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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi
16 avril 30
I - À Jérusalem c'est à Élise, mère d'Annalia - Élise en pleurs et une grande clarté 125 - Elle ne reconnaît pas Jésus 125 - Qui se fait connaître 126 II - À Kériot c'est à Marie, Anne et Ananias - Anne ne peut consoler la mère de Judas 126 - Jésus rassure cette dernière 128 - La baise sur le front 129 - Comment elle a appris la mort de son fils 130 - Ananias est chargé de deux missions 131 III - À Jutta c'est aux enfants de Sara - Jésaï et Marie accueillent simplement Jésus 132 - Sara arrive pour le voir disparaître 133 - Les enfants racontent tout à leur mère 133 IV - À Pella c'est au jeune Jaïa - Jésus persuade Jaïa de sa résurrection 133 - Le jeune homme en persuade sa maîtresse 134 V - À Nobé chez le vieux Jean - L'agneau reçu l'a éclairé 134 - Vivre pour témoigner de la résurrection 135 VI - À Jabès de Galaad chez Mathias - Il travaille, déçu, dans son jardin 135 - Jésus lui demande l'hospitalité 136 - Il prend le repas avec son hôte 136 - Vois-moi dans tout homme qui a besoin 137 VII - À Engaddi chez Abraham, le chef de synagogue - Un voyageur inconnu parle du crucifié 137 - Abraham meurt dans les bras de Jésus 138 - Qui prend soin de la dépouille 139 - Et disparaît à la vue de ceux qui accourent 139 VIII - Sur le mont Carit à l'essénien Élie - Rejoindre les apôtres sur le Thabor 139 IX - À Césarée de Philippe chez Dorca - Elle voit Jésus prendre son enfant sur son cœur 140 - Une pomme mûre témoigne de l'apparition 140 - L'intendant ira rencontrer les disciples 141 X - Dans la synagogue de Cédès à Matthias et aux autres - Jésus a donné le signe de Jonas 141 XI - À Giscala c'est à des rabbis venimeux - Le regard foudroyant de Jésus les met en fuite 142 XII - À Bozra chez Joachin et Marie - Le Ressuscité appelle le couple à témoigner 142 XIII - À Éphraïm chez Marie de Jacob - À son tour elle est appelée à témoigner 143 XIV - À Antioche chez Sintica - Reste où tu es 143 XV - À Jérusalem (?) chez le lévite Zacharie - Jésus lui enlève ses doutes 144 - Zacharie témoigne et part pour la Galilée 145 XVI- Dans la plaine de Saron à une femme - La femme parle à un voyageur 145 - Elle pense qu'il est un prophète, un apôtre 146 - Jésus, reconnu, lui dit que son fils est guéri 147 XVII - Sur le grand Hermon à des bergers - Ils ne pensent plus rencontrer Jésus 147 XVIII - À Sidon c'est à l'enfant né aveugle - Un message pour le père 149 XIX - En Galilée chez les paysans de Giocana - Ils sont réveillés un à un 149 - Et se dirigent vers la pommeraie 150 - Discours (Je vous enverrai mes disciples) 150 - Réflexions des paysans 151 XX - À Béteron (?) sur les terres de Daniel, parent d'Elchias - Elchias décide du sort du synhédriste Simon 152 - Daniel refuse d'être complice 152 - Jésus apparaît à Daniel et à Simon 153 - Daniel quitte Elchias 153 - Un ami d'Elchias se bat la poitrine 154 - Simon crie comme un damné 154 XXI - En Galilée à Rachel, épouse de Marc - De nuit un inconnu s'offre à l'accompagner 154 - Elle lui raconte son malheur 155 - Se méfie des disciples de Jésus 156 - Ton mari est vivant 157 - Elle retourne chez elle en clamant le miracle 158 - Apprend la résurrection de son mari 159 - Le mari renvoie la foule en partie incrédule 159 - La famille va proclamer le miracle à Nazareth 160 |
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II. A Marie de Simon à Kériot. VI. Chez Matthias, le solitaire de Jabès Galaad VIII. Élie, l’essénien du Carit XII. Chez Joachim et Marie à Bozra XIII. A Ephraïm chez Marie de Jacob XVI. A une femme de la plaine de Saron XVII. A des bergers sur le grand Hermon XVIII. A Sidon, dans la maison de l’enfant né aveugle XIX. Chez les paysans de Giocana XX. Sur les terres de Daniel parent d’Elchias. A Béteron ( ?) I. La mère d'Annalia125> Élise, la mère d'Annalia, pleure désespérément dans sa maison, enfermée dans une chambrette où se trouve un petit lit sans couverture, peut-être celui d'Annalia. Elle a la tête abandonnée sur ses bras, qui s'abandonnent à leur tour, en se tendant sur le petit lit comme pour l'embrasser tout entier. Son corps repose sur ses genoux en une attitude de langueur. De vigoureux, il n'y a que ses pleurs. Il entre un peu de lumière par la fenêtre ouverte. Le jour revient depuis peu. Mais il se produit une vive lumière quand entre Jésus. Je dis : entre, pour dire qu'il est dans la pièce où avant il n'était pas. Et je dirai toujours ainsi pour faire connaître son apparition dans un endroit fermé, sans répéter comment il se découvre de derrière une grande clarté qui rappelle celle de la Transfiguration, de derrière un feu blanc, si on me permet la comparaison, qui semble liquéfier les murs et les portes pour permettre à Jésus d'entrer avec son Corps véritable, respirant, solide, glorifié, un feu, une clarté qui se referme sur Lui et le cache quand il s'en va. Cependant, ensuite, il prend l’aspect très beau du Ressuscité, mais Homme, vraiment Homme, d'une beauté qui est le centuple de celle qu'il avait déjà avant la Passion. C'est Lui, mais c'est Lui glorieux, Roi. "Pourquoi pleures-tu, Élise ?" Je ne sais pas comment la femme ne reconnaît pas la Voix qu'on ne peut confondre. Peut-être la douleur l'étourdit. Elle répond comme si elle parlait à un parent qui peut-être l'a rejointe après la mort d'Annalia. "Tu as entendu hier soir ces hommes ? Lui n'était rien. Un pouvoir magique mais pas divin. Et moi qui me résignais à la mort de ma fille en pensant qu'elle était aimée de Dieu, en paix... Il me l'avait dit !..." les pleurs redoublent. "Mais beaucoup l'ont vu ressuscité. Dieu seul peut se ressusciter par Lui-même." "Je l'ai dit moi aussi à ceux d'hier. Tu l'as entendu. J'ai combattu leurs paroles, parce que leurs paroles étaient la mort de mon espérance, de ma paix. Mais eux - tu as entendu ? - eux ont dit : 126> "Tout cela c’est de la comédie de ses partisans pour ne pas reconnaître qu’ils sont fous. Il est mort et bien mort, et corrompu, ils l’ont enlevé et détruit, en disant qu’il est ressuscité". Ils ont parlé ainsi... Et que c’est pour cela que le Très-Haut a envoyé le second tremblement de terre, pour leur faire sentir sa colère de leur mensonge sacrilège. Oh ! je n’ai plus de réconfort !" "Mais si tu voyais le Seigneur ressuscité, de tes yeux, et si tu le touchais de tes mains, croirais-tu ?..." "Je n’en suis pas digne... Mais certainement je croirais ! Il me suffirait de le voir. Je n’oserais pas toucher ses Chairs, car s’il en était ainsi, ce serait des chairs divines, et une femme ne peut s’approcher du Saint des Saints." "Lève la tête, Elise, et regarde qui est devant toi !" La femme lève sa tête chenue, son visage défiguré par les pleurs, et elle voit... Elle tombe encore plus bas sur ses talons, se frotte les yeux, ouvre la bouche sur un cri qui veut monter mais que la stupeur étrangle dans la gorge. "C’est Moi, le Seigneur. Touche ma main, baise-la. Tu m’as sacrifié ta fille, tu le mérites. Et retrouve, sur cette main, le baiser spirituel de ton enfant. Elle est au Ciel, et elle est bienheureuse. Tu parleras de cela aux disciples, et de ce jour.” La femme est tellement fascinée qu’elle n’ose pas faire le geste, et c’est Jésus Lui-même qui presse sur ses lèvres la pointe de ses doigts. "Oh ! tu es vraiment ressuscité !!! Je suis heureuse ! Heureuse ! Bénis sois-tu de m’avoir consolée !" Elle se penche pour Lui baiser les pieds. Elle le fait et reste ainsi. La lumière surnaturelle enveloppe le Christ dans sa splendeur et la pièce est vide de Lui. Mais la mère a le cœur plein d’une certitude inébranlable. II. À Marie de Simon à KériotLa maison de Anne, mère de Joanne. La maison de campagne où Jésus, accompagné de la mère de Judas, opéra la guérison miraculeuse d’Anne. Ici encore une pièce, et une femme étendue sur un lit. Une femme qui est méconnaissable tant elle est défigurée par une angoisse mortelle. Le visage est consumé. La fièvre le dévore en empourprant les pommettes qui sont tellement saillantes que les joues en sont creusées. Les yeux, dans un cercle noir, rougis par la fièvre et les pleurs, sont à moitié clos sous les paupières enflées. 127> Là où il n’y a pas une rougeur de fièvre le teint est d’un jaune intense, verdâtre comme si la bile était répandue dans le sang. Les bras décharnés, les mains effilées, sont abandonnés sur les couvertures que l’essoufflement soulève. Près de la malade, qui n’est autre que la mère de Judas, se trouve Anne, la mère de Joanne. Elle essuie les larmes et la sueur, agite un éventail de palmier, change les linges trempés dans du vinaigre aromatisé mis sur le front et la gorge de la malade, caresse ses mains, caresse ses cheveux en désordre, devenus en peu de temps plus blancs que noirs, épars sur l’oreiller et collés par la sueur sur les oreilles devenues transparentes. Et Anne pleure aussi en disant des paroles de réconfort : "Pas ainsi, Marie ! Pas ainsi ! Assez ! C’est lui... lui qui a péché. Mais toi, toi tu sais comme le Seigneur Jésus..." "Tais-toi ! Ce Nom… quand on me le dit.. on le profane... Je suis la mère... du Caïn... de Dieu ! Ah !" Les pleurs tranquilles se changent en un sanglot prolongé, déchirant. Elle a l’impression de se noyer, s'attache au cou de son amie qui la secourt pendant qu’elle vomit de la bile. "Paix ! Paix, Marie ! Pas ainsi ! Oh ! que te dire pour te persuader que Lui, le Seigneur, t’aime ? Je te le répète ! Je te le jure sur ce qui est le plus saint pour moi : mon Sauveur et mon enfant. Lui me l’a dit quand tu me l’as amené. Il a eu pour toi des paroles et des prévoyances d’un amour infini. Tu es innocente. Lui t’aime. Je suis certaine, je suis certaine qu’il se donnerait Lui-même une autre fois pour te donner la paix, pauvre mère martyre." "Mère du Caïn de Dieu ! Tu entends ? Ce vent, là, dehors... Il le dit... Elle va à travers le monde, la voix… la voix du vent, et elle dit : "Marie de Simon, mère de Judas, celui qui a trahi le Maître et l’a livré à ceux qui l’ont crucifié". Tu entends ? Tout le dit... Le ruisseau, là dehors... Les tourterelles.., les brebis... Toute la Terre crie que je suis... Non, je ne veux pas guérir. Je veux mourir !... Dieu est juste et ne me frappera pas dans l’autre vie. Mais ici, non. Le monde ne pardonne pas... ne distingue pas... Je deviens folle car le monde crie... : “Tu es la mère de Judas !" Elle retombe épuisée sur ses oreillers. Anne la redresse et sort pour porter dehors les linges tachés… Marie, les yeux clos, exsangue après l’effort qu’elle a fait, gémit : "la mère de Judas ! de Judas ! de Judas !" Elle halète, puis reprend : “Mais qu’est-ce que Judas ? Qu’ai-je enfanté ? Qu’est-ce que Judas ? Qu’ai-je..." 128> Jésus est dans la pièce qu’éclaire une lumière tremblante car trop faible est encore la lumière du jour pour éclairer la vaste pièce dans laquelle le lit est au fond, très loin de l’unique fenêtre. Il appelle doucement : “Marie ! Marie de Simon !" La femme délire presque et ne remarque pas la voix. Elle est absente, prise dans les tourbillons de sa douleur, et répète les idées qui obsèdent son cerveau, d’une manière monotone, comme le tic-tac d’une pendule : "La mère de Judas ! Qu’ai-je enfanté ? Le monde crie : “La mère de Judas…” Jésus a deux larmes dans le coin de ses yeux très doux. Elles m’étonnent beaucoup. Je ne pensais pas que Jésus puisse pleurer encore après qu’il est ressuscité... Il se penche. Le lit est tellement bas pour Lui qui est si grand ! Il met la main sur le front enfiévré, en repoussant les linges trempés dans le vinaigre, et il dit : "Un malheureux. Ceci, pas autre chose. Si le monde crie, Dieu couvre le cri du monde en te disant : “Aie la paix parce que Moi je t’aime”. Regarde-moi, pauvre mère ! Ramène ton esprit égaré et mets-le dans mes mains. Je suis Jésus !..." Marie de Simon ouvre les yeux comme si elle sortait d’un cauchemar et elle voit le Seigneur, sent sa main sur son front, porte ses mains tremblantes à son visage et elle gémit : "Ne me maudis pas ! Si j’avais su ce que j’engendrais je me serais arrachées les entrailles pour qu’il ne naisse pas." "Et tu aurais péché. Marie ! oh ! Marie ! Ne sors pas de ta justice à cause de la faute d’un autre. Les mères qui ont fait leur devoir ne doivent pas se considérer comme responsables des péchés de leurs fils. Tu l’as fait ton devoir, Marie. Donne-moi tes pauvres mains. Sois tranquille, pauvre mère." "Je suis la mère de Judas. Je suis immonde comme tout ce que ce démon a touché. Mère d’un démon ! Ne me touche pas." Elle se débat pour échapper aux mains divines qui veulent la tenir. Les deux larmes de Jésus lui tombent sur le visage empourpré par un accès de fièvre. "Je t’ai purifiée, Marie. Mes larmes de pitié sont sur toi. Je n’ai pleuré sur personne depuis que j’ai consumé ma douleur. Mais je pleure sur toi avec toute mon affectueuse pitié." Il a réussi à lui prendre les mains et il s’assoit, oui, il s’assoit vraiment sur le bord du lit, en tenant ces mains tremblantes dans les siennes. La pitié affectueuse de ses yeux étincelants caresse, enveloppe, soigne la malheureuse qui se calme en pleurant silencieusement et en murmurant : "N’as-tu pas de rancœur contre moi ?" 129> "J’ai de l’amour. C’est pour cela que je suis venu. Aie la paix." "Toi, tu pardonnes ! Mais le monde ! Ta Mère ! Elle me haïra." "Elle pense à toi comme à une sœur. Le monde est cruel. C’est vrai. Ma Mère est la Mère de l’Amour, et elle est bonne. Tu ne peux aller par le monde, mais elle viendra à toi quand tout sera en paix. Le temps pacifie..." "Fais-moi mourir, si tu m’aimes..." "Encore un peu de temps. Ton fils n’a su rien me donner. Toi, donne-moi un temps de ta souffrance. Il sera court." "Mon fils t’a trop donné... C’est l’horreur infinie qu’il t’a donnée." "Et toi la douleur infinie. L’horreur est passée, elle ne sert plus. Ta douleur sert. Elle s’unit à mes plaies, et tes larmes et mon Sang lavent le monde. Toute la douleur s’unit pour laver le monde. Tes larmes sont parmi mon Sang et les pleurs de ma Mère et autour c’est toute la douleur des saints qui souffriront pour le Christ et pour les hommes, pour mon amour et celui des hommes. Pauvre Marie !" Il la couche doucement, lui croise les mains, la regarde se calmer... Anne rentre et elle reste stupéfaite sur le seuil. Jésus, qui s’est relevé, la regarde en disant : "Tu as obéi à mon désir. Pour les obéissants, il y a la paix. Ton âme m’a compris. Vis dans ma paix." Il abaisse de nouveau les yeux sur Marie de Simon qui le regarde en versant des larmes plus calmes et il lui sourit encore. Il lui dit encore : "Mets toutes tes espérances dans le Seigneur. Lui te donnera toutes ses consolations." Il la bénit et va s’en aller. Marie de Simon pousse un cri passionné : "On dit que mon fils t’a trahi par un baiser ! Est-ce vrai, Seigneur ? Si oui, laisse-moi le laver en te baisant les mains. Je ne puis faire autre chose ! Je ne puis faire autre chose pour effacer… pour effacer..." La douleur la reprend plus fort. Jésus, oh ! Jésus ne lui donne pas ses mains à baiser, ces mains sur lesquelles la large manche de son vêtement blanc retombe jusqu’au milieu du métacarpe en cachant les blessures, mais il lui prend la tête dans ses mains et se penche pour effleurer de ses lèvres divines le front brûlant de la plus malheureuse des femmes, et il lui dit en se redressant : "Mes larmes et mon baiser ! Personne n’a eu tant de moi. Reste donc dans la paix puisque entre toi et Moi il n’y a que de l’amour." Il la bénit et, après avoir traversé rapidement la pièce, il sort derrière Anne qui n’a pas osé s’avancer, ni parler, mais qui pleure d’émotion. 130> Pourtant quand ils sont dans le corridor qui mène à la porte de la maison, Anne ose parler, poser la question qui lui tient tant à cœur : "Ma Joanne ?" "Depuis quinze jours, elle jouit dans le Ciel. Je n’en ai pas parlé parce qu’il y a trop de contraste entre ta fille et son fils." "C’est vrai ! Grand déchirement ! Je crois qu’elle en meurt." "Non. Pas tout de suite." "Maintenant elle aura plus de paix. Tu l’as consolée. Toi ! Toi qui plus que tous..." "Moi qui la plains plus que tous. Je suis la divine Compassion. Je suis l’Amour. Je te le dis, femme : si seulement Judas m’avait jeté un regard de repentir, je lui aurais obtenu le pardon de Dieu..." Quelle tristesse sur le visage de Jésus ! La femme en est frappée. Paroles et silences combattent sur ses lèvres, mais elle est femme, et la curiosité l’emporte. Elle demande : "Mais est-ce que cela a été une… un... Oui, je veux dire : ce malheureux a-t-il péché soudainement ou bien..." "Depuis des mois il péchait et de ma part aucune parole, aucune action, n’a pu l’arrêter tant était forte sa volonté de pécher. Mais n’en parle pas à elle..." "Je n’en parlerai pas !... Seigneur ! Quand Ananias, qui s’était enfui de Jérusalem sans même terminer la Pâque, la nuit même de la Parascève, est entré ici en criant : “Ton fils a trahi le Maître et l’a livré à ses ennemis ! Il l’a trahi par un baiser et j’ai vu le Maître frappé et couvert de crachats, flagellé, couronné d’épines, chargé de la croix, crucifié et mort par l’entremise de ton fils. Et notre nom, les ennemis du Maître le crient en triomphant insolemment et on raconte les actions de ton fils qui, pour moins que le prix que coûte un agneau, a vendu le Messie et en le trahissant par un baiser il l’a indiqué aux gardes” ! Marie est tombée par terre, devenue noire sur le coup, et le médecin dit que son fiel s’est répandu et que son foie a éclaté et que tout le sang en est corrompu. Et... le monde est mauvais. Elle a raison... J’ai dû la transporter ici, car ils venaient crier près de sa maison de Kériot : “Ton fils est déicide et s’est suicidé ! Il s’est pendu ! Et Belzébuth a pris son âme et même Satan est venu prendre son corps”. Est-ce vrai ce prodige horrible ?" "Non, femme. On l’a trouvé mort pendu à un olivier..." "Ah ! Et ils criaient : “Christ est ressuscité et il est Dieu. Ton fils a trahi Dieu. Tu es la mère de celui qui a trahi Dieu. Tu es la mère de Judas”. 131> Pendant la nuit, avec Ananias et un serviteur fidèle, le seul qui m’est resté car personne ne voulait rester près d’elle...je l’ai portée ici. Mais ces cris Marie les entend dans le vent, dans les bruits de la terre, en tout." "Pauvre mère ! C’est horrible, oui." "Mais ce démon n’a pas pensé à cela, Seigneur ?" "C’était une des raisons dont je me servais pour le retenir. Mais cela n’a servi à rien. Judas en arriva à haïr Dieu, n’ayant jamais aimé d’un amour véritable son père et sa mère, ni aucun autre qui fût son prochain." "C’est vrai !" "Adieu, femme. Que ma bénédiction te donne la force de supporter les mépris du monde pour ta pitié envers Marie. Baise ma main. A toi, je puis la montrer. A elle cela lui aurait fait trop de mal de voir cela." Il rejette sa manche en arrière pour découvrir le poignet transpercé. Anne exhale un gémissement en effleurant à peine de ses lèvres le bout des doigts. Le bruit d’une porte qui s’ouvre et un cri étouffé : "Le Seigneur !" Un homme âgé se prosterne et reste ainsi. "Ananias, le Seigneur est bon. Il est venu pour réconforter ta parente, pour nous réconforter nous aussi" dit Anne pour réconforter le petit vieux trop ému. Mais l’homme n’ose pas faire un mouvement. Il dit en pleurant : "Nous sommes d’un sang honni. Je ne puis regarder le Seigneur." Jésus va vers lui. Il touche sa tête en lui disant les mêmes paroles déjà dites à Marie de Simon : "Les parents qui ont fait leur devoir ne doivent pas se considérer responsables du péché de leur parent. Prends courage, homme ! Dieu est juste. Paix à toi et à cette maison. Je suis venu et tu iras où je t’envoie. Pour la Pâque supplémentaire les disciples seront à Béthanie. Tu iras vers eux et tu leur diras que le douzième jour après sa mort tu as vu le Seigneur à Kériot, vivant et véritable dans sa Chair et son Ame et sa Divinité. Ils te croiront car j’ai été déjà beaucoup avec eux. Mais cela les confirmera dans leur foi en ma Nature Divine de me savoir en tout lieu le même jour. Et avant cela encore, tu iras aujourd’hui même à Kériot pour demander au chef de la synagogue de rassembler le peuple, et tu diras en présence de tout le monde que je suis venu ici, et qu’ils se rappellent mes paroles d’adieu. Ils te diront certainement : “Pourquoi n’est-il pas venu vers nous ?” Tu répondras ainsi : 132> “Le Seigneur m’a dit de vous dire que si vous aviez fait ce qu’il vous avait dit de faire envers la mère qui n’était pas coupable, il se serait montré. Vous avez manqué à l’amour et c’est pour cela que le Seigneur ne s’est pas montré". Le feras-tu ?" "C’est difficile cela, Seigneur ! C’est difficile à faire ! Ils nous considèrent tous pour des cœurs lépreux... Le chef de la synagogue ne m’écoutera pas. Le peuple ne me laissera pas parler. Peut-être il me frappera... Je le ferai pourtant puisque tu le veux." Le petit vieux ne lève pas la tête. Il parle courbé dans un profond prosternement. "Regarde-moi, Ananias !" L’homme lève un visage que la vénération rend tout tremblant. Jésus est resplendissant et beau comme sur le Thabor... La lumière le couvre, en cachant son aspect et son sourire... Et le couloir reste sans Lui, sans qu’aucune porte ait bougé pour Lui livrer passage. Les deux adorent, adorent encore, devenus toute adoration par la manifestation divine. III. À JuttaLe verger de la maison de Sara. Les enfants qui jouent sous les arbres feuillus. Le plus petit se roule dans l’herbe près d’une rangée serrée de pampres, les autres plus grands qui se poursuivent avec des cris d’hirondelles joyeuses, jouant à cache-cache derrière les haies et les vignes. Voilà que Jésus apparaît près du petit auquel il a donné son nom. Oh ! sainte simplicité des innocents ! Jésaï ne s’étonne pas de le voir là à l’improviste, mais il Lui tend ses petits bras pour que Jésus le prenne dans les siens, et Jésus le prend : cela se passe avec le plus grand naturel. Les autres surviennent en courant — encore une fois, bienheureuse simplicité des enfants ! — et sans stupeur, heureux, s’approchent de Lui. Il semble qu’il n’y a rien de changé pour eux. Peut-être ils ne savent pas. Mais après la caresse de Jésus à chacun, Marie, la plus grande et la plus sensée, dit : "Alors tu ne souffres plus, Seigneur, maintenant que tu es ressuscité ? Tu as eu tant de douleur !..." "Je ne souffre plus. Je suis venu pour vous bénir avant de monter vers mon Père et le vôtre, au Ciel. Mais de là aussi je vous bénirai toujours, si vous êtes toujours bons. Vous direz à ceux qui m aiment que j’ai laissé à vous ma bénédiction aujourd’hui. Rappelez-vous ce jour." 133> "Tu ne viens pas à la maison ? Il y a maman. Ils ne nous croiront pas" dit encore Marie. Mais son frère ne demande pas. Il crie : "Maman, Maman ! Le Seigneur est ici !..." et en courant à la maison, il répète ce cri. Sara accourt, se montre.., à temps pour voir Jésus, très beau à la limite du verger, disparaître dans la lumière qui l’absorbe... "Le Seigneur ! Mais pourquoi ne pas m’appeler avant ?..." dit Sara dès qu’elle peut parler. "Mais quand ? D’où est-il venu ? Etait-il seul ? Sots que vous êtes !" "Nous l’avons trouvé ici. Une minute avant il n’y était pas... Il n’est pas venu de la route, ni non plus du jardin. Il avait Jésaï dans les bras... Et il nous a dit qu’il était venu pour nous bénir et nous donner la bénédiction pour ceux qui l’aiment à Jutta et de nous rappeler ce jour. Et maintenant il va au Ciel, mais il nous aimera si nous sommes bons. Comme Il était beau ! Il avait les mains blessées, mais elles ne Lui font plus mal. Ses pieds aussi étaient blessés. Je les ai vus dans l’herbe. Cette fleur-là touchait exactement la blessure d’un de ses pieds. Moi, je la cueille..." ils parlent tous ensemble, échauffés par l’émotion. Ils suent même dans leur surexcitation. Sara les caresse en murmurant : "Dieu est grand ! Allons. Venez. Allons le dire à tout le monde. Parlez vous, innocents. Vous pouvez parler de Dieu." IV. Au jeune Jaia à PellaLe jeune homme travaille avec ardeur autour d’une charrette. Il est entrain de la charger de légumes cueillis dans un jardin voisin. L’âne frappe de son sabot le sol dur du chemin de campagne. En se tournant pour prendre un panier de laitues il voit Jésus qui lui sourit. Il laisse tomber à terre le panier et s’agenouille en se frottant les yeux, ne croyant pas à ce qu’il voit, et il murmure : "Très-Haut, ne m’induis pas en illusion ! Ne permets pas, Seigneur, que je sois trompé par Satan par de faux aspects séduisants. Il est bien mort mon Seigneur ! Et il a été enseveli et ils disent maintenant que le cadavre a été enlevé. Pitié, Seigneur Très-Haut ! Montre-moi la vérité." "Je suis la Vérité, Jaia. Je suis la Lumière du monde. Regarde-moi. Vois-moi. C’est pour cela que je t’ai rendu la vue : pour que tu puisses témoigner de ma puissance et de ma Résurrection." "Oh ! C’est vraiment le Seigneur ! C’est Toi ! Oui, c’est Toi Jésus !" 134> Il se traîne sur les genoux pour Lui baiser les pieds. "Tu diras que tu m’as vu et parlé et que je suis bien vivant. Tu diras que tu m’as vu aujourd’hui. A toi la paix et ma bénédiction." Jaia reste seul, heureux. Il oublie la charrette et les légumes. C’est inutilement que l’âne agité frappe le chemin et brait pour protester à cause de l’attente... Jaia est en extase. Une femme sort de la maison près du jardin et elle le voit là, pâle d’émotion, le visage absent. Elle crie : "Jaia ! Qu’as-tu ? Que t’est-il arrivé’ ?" Elle accourt, le secoue, le ramène sur la terre... "Le Seigneur ! J’ai vu le Seigneur Ressuscité. Je Lui ai baisé les pieds et j’ai vu ses plaies. Ils ont menti. Il était vraiment Dieu et il est ressuscité. J’avais peur que ce fût une tromperie. Mais c’est Lui ! C’est Lui !" La femme tremble et frissonne d’émotion et elle murmure : "En es-tu vraiment sûr ?" "Tu es bonne, femme. Par amour pour Lui, tu nous as pris comme serviteurs, ma mère et moi. Ne te refuses pas à croire !..." "Si tu en es sûr, je crois. Mais était-il vraiment chair ? Était-il chaud ? Respirait-il ? Parlait-il ? Avait-il vraiment une voix ou cela t’est-il paru ?" "Je suis sûr. C’était la chair tiède d’un vivant, c’était une voix véritable, c’était une respiration. Beau comme Dieu, mais Homme comme toi et moi. Allons, allons le dire à ceux qui souffrent ou qui doutent." V. Chez Jean de NobéLe vieillard est seul dans sa maison, mais il est serein. Il répare une sorte de siège qui s’est décloué d’un côté, et sourit à je ne sais quel rêve. Un coup à la porte. Le vieillard, sans laisser son travail, dit : "Entrez ! Que voulez-vous, vous qui venez ? Encore de ceux-là ? Je suis vieux pour changer ! Même si tout le monde me criait : "Il est mort" moi je dis : "Il est vivant". Même si je devais mourir pour le dire. Entrez donc !" Il se redresse pour aller à la porte pour voir qui frappe sans entrer. Mais quand il est tout près, elle s’ouvre et Jésus entre. "Oh ! Oh ! Oh ! Mon Seigneur ! Vivant ! J’ai cru ! Et il vient récompenser ma foi ! Béni ! Moi je n’ai pas douté. Dans ma douleur, j’ai dit : "S’il m’a envoyé l’agneau pour le banquet de joie, c’est signe qu’en ce jour il ressuscitera". Alors j’ai tout compris. 135> Quand tu es mort et que la Terre s’est secouée, j’ai compris ce que je n’avais pas compris encore. Et j’ai paru fou, à Nobé, parce qu’une fois couché le soleil du lendemain du sabbat, j’ai préparé le banquet en allant inviter des mendiants et en disant : "Il est ressuscité notre Ami !" Déjà on disait que ce n’était pas vrai. On disait qu’ils t’avaient enlevé la nuit. Mais moi, je ne les ai pas crus car du moment où tu es mort j’ai compris que tu mourais pour ressusciter, et que c’était cela le signe de Jonas." Jésus le laisse parler en souriant. Puis il demande : "Et maintenant veux-tu encore mourir ou bien rester pour témoigner de ma gloire ?" "Ce que tu veux, Seigneur !" "Non. Ce que tu veux." Le vieillard réfléchit, puis il décide : "Ce serait beau de sortir du monde où tu n’es plus comme avant. Mais je renonce à la paix du Ciel pour dire aux incrédules : “Moi, je l’ai vu !” Jésus lui met la main sur la tête pour le bénir et ajoute : "Mais bientôt aussi ce sera la paix et tu viendras à Moi avec le titre de confesseur du Christ." Et il s’en va. Ici, peut-être par pitié pour le vieillard âgé, il n’a pas donné à son apparition et à sa disparition une forme merveilleuse, mais il a agi en tout comme s’il était le Jésus d’autrefois, qui entrait et sortait, humainement, d’une maison. VI. Chez Matthias, le solitaire de Jabès GalaadLe vieil homme travaille autour de ses légumes et il monologue : "Toutes ces richesses que j’ai pour Lui. Et Lui n’y goûtera jamais plus. J’ai travaillé inutilement. Je crois que Lui était le Fils de Dieu, qui est mort et ressuscité. Mais ce n’est plus le Maître qui s’assoit à la table du pauvre ou du riche et partage avec un même amour, peut-être, certainement, même, avec plus d’amour la nourriture avec le pauvre qu’avec le riche. Maintenant c’est le Seigneur Ressuscité. Il est ressuscité pour confirmer dans la foi, nous, ses fidèles. Et eux disent que ce n’est pas vrai. Que personne n’est jamais ressuscité par lui-même. Personne. Non. Aucun homme. Mais Lui, si. Parce que Lui est Dieu." Il bat des mains pour chasser ses colombes qui descendent pour enlever des semences dans la terre fraîchement bêchée et ensemencée et il dit : "Inutile désormais que vous ayez des petits ! Lui n’y goûtera plus ! Et vous, abeilles inutiles ? Pour qui faites-vous le miel ? 136> J’avais espéré l’avoir au moins une fois avec moi, maintenant que je suis moins misérable. Tout a prospéré ici, depuis qu’il est venu... Ah ! mais avec ces deniers auxquels je n’ai jamais touché, je veux aller à Nazareth, chez sa Mère, lui dire : "Prends-moi comme serviteur, mais laisse-moi où tu es, car tu es encore Lui" Il essuie une larme avec le revers de la main... "Matthias, as-tu un pain pour un pèlerin ?" Matthias lève la tête, mais à genoux comme il l’est, il ne voit pas celui qui parle derrière la haie élevée qui entoure sa petite propriété perdue dans cette solitude verte qu’est cet endroit d’au-delà du Jourdain. Mais il répond : "Qui tu sois, viens, au nom du Seigneur Jésus." Et il se redresse pour ouvrir la grille. Il se trouve en face de Jésus, et il reste la main sur le verrou ne pouvant plus faire un geste. "Tu ne veux pas de Moi comme hôte, Matthias ? Tu l’as fait une fois. Tu te plaignais de ne pouvoir plus le faire. Je suis ici et tu ne m’ouvres pas ?" dit Jésus en souriant. "Oh ! Seigneur... moi.., moi.., je ne suis pas digne que mon Seigneur entre ici... Moi..." Jésus passe la main par-dessus la grille et pousse le verrou en disant : "Le Seigneur entre où il veut, Mathias." Il entre, pénètre dans l’humble jardin, il va à la maison, sur le seuil il dit : "Sacrifie donc les petits de tes colombes. Enlève de la terre tes légumes, et du miel à tes abeilles. Nous partagerons le pain ensemble et ton travail n’aura pas été inutile, ni vain ton désir. Et cet endroit te sera cher sans que tu ailles là où bientôt il y aura silence et abandon. Je suis partout, Matthias. Celui qui m’aime est avec Moi, toujours. Mes disciples seront à Jérusalem. C’est là que naîtra mon Église. Fais en sorte d’y être pour la Pâque supplémentaire." "Pardonne-moi, Seigneur. Mais je n’ai pas su rester dans ce lieu et je me suis enfui. J’y étais arrivé à none de la veille de la Parascève, et le jour suivant... Oh ! j’ai fui pour ne pas te voir mourir. Pour cela seulement, Seigneur." "Je le sais. Et je sais que tu es revenu, un des premiers, pour pleurer sur mon tombeau. Mais je n’y étais déjà plus. Je sais tout. Voilà, je m’assois ici et me repose. Je me suis toujours reposé ici... Et les anges le savent." L’homme se met à travailler, mais semble se mouvoir dans une église tant ses gestes sont respectueux. De temps en temps il essuie une larme qui veut se mêler à son sourire, pendant qu’il va et vient pour prendre les petites colombes, les tuer, les préparer, et attiser le feu, cueillir et laver les légumes et mettre sur un plat les figues précoces, et dresser la pauvre table avec la meilleure vaisselle. 137> Mais quand tout est prêt comment peut-il s’asseoir et manger ? Il veut servir et cela lui paraît déjà beaucoup et ne veut rien de plus. Mais Jésus, qui a offert et béni, lui offre une moitié du pigeon qu’il a découpé en mettant la viande sur un morceau de fouace qu’il a trempé dans la sauce. "Oh ! comme à un préféré !" dit l’homme, et il mange en pleurant de joie et d’émotion sans quitter des yeux Jésus qui mange... qui boit, qui goûte les légumes, les fruits, le miel, qui lui offre sa coupe après avoir absorbé une gorgée de vin. Avant il avait toujours bu de l’eau. Le repas est fini. "Je suis bien vivant. Tu le vois, et tu es bienheureux. Rappelle-toi qu’il y a douze jours je suis mort par la volonté des hommes, mais que nulle est la volonté des hommes quand elle n’est pas d’accord avec la volonté de Dieu. Et même : la volonté contraire des hommes devient l’instrument servile de la Volonté éternelle. Adieu, Matthias. Puisque j’ai dit que sera avec Moi celui qui m’a donné à boire quand j’étais le Pèlerin sur lequel il était encore permis d’avoir des doutes, ainsi je te dis : tu auras part à mon Royaume céleste." "Mais maintenant, je te perds, ô Seigneur !" "Vois-moi dans tout pèlerin; dans tout mendiant, Moi; dans tout infirme, Moi; dans tous ceux qui ont besoin de pain, d’eau et de vêtements, Moi. Je suis dans tout homme qui souffre, et ce qu |