.
Oh ! chère ! chère terre de mes pères qui m'as donné le premier
baiser de mon Fils ! Tu es ouverte, bonne et odorante comme le pain dont
tu portes le nom [5], pour donner le Vrai
Pain au monde qui meurt de faim ! Tu m'as embrassée, toi en qui est
demeuré le maternel amour de Rachel, comme une mère, terre sainte de la
Bethléem de David, premier temple élevé au Sauveur, à l'Étoile du matin née
de Jacob pour enseigner la route des Cieux à toute l'Humanité ! Regardez
comme la ville est belle en ce printemps ! Mais alors aussi, bien que
les champs et les vignes fussent dépouillés, elle était belle ! Un léger
voile de givre faisait resplendir les branches nues et elles se couvraient
d'une poussière de diamants comme si elles étaient enveloppés dans un
impalpable voile de paradis. En chaque maison la cheminée fumait pour le
souper tout proche et la fumée, montant d'échelon en échelon jusqu'à ce
sommet, montrait la ville elle-même toute voilée... Tout était chaste,
recueilli, dans l'attente... De Toi, de Toi, Fils ! La terre te sentait
venir... Et ils t'auraient senti aussi les Bethléemites,
car ils ne sont pas méchants, bien que vous ne le croyiez pas. Ils ne
pouvaient nous abriter... Dans les maisons honnêtes et bonnes de Bethléem
s'entassaient, arrogants comme toujours, sourds et orgueilleux ceux qui
maintenant encore le sont, et eux ne pouvaient te sentir Toi... Combien de
pharisiens, de sadducéens, d'hérodiens, de scribes, d'esséniens il y
avait ! Oh ! leurs cœurs, maintenant fermés c'est la suite
de leur dureté de cœur d'alors. Ils ont fermé leurs cœurs à l'amour à
l'égard de la pauvre sœur ce soir là... et ils sont restés et ils restent dans
les ténèbres. Ils ont repoussé Dieu dès cet instant, en repoussant loin d'eux
l'amour du prochain. Venez. Allons à la
Grotte. Il est inutile d'entrer dans la ville. Les plus grands amis de mon
Enfant n'y sont plus [6]. La Nature amie nous
suffit avec ses pierres, sa petite rivière, son bois pour faire du feu. La
Nature qui a senti venir son Seigneur... Voilà, venez, rassurés. On tourne
ici... Voici les ruines de la Tour de David. Oh ! elles me sont chères
plus qu'un palais de roi ! Ruines bénies ! Ruisseau béni !
Arbre béni, que comme par miracle le vent a dépouillé de tarit de branches
pour que nous trouvions du bois et puissions faire du feu !" Marie descend
rapidement vers la Grotte, franchit le ruisseau sur une planche qui sert de
pont, court sur l'emplacement qui se trouve devant les ruines et tombe à
genoux sur le seuil de la Grotte. 411> Elle se penche et en
baise le sol. Tous les autres la suivent. Ils sont émus... L'enfant, qui ne
la quitte pas un instant, semble écouter une merveilleuse histoire et ses
yeux noirs boivent les paroles et les gestes de Marie sans en perdre un
seul. Marie se relève et
entre en disant : "Tout, tout comme alors !... Mais alors il
faisait nuit... Joseph fit de la lumière à mon entrée. Alors, alors
seulement, en descendant de l'âne, je sentis à quel point j'étais fatiguée et
gelée... Un bœuf nous salua, j'allai à lui pour sentir un peu de chaleur,
pour m'appuyer au foin... Joseph, ici, où je suis, étendit du foin pour me
faire un lit et le sécha pour moi comme pour Toi, Fils, à la flamme allumée
dans ce coin. ..car il était bon comme un père dans son amour d'ange-époux...
Et nous tenant par la main, comme deux frères perdus dans l'obscurité de la
nuit, nous mangeâmes du pain et du fromage et puis il alla là-bas pour
alimenter le feu, enleva son manteau pour boucher l'ouverture... En réalité,
il fit tomber le voile devant la gloire de Dieu qui descendait des Cieux,
Toi, mon Jésus... et je restai sur le foin, dans la tiédeur des deux animaux,
enveloppée dans mon manteau et dans une couverture de laine... Mon cher
époux !... En cette heure d'anxiété où j'étais seule devant le mystère
de la première maternité, toujours pleine d'inconnu pour une femme et, pour
moi, dans mon unique maternité, remplie aussi du mystère qu'aurait été la
vision du Fils de Dieu émergeant d'une chair mortelle lui, Joseph, fut pour
moi une mère, il fut un ange... mon réconfort... alors, toujours...
412>
Et puis la descente, de chœur en chœur, d'astre en
astre, de nuage en nuage, douce, lente, bienheureuse, tranquille comme celle
d'une fleur qu'un aigle a portée dans les hauteurs et qu'il a laissée tomber,
et qui descend lentement sur les ailes de l'air, devenue plus belle par une
pluie de pierres précieuses, par un morceau d'arc-en-ciel dérobé au ciel et
qui se retrouve sur la terre natale... Mon diadème : Toi ! Toi sur
mon cœur... M'étant assise ici,
après t'avoir adoré à genoux, je t'ai aimé. Finalement j'ai pu t'aimer sans
la barrière de la chair et d'ici je me suis levée pour te porter à l'amour de
celui qui comme moi était digne de t'aimer dans les premiers. Et ici, entre
ces deux rustiques colonnes, je t'ai offert au Père. Et ici, tu as reposé
pour la première fois sur le cœur de Joseph... Et puis, je t'ai emmailloté
et, ensemble, nous t'avons déposé ici... Je te berçais pendant que Joseph
séchait le foin à la flamme et le tenait au chaud en le mettant sur sa
poitrine et puis, à cet endroit, pour t'adorer tous les deux, penchés sur Toi
ainsi, ainsi comme moi maintenant, pour boire ta respiration, pour voir à
quel anéantissement peut conduire l'amour, pour verser les larmes que
certainement on verse au Ciel pour la joie inépuisable de voir Dieu." Marie est allée et
venue pendant cette évocation, indiquant les endroits, haletante d'amour, une
larme scintillant dans ses yeux bleus et un sourire de joie sur les lèvres,
elle se penche réellement sur son Jésus qui s'est assis sur une grosse pierre
pendant cette évocation, et elle baise ses cheveux en pleurant et adorant
comme alors... "Et puis les
bergers... à l'intérieur, ici, pour adorer avec leur âme bonne, avec le grand
soupir de la terre qui entrait avec eux, avec leur odeur d'hommes, de
troupeaux, de foin; et au-dehors, et partout les anges, pour t'adorer par
leur amour, par leurs chants que ne peut redire une créature humaine, et par
l'amour des Cieux, par l'atmosphère des Cieux qui entrait avec eux, qu'eux
apportaient avec leurs clartés... Ta naissance, béni !..." Marie s'est
agenouillée à côté de son Fils et elle pleure d'émotion, la tête appuyée sur
ses genoux. Pendant quelques instants, personne n'ose parler. Plus ou moins
émus, les assistants regardent autour d'eux comme si au milieu des araignées
et des cailloux raboteux ils espéraient avoir le spectacle de la scène
décrite... Marie se ressaisit et
dit : "Voilà, j'ai dit la naissance de mon Fils dans son infinie simplicité
et son infinie grandeur, avec mon cœur de femme, non pas avec la sagesse d'un
maître. Il n'y a rien d'autre car ce fut la chose
la plus grande de la terre, cachée sous les apparences les plus communes." 413> "Mais
le lendemain ? Et ensuite ?" demandent plusieurs, parmi
lesquels les deux Marie. "Le
lendemain ? Oh ! très simple ! Je fus la mère qui donne le
lait à son bébé, qui le lave et l'emmaillote comme font toutes les mères. Je
chauffais l'eau puisée au ruisseau, sur le feu allumé là-dehors pour que la
fumée ne fasse pas pleurer ses deux yeux bleus et puis dans le coin le plus
abrité, dans un vieux baquet, je lavais mon enfant et je le mettais dans des
langes frais. Et j'allais à la rivière laver les petits langes et je les
étendais au soleil... et puis, joie entre les joies, je Lui donnais le sein,
et Lui tétait, prenait des couleurs, était heureux... Le premier jour, à
l'heure la plus chaude, j'allai m'asseoir là-dehors pour bien le voir. Ici le
jour filtre sans entrer et la lumière et la flamme donnaient un bizarre
aspect aux choses. J'allai dehors, au soleil... et je regardai le Verbe
Incarné. La Mère a alors connu son Fils et la servante de Dieu son Seigneur.
Et je fus femme et adoratrice... Puis la maison d'Anne... les journées auprès
du berceau, les premiers pas, la première parole... Mais cela ce fut ensuite,
en son temps... Et rien, rien ne fut semblable à l'heure de ta naissance...
Ce n'est qu'en revenant à Dieu que je retrouverai cette plénitude..." "Mais
pourtant... partir ainsi, au dernier moment ! Quelle imprudence !
Pourquoi n'avoir pas attendu ? Le décret prévoyait un délai pour des cas
exceptionnels comme naissance ou maladie. Alphée le dit..." dit Marie
d'Alphée. "Attendre ?
Oh ! non! Ce soir là, quand Joseph apporta la nouvelle, moi et Toi,
Fils, nous avons tressailli de joie. C'était l'appel... parce que c'était
ici, ici seulement que tu devais naître comme les Prophètes l'avaient dit. Et
ce décret imprévu ce fut comme une pitié du Ciel pour éteindre
chez Joseph jusqu'au souvenir de son soupçon. C'était celui que j'attendais
pour Toi, pour lui, pour le monde judaïque et le monde de l'avenir, jusqu'à
la fin des siècles. C'était dit. Et, comme c'était dit, ce fut.
Attendre ! Est-ce que l'épouse peut retarder son rêve nuptial ?
Pourquoi attendre ?" "Mais... à cause
de tout ce qui pouvait arriver..." dit encore Marie d'Alphée. "Je n'avais
aucune crainte. Je me reposais en Dieu." "Mais, savais-tu
que tout se serait passé ainsi ?" "Personne ne me
l'avait dit, et moi je n'y pensais pas du tout, au point que pour rassurer
Joseph je le laissai penser et vous aussi qu'il y avait encore
du temps avant la naissance. 414> Mais
moi je savais, cela je le savais que ce serait en la fête des Lumières que la
Lumière du monde naîtrait. [7]" "Et toi, mère,
pourquoi n'as-tu pas plutôt accompagné Marie ? Et le père, pourquoi n'y
a-t-il pas pensé ? Vous deviez venir ici vous aussi. Pourquoi ne
sommes-nous pas tous venus ?" demande sévèrement Jude Thaddée. "Ton père avait
décidé de venir après les Encénies et il le dit à son frère, mais Joseph ne
voulut pas attendre." "Mais toi, au
moins..." réplique encore Thaddée. "Ne lui fais pas
de reproches, Jude. D'un commun accord nous avons trouvé juste de laisser
tomber un voile sur le mystère de cette naissance." "Mais Joseph
savait-il qu'elle serait survenue avec ces signes ? Si toi tu ne le
savais pas, pouvait-il le savoir, lui ?" "Nous ne savions
rien, sauf que Lui devait naître." "Et
alors ?" "Et alors, ce
fut la Sagesse divine qui nous conduisit ainsi, comme c'était juste. La
naissance de Jésus, sa présence dans le monde, devait apparaître privée de
tout ce qui aurait été étonnant et qui aurait excité Satan... Et vous voyez
que la rancœur actuelle de Bethléem à l'égard du Messie est une conséquence
de la première manifestation du Christ. La haine du démon utilisa cette
révélation pour faire répandre le sang et, par le sang répandu, répandre la
haine. Es-tu content, Simon de Jonas, qui ne parles pas et sembles retenir ta
respiration ?" "Tellement...
tellement, qu'il me semble être hors du monde, dans un lieu encore plus saint
que si j'étais au-delà du Velarium du Temple... Tellement que... que
maintenant que je t'ai vue dans ce lieu, et avec la lumière d'alors, je
crains de t'avoir traitée, avec respect, oui, mais comme une grande femme,
une femme toujours. Maintenant... maintenant je n'oserai plus te dire comme
avant : "Marie". Tu étais auparavant pour moi la Mère de mon
Maître. Maintenant, maintenant je t'ai vue au sommet de ces flots célestes,
je t'ai vue comme une Reine et moi, misérable, voici ce que je fais de cet
esclave que je suis" et il se jette à terre, en baisant les pieds de
Marie. Jésus parle,
maintenant : "Simon, lève-toi, viens ici, tout près de Moi."
Pierre va à la gauche de Jésus car Marie est à sa droite. "Que
sommes-nous, maintenant ?" demande Jésus. "Nous ?
Mais il y a Jésus, Marie et Simon." 415>
"C'est bien, mais combien
sommes-nous ?" "Trois,
Maître."
"Ce qui me
semble, c'est tout ce que tu veux. Je suis anéanti ! Moi, le
pouvoir ? Oh ! si je dois être le pouvoir, alors, je dois, oui,
m'appuyer sur Elle ! Oh ! Mère de mon Seigneur, ne m'abandonne
jamais, jamais, jamais..." "N'aie pas peur.
Je te tiendrai toujours par la main, ainsi, comme je faisais à mon Bébé
jusqu'à ce qu'il fût capable de marcher seul." "Et
après ?"
"À Jala. C'est tout près. Et demain nous irons à Bétsur." Ils s'assoient à l'ombre du pommier et
Marie se met contre son tronc robuste. Barthélemy la regarde fixement, si
jeune et encore célestement animée par l'évocation
qu'elle a faite, recevoir de son Fils la nourriture qu'il a bénite et Lui
sourire d'un regard d'amour, et il murmure :
" À son ombre je me suis assise et sa nourriture est douce à mon palais [8]." 416> Jude
Thaddée lui répond : "C'est vrai. Elle languit d'amour, mais on ne
peut certainement pas dire que c'est sous un pommier qu'elle a été
réveillée." "Et pourquoi
pas, frère ? Qu'en savons-nous des secrets du Roi ?" répond
Jacques d'Alphée. Et Jésus, en
souriant : "La nouvelle Ève a été conçue par la Pensée au pied du
pommier du Paradis pour que son sourire et ses larmes mettent en fuite le
serpent et désintoxiquent le fruit empoisonné. Elle est devenue l'arbre du
fruit rédempteur. Venez, amis, et mangez-en car se nourrir de sa douceur
c'est se nourrir du miel de Dieu." "Maître, réponds
à un désir de savoir que j'ai depuis longtemps. Le Cantique que nous citons
prévoit-il Marie ?" demande doucement Barthélemy pendant que Marie
s'occupe de l'enfant et parle avec les femmes. "Dès le
commencement du Livre, on parle d'Elle et on en parlera dans les livres de
l'avenir jusqu'à ce que la parole de l'homme se change en l'éternel hosanna
de l'éternelle Cité de Dieu" et Jésus se tourne vers les femmes. "Comme on voit
qu'il vient de David ! Quelle sagesse, quelle poésie !" dit le
Zélote en parlant à ses compagnons. "Voilà"
interrompt l'Iscariote qui, encore sous l'impression de la veille, parle peu
tout en cherchant à retrouver la liberté qu'il avait auparavant. "Demande-le-Lui !
Puisque nous sommes dans le sujet..." dit Thomas. "Moi, non. Je l'ai
fâché et je ne me sens pas encore pardonné. Demandez-le-Lui pour moi." 417> "Mais
excuse-nous ! Nous acceptons tout sans tant d'explications et c'est à nous de poser des questions ? Ce n'est pas juste
!" riposte Jacques de Zébédée. "Qu'est-ce qui
n'est pas juste ?" demande Jésus. Un silence, et puis le Zélote se
fait l'interprète de tous et répète les questions de Judas de Kériot et les réponses des autres. "Moi, je ne
garde pas rancune. C'est la première chose que je dois dire. Je fais les
observations que je dois faire, je souffre et je pardonne. Ceci dit pour qui
éprouve la peur qui est encore le fruit de son trouble. En ce qui concerne
mon Incarnation réelle, je dis : "Il est juste qu'il en ait
été ainsi". Dans l'avenir, beaucoup et beaucoup tomberont dans des
erreurs au sujet de mon Incarnation. Ils me prêteront précisément 1es formes
que Judas voudrait que j'eusse pris. Un homme dont le corps était en
apparence formé de matière, mais fluide en réalité, comme un jeu de lumière,
grâce auquel je serais et ne serais pas une chair. Et elle existerait, sans
vraiment exister la maternité de Marie. En vérité, je suis une chair, et
Marie est la Mère du Verbe fait Chair. Si l'heure de ma naissance ne fut
qu'extase, c'est parce qu'Elle est la nouvelle Ève qui ne porte pas le poids
de la faute ni l'héritage du châtiment. Mais cela n'a pas été pour Moi une
dégradation de reposer en Elle. Est-ce que par hasard la manne était avilie
du fait qu'elle était dans le Tabernacle ? Non, elle était au contraire
honorée de se trouver en ce lieu. D'autres diront que Moi, n'étant pas une
Chair réelle, je n'ai pas enduré la souffrance ni la mort durant mon séjour
sur la terre. Oui, ne pouvant nier mon existence, on niera la réalité de mon
Incarnation ou la vérité de ma Divinité. Non, en vérité, je suis Un éternellement
avec le Père et je suis uni à Dieu en tant que Chair car l'Amour peut
avoir rejoint ce qui ne peut être rejoint dans sa Perfection en se revêtant
de Chair pour sauver la chair. A toutes ces erreurs répond ma vie entière qui
donne son sang depuis ma naissance jusqu'à ma mort et qui est assujettie à
tout ce qu'elle partage avec l'homme, à l'exception du péché. Né, oui,
d'Elle. Et pour votre bien. Vous ne savez pas à quel point s'adoucit la
Justice du moment qu'elle a la Femme comme collaboratrice. Es-tu satisfait,
Judas ?" "Oui,
Maître." "Fais-en sorte que toi aussi tu me
satisfasses." L'Iscariote baisse la tête, confus et, peut-être est-il
réellement touché par tant de bonté. |
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418> La
halte se prolonge sous l'ombre fraîche du pommier. Certains dorment, d'autres
somnolent. Mais Marie se lève et retourne dans la grotte et
Jésus la suit... |
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[3] Genèse 35,18-19 – Rachel, fille cadette de Laban. Elle
était très belle; Jacob la rencontra auprès du puits où elle allait abreuver
ses troupeaux, à proximité de Harân, en Mésopotamie.
Dès qu’il la vit, il l’aima. Jacob, dépourvu de biens, ne pouvait payer la
somme que tout prétendant donnait aux parents d’une jeune fille. C’est pourquoi
il servit son beau-père pendant 7 ans, afin d’obtenir Rachel. En même temps,
Jacob, isolé et fugitif, était heureux de se rattacher à un groupe patriarcal.
Il se lia par contrat, et on lui donna une femme du clan. Dès lors, il ne
pouvait pas partir et emmener sa femme et ses enfants sans autorisation, même
au terme du contrat. À la fin des 7 premières années, Laban trompa Jacob, et
lui fit épouser Léa, son aînée, beaucoup moins attrayante semble-t-il. Le fils
d’Isaac servit encore 7 ans pour avoir la cadette, la seule qu’il ait aimée.
Rachel devint sa femme (Genèse. 29,1-30) la mère de Joseph (30,22-25), puis de Benjamin; elle mourut à la naissance
de celui-ci (35,16-20; 48,7). Jacob l’ensevelit un peu au nord de
Ephrata, plus connue sous le nom de Bethléem. La tombe se trouvait en un lieu
que traversait le voyageur allant de Béthel à Bethléem. (source BibleOnLine)
[5] Bethléem signifie
"Maison du pain"
[7] Elle commence le 25 Kisleu ou Kislèv (correspondant
approximativement à décembre) et dure huit jours ; elle célébrait à l’origine
le solstice d’hiver, mais commémora plus tard la purification du temple par
Juda Maccabée en 164 av. J.C. Le nom de Fête des
Lumières lui vient de ses traits prédominants; la présence de Jésus à cette
fête est signalée en Jean 10,22.
[8] Cantique 2,3 "Comme un pommier parmi les arbres de la forêt est mon
ami parmi les jeunes gens, j’ai grand plaisir à m’asseoir à son ombre. Combien
son fruit est doux à mon palais."